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Faux accident, début des vraies emmerdes [PV Shu]

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Sam 6 Avr - 16:33
Le dernier carton rejoint les autres et je pousse un soupir satisfait. C'était le dernier camion à remplir. Je suis mes collègues jusqu'aux vestiaires où je retire mon bleu de travail avant de me diriger à la douche. On jette un coup d'œil à mes cicatrices. Je lis dans leurs regards de la compassion, de la pitié voire même du dégoût. Je ne les en blâme pas, le bas de mon visage ressemble à un steak cuit aux petits oignons. Je repense avec nostalgie à mon takarat et à ma chèche, que je ne porte plus depuis plusieurs mois. Ces vêtements amples de nomade ne sont pas adaptés au climat tempéré qui règne dans la ville et m'ont attiré plusieurs déboires. Mieux vaut porter les "jeans", ces vêtements pour jambes, et les "tee-shirts", ces tuniques très courtes qui me font passer pour un adolescent.

— Tu seras dispo demain, Zal ? Kyle est encore malade et on aura cinq camions à décharger. Je sais que c'est ton jour de repos mais tes heures compteront double.
— Cela me va, on se voit demain alors !

Je quitte les lieux. Il m'a fallu moins d'une poignée de minutes pour me doucher, me sécher, remettre mes habits de ville et ranger mes affaires de travail dans mon casier. Je n'aime pas m'éterniser au travail, il n'y a pas assez d'heures dans une journée pour me permettre de découvrir Cleve Mori comme je le souhaiterais. Cela fait quelques mois que j'y vis et j'ai encore beaucoup de choses à découvrir, même si je songe déjà à partir.

Je me rue en direction des transports et je sors un petit rectangle métallique de ma poche. C'est un téléphone portable, son fonctionnement n'a rien de magique malgré les apparences mais je n'ai toujours pas compris comment ça marchait. Enfin, j'aurais tout le temps d'étudier les sciences et les nouvelles technologies quand mon corps sera trop vieux pour me permettre de voyager. Ma priorité, en ce moment, c'est de mettre un maximum d'argent de côté afin de reprendre ma découverte du monde.

— Regarde où tu marches, bouffon !

Les yeux rivés sur l'écran de mon portable, j'ai failli rentrer dans un homme qui, pourtant, ne passe pas inaperçu. Entièrement vêtu d'une sorte de collant bleu, il porte un slip rouge grenat par-dessus son pantalon moulant. Tout chez lui semble avoir été calculé pour attirer le regard. Il m'attrape par le col. Un attroupement de badauds s'est formé autour de nous et il semble satisfait de l'attention qu'il a.

Plutôt que de le regarder dans les yeux, je suis hypnotisé par le petit train doré qu'il porte en pendentif. C'est dans ça...

— Excuse toi, demi-portion.

... que je veux voyager. L'idée me fait sourire et ça n'a pas l'air de plaire à mon agresseur. Il m'a appelé comment ? Demi-portion ? Il n'a pas tort, c'est un véritable géant à côté de moi. C'est quoi déjà l'expression ? Ah oui, c'est bon, je l'ai. En fait, c'est une sorte de "bodybuilder" comme il y en a tant dans la ville. D'ailleurs, maintenant que j'y prête attention, il n'est pas le seul à être habillé bizarrement. Il doit y avoir une sorte de festival culturel dans la ville et tout ceux qui sont fiers de leurs corps en profitent.

— Je vous prie de m'excuser, monsieur. Cela ne se reproduira plus.

Il me relâche, grommelle un "Y a intérêt !" un peu sec puis commence à s'éloigner. Sauf que je n'en ai pas fini avec lui. Il m'a à peine posé au sol que je le rattrape d'un pas vif.

— Attendez, m'sieur. C'est bien un, ahem, train, c'est ça ? Sur votre pendentif, là. Il y en a à Cleve Mori ?

Cela fait quand même plusieurs mois que je suis là et je me sens un peu con de ne pas savoir. Mais bon, j'ai passé beaucoup de temps à multiplier les activités et les rencontres. Cela ne fait que quelques jours que je songe à reprendre mon voyage.

La brute se tourne vers moi, commence à ouvrir la bouche mais un vacarme assourdissant se fait entendre. Un camion est sorti de route et a violemment percuté la façade d'un magasin. La structure de l'immeuble où se trouve l'enseigne semble avoir tenu le coup mais toute la vitrine a explosé. Je me précipite, ma petite taille me permettant d'arriver avant la plupart des badauds. J'entends des gens appeler à l'aide, d'autres au secours.  Me voyant arriver à toute allure, l'air déterminé, on me demande si je suis médecin.

— Non mais j'ai des connaissances en premiers secours.

Si j'ai abandonné mes habits de nomade, je conserve toujours sur moi mes herbes médicinales. Mieux vaut se montrer prudent, la vie citadine peut être pleine de dangers et j'ai déjà pris un coup de couteau en refusant de donner mon portable.

Il y a plusieurs blessés dont  un petit garçon et une fleuriste. Cette dernière, encore consciente, trouve la force de me dire de s'occuper de l'enfant en premier. Je veille à ne surtout pas le déplacer et me penche sur lui. Un léger souffle, sur ma joue, me rassure : il respire.

Je lui parle mais il ne me répond pas. J'enlève mon tee-shirt et je cherche du regard un objet afin de le déchirer. Les objets des victimes gisent non loin de moi : il y a un pot de fleurs qui s'est brisé, quelques tournesols et un ballon. Je ramasse un tesson et créé des lambeaux puis je les utilise pour faire un garrot afin d'arrêter l'hémorragie. C'est une pratique risquée, surtout que je suis loin de posséder la sagesse des guérisseurs modernes qu'on appelle médecins. Heureusement, quelqu'un de plus expérimenté débarque et me prête main forte. Voyant qu'il s'en sort mieux que moi, je décide d'aller voir l'accident de plus près, afin de comprendre son origine.

Quand j'arrive dans l'habitacle du camion, mon sang ne fait qu'un tour. Le chauffeur a perdu le contrôle de son véhicule car il a été tué. Mais ce qui est le plus perturbant c'est que ce ne sont pas des balles ou un couteau qui ont eu raison de lui. Non. Il s'agit d'une épée, qui lui traverse le corps.

Spoiler:
Petit tirage aléatoire de dix mots, je devais caser:  Slip, Jambes, Train, Pot, Epée, Herbe, Ballon, Tournesol, Camion, Oignon.








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Zål
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Dim 28 Avr - 2:13
...Le monde était plongé dans la brume. Elle était assise par terre, ses bras entourant ses genoux, se balancant légèrement d'avant en arrière. Tout était étrangement silencieux... Pas un oiseau, pas un souffle de vent... Et pourtant, elle entendait clairement le grincement de la corde tirée au bout de laquelle se balançait...

Elle sentit les larmes lui monter aux yeux.

- Maman...

Sa voix tremblait. Même là, sa voix tremblait. Elle ferma les yeux, et il n'en fallut pas plus pour que des bras chauds, protecteurs, se referment sur elle pour la bercer. Elle se laissa aller dans le giron de sa mère, qui lui caressait affectueusement les cheveux en fredonnant. Puis elle murmura à son oreille des mots qu'elle eut du mal à entendre. Elle entrouvrit les yeux et l'interrogea du regard. Sa mère ouvrit à nouveau la bouche et...


- ...minus ! Tous les passagers sont priés de descendre de voiture. Nous vous souhaitons à tous une bonne journée. Pensez à prendre vos valises en quittant le train.

Shu se frotta les yeux et se redressa tant bien que mal. Elle se souvenait, elle était monté dans le train la veille, en direction de l'intérieur des terres, vers Sahelta. Il lui faudrait encore plusieurs correspondances, mais elle se rapprochait inexorablement de son but. Pour l'heure, il lui fallait descendre de ce train. Elle tendit une main vers son sac qui lui avait servi d'oreiller, le ramena sur ses genoux, puis se frotta les yeux en grognant... Elle avait passée une nuit très désagréable sur cette couchette seconde classe.

Bâillant, elle se leva et se dirigea d'une démarche encore somnolente vers les portes du train pour descendre sur le quais. L'air frais la frappa, et elle resserra les pans de son manteau devant elle. Résolument, elle fourra son casque sur ses oreilles et alluma son lecteur de CDs. La voix de sa mère se diffusa dans ses oreilles, et elle se laissa aller à sourire. Elle allait rester quelques jours pour se reposer, puis elle reprendrait un train pour poursuivre sa route...

La journée se passa sans incident notable. Elle trouva un hôtel pas cher pour séjourner deux jours, où elle laissa ses affaires. Elle fit ses exercices journaliers - qu'elle n'avait pas pu faire la veille à cause de son trajet en train - puis pris le temps d'une douche avant de décider d'explorer un peu la ville. Elle téléphona à son père pour lui donner des nouvelles, puis à Camélia pour la tenir au courant de l'avancée de son trajet, suite à quoi elle acheta de quoi se faire un pique-nique sommaire dans une supérette, qu'elle mangea sur un banc.

Ce fut dans l'après-midi que les choses se gâtèrent. Elle se préparait à rentrer à l’hôtel lorsque...Un camion, rien que ça, arriva à toute allure dans la rue. Pas un bruit de klaxon, rien, mais le véhicule avançait beaucoup, beaucoup trop vite... Elle n'eut que le temps de se jeter sur le coté avant que le camion ne la fauche, et encore il passa à quelques centimètres de ses pieds avant de s'écraser dans la façade d'un magasin.

Alors, ce fut le chaos. Les gens se mirent à crier et à s'enfuir. Quelques uns sortaient leurs téléphones pour appeler les secours, tandis que quelques braves gens se précipitent au secours des blessés. Shu, pour sa part, avait les oreilles qui sifflaient, et elle arracha son casque de ses oreilles pour essayer de rationaliser un peu ce qui lui arrivait.

Elle avait échappé de peu à la catastrophe. Un peu plus, et elle se faisait écraser. Ce constat lui fit l'effet d'un coup de massue, et elle fut incapable de se relever l'espace d'une minute. Le stress et la peur faisaient battre son cœur bien trop vite. Il fallut que quelqu'un ne se penche sur elle pour lui demander si elle allait bien pour sortir de son état de choc... Elle secoua un peu la tête et se releva, encore tremblante, puis regarda autour d'elle.

Oui, il y avait des blessés. Beaucoup. Son sens du devoir reprit le dessus, elle avait reçu une formation poussée aux premiers secours à la caserne où elle avait passé sa vie... Elle s'approcha du premier blessé qu'elle vit pour vérifier son état. Elle ne le bougea pas, mais plaça deux doigts sous son nez pour vérifier s'il respirait... Non. Elle vérifia son pouls en pressant ses doigts sur la carotide... Nul. Il était mort sur le coup. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux.

Non, elle ne pouvait pas s'occuper des blessés. Les secours arrivaient, les sirènes des ambulances résonnaient trop fort à ses oreilles. Elle ramena ses doigts sur sa gorge, la griffant légèrement. Elle n'avait plus qu'une envie, se rouler en boule quelque part pour pleurer. Voir cet homme anonyme, fauché sur le coup par un véhicule fou, avait ravivé de biens mauvais souvenirs... Elle secoua un peu la tête, parlant tout bas.

- Ça suffit, Shu... Il faut que tu fasse quelque chose, tu ne peux pas rester là à ne rien faire...

Du coin de l’œil, elle aperçut un secouriste qui approchait d'elle pour s'enquérir de son état. Elle secoua un peu la tête et se releva. Elle ne pouvait pas s'occuper des blessés, lui dit-elle, mais elle allait bien. Il valait mieux qu'il s'occupe de quelqu'un d'autre, qui aurait besoin de soins plus urgents...

Son regard se porta vers le camion responsable de tout ce carnage. Quelqu'un était déjà monté dans l'habitacle, un homme en jean tee-shirt, mais il semblait ne pas bouger, comme s'il était trop tard. Elle s'en approcha. Elle avait dans l'idée que l'inconnu ne pouvait tout simplement pas sortir le malheureux de l'habitacle de son camion tout seul... Elle pourrait peut-être aider ? Il fallait qu'elle puisse se rendre utile... Bon sang, elle avait grandi dans une caserne, elle pouvait bien être d'une quelconque utilité en cas de crise !

La Kakinoise se hissa aux cotés de l'inconnu, trop lentement à son gout. Lors qu'enfin son regard se posa sur le conducteur, elle comprit pourquoi on ne l'avait pas sorti de son véhicule. Il était mort, l'épée qui lui traversait le ventre ne laissait aucun doute à ce sujet.
Elle faillit vomir. Mais elle se retint de son mieux, se figeant sur place pour ne pas qu'un mouvement ne risque de raviver sa nausée. Lentement, trèèèèès lentement, elle se tourna vers l'inconnu, dont elle constata alors les traits ravagés. Pendant une demi-seconde, elle crut qu'il était comme ça à cause du camion, mais elle se rendit rapidement compte que ces cicatrices étaient dues à des blessures plus anciennes. D'une voix tremblante, elle lui demanda :

- Que... Qu'est-ce qui a bien pu se passer ?

Shu avait désespérément besoin que quelqu'un lui explique. Si elle avait déjà été témoin de la mort, c'était la première fois qu'elle la contemplait depuis le suicide de sa mère, et elle se sentait très mal. Ses doigts erraient autour de son cou, signe du profond malaise qu'elle ressentait.
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Huang Shu
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Ven 3 Mai - 13:30
— Je ne sais pas, c’est ce que j’essaie de comprendre. Je n’ai vu personne sortir du camion donc je ne pense pas qu’on l’ait tué depuis l’intérieur du véhicule. D’ailleurs, il y a deux trous qui semblent avoir été causé par l’épée, un dans le siège et un dans la tôle. Peut-être y a-t-il quelqu’un caché à l’arrière, avec suffisamment de force pour envoyer la lame traverser ce rideau de fer ?

Je m’adresse à la jeune femme qui vient de me rejoindre. Elle est bien plus grande que moi et cela contraste avec cette espèce de vulnérabilité dont elle fait preuve. Pour ma part, j’ai eu suffisamment de temps pour accuser le choc et pour laisser dissiper la colère que m’a inspiré ce meurtre. Mon objectif est à présent de comprendre afin de pouvoir agir. Je ne sais pas si les forces de l’ordre de ce pays partagent ma conception de la justice donc je veux m’assurer que ce crime soit puni.

J’accorde de nouveau mon attention à la jeune femme. Lorsqu’elle s’était adressée à moi, sa voix était tremblante et ses doigts pianotaient sur son cou. Elle n’avait pas eu l’air dans son assiette et je ne peux pas me permettre de lui demander de me suivre dans mon enquête.

— Je m’appelle Zal, désolé de te rencontrer dans ces circonstances. Tout va bien ? Je vais aller jeter un œil à la cargaison mais tu n’es pas obligée de m’accompagner, fais comme tu le sens. C’est déjà très courageux de ta part d’être venue me prêter main forte.

J’espère que mon attitude ne fera pas trop paternaliste mais je ne m’en soucie pas : il y a bien plus en jeu que les egos. La police ne devrait pas tarder à arriver et je n’aurais bientôt plus le loisir d’enquêter. Je pourrais même être considéré comme potentiel suspect. Si j’avais appris quelque chose de cette ville c’était qu’il ne fallait pas se laisser leurrer par la diversité culturelle qui s’y trouvait. Mieux valait ressembler le plus possible au citoyen « de souche » afin d’éviter les ennuis. Peu importe qu’on ait affaire avec des policiers ou avec des criminels.

Je sors de l’habitacle et fais le tour du camion. J’en profite pour prendre le pouls de la situation. Il y a toujours des blessés et des secouristes improvisés, aucun des acteurs officiels de la scène de crime n’est encore arrivé. Parfait. L’arrière du camion est fermé par une barre mais pas cadenassé. J’apprécie de l’œil le mécanisme plutôt savant qui permet de s’assurer qu’il ne s’ouvre pas tout en roulant ou en subissant un choc très intense. Aucun gadget technologique, rien que de la mécanique bien huilée et savamment agencée. Il y a toutefois une chose que j’ai remarquée avant même de m’intéresser au système d’ouverture : un troisième trou, aussi gros que les deux autres, qui laisse supposer que l’épée a été lancée de l’extérieur.

Je me gratte la tête, perplexe. On parle bien d’une épée, pas d’un javelot, ni même d’une lance. Je ne prétends pas m’y connaître en sciences mais je vois mal une épée faire une trajectoire suffisamment rectiligne pour produire trois trous de la même taille. Mais le plus invraisemblable, c’est que la garde de l’arme ait pu transpercer le métal afin d’accompagner la lame. Il faudrait une force assez prodigieuse pour réaliser un tel prodige, à moins que l’explication ne soit ailleurs. Mais où ?

J’actionne le mécanisme afin d’inspecter ce qui se cache derrière. Il y a là de nombreuses caisses et ma curiosité est piquée au vif. S’agirait-il d’une histoire de contrebande, de trafic de drogue ? Des règlements de compte ont parfois eu lieu près de l’entrepôt où je travaille. Je rentre à l’intérieur, attrape un pied de biche qui traîne au sol et ouvre une caisse. Son contenu fait naître davantage de questions en moi : il y a suffisamment d’épées pour équiper un bataillon. Qui s’intéresse donc à ces armes, dans un monde où la plupart des hommes se défendent avec des armes capables d’envoyer des boules de ferraille à la vitesse du vent ?

J’ouvre une autre caisse et, cette fois-ci, trouve des haches. Je n’ai pas le temps de m’interroger davantage, j’ai déjà perdu suffisamment de temps. Je referme soigneusement les caisses, remets le pied de biche là où je l’ai trouvé et verrouille l’arrière du camion.

Je rejoins de nouveau l’habitacle, pour inspecter le corps du blessé une dernière fois. Je me demande si les épées qui se trouvaient dans la caisse sont semblables à celle qui a tué le chauffeur. J’ai gravé leur image dans mon esprit afin de m’en assurer. Mais il y a un léger bémol, du genre de ceux à faire déborder le verre déjà bien rempli qui pourrait représenter l’ensemble de mes questions.

Le cadavre est toujours là, mais l’épée a disparu.

— As-tu vu qui aurait pu faire ça ? je demande à la jeune femme.

[HRP : Disparition à cause du Nen, mais qui a pu être provoquée par le contact d’une personne ou juste par le temps. L’épée serait liée au Nen de la matérialisation et ne resterait pas matérialisée dans le plan physique de manière illimité. Elle se dématérialiserait au bout de cinq minutes ou au contact d’une main humaine. Avant ça, elle serait toutefois visible aux yeux des profanes.]








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Zål
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Mar 7 Mai - 13:56
Visiblement, l'homme au visage détruit avait plus de sang-froid qu'elle, puisqu'il lui exposa ses théories sur l'incident. Les trous dans la tôle, dans le fauteuil du conducteur... Effectivement, il devait falloir une force extraordinaire pour effectuer un tel lancé, surtout avec une épée, qui n'était pas l'arme la plus adéquat pour l'exercice... En tout cas, le voir réagir aussi calmement, en cette situation de crise, l'aida à se calmer. Elle tripotait toujours sa gorge, mais au moins elle n'avait plus envie de vomir, et ses sueurs froides se calmaient...

Lorsque l'inconnu annonça qu'il allait jeter un œil à la cargaison, une minute seulement après avoir exposé l'hypothèse que l'épée avait peut-être été lancée depuis l'arrière du camion, elle se demanda s'il avait un instinct de survie... C'était littéralement du suicide. Là, elle pouvait faire quelque chose pour lui. Après tout, elle avait reçu une formation militaire, elle savait se battre, elle pourrait l'aider à se défendre si l'assassin se cachait bien à l'arrière du camion.

- JJe... Je vais vous accompagner, c'est plus sûre.

Elle descendit à sa suite et lui emboita le pas, essayant de faire abstraction de ce qui se passait dans la rue. Un exercice facilité d'autant que les secouristes commençaient à évacuer les blessés les moins graves, et que ceux qui ne pouvaient pas être déplacés commençaient à recevoir des soins. Peu à peu, elle parvenait à se calmer.

Lorsqu'elle arriva avec l'inconnu près de la fermeture arrière du camion, elle resta interdite un instant en constatant que le métal, pourtant très épais, avait lui-aussi été transpercé par, sans doute, le lancé d'épée. C'était monstrueux, une telle force... Mais cela signifiait au moins que l'assassin ne se trouvait pas à l'arrière du camion, ce qui la rassura un peu au sujet de leur escapade. Ils ne risquaient pas de se faire tuer en ouvrant la porte...

Se passant la main sur la nuque, elle le regarda simplement monter dans le camion et ouvrir l'une des caisses. Puis elle tourna les yeux vers la rue, et en particulier vers l'endroit où le camion était arrivé. La personne qui avait lancé l'épée ne pouvait l'avoir fait que de derrière le camion... Mais tout de même, quel lancé extraordinaire ! La Kakinoise doutait qu'un être humain put effectuer une telle prouesse... Et en même temps, une bête sauvage n'aurait-elle pas simplement sauté sur le camion, déchiqueté la tôle et tué le conducteur ?

Réfléchir ainsi contribuait à la calmer autant que ne l'avait aidé l'assurance de l'inconnu. Lorsqu'il revint, elle haussa un sourcil interrogateur.

- Vous avez trouvé quelque chose d'intéressant ?

Elle le suivit lorsqu'il retourna à l’habitacle du camion, inquiétée par son air soucieux. Elle n'était pas certaine qu'elle avait envie de revoir le cadavre du conducteur, mais elle avait décidé d'aider l'inconnu à élucider ce mystère, d'autant qu'il ne s'agissait plus d'un bête accident, mais bel et bien d'un meurtre. En toute conscience, Shu ne pouvait pas laisser passer une telle chose. Mettre fin à une vie, volontairement, faisait parti des actes que la Kakinoise ne pouvait pas tolérer. Son sens de la justice reprenait peu à peu le pas sur sa peur.

Elle se hissa à nouveau sur le camion, pour constater de visu ce que l'inconnu avait déjà pu observé : L'épée qui perforait la poitrine du conducteur avait disparu. Et pourtant, personne n'avait pu la retirer, puisque la garde était dans le dos de la victime et que le corps n'avait pas bougé d'un pouce, elle en était certaine.

- Je n'ai rien vu... Mais ce n'est pas quelqu'un qui l'a retiré, on dirait que la lame a disparu toute seule... Regardez, le corps n'a pas bougé. Tout cela n'a aucun sens...

Elle poussa un soupire, frustrée de ne trouver aucune explication plausible. Un lancé d'épée suffisamment puissant pour transpercer la tôle d'un camion et un fauteuil, mais pas le corps qu'elle devait empaler, puis qui disparaissait toute seule ? Jugeant qu'il n'était pas nécessaire de s'infliger la vue du cadavre du chauffeur plus longtemps, elle se laissa tomber au bas du camion, reprenant son observation de la rue. Faisant toujours abstraction des secouristes qui couraient partout où ils étaient appelés, des blessés qui gémissaient sur le sol, sans même parler des sirènes des voitures de police qui commençaient à se faire entendre, elle désigna le coin opposé de la rue à l'inconnu.

- A priori, l'épée a été lancée depuis cet endroit... Soit dans un bâtiment, soit depuis le toit, quoi que je pencherait plutôt pour un bâtiment, puisque le projectile a transpercé la porte arrière du camion. Avec un peu de chance, l'assassin est toujours là-bas... Le camion n'a pas pu tourner si le conducteur était déjà décédé, il a donc été tué après avoir pris le virage.

Réfléchir à voix haute l'aidait à se calmer, et elle bénissait son père de lui avoir appris les choses à la dure. Passé le premier choc, son pragmatisme reprenait le dessus, et elle se sentait plus sûre d'elle, plus maîtresse de ses humeurs, quoi qu'elle continuât à pianoter sur sa gorge.

- Vous avez l'air de vouloir coincer la personne qui a causé cet accident... J'aimerais me joindre à vous, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. Elle s'interrompit le temps d'une réflexion avant de reprendre : D'ailleurs, je chercherais même sans vous, alors autant faire équipe non ?

Elle se fit la réflexion saugrenue que ça lui ferait une aventure à raconter à Camélia lorsqu'elle la rejoindrait... Mettant ses pensées dissidentes sur le compte du stress provoqué par le fait qu'elle avait failli se faire renverser par un camion, elle secoua un peu la tête pour se remettre les idées en place.

- Je sais me battre, je ne serais pas une gêne pour vous si nous retrouvons le tueur.

Puis, jugeant que s'ils devaient faire équipe, ce serait peut-être une bonne idée de se présenter, elle porta sa main à son cœur et s'inclina légèrement pour le saluer. Elle n'était pas du genre à serrer la main.

- Je m'appelles Shu.
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Huang Shu
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Dim 2 Juin - 0:10
Je reste calme mais comprends la perplexité de la jeune femme. Il est difficile d’expliquer cette disparition alors que le corps n’a pas bougé d’un centimètre, comme elle le dit si bien. Le malaise semble avoir été remplacé par une sorte d’agacement chez elle. Cette fois, c’est elle qui prend les devants et qui commence à observer la rue et son agitation. Je la suis et l’écoute attentivement alors qu’elle désigne des bâtiments au loin et cherche à déterminer l’origine du lancer. Elle pense que le meurtrier s’y trouve peut-être encore, et que l’épée n’a pu être lancée depuis un toit mais plutôt depuis l’intérieur d’un bâtiment.

— Je suis d’accord avec toi. Si l’on regarde à travers les trous, on observe qu’ils sont alignés et que la trajectoire de l’arme était rectiligne. Vu qu’il s’agissait d’une épée et non pas d’un avion, je vois mal quelqu’un parvenir à réaliser un tel exploit depuis un toit.

Les avions font partie des objets modernes que j’ai découvert lors de ma première année au sein de la civilisation. Je suis loin d’être un expert mais je n’ignore pas qu’il est possible de redresser l’appareil après être descendu en piqué, ce qui n’est pas le cas pour une arme.

Elle m’indique qu’elle souhaite se joindre à moi afin de coincer le meurtrier. En fait, elle ne semble pas vraiment me demander mon avis, vu sa manière de présenter la chose et d’ajouter qu’elle cherchera même sans moi. Je ne peux pas m’empêcher de rire, malgré la gravité de la situation. Je la trouve plutôt intéressante et inspirante : malgré son pianotement nerveux, elle fait preuve d’une détermination et d’un courage qui font plaisir à voir. Elle ajoute aussi qu’elle sait se battre et se révèlera utile si on trouve le tueur. Vu sa taille (je lui arrive aux épaules), elle n’est certainement pas à prendre à la légère.

— Bon, bah je suppose que nous faisons équipe, Shu. Tu peux me tutoyer, d’ailleurs, je n’ai que la trentaine, je suis encore jeune. Du coup, tu penses qu’on devrait explorer ce bâtiment là-bas ? Ne perdons pas de temps alors, je doute que le tueur nous attende sagement.

Je me lance en direction du bâtiment. Dans la précipitation, je ne fais pas trop attention à mon entourage et ce n’est qu’au dernier moment que je réalise qu’on me court après, et que ce n’est pas Shu. Je me fait violemment ceinturer par un homme vêtu de bleu. Je reconnais l’étoile qui se trouve fièrement sur son torse. Je n’avais pas fait gaffe, mais les gyrophares avaient annoncé l’arrivée des forces de l’ordre peu de temps avant que Shu ne commence son analyse.

— Police ! On ne bouge plus, vous êtes en état d’arrestation. Vous avez le droit de garder le silence.

Je lève les mains en l’air et laisse docilement l’officier de police me passer les menottes. Finalement, il se ravise et ne me les met pas. Le fait que je ne me débats pas et que je fasse quelques têtes de moins que lui doit aider. Il m’a relâché et je reste à côté, misant sur un comportement exemplaire pour éviter d’aggraver la situation. Ils arrivent sur le lieu de ce qui peut tout aussi bien être un accident qu’un attentat, et ils voient quelqu’un quitter le véhicule accidenté en fuyant. Si j’avais voulu être plus suspect, j’aurais porté mes vêtements traditionnels du désert afin de davantage jouer avec les amalgames.

— C’est un malentendu, je suis allé m’enquérir de l’état de santé du conducteur afin de lui porter les premiers secours. Il était déjà mort quand je suis arrivé, il avait une épée en travers du ventre.

Le policier leva les paumes en l’air, comme pour me faire signe de m’arrêter.

— Ecoutez, vous nous raconterez tout cela au poste. Là, nous allons baliser la zone, et recueillir quelques témoignages. Je vais vous laisser entre les mains de mes collègues. Si c’est vraiment un malentendu, tenez-vous tranquille et vous n’aurez rien à craindre.

Je montre du doigt les bâtiments que nous voulions investiguer.

— Pourriez-vous vous rendre dans ces bâtiments ? Le tueur s’y trouve peut-être encore. Je n’ai pas le temps de vous expliquer tout notre raisonnement mais…
— Bon, ça suffit ! D’une, je n’ai pas de mandat. Nous ne sommes pas dans un film, il y a une procédure à suivre. De deux, vous n’allez pas m’expliquer comment je dois faire mon travail. Maintenant, suivez-moi.

Je lui emboîte le pas et cherche du regard où peut bien se trouver Shu. J’espère qu’elle n’a pas été victime du même quiproquo que moi. J’ai l’impression que je n’échapperai pas à une visite des postes de police de la ville. Mais ce n’est pas si grave, je ne pense pas que la justice soit constituée d’incapables. Plusieurs témoins seront entendus et il y a des chances pour que le tueur fasse partie d’eux. Ou son commanditaire, s’il s’agit d’un règlement de comptes. On ne tue pas quelqu’un sans motif. Et puis, il y a cette histoire de caisses d’épées qui m’intrigue. La victime était-elle le chauffeur d’un musée ou d’un collectionneur privé ?








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Zål
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