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Ven 3 Mai - 11:05
- Du sexe, du scandale, de la drogue, de la violence et encore du sexe un peu de politique aussi ; vous regardez Triste monde tragique mon nom est Slone je suis votre hôte pour cette soirée. Ce soir, nos équipes ont décidé de s'intéresser au phénomène de la République de Rokario : le culte du grand Gorghoul. Nous avons été la première équipe de télévision autorisée à approcher celui qui se présente comme l'incarnation d'une entité spatiale venue prêcher la bonne parole.

La caméra se tourne. Sur un siège Juli VII, tête appuyée contre son poing, bras en appui sur l'accoudoir et jambes croisées : le grand Gorghoul se dévoile à la plèbe curieuse et fascinée par le phénomène. La bête ne payait pas de mine pourtant. Il fallait dire qu'elle n'était qu'un homme. Mal sapé de surcroît. Pantalon orange, chaussures de sécurité tout juste cirées, chemisette assortie au futal, entrouverte jusqu'à la poitrine pour dévoiler un marcel blanc daté, on devinait à sa tenue que les confins de l'espace n'avaient des goûts vestimentaires que très approximatifs. La tignasse abondante et ébouriffée sans un semblant d'harmonie, les lèvres entourées d'une moustache épaisse et d'un mince bouc, le grand Gorghoul n'avait pas jugé utile de raser de près le reste de sa mâchoire où une barbe naissante accentuait l'aspect négligé du loustic. On n'aurait su dire si cette dégaine dépenaillée était travaillée ou non, elle intriguait en tout cas du fait de son caractère inhabituel chez les meneurs de culte habituellement plus excentriques ou présentables.
Se pensant plus malin que son monde, le spectateur moyen s'imaginait déjà démystifier depuis le fin fond de son canapé les failles d'un gourou comme un autre tout juste bon à distraire leur Vendredi soir. Mais le plus malin était encore celui qui n'allumait pas la télé pour se vautrer dans la stupidité des émission racoleuses qui pullulaient sur les ondes. Quoi qu'il en fut, Lejinoss n'avait pas l'allure du gourou moyen. Sans même un mot énoncé depuis ses lèvres, on le devinait désagréable et mal élevé. L'ingénieur son lui rappela d'emblée qu'on ne mangeait pas de sandwich pendant l'enregistrement. Appuyé en renfort par la post-production qui aimait le sensationnalisme, une musique inquiétante fut incluse tandis que l'hirsute fusillait l'impertinent du regard avant de mordre une nouvelle fois dans son casse-croûte.

- Tout d'abord, merci de nous recevoir dans votre bureau.

- Pas de quoi. Des chemaines que vous nous cachiez les couilles, je me suis dit qu'après cha vous arrêteriez de nous emmerder. Après... c'était cha ou vous buter.

Rires forcés de la petite équipe de télé. D'autant plus forcés qu'ils étaient anxieux de sentir sur eux les regards des fanatiques les entourant le temps de l'entretien avec leur idole qui finissait enfin son en-cas. Tout chef de culte qu'il était, Leji n'avait décidément pas la gueule de l'emploi.

- J'aimerais savoir dans un premier temps, devons-nous vous appeler Gorghoul ou Lejinoss ?

- Vu qu'on n'a pas gardé les cochons ensemble, «monsieur» me paraît le plus adéquat.

Désagréable plus encore que d'habitude, monsieur alluma une cigarette. Cette fois, personne ne lui fit de remarque sur ce qu'il pouvait faire ou non devant une caméra. Les rires qui succédèrent la réplique demeuraient tout aussi forcés mais plus grinçants encore. On n'avait pas l'habitude chez eux de se faire marcher sur la gueule par un petit gourou à la con dont personne parmi eux ne croyaient en l'histoire abracadabrantesque.

- Ce que je veux dire, c'est si je m'adresse au grand Gorghoul ou bien à celui qu'il possède, à savoir Lejinoss Taibug, Hunter, anciennement sous mandat d'arrêt international pour une histoire de vol d'œuvre d'art.

Petite pique insidieuse le temps de sous entendre le caractère douteux de l'homme en orange. Encore heureux pour lui qu'ils n'en savaient pas plus sur son palmarès. Poursuivi par un Hacker Hunter du nom de Manil Darett pour avoir tenté de voler les données privées d'une multinationale et tenté de les revendre, son poursuivant avait fait chanter tout le milieu du crime organisé à travers le monde pour lui ramener l'hirsute. Discret jusqu'alors, ce dernier se dévoilait à la télé, sûr de lui. Si Lejinoss avait accepté la requête de Triste monde tragique, cela tenait au fait qu'il avait une idée derrière la tête. Une mauvaise à n'en point douter.

Faisant signe à l'une de ses ouailles, Leji lui commanda d'aller chercher un dictionnaire et de l'ouvrir au mot «possession» pour en réciter la définition.

- Donc. Je suis qui à votre avis ?

- Gorghoul ?

Un excité derrière s'agita.

- C'est «Le grand Gorghoul» pour toi, vermine !

L'entretien avait démarré il y a peu mais une tension palpable enveloppait l'atmosphère. Il fallait dire que Leji y allait de son Ren par intermittence afin de terrifier et mettre plus mal à l'aise encore l'équipe de télévision venue dans l'espoir de le ridiculiser devant le monde entier.
On se montra plus prudent dans les questions. Plus méticuleux dans les formulation. Se voulant impertinents, les loubards du petit écran furent dociles comme des chatons, demandant plus d'informations sur les modalités du culte, son objectif, les raisons de son succès. Puis, après tant de platitudes, Slone se risqua à demander :

- Auriez-vous une preuve concrète, indéniable, que vous êtes bien une créature galactique lointaine ayant pris possession du corps de Lejinoss Taibug ?

- Vous voulez dire, en dehors du fait que je sois parvenu à mettre à l'amende un Fraud Hunter venu chercher à prouver que je mentais ?

Confondre Rick Tracy avait été un tour de force. L'argument d'autorité Hunter faisait toujours son petit effet. Si même eux n'y étaient pas parvenus, qui prouverait la non-existence de Gorghoul ? Déjà, le spectateur moyen doutait. Mais le coup de grâce le fit sursauter sans doute autant que Slone et consorts, soudain confrontés à l'inimaginable.
Tête penchée en arrière, bouche grande ouverte, une impressionnante flamme surgit du gosier de ce qu'ils avaient pris pour un gourou de pacotille. Aucun illusionnisme induit. Pas d'essence ingurgitée avant que la flamme n'apparaisse, aucun ustensile visible dans la mâchoire grande ouverte de Leji : rien que les flammes qui stoppèrent bien assez vite.

La caméra s'était tournée vers le journaliste tombé de son siège et tremblant. Plus de petit sourire en coin qui tienne ; lui aussi incroyant, il doutait de son manque de foi. L'hirsute s'essuya la bouche.

- Vous autres humains avez sans cesse besoin de spectaculaire pour croire. C'est usant à la longue. La foi aveugle est ce qui renforce la volonté.

Perdus, à se regarder les uns les autres, l'équipe de Triste monde tragique ne sut comment réagir. La question de savoir s'ils étaient effectivement confrontés à une créature surnaturelle leur avait effleuré l'esprit. Plus que la flamme crachée par Lejinoss, c'était encore leur réaction terrifiée qui avait stupéfié les incrédules derrière leur poste de télévision.

Lorsque l'émission fut diffusée, Slone conclut depuis le plateau de télévision que lui et ses acolytes avaient été incapables de déceler le moindre subterfuge, même avec l'expertise d'illusionnistes professionnels en renfort, incapables eux aussi de déterminer comment le tour s'était opéré. Le grand Gorghoul avait gagné en crédibilité le soir même de sa diffusion.

L'hirsute avait en réalité fait des progrès insoupçonnés dans sa maîtrise du Nen. Incapable de tenir un Ren plus d'une minute, il semblait toutefois avoir une inclinaison plus prononcée dans l'utilisation du Zetsu. Sans doute était-ce une question de tempérament. Toujours est-il que le In, cette facette de l'aura permettant de dissimuler cette dernière même aux yeux de ceux capable de l'observer, lui avait permis de maintenir invisible l'un des miroirs de son Seven Years Gone. Miroirs qu'il était à présent capable de miniaturiser jusqu'à un centimètre.
Maintenu entre ses deux mâchoires le temps de son petit tour de passe-passe, imperceptible de tous, il avait attendu que Millie, de l'autre côté du bureau n'use d'un déodorant et d'un briquet orientés vers le deuxième miroir afin que magie soit faite.

Suite à cette apparition télévisuelle, Leji avait mis trois jours avant de reparaître en public. Il s'était abîmé la lèvre supérieure aujourd'hui guérie. En descendant dans le local qu'ils ne louaient plus mais qu'ils avaient acheté tant le culte prenait de l'ampleur, le grand Gorghoul découvrit une masse humaine démentielle s'agenouillant à sa simple arrivée. Millie avait su les dresser comme il se devait.

- Il va falloir ouvrir d'autres temples.
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Lejinoss Taibug
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Lun 6 Mai - 16:30

Portant une tenue é, attendant tranquillement avec un kit plus ou moins improvisé pour effet spécial le moment propice. Cette intervention télévisée avait rendu la fille tout aussi interrogative que certaines autres personnes... Mais elle ne reproduirait pas la même erreur que plus tôt. Elle avait manqué de foi dans la détermination et l'instinct de survie de Lejinoss et ça n'avait fait que l'énerver. Le show avança petit à petit et pendant ce temps Millie elle écouté passivement, tenant dans les mains un scalpel bien aiguisé, un kit de premier secours posé sur les genoux et un linge plus si propre sous son bras. La raison à ça était toute bête, très bête même. Étant du renforcement et comprenant que la pratique est le meilleure pour s'améliorer et bien... Elle pratique. Elle s'entraine à améliorer sa régénération et à terme à pouvoir faire de même avec autrui et ça passe forcément en se blessant. Pas qu'elle apprécie de le faire, en témoigne-la grimasse qu'elle tire alors qu'elle s'ouvre la peau sur deux bons centimètres, mais il le faut. Cumulant quelques mini cicatrices pour son bien futures et celui du culte. Le miracle le plus facile à mettre en oeuvre avec un hatsu pour elle serait tout simplement de réussir à refermer des blessures, à la fois visuelle et probante.

En attendant, elle ne fait que se scarifier et remercier son aura de lui permettre de ne pas trop douiller et de ne pas développer d'infection. Des heures et des heures à se couper, tenter d'améliorer sa guérison, nettoyer et recommencer... Autant dire qu'elle n'était pas trop jouasse et même plutôt tendue. Une fois revenu de son show... chaud on va dire. En voyant la lèvre brulée de son père, elle n'avait pas pu retenir ses sentiments. L'accumulation de frustration, de douleur et de culpabilité pour son manque de jugement à son écart avait sauté toute retenu, elle commença a fondre en larme, se confondant en excuse et sans trop comprendre ou chercher à le faire, lui prenant les joues dans ses mains pour voir l'ampleur des dégâts... Elle avait utilisé le Shu pour l'englober d'un peu de son aura. Cela ne l'avait pas guéri à proprement parler, mais au moins c'était un minimum cicatrisé et la douleur était globalement partie. S'ils étaient restés immobiles suffisamment longtemps elle aurait réussi à mieux, mais l'un comme l'autre avait était pris en traitre et avait naturellement reculées.

"Je suis un échec..."

La confiance en soit n'était plus trop ce qui la caractérisée. Pendant trois jours elle recommença, naturellement et inconsciemment, elle retenait son aura se disant et ayant appris quel 'aura d'une personne est dangereux pour une autre si elle ne s'en défend pas, éliminant donc la bonne solution dès le début. Elle donnait le change pour les fidèles, gardant un air souriant, doux, comme une mère pour ses sujets. Alternant proprement entre les ateliers, les messes cosmiques et les orgies préparez pour les plus fidèles des fidèles. Participant au tout avec de moins en moins de goûts. Elle continuait de garnir le comte des petits orphelins, mais même ça, encore moins que ses rendez-vous avec son amant avec qui elle avait fini par rompre, n'avaient le moindre sel, en tout cas pas assez pour la sortir de la torpeur qui l'animait de plus en plus. Avec son habitude de s'entrainer en s'entaillant de plus en plus profondément inutile de préciser que les baffes de son père n'avaient pas plus d'effet, n'ayant même plus de mouvement de recul et n'utilisant même plus d'aura pour diminuer l'impact, ça n'avait plus d'importance.

Ce n'était pas la routine, pas plus que le manque de nouveauté puisqu'elle alternée diverses activités, certaines plus amusantes que d'autres. Nouvelle apparition publique du grand seigneur cosmique, elle met du fond de teint pour cacher son avant-bras abimé et porte des manches longues en prime, elle le suit. Un nouveau temple ?

"Ici ou dans les capitales du monde ? York Shin City c'est trop tôt, j'imagine ?"

Elle faisait des efforts honnêtes pour le suivre, pour le soutenir, mais elle n'avait pas le coeur à ça et même certains de ses fidèles commençaient à le sentir, ce qui commençait à sentir le pâté pour rester polie. On la somme de diverses parts de se resaisir, de se réveiller, mais si c'était aussi simple que de le dire alors elle n'aurait pas de problème à la base. Elle en était au point où rien ne la faisait particulièrement vibrer, pas plus du bon que du mauvais sens, pas plus l'envie d'acheter que la sensation d'une main chaude sur sa joue, pas plus de se faire engueuler que complimenter. Rien...

Réunississant les brebis présente.

"Mes très chers frères, mes très chères soeurs, nous qui somme lié par l'infiniment petit jusqu'a l'infiniment grand, soyons reconnaissant envers celui qui nous rapproche à la fois entre nous que des cieux et bien au-delà. Une ovation pour le puissant Gorghoul."

Les dévots étant bien plus enjoués et bruyants qu'elle pouvait l'être. Ainsi la cérémonie passa et effectivement, vu qu'il est impossible de pousser les murs il devenait urgent d'avoir d'autre endroit de réunion, peut-être une retransmission avec des grands écrans pour les commémorations et tout ce qui va bien. Cela n'annonçait aucun gros bouleversement. Pas plus que ses nouvelles activités nocturnes d'ailleurs, passant de rendez-vous secret dans des hôtels a... Des rendez-vous secrets dans une petite entreprise d'artisanat, le stupre en moins. Quitte à ne pas trouver quoi faire de ses dix doigts, elle s'occupait en faisant son ancien métier, à défaut d'être exaltant, c'était relaxant. D'ailleurs le fruit d'heures d'efforts était dans une petite boite en bois verni. Malheureusement, celui qui lui ouvrait les portes avait reconnu l'arme.

"Une super grande prêtresse aussi a le droit de se détendre devant des séries télévisées...je regarde même des porno hein..."
"Je ne vous juge pas ! Mais..."
"Mais ?"
"Vous aimez vraiment cette série ?"
"Oui, on peut dire ça."

Elle ne pouvait pas avouer que c'était plutôt le grand Gorghoul... Allez savoir pourquoi.

"J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle..."

Ainsi elle était rentrée, elle avait passé un certain temps loin de lui, expliquant à son père que c'était une urgence urgement urgente et pour déformer autant ses paroles et son visage en le disant, ça sentait mauvais. À son retour, abandonnant son air de chien bahut subissant l'existence pour un... réellement préoccupé. Elle en venait même à se ronger les ongles, ce qui est assez moche d'ailleurs. De toute évidence ne sachant pas comment annoncer et faire avaler la pille à son père. Elle avait dans son autre main un enregistrement vidéo, en avant première et elle avait du faire des pieds et des mains, ainsi que des faveurs diverses pour l'avoir.

"Papa... Tu vas pas aimer, mais il faut que je te le montre."

Elle plaça l'enregistrement, le lança, le générique de Mugnam se lança... Mais les notes elles-mêmes étaient plus... Moderne ? Mais pire, rapidement l'ignominie se découvrit. Une homme en chemise... Pire un mitenois, mais sans moustache, dans une voiture de l'usine des Fers Harry, la fameuse Ferrero rouge, mais pas la bonne marque. Lister tous les affronts faits à la série d'origine prendrait un temps monstrueux, mais Millie à côté elle suait à grosses gouttes.

"Ils vont faire un redémarrage de Mugnam... La bonne nouvelle, c'est que l'acteur pour ne pas dire une bonne partie de l'équipe d'origine est contre, l'un des ingénieurs vidéo est même un de nos cultistes et essaye de répandre la "bonne" parole parmi ses collègues."

Qu'est-ce qui serait le plus important, continuer leur monter en puissance ou sauver Mugnam ? Elle n'était elle-même pas trop sûr de savoir, Leji étant trop imprévisible. Elle se contenta de sortir de son sac la boite en bois, catalyseur de l'information qu'elle avait pu découvrir en suivant la piste de rumeurs.

Une réplique fonctionnelle de l'arme principale de Mugnam, qui ironiquement, n'est PAS un Mugnam. Jusqu’à la moindre rayure, moindre trace visible dans la série était reproduite... Mais bon son idée de cadeau tombée à l'eau vu ce qui venait avec.

il était une foi.








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Millie Krystal Wayland
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Mar 7 Mai - 10:18
L'emprise du spirituel sur le temporel finissait par s'opérer lorsque des impératifs politiques se mêlaient au message des dieux ou des prophètes. Ces messages venaient tôt ou tard se greffer à des revendications sociales populaires ou des prêches justifiant des conquêtes. Ainsi naissaient les civilisations faites pour durer.
Un jour, l'histoire retiendrait que l'expansion et la sécularisation du culte du grand Gorghoul avait été impulsée par la reprise d'une série B terminée il y plus de trente années de cela. La légende allait devoir être particulièrement tortueuse pour dissimuler pareille flétrissure.

- Mais... il a pas de moustache.

Cette phrase stupide avait sonné aux oreilles de Millie comme une ritournelle une heure durant. Après avoir consulté les photos de tournage de la série fétiche de Lejinoss, ce dernier avait dû se rendre à la froide évidence présentée devant lui.

- Mais.... il a pas de moustache.

De sa petite voix dont on pouvait - si l'on tendait l'oreille - percevoir un semblant de sanglot au fond, le Hunter en orange témoignait sa sévère affliction. Il n'était pas déçu des photos mais spectateur d'un acte barbare iconoclaste. Impuissant, fébrile, quelque part un peu mort, il présenta une fois de plus la photo à sa fille qui la lui avait mise dans les mains en premier lieu.

- Millie.

- Oui ?

Leji hésita. Ces mots qu'il n'aurait jamais cru prononcer manquaient de lui brûler les lèvres.

- Il a pas de moustache.

Elle avait tout fait pour le sortir de son marasme. Les épaules couvertes par une couverture, un soda trop sucré dont il n'avait même pas touché la canette devant lui, l'hirsute n'était plus maître de lui même. Cette nouvelle assommante l'avait fait régresser au stade infantile. Ce n'était pas un état de choc mais un traumatisme sévère. Peut-être ne recouvrirait-il jamais de cet état.

- Les enculés.

Ou peut-être que si.

- LES ENCULÉS !

Toutefois, le voir demeurer dans un état catatonique était encore préférable que d'attendre une réaction de sa part. Pourvu d'un tempérament pour le moins nerveux, il n'était jamais à l'abri d'une stupidité dont les conséquences pouvaient s'avérer néfastes si ce n'est dramatiques.

- Ça ne se passera pas comme ça !

Là était tout le problème. Le monde du cinéma n'était plus confronté à Lejinoss Taibug l'expert en sécurité informatique dont la seule colère pouvait s'exprimer via des commentaires enragés sur les réseaux sociaux ; mais confronté au grand Gorghoul, animal retors dont les médias estimaient les fidèles à près de vingt-cinq mille âmes sur le territoire de Rokario. Il avait fédéré autour de lui les esprits fébriles, les cœurs esseulés et les détraqués de tous bords ; son culte pouvait potentiellement intéresser les trois-quarts de la population mondiale. En pleine croissance, la bonne parole distribuée comme une pandémie, le culte s'agrandissait sans cesse.

- Loué soit le grand Gorghoul s'était-on exprimé à l'arrivée du guignol en orange.

Ce dernier se faisait rare aux séances religieuses de Rokario city. Il y avait tant de programmes à regarder à la télévision ; Lejinoss ne pouvait pas tout faire, divinité ou non. Les dévots s'apprêtaient à boire goulûment les paroles du Hunter. Ce dernier les mystifia de quelques emplois de son Seven Years Gone afin que la foi demeure intacte et renforcée face à tant de miracles puis il prit la parole, prélude à la catastrophe.

- Qui détourne de la foi ?

Tout le monde y alla de sa petite réponse. On accusa aussi bien les unijambistes et les homosexuels que l'argent entre bien d'autres choses avant que Leji ne mette fin au festival de conneries dont il était le président d'honneur.

- Le cinéma.

Assise derrière, Millie s'efforça de ne pas bondir en voyant déjà vers quels horizons allait s'étendre la prêche. Ainsi débutait la sécularisation du mouvement.

- On abreuve le public de fables ineptes. Assis dans leur fauteuil, tous avalent sans chercher à réfléchir des valeurs propres uniquement à la caste mandatant les cinéastes. Le cinéma. Plus grand instrument de propagande jamais inventé. De quoi maintenir les esprits captifs et de les matraquer d'un prêt-à-penser honteux et insidieux afin de formater la plèbe sous couvert de divertissement. Rendre une foule docile en instillant en elle des idéaux facilitant sa résilience, sa soumission pour la détourner du chemin du slut.

À bien y réfléchir, le commentaire ne manquait pas de bon sens. L'industrie du cinéma imposait ses valeurs à une population qui n'avait aucun intérêt à y adhérer, bien au contraire. Le seul souci étant que la seule valeur dont il était question pour l'hirsute se bornait actuellement à la présence ou non d'une moustache sous le nez d'un de ses personnages de fiction préférés. Cela, ses ouailles n'en sauraient rien. Abrutis qu'ils étaient, ils auraient pourtant été capables de souscrire à cela seul.

- Je pense à l'un des tenants de ces idéologie mortifères en particulier. Gabrial Cadença. Lui qui dans une revue publiée récemment déclarait le mépris qu'il nous portait.

À peu près toutes les célébrités du monde avaient été interrogées à un instant ou un autre sur le succès naissant du culte du grand Gorghoul. Triste Monde Tragique était diffusé dans le monde entier. Toutes ou presque avaient craché et ri d'une bande de paumés partouzards et mangeurs de cookies dont la foi se limitait à contempler de la prestidigitation. Mais en plaçant la loupe sur l'un d'eux en particulier, Lejinoss le présentait comme l'ennemi du moment. Le diable.

- Lui comme ses acolytes Fernam Gil et Abrippin Erned cherchent à éteindre la flamme qui vous anime. Ils veulent emporter les autres dans la tombe avec eux, leur interdire la résurrection cosmique absolue qui vous revient de droit.

Au nom du réalisateur s'était greffé celui du producteur et de l'acteur principal de la nouvelle série Mugnam en devenir. Une pincée de liturgie à la con saupoudrée sur le tout et la recette promettait d'être épicée. Déjà, on s'agitait dans la salle. Le cerveau reptilien de la foule avait capté comme il se doit le message transmis et on poussa des cris de haine et de colère. Des cris sincères, l'endoctrinement étant absolu.

Trois jours plus tard à Sahelta, on apprit la mort d'Abrippin. L'homme dont le principal défaut aux yeux de Leji avait été de ne pas avoir de moustache. Décès ignoble que le sien, lardé de soixante coups de couteau et abandonné dans sa villa. Dans les jours qui suivirent, on annonça l'arrêt de la production des nouveaux épisodes de Mugnam. Le spirituel avait influé le temporel. Toutefois, ce dernier n'était pas en reste.
L'assassin interpellé n'avait pas mis quinze secondes avant de louer le grand Gorghoul. Le culte connaissait déjà son premier martyr.

On eut pu s'attendre à ce que la présence constante de la police autour des temples de Gorghoul dissuade bien des conversions. Mais deux jours suite au décès ignoble de l'acteur, on estimait les tenants de la foi du grand Gorghoul à près de cent-mille âmes sur Rokario. Prêt d'un pour cent de la population du territoire.
Abrippin n'était pas un acteur très apprécié du public et sa mort réjouit davantage qu'elle n'indigna. Les conversions se firent davantage par gratitude et pour rire que par conviction. Le nihilisme ambiant des démocraties mondiales commandait à une jeunesse cynique de se gausser de tout et de tourner tout en dérision.

Qu'y avait-il de plus nourrissant pour un culte en pleine ascension qu'une jeunesse perdue et prête à tout pour sortir de sa torpeur ? Des petits cons sans ambitions ni objectifs dans la vie se multipliaient dans les dix temples de Gorghoul pour le fun comme ils le disaient si bien ; le grand Gorghoul se chargerait de leur trouver une voie toute tracée ; un prêt à penser autre que celui véhiculé par le monde du cinéma.
S'il avait pu empêcher un film de se faire par un simple sermon, c'est que le fruit était mûr. Le culte devrait bientôt sortir de ses temples pour investir la sphère publique. Ce n'était plus l'affaire que de quelques miracles bien sentis et le culte du grand Gorghoul deviendrait un corps infectieux mortel dans l'organisme de Rokario. D'abord à Rokario.[/b]
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Lejinoss Taibug
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Sam 18 Mai - 13:06


Qu'il soit plus atteins et traumatisé par une série télé plus vieille qu'elle que sa propre situation... Elle savait qu'elle devait le prévenir, mais pas que cela prendrait des proportions pareilles.

"Effectivement, il n'en a pas."

Aussi extrême et disproportionnée, peut-être même plus que l'affaire avec la mafia avait pu l'être. À croire qu'il est un autre Manil ou plutôt qu'ils se tiennent la dragée haute pour savoir qui ira le plus loin, ce sera au premier qui freinera ou tombera du pont ? Elle l'écoutait patiemment, il n'avait jamais réellement agi comme son paternel est la il était plus comme un enfant, comme s'il avait vu un monstre sous son lit ou dans son placard et qu'il essayait de s'en remettre. Pendant ce temps, la demoiselle continuait de se scarifier et de pousser son aura à la soigner, toujours avec les mêmes grimasses face à la douleur... La différence étant qu'avec les heures, les jours à faire ce petit cinéma maintenant se sont parfaitement refermés en une poignée d'heures. Elle tient le bon bout, bientôt, elle pourrait se soigner en un temps record, ou mieux, le faire aux autres.

Il fait le guignol, son rôle de grand Gorghoul et y assiste comme tous, sans surprise il attaque l'industrie du cinéma dans son ensemble pour ne pas donner l'impression qu'il attaque une production en particulière. Mais elle n'est pas dupe sur la raison de son discours et elle s'en fiche au final. Il a un plan à long terme, ce ne sont que les marches avant d'attendre le prochain étage qui ne sera pas le dernier et bon dieu que cet immeuble est haut ! Si les marches vers le succès sont nombreuses, elle a l'impression d'affronter un gratte-ciel en talon haut et robe courte mal coupée...

Finalement, sa cible s'affirma bien vite, il n'était pas aussi calme qui essayer de lui faire croire. Elle fut surprise qu'il soit aussi ébranlé par des personnes renouvelant, ou crachant au choix, sur une série qui pourrait être son ainée d'une bonne décennie...

On dit que certains mots sont acérés comme des couteaux, que la plume est plus tranchante que l'épée. Mais il n'est de toute évidence pas impossible de tuer avec un discours et il l'a prouvé, même si pour le coup il n'a été que celui qui a tendu la main et baissé le pouce. Pendant cette presque semaine qui se déroula, Millie continuait son petit manège et finalement elle pouvait maintenant refermer une entaille de la taille d'une pièce de monnaie en un peu moins d'une minute tout au plus, si ça faisait la taille de sa main plus ou moins, une bonne dizaine était suffisant et elle n'avait pas testé plus grand... Même la curiosité, l'envie de se dépasser à une limite et elle n'est pas particulièrement masochiste.

Elle ne savait pas trop quoi faire, tout ce qu'elle lui disait finissait soit avec comme réponse une claque ou non suivi d'un semblant d'interaction avant qu'il n'aille retourner faire un plan ou vider du soda devant une série... Ou alors créé des situations ridicules aux conséquences titanesques. Elle se demanda a quel moment ils avaient eu une vraie conversation, une ou elle ne subissait pas ou n'était pas la pour dire "oui oui" et fermer sa gueule et la réponse est... Bah mise à par quand il lui a expliqué les fondements du Nen, jamais ? Pas qu'elle s'en rappelle même si leurs situations précédentes n'étaient pas très propices aux échanges c'est certain. En fait elle commence à peine à être consciente que si elle n'était pas là, ça ne changerait juste rien. En même temps ça aurait était vaniteux de penser le contraire...

Elle va donc le voir, restant debout en attendant une page de publicité, même elle n'est pas assez idiote pour le déranger au milieu d'une série.

"Je vais avoir besoin de toi, j'ai développé une technique pour me soigner moi et les autres. Quoi de mieux niveau miracle pour les foules qu'un petit soin des familles ? Enfin mise à part multiplier les pains ou ouvrir la mer en deux... Mais ça je ne sais pas le faire."

Elle le laisse râler, mais au final... C'est bien dans la clinique du coin que Gorghoul et sa prêtresse font leurs apparitions, Millie comptant sur le fait qu'ils sont bien implémentés dans le coin pour avoir le droit à un... Passe droit. Un petit sermon par ici et hop elle repère les "cibles faciles" dans le sens de l'utilisation de sa technique. De gosse d'étant éraflé en tombant de sa planche à roulettes à la ménagère qui a glissé avec son couteau de cuisine. C'est un peu lent, surtout au début, mais elle prend le coup.

",Mais, pourquoi il ne le fait pas lui-même s'il est si fort ?"
"Homme de peu de foi." répond elle patiemment, avec un sourire maternel "J'applique son enseignement. Si je suis votre logique, alors pourquoi le médecin-chef ne s'occupe pas personnellement de tous les soins ? Il le fait ? Non, effectivement, n'essayer pas de me couper la parole c'est malpoli. Bref, je dois prouver ma valeur en tant que grande prêtresse et pour cela, je préfère le faire en aidant mon prochain. C'est si mal que ça de venir soigner des gens gratuitement ? Dites-le si je vous dérange, ces médecins je vous jure, une décennie d'études et ça se croit tout permis..."

Ainsi donc, suite à une première journée... Mouvementé ? Elle ne forcera pas son père à en subir une autre et ira seule. Ainsi suivra donc une bonne semaine de bobologie qui affirmera et affinera sa technique.

Jusqu'au moment où la seule patiente qui restera sera...

"Ma jambe me fait mal... Aidez-moi s'iiiiiil vous plaît !"

Difficile de dire non face à une petite fille a la jambe dans un aussi salle état, Millie l'aurait fait sans problème si elle n'avait pas depuis le petit matin une caméra au basque. Forcement au bout de quelques jours... La pauvre était... Eurk disons simplement qu'à partir du genou c'était assez moche, même avec tout le sang-froid dont elle est capable elle a du mal à soutenir la vue longtemps.

Si bien que du coup, elle commença à s'y mettre, ce qui sera son fil rouge pour les semaines à venir certainement. Pendant ce temps, elle aura bien du mal à tenir tous ses engagements de grande prêtresse... Surtout qu'en revenant de l'hôpital, son premier réflexe et d'aller se jeter dans son lit et commencer très vite à ronfler avec un petit filet de bave. Elle expliquera au petit matin à papa Gorghoul dans quoi elle s'est embarquée, il répondra encore dans une semi-léthargie qu'elle n'a qu'à se débrouiller et elle n'aura plus qu'à subir ça pendant un certain temps.

Mais si ça fonctionne... Prend toi ça dans les dents science ! Pas besoin de passé des doctorats haha ! ... Mh...

Comme un singe en bure tenant un révolver.








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Millie Krystal Wayland
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Lun 20 Mai - 13:29
- Ah, la grosse dodon !

Dodon se voulait un terme familier. Limite vulgaire. Un barbarisme vomi de rage.
Bien que la colère chez Lejinoss tenait davantage de l'hystérie nevropathique que de la rage la plus immaculée qui soit. Ainsi qualifiée, à trois heures du matin - car les rediffusions de Mugam se terminaient parfois tard - Millie eut sans doute l'instinct nécessaire pour deviner qu'elle avait fauté. En quelles latitudes ? Cela, elle ne se serait pas essayé à le deviner.

- La rumeur court, crétine ! Ils commencent à penser que je te tape, en bas !

- Mais c'est ce que tu fais ! Aïe !

C'était effectivement ce qu'il faisait. Sagement installée en position fœtale le temps que les baffes et coups de semelles ne s'abattent, la jeune fille prenait son mal en patience. De mal, il ne lui en faisait pas tellement. Frapper sans son Nen quelqu'un du renforcement n'avait guère d'emprise sur la victime des coups.
Ils pensaient qu'il la tapait ? La belle affaire. Assurer une position de mâle dominant au sein de la communauté ne pouvait qu'attirer davantage de respect. Tout du moins, d'après les critères de Millie Krystal Wayland. Dans les faits, cogner sur une bonne femme attirait l'antipathie mais pas seulement. Pas encore élevé au-delà des lois des hommes, le grand Gorghoul était toujours sujet éventuel au tribunal correctionnel le plus proche. La notoriété de sa petite secte étant ce qu'elle était, les pouvoir publics n'attendaient qu'un prétexte.

Le zèle que mettait Millie à s'entraîner en était un et les blessures qu'elle s'efforçait de cacher n'étaient pas si discrètes qu'elle l'entendait. La rumeur courait disait l'hirsute ; il suffisait à celle-ci de sortir des sentiers battus pour que les gyrophares ne tourbillonnent dans la nuit et éclairent les alentours du sanctuaire.

- Tu vas finir par me faire crucifier avec tous ces miracles.

Il n'aurait pas été le premier.
Se recoiffant d'une main les mèches folles qui avaient virevolté le temps de sa petite crise, Lejinoss prit le temps de réfléchir un instant, comme cherchant à retrouver son équilibre.
Puis, dans un élan d'on-ne-sait quoi - il était tard, la fatigue guettait tout à chacun - il broda prestement sa fille qui en avait terminé d'encaisser les coups et lui dit :

- Dors, va... Papa va t'aider à t'entraîner.

Sept heure trente du matin, une casserole s'abat sur le crâne de Millie. L'entraînement commence.

- Pas de "aaAAaaArgh" qui tienne. Gyô.

Plus expérimenté dans la pratique du Nen, s'imaginant même expert en la matière, Leji avait fait du Gyô son affaire à force de chercher à matérialiser - parfois avec succès - son Seven Years Gone. Il était doué. Pour quelqu'un de son niveau en tout cas. Obéissante, la demoiselle s'exécuta et concentra péniblement une partie de son aura vers son poing. Cela s'était fait presque naturellement tant le réflexe consistant à commettre un parricide matinal par voie d'étranglement lui avait effleuré le système nerveux.

- Pas là le Gyô ! Au niveau de ta bosse.

- Je sais pas faire ça.

Il aurait pu lui apprendre. Faire preuve de patience, de pédagogie appliquée. Le principe du Gyô valait autant vers la main que vers le crâne, ce n'était que l'affaire de quelques minutes pour le lui enseigner. Une heure au plus. Mais Lejinoss fit ce que Lejinoss se faisait : il avisa.
La casserole s'abattit sur la main de Millie qui n'aurait décidément pas dû défaire son Gyô.

- Voilà, donc, maintenant, Gyô sur le main.

Ainsi admettait-il tacitement que le coup porté précédemment à la tête de sa fille n'avait été d'aucune utilité.
Tout le répertoire des insultes classiques et nouvelles avait été récité dans le désordre par la discipline première du grand Gorghoul.

- Tu m'as cassé le doigt !

- Tant mieux, c'est pour l'entraînement. C'est lequel de pété ?

Elle le lui brandit sous le nez et reçut un nouveau coup de casserole sur la tête en réponse. Celui-ci n'avait pas eu vocation à l'entraîner.

- Bon, ça vient ce Gyô ?

Plus difficile de se concentrer avec deux bosses et un majeur dont une phalange était cassée. Elle y parvint tant bien que mal.

- Et maintenant ?

- Maintenant euh... ça doit soigner, non ?

- Bah... non.

L'expertise du sieur Taibug s'en était tenue au Gyô seul. Logique dans son entreprise, il s'était imaginé que renforcer l'aura à un point précis et le confronter à une réalité précise était ce qui façonnait un Hatsu. Les miroirs de son Seven Years Gone ne s'étaient pas matérialisés autrement. Le concept tenait la route. Il était même le seul qui vaille, mais ne se suffisait pas à lui-même.

- Alors. Ça fonctionne ?

- Noooon que je te dis. Ça fait toujours super mal.

Se grattant l'arrière du crâne qui, lui, n'était pas couvert de bosses, Lejinoss réfléchit. Il ne s'était pas imaginé que la tâche serait si hardue.

- Si ça se trouve, ton renforcement renforce la douleur plutôt que la réparation des os hahaha. Avoue, ce serait con hahahaha.

Millie n'était pas d'humeur à avouer ce qu'elle avait au bord des lèvres. Une troisième bosse était si vite arrivée. Le Gyô, même d'autant plus accentué, ne semblait pas avoir d'effet. Pas immédiat en tout cas. Toutes les explications y étaient passées, à commencer par celle selon laquelle renforcer la régénération ne serait-ce que par trois fois signifierait qu'il faudrait attendre plusieurs jours pour constater un résultat. Guérir en deux jours plutôt qu'une semaine. Le miracle était branlant dans l'idée.

- Oh mais... j'y suis.

Il tenait un truc. Une casserole aussi.

- Comment les os restent en bon état ?

- En ne se faisant pas frapper dessus avec une casserole ? Par exemple.

Leji ne prit pas en compte sa remarque faisant déjà demi-tour n direction de la cuisine. Le pire était à craindre pour la jeune fille. Peut-être que le paternel reviendrait avec une cocotte-minute cette fois-ci. Il en était capable. Mais à la place, il ramena une brique de lait d'un demi-litre.

- Prenons une voiture.

Millie se raidit. La casserole passait encore. La voiture était de trop.

- Je veux dire, pour l'exemple. Si on améliore une voiture de merde pour en faire un bolide de course, ça ne sert à rien si on n'a pas l'essence pour. Le renforcement, ça renforce.

Commentaire de l'année.

- Ça créé pas du calcium ex-nihilo, ça accentue les effets curatifs. Je pense. Le truc, ce serait de boire du lait renforcé. Tu te débrouilles comment en Shû ?

- Mal.

Tel père telle fille. Il l'incita à faire un essai. Ingurgiter du lait sans l'avaler. Recouvrir le lait d'aura serait plus facile à l'intérieur du corps là où on pouvait le sentir. Lactose parcouru d'aura ingéré, Leji la pria de recommencer avec le Gyô à la main. En trois minutes à peine, à l'œil nu, le ton violacé de la peau du majeur s'estompa.

- Je pense que ça pourrait aller plus vite au soleil. Avec la vitamine D renforcée.

Il n'y avait pas de quoi non plus sauter au plafond, on ne parlait là que d'une blessure mineure, mais un pas avait été franchi. Se soigner, ce n'était pas l'affaire que de son propre corps mais de ce dont il avait besoin pour se régénérer. Si cela valait pour les os, le principe s'appliquait aussi au reste.

- Après, si le lait que je t'ai filé n'avait pas été périmé, peut-être qu'on aurait pu gratter vingt secondes sur les soins.

Millie demeura stoïque, sa main encore parcourue par le Gyô lui faisait toujours mal mais elle aurait pu lui mettre dans la gueule.

- C'est pas le lait qui est pourri. C'est ton entraînement.

L'ingrate avait répliqué. Mais Lejinoss n'en avait cure. Bientôt, il aurait son miracle à moindre frais.
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Lejinoss Taibug
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Dim 26 Mai - 16:16


Il y a une chose apparemment ou Leji excelle plus que d'être un aimant à problème, c'est celui d'être un tuteur aux idées de merdes. Il la prouvé en venant lui caser un doigt la ou des explications serait plus efficace, la pratique c'est bien, mais pas de cette manière, vous imaginez si pour entrainer les infirmières à faire des points on leur tranchés le dos de la main ? En même temps, sa fille s'était bien coupée, donc cela fait d'elle une élève tout aussi idiote même si pas masochiste.

Donc, pour contrer le fait que l'on pense qu'il lui fasse du mal, il vient lui en faire encore plus. Une logique, mais pas forcément la bonne. Au moins elle agissait, même si elle le faisait mal si bien qu'elle l'a poussé son père à faire de même, avec la même efficacité douteuse. La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre. Elle suit, subit l'entrainement de son père, ne se gênant pas pour raller ou user d'un peu de sarcasme pas subtil quand il lui demande si elle sait utiliser le Shu... C'est plus ou moins l'une de seules choses qu'elle entraine et il le sait, quand même !

"Le renforcement ça renforce ? J'avoue, celle-ci je ne l'ai pas vu venir..."

Bon ce qui est fait et fait, aussi pourri soit cet entrainement il a mi indirectement en exergue certains fait intéressant même si elle mettra du temps à s'en rendre compte. Par exemple quand elle passera à la clinique elle demandera à ce que la petite ai plus de médicaments, précisant qu'elle améliorer l'organisme, elle ne le remplace pas. Peut-être que ainsi ça sera plus rapide, même si elle en a pour des jour ou des semaines à rentrer avec de belles cernes. Un fil rouge exténuant, mais ne l'empêchant pas d'avoir d'autre responsabilité.

En parlant de ça, c'est une Mille courbé de fatigue et un Leji dans sa tenue plus orange qu'orange, presque plus flashi que celle des prisonniers des prisons haute sécurité, le tout avec un cookie au bec qui s'avance vers un lieu en plein réaménagement.

"Ah quel moment tu t'es dit que ce serait une bonne idée de racheter un truc au milieu de la zone industrielle ?"
"Mais..."
"L'argent, ça ne tombe pas des arbres."
"A ce propos..."
"il n'y a même pas moyen d'avoir une image correcte dans ce trou paumé pour la télévision."
"laisse-m’en placé une !"

Une petite claque derrière la tête plus tard, presque plus par habitude que réelle méchanceté... Ils sont seuls, aucun risque pénal.

"Il y a deux raisons à ça, en fait peut-être trois ?"

Dit comme ça, le grand Gorghoul ne peut que s'énerver et pour le coup il n'a pas tord, ce n’est pas le genre de chose où on peut se permettre d'avoir des doutes ou mal l'expliquer APRèS coup !

"Cela va permettre d'étendre notre culte à la masse ouvrière, c'est déjà un point."

Il hausse un sourcil.

"En ville ça fonctionne tout aussi bien."

Son air semble indiquer que si ses prochains arguments ne sont pas plus convaincants, elle risque de déguster et elle est bien assez capable d'imaginer qu'il soit capable de la punir même si elle est du renforcement.

"La crise à fait fermer plusieurs usines, qui faute de moyens ne les ont pas totalement démontés. Cela aurait couté plus cher que le prix aux pièces ou de revente des machines."
"Tu comptes faire quoi avec des fabriques a tracteurs ?"
"Un tour ou une fraiseuse, surtout manuels ça fonctionne pour tout pas que des machines agricoles."
"Il te reste deux minutes avant que je parte. Avec ces conneries je vais manque l'épisode final de K-3000..."
"On va faire une série d'usines a cookie."

Elle sourit il fait de même, ce qui est de très mauvais augure, avant même qu'il ai eu le temps de finir d'armer le bras ou d'inspirer assez fort pour lui faire exploser les tympans comme le loup soufflant sur la maison des trois petits cochons.

"Mais ça sera une façade !"

Elle vient de s'acheter une poignée de secondes de sursis.

"C'est quoi mon métier à la base ?"
"Bibelot ? Femme au foyer ? Femme de ménage ? Cuisinière ?"
"..."
"Je suis censé le deviner comment crétine ?"
"C'est pas faux. Je suis fabricante d'arme et avant que tu me dises que ce serait plus simple de les acheter, l'idée c'est de faire croire à tes opposants que tu ne cherches qu'une énième manière de te faire du pognon. Si on leur fait des usines d'armement dans le dos, ils ne le feront pas venir quand ce seront des fanatiques armées avec bien plus efficace que des fourches et des torches qui vont venir leur botter le cul. En plus, les impôts sur les armes sont bien plus gros que sur l'agroalimentaire et le surplus ça se vend facilement dans les environs, enfin je crois ?"

Il semble réfléchir, ou pas ? En tout cas, il sera lui dire si elle a eu un semblant de bonne idée, ou si au contraire elle en mérite une autre... De beigne. Après tout, le fait de se crever en soin sur elle-même et sur une gamine à mis-temps à peut-être trop amoindri sa capacité à réfléchir ?

Ca ne casse pas trois bras à une Millie.








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Millie Krystal Wayland
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Lun 27 Mai - 11:10
Vraisemblablement, le manieur du Hatsu à forme de miroir était en train de réfléchir.

- Ça pourrait être intelligent.

- Ah ?

Un espoir.

- Si c'était pas aussi con.

- Ah.

Puis le strict retour à la réalité. Lejinoss demeurait désespérément Lejinoss. Outre sa propension à vomir sur les idées des autres pour imposer les siennes - plus toxiques encore - son objection présentait toutefois quelques relents de lucidité. En guerre ouverte contre un pays dans lequel il était un clandestin - mais qui, démocratie oblige, était infoutu de l'expulser - l'hirsute s'était imaginé que tendre le bâton pour se faire battre n'était pas la meilleure stratégie à envisager dans la lutte qu'il menait. Sous le regard scrupuleux d'observateurs mandatés pour relever la moindre faute qu'il puisse perpétrer lui ou son culte, se lancer dans le trafic d'armes relevait purement et simplement du suicide.
Mais il y avait de l'idée derrière. Une idée qui pouvait les mener à la taule. Mais de l'idée tout de même.

- Tenons-nous en aux cookies. Tiens, avec ton Nen, tu pourrais renforcer leur saveur. C'est bien ça comme Hatsu aussi. C'est raccord.

- Raccord à quoi ?

- Tu sais bien.... Bonnes femmes. Cuisine. Cookies. Tu saisis l'idée.

Progressiste à temps partiel, relativement peu intéressé par les tracasseries vaginocrates, papa lui annonçait clairement là où était sa place. Aucune surprise de ce côté-ci. Il fallut lui rappeler une fois encore qu'elle tenait à obtenir son pouvoir de soin précédemment développé mais pas encore parachevé.

- Bois du lait, bouffe de la viande rouge et concentre-toi. Qu'est-ce tu veux que je te dise d'autre ? Je t'ai montré les pistes, tu suis le tracé, pas compliqué.

Se permettant de causer comme s'il était un expert en la matière, lui qui était de la matérialisation et encore novice dans la pratique du Nen, Lejinoss avait malgré tout raison. Le premier entraînement menait quelque part, il suffisait d'aller au bout du chemin. Un entraînement au Nen était l'affaire d'astuces. Cela, il en avait à foison dans sa besace qui lui servait de tête.

- Et puis faut pratiquer souvent. Assiduitude, c'est ça la clé.

- L'assiduité.

- L'assiduitude, l'assiduité, l'acidité, Lassi chien fidèle, c'est pareil tout ça. Joue... joue pas sur les mots.

Qu'y connaissait-il à l'assiduité. Lui ne s'entraînait que lorsqu'il y pensait, c'est à dire bien peu souvent et se retrouvait for marri lorsqu'il était question de montrer les fruits de son entraînement. Abandonnant alors sa fille dans l'usine qu'elle allait devoir faire tourner sans arme mais avec des noisettes, Leji attendait d'elle des miracles. Au sens propre. Plus tôt elle pourrait faire disparaître ses plaies, plus ils renforceraient leurs assises grâce à es tours de passe-passe. Fonder un culte et bâtir un parti politique revenait au même, il suffisait de savoir mentir et tricher avec habileté.

- T'as deux jours. En face de nous, y'a l'industrie du cinéma. Nos effets spéciaux doivent être meilleurs que les leurs.

Les préparatifs pour la bataille de Mugnam étaient enclenchés.
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Lejinoss Taibug
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Lun 3 Juin - 9:57


"Deux jours ?!"

Elle avait beau se mettre en colère, trouver ça injuste et raller ce n'est pas pour autant qu'elle le contredirait... Même si pour cela elle avait dû se saigner aux quatre veines et se tuer à petit feu. Enfin c'est une image cette fois-ci. Deux jours encore plus infernaux que les précédents, à finir sur le fil du rasoir et sentir plus ou moins littéralement sa vie ne tenir qu'a un fil. Son corps en pouvait tellement plus, qu'une fois réussit à finir son travail de longue haleine avec la jambe de la petite elle ne put même pas exprimer sa joie avant de s'effondrer de fatigue.

C'est a ce moment précis que son corps c'est mis en grève, prenant d'ailleurs une teinte jaunâtre, mais effet le plus problématique même si visible que par les initier... Entrant en état de zetsu pour une durée indéterminée. Évidemment au réveil papa eu tout fait de lui exprimer son inquiétude et... Naaaan, on parle de Lejinoss, bien évidement qu'il va lui reprocher sa "féniandise" et de toujours trouver un moyen de le gêner.

"Tu crois peut-être que ça m'amuse d'être dans cet état..."
"Bouge-toi le cul ! On ne peut pas délayer éternellement l'entretien avec Holly Wood..."
"Mais c'est qui..."

Finissant avec un entonnoir dans le bec avant de pouvoir finir sa phrase, heureusement une infirmière réussit à sortir son cher paternel juste avant qu'elle ne soit gavée comme une oie. Pendant le temps où elle est restée inconsciente, il avait du profiter pour mettre la petite sous les projecteurs s'il avait réussi à supporter la gamine suffisamment longtemps. En tout cas, celle-ci dont Millie ne connaissait ou plutôt dont ne se rappelait même plus le nom avait remis son tutu et retournait à son rêve éphémère de devenir danseuse et aux spectacles de Mini-miss dérivés des pires relents nauséabonds des émission de variété venant de York Shin City, mais ce n'était pas plus son problème qu'a celui de son paternel.

Le lendemain, elle essaye de s'entrainer... Échec. Elle ne sans plus son énergie s'écouler, pire que ça quand elle insiste une vive douleur le rappel tout de suite à l'ordre pour l'empêcher de jouer avec le feu. Et alors que Léjinoss appelle pour savoir où elle en est, pour savoir si elle a enfin réussi à se ressaisir sans demander si elle va mieux.

"Nan... Au fait c'est [Bip bip bip] qui... Pfff..."

N'ayant encore une fois pas le temps d'avoir de demander avant de se faire violenter un tympan et qu'il raccroche dans le même temps, il doit être en train de se dire qu'il doit tout faire lui-même râler un peu en passant et mettre en place une de ses bidouilles habituelles. Quand le duo d'infirmière passe, elle finit par leur demander qui est cette personne. La première interroge la seconde du regard, celle-ci pouffant de rire comme si elle avait affaire à une demeurée ou une personne qui a vécu sa vie dans une grotte. Inutile de préciser que cela ajoute à l'air grognon de la demoiselle, sa frustration et donc de manière générale son humeur.

Réussissant à se hisser hors de son lit, elle essayes de se faufiler jusqu'a un ordinateur pour faire une recherche, échec.

"En plus, ça ressemble plus à un nom d'actrice porno qu’a un vrai nom... Aucune chance que ce soit ça, mais quand même."

Innutiel de compter sur les magasine de la salle d'attente, s'il ne partent pas en poussière, c'est part un procédé magique et inexplicable tellement ils sont vieux et datés. Finalement après quelques jours elle finit par s'évader de sa chambre toujours affaiblie et sans aura, mais ne supportant plus tous ces petits regards moqueurs cacher sous divers autres visages, enfin à moins que ce ne soit que de la bonne vieille paranoïa, ça fonctionne aussi.

Retrouvant Lejinoss sans même s'être rendu présentable, sans non plus se balader en chemise d'hôpital les fesses à l'air elle en est pas si loin, c'est ouvrant la porte de l'endroit où il se trouve sans la moindre délicatesse qu'elle déverse ces mots comme sa bille.

"Mais c'est qui cette Holly Wood à la fin !"

C'est alors dans une scène absolument original... Hum... Qu'une personne encore dos à Millie utilise sa chaise rotative pour se tourner vers elle et lever délicatement la main avec un sourire absolument parfait. Robe à la mode mettant ses formes en valeur de manière ostentatoire, cheveux impeccable et impeccablement blond, deux yeux de biches l'observant avec un air trop sympathique pour que ce soit honnête.

"Hé bien ma chère, je savais que vous aviez hâte de me rencontrer, mais pas au point de vous évader de votre chambre d'hôpital."

Elle en est si rayonnante que ça en devient écoeurant pour elle, mais la c'est sa jalousie naturelle qui obscurcit son jugement. Le fait de la voir littéralement lumineuse c'est un effet secondaire de sa vision floue due à la fatigue, mais sinon oui elle est radieuse. Malgré la touche d'humour, donnant l'impression de vouloir dédramatiser la situation, celle-ci observe l'intruse qu'est devenu Millie d'un air doux et attentionner.

"Désolé, je vais me changer."

Pour une raison obscure pour la demoiselle, évidente pour toute personne l'observant, elle l'énerve au plus haut point. La jalousie c'est moche tout de même.

"Un peu sauvage, mais charmante, elle sera parfaite."

Le temps de se faire belle, ou au moins présentable.

"[...] Et donc ce concept de divertissement télévisé, j'en suis certaine pourra combattre le cinéma à son propre jeu. Oh parfait ! Installez-vous je présentais mon projet au grand et puissant Gorghoul."

Dit-elle en lui présentant une chaise et en tendant la main pour lui tapoter amicalement le bras. Geste sans arrière pensée qui pourtant ennuie fortement celle-ci sans raison apparente, mais on ne va pas revenir dessus.

Et donc ce concept merveilleux à pour nom."

Elle sort un petit carton avec dessus des croquis et surtout une esquisse de logo avec écris dessus dans cet abject dialecte tout droit venu du pays du capitalisme et des mafia...

Télé-réalité ! ♥"

Sect Etc. Story qui peut aussi se lire et se dire comme "Select Story", pour donner un air de moderne, tendance et grand, ou "Secret Story" pour donner un air mystérieux et cool... Peux importe la manière de le dire ça sonnait comme une idée horriblement marketing et machiavélique et le fait que les deux personnes présentes tournent leur regard vers elle a ce moment précis lui donnait l'impression de subir une pluie d'étincelle droit sur la figure.

Cela sonne à la fois comme un plan à la con parfait pour un Lejinoss, mais aussi une manière de punir sa fille dans le même temps, a moins d'un retournement de situation elle savait ce qu'elle allait subir sous peu.

Le diable porte une robe Camel.








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Millie Krystal Wayland
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Mer 5 Juin - 16:30
Ils achèteraient la corde avec laquelle ils seraient pendus. Comme fascinés par une bête mystique, un animal lugubre dont ils ne sont pas capables de discerner tous les aspects, la petite caste médiatique fait un pas de plus en direction de la créature. Elle a l'air docile la bête. Elle a des dents pourtant. Bien apparentes même. Mais ils approchent d'elle. C'est plus fort qu'eux, la curiosité comme principale source de motivation - et aussi de profit - les studios ne se contentent plus de faire un pas vers Gorghoul et la fine équipe : ils ramènent la bête à eux.
La vaseline télévisuelle était réputée pour domestiquer même les entités les moins farouches qui existe. Un caïd respecté passait à la moulinette audiovisuelle ? La télé ? Le cinéma ? Ce n'était pas l'affaire d'un an d'ici à ce qu'il se compromette dans le stupre et qu'on ne le retrouve avec une plume dans le cul. Au fond, ce mauvais calcul apparent qu'était d'ouvrir la boîte de Pandore dans les milieux télé était peut-être mieux pensé que ça.

Les médias. Un des nombreux bras armés de cette entité abstraite que l'on pouvait appeler «Le système». Tout ce qui s'opposait à lui et ses valeurs, ou plutôt, l'absence de ses valeurs, avait vocation à périr ou être ingéré par ce dernier pour devenir docile. Or, on ne tuait pas un Hunter impunément. Car, bien qu'étant la honte inavouable de la profession, Lejinoss demeurait un Hunter à part entière. S'attaquer à lui, c'était faire offense à l'association de manière détournée. Le genre d'imbroglio diplomatique dont on ne se remettait que difficilement.
Elle avait commencé petit l'association Hunter. Des passionnés de sciences en tout genre, des défenseurs de causes nobles, ils étaient devenus l'avant-garde de l'humanité sans que cette dernière n'ait le temps de les voir venir. Médecine, archéologie, protection de l'environnement, patrimoine : ils excellaient dans tout au point de devenir incontournable des États-nations de ce monde qui, en échange de leurs découvertes nombreuses et variées, leurs offraient des passes-droit par centaines. Provoquer l'association, même sans le vouloir, c'était risquer que cette dernière ne fasse jouer de ses appuis diplomatiques à travers les pays du monde qui lui devait tant afin de soumettre les récalcitrants.
Pour un appareil d'État soucieux de sa préservation et de ses intérêts, tuer un individu tel que Lejinoss Taibug était proscrit. Tabou, même.

On opta pour la deuxième solution, le corrompre insidieusement ; le domestiquer. Alors, les réseaux se mirent en branle et, en bout de course, une pétasse quelconque nommée par un appareil de production audiovisuel fut mandatée pour proposer à la bête de se voir passer le collier au cou. Incorporer un corps étranger dans un organisme, c'était pour mieux le laisser se faire liquider par les anticorps. Mais il était de ces virus qui pourrissaient les défenses immunitaires une fois ingéré.
Pari risqué que d'offrir une tribune plus étendue à la secte du grand Gorghoul. Miser sur l'intelligence et le bon sens potentiel des spectateurs d'autant plus.

- Roule ma poule.

Leji avait sauté les deux pieds dans la combine, guilleret et sans sourciller. On pouvait tenter de le corrompre, cela ne changerait pas son caractère paranoïaque et versatile. Il était permis de domestiquer les lions, pas les larves.
Des caméras partout. Ce n'était pas tant la volonté de la production que des services de police derrière. Un accès complet à toutes les données que ceux-ci désiraient, sans le contrôle d'un juge et avec l'aval de ceux qui seraient surveillés.
Ils n'avaient rien à se reprocher. Ils avaient tout à se reprocher. Mais rien qu'ils ne soient susceptibles d'afficher au vu et su de tous. Cette opportunité était la chance de faire prospérer son culte au-delà des limites du raisonnable comme de l'annihiler en peu de temps. Le pari était risqué pour tous mais les dés étaient déjà lancés.

- Du miracle H 24 à la télé. Vous faites des sous, je gagne des adeptes, tout le monde y gagne.

Tous, exceptés les adeptes en devenir et les spectateurs.

- Oui, enfin... ce n'est pas juste pour l'argent que nous faisons ça. Il y a un réel caractère informatif derrière la démarche.

Oui. Car la télé-réalité était réputée pour êtes un puits de culture où s'abreuvaient les érudits ayant soif d'un contenu hautement intellectualisé. Que des individus véreux derrière le programme gagnent de l'argent sur ces spectacles affligeants de bêtises - et bientôt de miracles - était évidemment fortuit.

- Les épisodes seront ponctués d'entretiens personnel avec le grand Gorghoul si cela ne vous dérange pas.

Avachi dans son fauteuil, vautré comme loir, les mains croisées sur le ventre en le menton contre la poitrine, l'hirsute conservait malgré son air apathique non simulé une réelle vivacité d'esprit dans le regard.

- Qu'est-ce que j'ai à y gagner ?

Elle eut beau tenter de le persuader de l'intérêt symbolique de la chose, le grand Gorghoul campa sur ses positions. On voulait le voir danser en cage, il allait falloir verser son obole pour cela. On s'accorda sur cinq pour cent des recettes publicitaires. Dévoiler le contrat et mettre à jour le pot-aux-roses ? C'était s'exposer à la honte d'avoir pactisé avec une secte. Le milieu médiatique n'était pas à une honte prêt mais il en était dont ne se relevait pas de sitôt.
Comme si l'équipe chargée de poser les caméras n'attendait que ça depuis des semaines, le matériel fut installé partout dans les temples du grand Gorghoul, ce dernier étant suivi de prêt par le cameraman et la greluche venue lui proposer le pacte. Les dés étaient lancés. Ne restait qu'à Lejinoss et confrères de souffler dessus pour qu'ils tombent sur leurs numéros. En ce sens, il nourrissait de grands espoirs en Millie. En ses capacités de guérison surtout.
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Lejinoss Taibug
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Mer 12 Juin - 14:25


Des cul-terreux, un hospice et des tas de choses , tels étaient au départ... Millie se met une petite chiffle pour se réveiller. En ce moment elle avait de plus en plus de mal à ce conscentrer et ne pas laisser aller son esprit a des divagations des plus en plus ridicules. Mais il le fallait, il fallait qu'elle tienne et maintenant qu'il yavait des caméra partout... Sauf aux toilettes et dans les douches du personel et encore heureux. Plus que jamais. Il ne s'agissait pas de prier pour qu'un adepte ne la vois pas flancher, elle serait sous des oeil artificiel relayant le moindre instant à des paires d'yeux avide de la voir faillir et recherchant activement quand elle le fera.

C'est ainsi suivi de près par un infirmier et un nutritionniste qu'elle allait faire ce qu'elle a a faire. L'idée étant d'optimiser le soin de ses "patients", d'augmenter la cadence des miracles en faisant en sorte que les cibles ait tout ce qu'il faut pour que ça aille vite. Du petit bobo à la blessure profonde, une à une les personnes venant de la clinique ou de l'hôpital le plus proche, aidant d'ailleurs du coup à légèrement désengorger leurs urgences même si c'était qu'un petit peu. Le peu de pressions qu'ils avaient en moins était toujours un plus pour leurs santés mentales et tout court aussi, même si ça ne les empêchait pas de faire des journées avec un nombre d'heures ridicule et insoutenable... Millie est bien heureuse de vivre comme elle le fait quand elle met ça en perspective.

"Oh grand et puissant Gorghoul, suis-je digne de votre savoir et de vos pouvoirs ?"

L'idée étant de toujours donner l'impression qu'il la forme et que ses succès et ses progrès sont dus à un être divin n'étant pas omniscient ou omnipotent et donc ayant besoin de personne pour user de son énergie de différentes façons. Ce n'était pas qu'une question de soigner les gens, leurs corps, elle le faisait avec un grand sourire maternel et compatissant, se permettant d'être tactile sans en devenir envahissante ou câline. Le pouvoir d'une main tendre sur le dos de celle du'ne personne qui souffre, sur une épaule pour réconforter et faire preuve d'empathie... Ou habilement faire semblent de l'être. C'est tout un art, mais c'est aussi énergivore et chronophage.

Puis profiter d'un bain pour se détendre et maudire tous ces enquiquineurs en exultant sa rage étouffée dans un oreiller dans sa chambre. En plus, l'impression d'être épié en permanence et éreintante. D'ailleurs, après un certain temps ce qui devait arriver, arriva.

"On en finit quand avec cette comédie, j'en ai assez de ne pas pouvoir me gratter le nez, sans que ce soit enregistré en gros plan et hautes résolutions... "

C'était plus un aveu de frustration que de la vraie colère, elle ne lui reprochait rien et ne faisant même pas semblant de le regarder dans les yeux. Elle avait déjà défié son autorité et parlé mal d'un de ses plans et il lui avait prouvé que derrière ses airs ahuris et de procrastinateurs spécialistes de l'improvisation il y avait un minimum d'organisation et une vision a long terme qui semble obscure... Très obscure... Mais alors vraiment bien caché hein ?! Pour un regard extérieur. Ne voulant pas passer pour une idiote, encore, et voyant que même quand il veut aider il arrive a lui casser un doigt... Alors s'il se mettait vraiment en colère ? Elle a bien vu comme ça a fini avec la mafia et leurs chasseurs et n'a pas envie de le vivre elle-même.

"En plus avec tout ça, je n'ai même pas pu ouvrir l'usine à cookie. "

Dit avec la voix d'une enfant à qui on a confisqué son jouet, même s'il avait certainement dit ça en l'air, finalement elle avait trouvé l'idée amusante sur le fond, surtout d'essayer de faire des biscuits avec des recettes et des formes originales...

En tout cas, le lendemain s'annoncer comme une journée comme les autres. Tout aussi ennuyante a mourir et surmédiatisée que les précédentes. Millie va ouvrir les portes du temple ce qui est un geste plus symbolique que nécessaire, accueillant les adorateurs et les blessés du jour. Les problèmes les plus mineurs peuvent être traités en un temps record, pour le reste c'est un jeu d'équilibriste pour jongler jour après jour entre ceux qui prendront plus de temps.

Mais alors qu'ils entrent, un éclat lumineux au loin au niveau du toit d'un immeuble, Millie n'a pas le temps de réagir qu'elle se fait renversée par plusieurs des cultistes présents faisant barrage de leurs corps. Celui qui a réagi le plus vite à une carrure épaisse et musculeuse et on peut affirmer qu'il a au moins eu un service militaire complet. Contrairement à ses faibles de certains pays, il y avait le droit d'office et de manière obligatoire et elle se dit que ce n'est pas plus mal vu la décadence de Yors Shin City et de sa jeunesse...

Bref ! Plus important, un coup de feu avait retenti.

Difficile de dire ce qui l'avait le plus secouer dans cet incident, non, cet attentat ?

Le fait de s'être fait tirer dessus ? Qu'une personne tout à fait innocente et ayant une famille ai pris cette balle délibérément pour lui éviter d'être blesser ? Non, le pire, c'était l'air qu'il avait. Un grand sourire éclairé, de martyr, gémissant à peine de douleur là où il devrait hurler. Alors que Millie mettait toute son énergie pour le maintenir en vit et prier intérieurement pour réussir à le guérir a moyens terme, il avait murmuré ces quelques mots atrocement clichés, mais emplis d'émotions.

"Je ne regrette rien. "

La regardant avec amour et dévotion, peut-être même autant, ou plus effrayante, plus que sa femme et ses enfants.

Un fanatique... Prêt à mourir pour ses idoles. Autour d'eux, les autres grondaient, mélangés entre l'envie de protéger le temple ou de partir a la chasse à l'immonde salopard qui avait osé faire ça ou même n'importe qui qui serait désigné en fait. Il suffirait d'un mot de Gorghoul ou de sa prêtresse pour qu'ils sautent a la gorge du premier venu telle une meute de chiens de combats nourris au sang et assoiffés de celui-ci. Avec la bite et le couteau si nécessaire... Peut-être plus probablement à l'ancienne avec fourches et torche et tout ce qui traine qui peut faire mal ou pire. Enfin dans tous les cas :

Une étape était franchie, comme le point de non-retour.

Miracle en chaîne.








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Millie Krystal Wayland
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Sam 15 Juin - 11:22
Jour deux sans regarder Mugnam. Ça va. Je suis calme. Détendu. Paisible. Un peu comme dans le neuvième épisode de la saison deux où Mugnam va... non. Pas Mugnam. Plus de Mugnam. Pourquoi je les ai autorisés à mettre des caméras dans mon bureau ? Rien à cacher que je leur ai dit, rien à me reprocher. Mais je suis le grand Gorghoul maintenant. Le grand Gorghoul, il ne regarde pas Mugnam à la télé tout l'aprés-midi. Y'a une prestance d'usage, un standing comme diraient les cons de la haute-société. Le genre de merde qui me pourrit mes après-midis.

Non, le grand Gorghoul, il ne regarde pas la télé. Il fait des trucs de divinité issue des confins de l'univers. J'aurais vraiment dû y réfléchir avant. Faut dire que c'était une opportunité en or. Depuis hier qu'ils diffusent, ça afflue de partout. Deux-trois tour de passe-passe avec mon Seven Years Gone et on me mange dans la main. Y'en aurait eu beaucoup plus si une certaine prêtresse de mes couilles voulait bien nous pondre de la thaumaturgie à la demande. Mais non ! À croire que guérir les plaies, c'est trop demander à mademoiselle.
Y'a de ces incapables je te jure. Dans l'épisode un de la saison trois, Mugnam, avec un filet de citron et du parmesan, il se soigne une fracture ouverte. Alors quelques griffures... faut pas déconner.

- Il est temps de méditer sur les méfaits du monde. De trouver la solution.

Vu que je suis enregistré maintenant, faut que j'en impose à chaque instant. Mes paroles doivent être rares et précieuses pour ces cons de téléspectateurs. Elle est facile à impressionner la ménagère, mais au moindre faux-pas, elle pardonne pas. Méditer sur les méfaits du monde. Ma manière à moi pour dire que je vais aux chiottes. J'y passe cinq heures par jour maintenant. Faut bien s'occuper.
Mais le tout, c'est d'être malin et de pas me faire pincer. Toutes les caméras sur le chemin, je les présente face à l'un des miroirs de mon S.Y.G. que je matérialise devant la lentille grâce à mon Shû. L'autre étant orienté plus haut derrière-moi, y'a juste un léger décalage image de quelques secondes et je passe incognito. Les monteurs de l'émission doivent être comme fous à pas piger où je disparais. S'ils me demandent, je leur dirai que je me désincarne pour me matérialiser d'où je viens afin de.... peu importe. Je trouverai un truc.

Fesses collées sur mon trône, bras croisés, j'attends. Pas moyen d'avoir un portable sur moi, on pourrait trop facilement me localiser. Alors le grand Gorghoul fait des mots croisés. Voyons, voyons. «Escroc en huit lettres, commençant par la lettre...». Bande d'enfoirés va. Équipe rédactionnelle des mots croisés, tu t'es attiré le courroux divin du grand Gorghoul.

C'est un coup de feu que je viens d'entendre ? C'était proche, la vache. Failli me faire dessus. Enfin, non. Pas dessus. C'est là toute la beauté de ma situation, je suis au moins à l'abri de ce côté là. Mais un coup de feu, c'est de trop. Il faut que j'intervienne.

- C'est bientôt fini tout ce bordel ?!

Voilà. Normalement ça devrait s'arrêter. Mais ça continue de s'agiter dehors. Putain, jamais tranquille. Le falzar remis à la hâte, me voilà déjà en train d'aller sur le porche du temple. J'espère que ça vaut le... ouh, Millie sort de dessous un gros costaud. Y'a de l'histoire louche derrière.

- On a essayé de tuer la grande prêtresse Millie.

Mais c'est génial ! On va faire des audiences de folie dès le troisième épisode. Y'a même des caméras dehors pour exhiber le sordide à la plèbe cathodique. Et un mort en plus. Ça fait vendre. Notre premier martyr, on peut compter sur moi pour rentabiliser la chose.
Cela dit, ça aurait été tellement mieux si Millie l'avait soigné d'une blessure mortelle. Pour lui, bien sûr, mais aussi pour les audiences. Une tentative d'assassinat et un miracle en prime, c'était le jackpot. Mais ne crachons pas sur un martyr, c'est pas mal non plus. La gamine a pas l'air jouasse. Elle mesure pas encore les bienfaits pour le culte.

- La voie de l'âme vers les confins de l'univers suscite la jalousie et la peur des incroyants. Nous étions voués à rencontrer ces tourments. Se sacrifier pour la grande prêtresse Millie, c'est s'assurer la plus grande réincarnation cosmique qui soit, pour lui, et sa famille.

Un peu de réconfort pour les fidèles et ça galvanise la troupe. Ce qui tue les autres me rend plus fort. Ils en sont déjà à se sacrifier pour nous. Comme quoi, nos tours de passe-passe, ça reste quand même de la qualité supérieure. C'est pas en sortant un lapin d'un chapeau que le blaireau se serait jeté sur la trajectoire de la balle. Y'a pas à dire, je suis un virtuose. Qu'est-ce qu'on dit crétine ? «Merci papa». Sans mes astuces, tu te la serais mangée la cartouche. Après... si on ne s'était pas embarqués dans cette affaire, on ne nous aurait certainement pas tiré dessus. Mais là n'est pas la question.

Y'a comme un rien de familier qui émane du corps de notre dévot sacrifié. Familier... angoissant même. J'espère que je me trompe, mais ça ressemble à...

- Attendez !

Les ambulanciers obéissent. Faudrait pas contrarier le grand Gorghoul. Encore moins quand y'a une foule de ses fidèles prêts à éviscérer tout ce qui bouge maintenant qu'ils savent qu'ils sont pris pour cible. Je demande à le voir une dernière fois. Pour me recueillir, le bénir, toutes ces conneries. Mais en vrai, pour m'assurer d'un truc. Ils ouvrent la housse mortuaire jusqu'à la poitrine et je vois enfin ce que je ne voulais pas voir.

- Vous pouvez disposer.

Merde. Merde, merde, merde, merde, merde, merde. Merde. Encore pire que dans l'épisode quatre de la saison sept de Mugnam cette histoire. C'est dire la gravité.

- Cela ne saurait rester impuni.

Le tout, dit en regardant la caméra. Juste histoire de donner du drame. Et aussi parce que je ne vais pas en rester là. Parce qu'en bout de course, j'y risque ma peau.
Millie a encore l'air toute chose. Elle a pas des regrets ? Si ? Trop tard ma fille. Le lit est fait, on se couche. Je la saisis par le bras et je l'entraîne un peu brutalement dans le temple. Conseil de guerre oblige. Tous les martyrs potentiels s'écartent sur mon chemin. Y'a pas à dire, j'en impose.

Un petit coup de S.Y.G devant les caméras histoire de masquer mon passage et j'emmène mademoiselle dans les douches des dames. Alors que je commençais à ouvrir les lèvres pour lui dire ce qu'il en était vraiment, elle se crispe et pointe quelque chose du doigt derrière moi.

- Ils avaient dit qu'ils ne mettraient pas de caméras ici. On peut pas parler.

Je me retourne, pas franchement inquiété. Et pour cause.

- Non, mais ça, c'est moi qui l'ai mise, y'a pas de souci. Donc, pour la fusillade...

- Pourquoi tu as mis une caméra dans les douches des filles ?

Allons, y'a des sujets plus pressants à traiter. Et puis, j'ai pas à me justifier de mes moindres faits et gestes bordel, je suis le grand Gorghoul. Je mets des caméras où je veux.

- Pour... pour être sûr qu'ils n'abusent pas du... du savon. Sinon... faudra prendre sur le budget cookie pour compenser et... ça risque entamer la paix sociale dans la communauté, tout ça. Voilà. Y'a des caméras pour la paix sociale.

Et surtout parce que certaines de nos fidèles ont une de ces paires de paix sociale, ce serait bête de se priver. Elles ne s'en plaignent pas après tout. Tout ce que je fais c'est pour leur bien. Elles le savent. Ça me fait penser qu'il faudrait que je rachète des mouchoirs.

- Pour la fusillade disais-je, y'a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est que niveau audiences et l'arrivée de fidèles potentiels, ça va être la panacée ; pour la mauvaise c'est qu...

Elle m'a baffé. Elle l'a vraiment fait ? Merde. C'est le monde à l'envers. Je lui assure de bonnes conditions de vies - fusillades mises à part - et elle lève la main sur son père. Dès qu'elle aura appris à soigner ses blessures, je lui donnerai un chien de me chienne à celle-ci. Mais bon, je peux pas me permettre de lui faire rougir la joue gauche quand le bâtiment est truffé de caméras. Soyons patient.

- Il... il s'est jeté sur la balle pour me sauver et...

Elle est encore là-dessus ? Les bonnes femmes, je vous jure, tout dans l'émotionnel.

- Justement, la balle, tu l'as regardée un peu ?

Non. Apparemment pas. Elle a encore l'air complètement aux fraises La mauvaise nouvelle va encore plus l'ébranler, mais mieux vaut qu'elle le sache ; ça pourrait l'encourager à accélérer son entraînement.

- Elle était imprégnée de Nen...
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Lejinoss Taibug
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Ven 5 Juil - 18:51


Un hunter expérimenté aurait utilisé le gyo, comme un réflexe. Mais Millie n'est ni un hunter, ni expérimenté, donc ça n'aide pas. Sans parler de son état émotionnel, elle n'est pas aussi blasée et insensible que son paternel, à tort ou à raison... Face à une blessure classique, elle aurait peut-être eu une chance de le maintenir en vie, mais face à une arme à feu imprégné d'aura, les chances étaient forcement bien moindre.

Bon ! Le fait qu'il ait mis une caméra dans les douches ça n'aide pas... Même si elle n'est pas pudique pour un sou, c'est plus le viol de leurs intimités et le côté pervers qui la gêne et puis elle pense aux autres... Enfin parfois et là c'est le cas. Si elle n'a rien n’a faire d'être vu nue, ce n'est pas le cas de tout le monde. Enfin, c'est ce qu'elle pense pour le grand Gorghoul, il est certain que leurs réactions seraient étonnantes. Bref ! Le fait d'être la cible d'un tueur professionnel certainement hunter ou assimilé est plus grave.

"Donc, soit j'ai eu une chance insolente qui ne se reproduira pas, soit c'était un... Un avertissement ou un truc du genre ?"

Difficile d'envisager qu'il ait pu aussi parfaitement prévoir qu'il y aurait une interception au tir. Elle ne peut pas s'en rendre compte elle-même, mais la balle aurait fini directement dans son coeur si elle n'avait pas fini dans le corps de ce martyr. Elle n'a ni le sang froid, ni le recul nécessaire pour s'en rendre compte et son père encore moins la patience pour le lui faire comprendre.

"La chance hein ?"
"Ouais. "
"Haha... Un miracle."
"Si seulement, sort toi les doigts la prochaine fois la main d'oeuvre qualifiée ça ne tombe pas des arbres. "

Enfin si quand elle travaille dans une ferme arboricole ? Ce qui est un cas très particulier et une manière de jouer sur les mot qui n'est pas forcement de bon aloi dans l'immédiat. Millie à demander à d'autres de leurs cultistes, une ou deux questions auxquelles ils furent ravis de répondre et finalement le sac de viande ayant servi de bouclier humain avaient maintenant un nom et ce n'était pas la meilleure des idées.

Feu John S. Harris est... Était le mari de Thelma, un nom venant pour les deux certainement plus du continent qu'ils ont quitté plus tôt dans l'année que des environs. Père de deux enfants Thomas et Robert. Il ont quitter le pays de la mafia pour celui du communisme quelques années plus tôt pour avoir un meilleur cadre de vie et il a monté une petite entreprise de sécurité privée qui forcément ne marchait pas fort. Pas étonnant qu'il ait envie de croire aux miracles et ai de la foi a revendre, assez pour prendre une balle pour une femme autre que la sienne, enfin certainement ?

Elle est allé les voir, dans le fond elle espérait certainement subir leurs courroux, qu'ils la fustigent et qu'elle puisse assouvir une envie inconsciente et un peu masochiste d'être puni et... Non, les voir tristes, mais ne pas l'accuser ouvertement en tout cas d'être la source de leurs problèmes était même pire, elle a accueilli au creux de ses bras les deux petit, pleurant avec eux en sachant très bien qu'au final quand leurs plans avanceraient elle et son père feraient encore plus d'orphelins, de veuf et de veuve, de parents perdants enfant et famille et tout cela pour leurs petites personnes. Même toutes les richesses, les tissus noble et les petits luxes ne pourraient laver ou plutôt la distraire de cette pensée et le fait de savoir qu'ils seraient que trop ravis d'aller aussi loin pour eux ne la réconfortait pas davantage.

Elle ne deviendrait pas une sainte et une personne bien en un claquement de doigts, oh non ! Elle avait besoin d'anesthésier sa peine et sa culpabilité et pour sa, rien de mieux que de se mentir un peu.

"Je commence à me demande si le remède est pire que le mal..."
"C'est stupide, un remede guéri le mal, tu est sûr que tu es vraiment aller à l'école ?"
"Je... Ce que je veux dire, c'est si on bat la mafia, est-ce qu'on laissera derrière elles ce ne sera pas pire que ce qu'il y avait avant ?"
"On ne laissera derrière qu'un cadavre qui sera bouffé par le charognard la plus rapide."
"On ne peut rien faire pour le monde, mais au moins ont peux faire quelque chose pour nous, c'est ça ?"
"Tu n'es pas aussi idiote que tu en as l'air, c'est déjà ça."

Les riches achètent leurs paix intérieures en faisant des donations à des associations et les personnes plus modestes en faisant semblant de faire le bien à coup de bénévolat... Les personnes réellement généreuses et impliquées dans le bien d'autrui sont rares et elle le sait. Si au moins elle pouvait faire semblant en établissant des limites, des tabous du genre "on ne touche pas et protège les gosses" ou un truc du genre, mais dans une guerre ouverte surtout entre mafieux et fanatiques c'est impossible à garantir.

"Cette histoire commence à être trop longue, j'ai des pensées inutiles et qui risquent de freiner nos plans. Laisse-moi un jour ou deux..."

A defaut de la sauver, elle allait étouffer cette petite voix d'une manière bien à elle... Elle a pris un paquet d'argent, un petit tour à des boutiques de vêtements et de lingerie en étant grimer, déguisée. Une fois rentrer avec ses sacs...

"Une crise de conscience c'est comme une crise d'urticaire, il faut s'en occuper avant que ça prenne de trop grande proportions."

Du coup hop ! Un petit écriteau "ne pas déranger" sur la porte de sa chambre. Elle a rassemblé ses affaires nouvelles comme anciennes sur le lit avant de se blottir contre elle toute nue, sentir, ressentir les textures, la douceur des tissus les plus fin et rare, le léger parfum de ses affaires. C'est une manière comme une autre d'affronter la réalité ou plutôt de la fuir, en se vautrant dans un semblant de luxe, en batifolant contre ses précieux.

Crise de conscience, conscience de la crise.








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Millie Krystal Wayland
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Sam 6 Juil - 11:27
- Des ennemis ? Mais pas du touuuut~ voyons.

Si le grand Gorghoul avait de la prestance à revendre durant ses cérémonies, il se tenait aussi docile qu'un chiot quand de sympathiques messieurs en uniforme de police venaient lui poser des questions pour le moins indiscrètes. Des ennemis. Leji avait encore plus vite fait de dresser la liste de ceux qui ne voulaient pas sa peau.
Il était un éternel incompris. Un de ces incompris qui avait tendance à susciter l'ire de ses contemporains sans jamais se demander si ce sentiment unanime de tout ceux qu'il fréquentait n'était pas induite par sa personne plus qu'à leur intolérance. Entre le comité Hunter qui grinçait des dents en silence après avoir eu vent de sa secte et la mafia qui avait été envoyée à ses trousses par son maître - un bien grand mot en réalité pour nommer le sociopathe qui lui avait juste enseigné le nen -, l'hirsute, à pas même quarante ans, avait coalisé tout ce qu'il y avait de plus dangereux après lui. «Beaucoup d'ennemis, beaucoup d'honneurs» scandaient les esprits chagrins. De l'honneur, Lejinoss n'en avait pas tant que ça à faire valoir. Des ennemis en revanche....

- Je suis victime....

Dans un slurp quasi-tonitruant tant il était disgracieux, l'hôte, tout d'orange vêtu, dégustait un thé dont il avait pourtant horreur, préférant de loin le sucré. Mais il fallait bien paraître raffiné. C'était en tout cas son idée du raffinement.

- .... de la haine.

Et la bombe h fut jetée sans vergogne. La haine, ce sentiment si intangible, presque volatile tant il était vaporeux, servait à criminaliser toutes les remontrances que qui que ce soit aurait pu adresser au culte ou à la personne sacrée du grand Gorghoul. Les enquêteurs retinrent un énième soupir de dépit à l'issue de cette entrevue stérile. De lui, ils ne tireraient rien.
Alors, poliment, la joyeuse troupe décida d'abandonner ce panier de crabe. Au fond, que des individus comme Taibug disparaissent de la surface de la terre ne les dérangeait pas tellement. S'il ne se montrait pas coopératif, c'était son problème.

Bien entendu, il ne s'écoula pas quatre heures d'ici à ce que les feux d'artifice d'usage ne déferle à nouveau dans les alentours du temple principal. L'assaillant y avait été cette fois à l'arme automatique. Bruyant. Dévastateur. D'autant plus lorsque les balles étaient chargées et même infusées de Nen. Du mur de l'enceinte Ouest, il ne restait que des débris. L'intérieur avait été ravagé mais, en dehors des heures de cérémonie, il n'y avait aucune victime à déplorer.

Gorghoul fit le déplacement pour la peine. Un fidèle de plus ou de moins, ça allait, ça venait, il n'y avait pas de quoi en faire une histoire. Mais des dégâts matériels... là, ils allaient trop loin. Il arrivait, une tasse de thé à la main - il y avait pris goût finalement - pour constater les dégâts. Millie n'était même pas sortie, le moral encore lourdement entamé par la perte d'un père de famille innocent.

- Encore à faire sa crise d'adolescence. Je te jure. Sluuuuuurp.

Toutefois, s'extirpant de la foule compacte exposée sous les premiers rayons du réverbère du voisinage venu jeter un œil au désastre comme des charognards en prédation, une silhouette imposante sortit du lot. Silhouette Imposante et familière. Très vite, une lourde paluche vint s'abattre sur l'épaule de Lejinoss qui tressaillit, renversant la moitié de son thé sur son pantalon.

- C'est malin. Personne vous a appris à ne pas toucher à ce qui est divin et sacr... oh merde.

Le temps de pivoter la tête en direction de l'iconoclaste, l'hirsute comprit que ce n'était pas une main secourable qui s'était posée sur lui. Derrière, c'était Rick Tracy. Par deux fois il s'était confronté à lui jusqu'à entamer sa réputation émérite de Fraud Hunter mondialement reconnu. Les hyènes aussi pouvaient faire chuter les lions.
Ce lion-ci avait déjà eu le poil plus resplendissant. Barbe naissante, cernes entamées ; la dernière fourberie du père Taibug ne l'avait pas laissé indifférent. S'il était ici après la dernière déconvenue, ce n'était pas juste pour prendre des nouvelles en passant.

r Dure la vie.

- De toute façon je voulais le refaire ce mur. Ça me fait des frais en moins.

Avec Lejinoss Taibug, la mauvaise foi pouvait atteindre de tels sommets que l'on manquait d'oxygène jusqu'à en avoir le souffle coupé.

- Impayable.

De l'épaule, l'immense paluche se décolla pour tapoter le dos du grand Gorghoul. La condescendance était de mise. L'amertume aussi.

- T'es impayable Taibug. Toi, tu ne perds jamais, hein ?

Confirmation était faite que leur dernière confrontation lui était restée en travers de la gorge. Leji chercha à tempérer son invulnérabilité d'apparat, aggravant son cas se faisant.

- Faut pas m'en vouloir, je suis une divinité. Invulnérable, tout ça.

Rick n'en fut évidemment que plus agacé. De sa mine joviale d'antan, il ne restait rien. Humilié par un arnaqueur du niveau d'un joueur de bonneteau qu'il n'était pas parvenu à démystifier, le Fraud Hunter avait perdu nombre de ses contrats d'expertise auprès de différents organismes étatiques. Un caillou sur la trajectoire suffisait à faire dévier du droit chemin pour entrer droit dans le mur. Ce caillou orange au milieu de la route, Rick Tracy ne le supportait plus.

- À l'épreuve des balles aussi ?

Depuis l'irruption de sa Némésis sur les lieux du drame, Lejinoss s'était efforcé de taire cette possibilité. Cette évidence même. Que l'homme qui l'avait le plus en grippe du continent n'apparaisse que quelques minutes après l'attentat n'était pas anodin. Ni anodin, ni rassurant. Car au fond, c'était pour se rassurer que Leji avait préféré exclure l'hypothèse pourtant logique selon laquelle le tireur n'était autre que Rick lui-même.
Plus aguerri dans la maîtrise du Nen et lui aussi détenteur de ce permis de tuer qu'était la licence Hunter : il ne faisait pas bon le compter parmi ses ennemis prioritaires. D'où le besoin de se mettre des œillères plutôt que de s'imaginer devoir se confronter à lui.

- Des balles de tennis ? couina le gourou en robe de chambre, craignant le pire qui ne saurait tarder.

La réponse se présenta sous la forme d'un Klog 17 pointé sur son ventre.

- J'ai tout perdu à cause de toi. Donne-moi une bonne raison de ne pas tirer.

Et l'hirsute eut ces mots malheureux :

- Tout... tout.... c'est vite dit. T'as encore la santé quand même. C'est déjà pas si mal. Non ?...


Et son confrère pressa la gâchette. Trente fois. Et ce, bien qu'il n'y avait que seize balles à tirer. Même quand il ne provoquait pas, Lejinoss donnait constamment l'impression par son manque de tact légendaire qu'il cherchait les emmerdes. Un Emmerde Hunter, voilà ce qu'il était. Un homme mort aussi. Ou en voie de l'être alors qu'il s'écroulait sur le sol, son peignoir maintenant imbibé de sang.

La police ne pourrait faire aucune remontrance, Rick repartait libre, tournant les talons, son imperméable entrouvert virevoltant au vent alors que sur son chemin, les voisins terrifiés se dispersaient dans l'anarchie la plus totale, se marchant les uns sur les autres. Le grand fauve avait mordu. Mais il n'y avait rien de glorieux à vaincre une hyène. Cela, l'association Hunter le lui rappellerait quand viendrait le jour où ils discuteraient de cette altercation entre détenteurs de la licence.
Son casier judiciaire demeurerait immaculé, sa crédibilité auprès de ses confrères - déjà ternie - ne resplendirai plus jamais.

Il était parti depuis long quand Millie trouva son père au milieu des gravats. Elle n'était descendu que pour se chercher quelque chose à manger et vit un homme étendu sur les débris d'un mur autrefois dressé entre l'intérieur et l'extérieur. Et quel homme. Tout d'orange vêtu mais couvert d'un peignoir.
L'orange virait toutefois à l'orange sanguine. Elle lâcha ses cookies à même le sol - ce qui était un blasphème dans sa religion - avant de se jeter sur ce père indigne.

- Papa ! Papa ! Parle-moi ! T'endors pas !

Que Lejinoss eut aimé lui répondre «Ces gonzesses, toujours à vouloir causer», mais sa situation ne lui permettait plus de gâcher son souffle bêtement.

- Millie.

Rares étaient les occasions où il appelait sa fille par son prénom. À force de l'interpeller par des «toi-là» et autres «oh !», elle avait fini par croire qu'il avait oublié jusqu'à son nom. L'heure était grave, peut-être allait-elle ouïr ses derniers mots.

- N'oublie pas de....

- Oui papa ? Répliqua-t-elle après son silence, s'efforçant de ne pas trop pleurer.

- ....de... d'enregistrer l'épisode de ce soir. C'est.... c'est la suite de celui d'hier... et.... et.... et ça sera vachement dur de comprendre celui d'après s'il y a un trou.

Il rendait le solennel compliqué. Difficile de ressentir de l'empathie pour un homme - ou une ersatz d'homme - dont la principale préoccupation à l'article de la mort était l'épisode de Mugnam du soir qui serait de toute manière rediffusé dans deux jours.

- Et... et si t'as le temps.... venge-moi. Mais oublie pas l'enregistrement.

Glissant une main dans son peignoir jusqu'à l'infiltrer sous sa chemisette, d'abord au niveau de l'abdomen, puis ensuite au dos, il en sortit les deux miroirs de son Seven Years Gone, activés seulement après que la première balle ne lui entame le gras du bide, lui évitant les quinze autres qui suivirent.

- Sers-toi de ça. Et aussi...

Les doléances n'en finissaient plus. C'en était presque à souhaiter sa mort.

- Oui papa ?

Ses derniers mots, peut-être. Enfin.

- MAGNE-TOI DE M'APPELER UNE AMBULANCE !

Elle manquait à tous ses devoirs mais devrai sous peu remplir celui de vengeresse. Rick avait été identifié par les nombreux témoins de la scène. À Millie d'entamer sa première chasse. Et d'appeler une ambulance aussi. Car il commençait à y avoir pas mal d'hémoglobine sur le trottoir. Ça faisait désordre.
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Lejinoss Taibug
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