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Sam 30 Mar - 11:48
- Faudrait quand même qu'ils fassent quelque chose contre l'immigration illégale. Annonça désabusé Lejinoss alors qu'il enjambait une broussaille de fils barbelés.

Remarque de bon sens que la sienne mais mal avisée considérant son très récent statut de clandestin. La République de Rokario accueillait à son corps défendant deux nouvelles recrues. Deux éléments pour le moins dispensables qui, à eux seuls, constituaient un plaidoyer vivant pour le renforcement des contrôles aux frontières.
Il faisait nuit, il faisait frais et la lune resplendissait au milieu des astres qui, pour une fois, n'étaient pas couverts par la pollution environnante. Ce simple détail indiquait qu'ils étaient encore loin de la première métropole et cela n'aurait pu les ravir davantage.
Lui, déambulait tout d'orange vêtu, une cigarette aux lèvres pour se réchauffer les viscères et un épais baluchon porté par dessus son épaule. Millie quant à elle traînait les pieds et tirait la langue, suscitant la plus parfaite indifférence chez son paternel qui la devançait de vingt bons mètres. Elle avait fait le choix d'emporter avec elle ses effets personnels. Des robes et autres soieries «à la con» comme les appelait Leji. Coquette ou peut-être tout simplement dépensière, elle n'avait pu se résoudre à les laisser derrière elle. Leur gloire et leur fortune fut éphémère, mais elle ne comptait pas abandonner ses trésors malhonnêtement acquis.

- Papaaaaaa, j'ai mal aux pieds...

- C'est bien, c'est de ton âge.

L'art d'envoyer chier son monde comptait Lejinoss Taibug comme maître incontesté de la discipline. Millie pouvait avoir mal. Entre les ampoules et le talon en sang au pied gauche, elle avait effectivement de bonnes raisons de se plaindre. Le drame étant que Leji avait davantage de raison de s'en foutre que d'elle de se lamenter.
Plus roublard, en tout cas davantage rompu à l'exercice de l'exil, il lui avait demandé de vendre ses frusques pour garnir leurs économies. Elle avait refusé et en assumait à présent les amères conséquences. Loin devant elle, lui tournant le dos, persévérant dans sa marche forcée, l'hirsute souriait en coin. Il n'avait pas eu la satisfaction de repartir plus riche qu'il ne l'aurait voulu de Sahelta, il aurait au moins le plaisir de l'entendre souffrir.

Le terrain se voulait rocailleux et traître, surtout dans l'obscurité. Il n'était pas rare d'entendre Millie pleurnicher et son père lui intimer de se taire pour ne pas attirer le prédateurs. Les prédateurs avaient bon dos, le Hunter orangé souhaitait juste le silence pour réfléchir. Plutôt pour ruminer.
Périodiquement, durant le périple, il s'était essayé à matérialiser son Key Data. Il en était devenu incapable et ne manqua pas de grincer les dents à chaque nouvel échec.

- Papaaaaaa... je peux avoir de l'eau ?

Occupé à chercher à faire revenir un Hatsu qui ne reparaîtrait plus jamais, l'hirsute persista dans la mesquinerie avec brio.

- Bien sûr. T'as qu'à boire les bouteilles que t'as achetées après avoir vendu tes fripes à la con. Oh... noooon... c'est vrai.... j'oubliaiiiiis... dommaaaage.

Père exemplaire que Lejinoss Taibug. Certains punissaient leurs enfants en les privant d'argent de poche, l'hirsute le faisait en laissant sa fille se déshydrater. Les uns étaient sévères mais justes, lui était juste sévère. Sévère et con.
Elle butait contre chaque pierre et trébuchait de plus en plus souvent. Le chant du cygne se faisait de plus en plus distinct, mais son Hunter de père poursuivait sa marche, prenant un peu plus d'avance sur elle à chaque instant.

- J'ai maaaaal aux pieds.

- Et moi aux oreilles. Change de disque tu veux. Eh puis...

Offusqué, réalisant seulement une évidence terrible, il prit la peine de se retourner pour la regarder, le nez plissé.

- T'es pas du renforcement toi en plus ? T'attends quoi pour utiliser ton Ren ?

Parfois, ses conseils paternels tenaient du bon sens. Pas cette fois en tout cas. Millie, encouragée par cette astuce s'essaya à la chose. Comme recouverte d'un cocon qui l'enveloppait pour stimuler chaque muscle, elle reprit sa marche vigoureusement. Pendant trois minutes, avant de s'écrouler raide.

- Ah oui.... j'oubliais que le Ren consomme pas mal d'aura...

Négligent en plus d'être con, Lejinoss reconnut volontiers sa carence parentale en ayant ainsi échoué à prodiguer un bon conseil. Ce n'était pas la première fois qu'il disait n'importe quoi à sa fille, mais en tout cas la première fois qu'il le reconnaissait. Une main dans la poche, l'autre fermement agrippée autour de son sac de toile porté en baluchon, Leji dut se rendre à l'évidence.

- Putain. j'ai plus de clopes.

Son plus grand regret était de ne pas en avoir acheté avant de partir. Il fumait peu, mais la contrariété d'avoir perdu son Hatsu l'avait fait fulminer au point de consommer tout son tabac en vingt-quatre heures à peine. Plissant les yeux, faisant face à un soleil qui émergeait, l'hirsute put enfin distinguer les ombres lointaines qu'il avait cru apercevoir plus tôt.

- On y est.

Là-bas, des tours de béton remplies d'appartements flambants neufs étaient agglutinés comme des dominos. Le Hunter en orange n'avait pas marché sans but depuis leur entrée illégale à Rokario. Quelques années auparavant, il avait lu dans la presse ces histoires de villes bâties à la hâte sur fond de spéculation immobilière. La bourse pouvant être taquine, la bulle spéculative n'avait pas tardé à péter au nez de pas mal de monde, mettant un terme à ce projet de ville émergentes en plein milieu de nulle part sur fond de dette colossale.
Cette ville qu'ils apercevaient n'avait pas de nom. Elle ne pouvait même pas se payer le luxe d'être qualifiée de ville fantôme car personne n'y avait jamais vécu. En tout cas, excepté les clandestins suffisamment roublards pour venir hanter les lieux.

- On se réveille.

Du bout du pied, Leji secoua sa fille.

- J'ai mal aux pieds...

- Eh bah t'as qu'à ramper. Il nous reste deux petits kilomètres à peine et on pourra se reposer. Allez, on se dépêche, allez !

Lui aussi avait mal à l'épaule à force de trimbaler ce sac de toile dans lequel il y dissimulait leur million de jenis d'économies, dernier vestiges de leur gloire passée. Il avait à cœur de se reposer et surtout de faire le point sur son Nen. Il avait vécu des années sans son Key Data et se sentait aujourd'hui nu sans lui. Il lui fallait trouver un palliatif à cette situation et cela, il le ferai dans une de ces tours.
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Lejinoss Taibug
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Dim 31 Mar - 15:13


"Nan ! C'est mes miens !"

Elle n'avait donc pas vendu, ne serait-ce qu'une chaussette. Pas question de se retrouver encore sans rien, ce qu'elle avait déjà dû laisser était bien assez. En plus, surtout que maintenant que papa la forçait à mettre des culottes même sous une jupe ou un pantalon... Bon faut dire que la course-poursuite et le passage en voiture cul-nue avait bien entériné l'idée que ça peut être éventuellement utile. Bref,à cause de ça, elle avait les pieds en lambeaux, des courbatures, heureusement qu'elle avait un minimum d'endurance et un peu de connaissance en Nen pour supporter tout ça... En fait non oubliez le Nen, elle a essayé et a vite compris qu'elle n'avait pas encore le niveau.

Tout ça pour dire que, enfin, ils arrivent.

"Je te l'avais dit..."
"N'empêche, tu es bien content quand je me promène en lingerie plutôt qu'au naturel."

Pas sûr que des sous-vêtements érotiques faits pour stimuler l'imagination sont réellement une amélioration à la nudité la plus crue en réalité. Enfin sois, elle avait son barda, un stock de produits de nettoyage à main, parce que les vêtements crades c'est pas confortable et d'autre truc, autant dire toujours plus de raison de souffrir du surpoids de ses affaires. Heureusement dans son malheur, elle avait aussi une petite trousse à pharmacie, su coup ses pieds ressemblaient plus à un amalgame de pansement divers avec des petits cœurs et plus ou moins pastel qu'a de la chair et encore là où on pouvait la voir elle était d'une couleur étrange et/ou en sal état.

Alors qu'ils vont se diriger vers le centre, elle tire le bras de papa en essayant de ne pas s'écrouler, enfin pas encore.

"Quitte à choisir, je veux une maison, c'est pas comme si on ne pouvait pas se le permettre."

C'était déjà bien assez triste de voir cette ville mort-née, si elle pouvait éviter d'aller au centre et prendre une des petites maisons en périphérie qui en plus on le mérite d'être globalement fini. Bon, ce n'était pas au point d'être meublé, mais au pire elle ferait des excursions pour voir si le centre commercial visible sur le plan qu'ils ont croisé ou un des magasins possiblement présents a déjà du matériel. La réponse avant même d'y aller est que même si ça avait été le cas, ça a déjà certainement été piller par les autochtones.

C'est donc dans une "charmante" petite maison qu'ils ont plus ou moins emménagé. Les portes sont solides, les murs aussi, elles sont vaguement complètes et au pire il suffirait de cannibaliser le voisinage pour compléter ou réparer celle-ci. Bon par contre, s'ils ont un toit sur la tête. Bon par contre, s'il y a de l'eau plus ou moins accessible, pour peu qu'on ai pas peur de marcher longtemps avec des contenants assez grands pour faire des réserves, la nourriture serait un tout autre problème.

"Si les quelques rares personnes des environs peuvent rester, c'est qu'il y a un moyen non ?"

Le vol ou fouiller les poubelles sont deux méthodes à exclues, personne n'ayant jamais vécu dans les environs il n'y avait pas de ressources du genre à piller non plus. Donc, elle se disait que soit il y avait moyens de s'en procurer plus loin, soit qu'il y a un marcher noir ? Le genre à racheter des objets, des trucs de valeur une misère et l'échanger contre une misère en nourriture et ressources de bases essentielles.

"J'imagine que ce serait trop beau de trouver un peu de machinerie sur place... "

Même elle comprenait bien que même s'ils avaient laissé des vieux véhicules de chantier, ils n'étaient pas en état de rouler ou quoi que ce soit à l'heure actuelle. Le temps et les récupérateurs auraient fait leurs offices. Enfin soit, une fois passer un jour de repos et pour laisser le temps à la pauvre demoiselle pour lécher ses plaies... Non pas littéralement bande de dégueulasses ! Pour se reposer quoi ! Elle commença des petits tours d'explorations et... Bah c'était beau est bien que des habitations, tout le reste n'est jamais réellement venu.

"Toujours rien, à part éventuellement des câbles en cuivre a tirer si on défonce le sol et le peu de vie en ville se cache bien."

Évidemment, sans foreuse le sol en dur... À moins de tricher avec le Nen et... Ah bah oui la conne !

"Oh ! Si je trouve une pioche et que j'utilise l'aura dessus, je pourrais récupérer des câbles électriques ça ferait une source de revenus ET un entraînement."

Passer du luxe, d'un métier facile pour un autre bien moins... Pour faire du vol à la manouche, il y avait tout un monde. Mais au moins...

"Avec un peu de chance j'arriverai à te récupérer de quoi échanger contre un paquet de clopes ou deux, pour peux qu'il y ai réellement un marcher noir ou un truc du genre."

Peut-être que c'est juste des personnes de passage ou des boutiques mobiles qui en profite pour s'arrêter sur la route ou l'autoroute, bref, elle n'en savait rien et laisser à papa le bon soin de trouver d'éventuels échanges, elle aller à la mine, enfin la mine de béton pour tirer des câbles comme des gens du voyage. Elle avait même fini par tomber sur de quoi improviser un gros gros rouleau.

C'est ainsi que les jours qui ont suivi, avec un outil à bêcher plus ou moins rouillé trouvé au pif... Bam ! Oui forcement, ce n'est pas parce quelle utilise l'aura que ça en devient magiquement silencieux. Bam ! Forcement, s'il y avait une chance qu'ils ne soient pas repérés... Bam ! Là ils sont officiellement "présentés à toute personne sur des kilomètres. C'est ainsi qu'après son entraînement à caser la croûte en dur comme des petits beurres avant de sucer des câbles comme de longs spaghettis... Bon, elle n'avait pas fait ça directement à côté de la maison, mais pas assez loin pour qu'ils ne puissent pas être retrouvés dans un trou perdu comme celui-ci. Elle aurait pu tout aussi bien hurler dans un mégaphone et utiliser des cornes de brume avec des néons géants en forme de flèche.

Après plusieurs séances de bêchage de béton amélioré au Shu, une voix finit par s'entendre au loin.

"Bordel de merde ce n’est pas fini ?! Il est à peine quatorze heures du matin !"

Ce qui avait lancé une scène assez spéciale... Surtout si on prend en compte le fait qu'on était dans un vide humain complet et qu'il n'y avait pas le moindre signe de vie sur des centaines de mètres.

"Silence pauvre merde, je bosse moi !"

Quand on pense que la gentille et douce Millie ne disait pas un mot plus haut que l'autre il y a peu de temps...

"Tu t'arrêtes maintenant ou je viens de claquer la gueule grognasse !"
"Va te faire du con !"
"Pute ! Je sais où Tu'tcache ! Viens ici que j'te bute enculée !"
"Ta gueule ! Viens ici sale enculé !"
"Salope !"

Puis le silence... En tout cas pas pour le moment. En tout cas ce ne serait pas ce jour-là qu'elle apprendrait à avoir des bon rapports de voisinage dans un paysage pseudo-apocalyptique. Elle avait fini son troisième rouleau quand... Des bruits de moteur au loin. Coïncidence, ou dispute de voisinage en perspective.

Mes précieux !








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Millie Krystal Wayland
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Lun 1 Avr - 19:40
Il s'était fait tard. Puisque la demoiselle avait exigé un logement cossu, le paternel n'avait pas conteté. Ce que femme veut, Dieu veut. Aussi longtemps que Lejinoss l'acceptait en tout cas. Fatigué par leur exil rendu permissif grâce à l'inconscience des politiques de Rokario, il n'avait pas combattu la décision. Il n'allait pas cracher sur une demeure meublée dépourvue de contrôle policier à proximité. Pas à cette heure ci en tout cas.

Au réveil, Leji avait bien compris qu'il n'était plus question pour sa progéniture d'avoir mal aux pieds. Ses pieds. Elle les traînait dans des patins hors de prix à trémousser le reste dans un négligé affriolant. Elle le traînait avec assez d'insistance pour l'avoir réveillé comme elle le faisait chaque matin. Le renforcement était passé par là, autrement, jamais Millie n'aurait pu récupérer ses forces assez vite pour le coiffer au poteau chaque matin.

Meublé sans être non plus aménagé, le domicile était pourvu de lits mais pas de matelas. L'hirsute dormait à même le plancher. Aussi engourdi au lever qu'au coucher, il traîna sa carcasse jusqu'à la cuisine. Lui aussi avait traîné des pieds, encore courbaturé de sa première nuit dans cette nouvelle République.
Sans grand espoir, il avait ouvert le frigo. Vide, évidemment. Vide, mais froid. Cela seul suffit à le faire émerger de sa torpeur matinale.
On avait aménagé un complexe électrogène avant même de garantir que les habitations ne soient un jour garnies de la moindre population. En plus d'être irresponsables au point de laisser les premiers traîne-savates venus envahir leur terre sans résistance, les décideurs locaux étaient suffisamment cons pour dépenser l'argent du contribuable sans mesurer les conséquences de leurs décisions.

- Pas de doute... ce pays est une démocratie.

Lui qui était né à Kakin prononçait le mot «démocratie» avec tout le mépris que cela impliquait. Lejinoss Taibug était certes une vermine, mais une vermine élevée dans un environnement hostile. Une vermine qui surclassait le démocrate moyen.
Mais ces considérations mises à part, il s'estima heureux de leur condition du moment. Il n'y avait pas non plus le gaz, mais même l'eau courante avait été installée. On avait mis les petits plats dans les grands. Hélas, personne n'était jamais venu se mettre à table. Sans ressources, Leji but au robinet le premier jour de quoi remplir son estomac et s'installa sur l'un des trois tabourets qui longeaient le plan de travail situé au milieu d'une cuisine qui se voulait moderne. Là, il agita nerveusement entre ses doigts la dernière cigarette retrouvée le matin dans sa poche, fixant devant lui d'un regard vide, ruminant ses pensées, incapable de se résoudre d'avoir été privé de son Key Data, comme amputé d'une partie de lui-même.

Les jours se suivirent et se ressemblèrent. Il n'avaient - dans la hâte de l'exil - emporté avec eux que deux paquets de biscuits. Bientôt, les ressources viendraient à manquer et passer ses journées à malaxer son Ten ne suffirait plus à l'hirsute pour s'occuper l'esprit si l'estomac était vide.
Puis sa fille cria. On lui répondit. Les lieux n'étaient pas aussi déserts que Lejinoss l'aurait désiré. Mais il persista à ruminer. Cette fois, Millie fut au cœur de ses pensées alors qu'il l'entendait proférer des insanités qui ne lui ressemblaient pas. Sans doute cela avait-il été le déclencheur amenant l'hirsute à consumer sa dernière cigarette. Assis sur son tabouret fétiche, il adressa à sa fille le regard d'un homme qui n'avait pas eu son café du matin et à qui on venait de chier dans les bottes pour la dernière fois. La demoiselle n'avait pas été très inspirée de le contrarier ce jour là en plus des autres. Le Hunter orangé ne patienta même pas d'ici à ce que sa tige à cancer ne fut consommée. Clope fermement coincée dans son bec, il approcha sa fille d'un pas pressé afin de la gratifier vivement de dix-huit ans d'éducation paternelle synthétisée en une paire de claques.
C'était ça ou céder à la tentation du négligé, une pulsion en valant une autre.

Dans une dynamique vertueuse après s'être échauffé une main sur les joues de sa fille, Leji sortit de son «chez lui» une main dans la poche. Curieux spectacle pour les voisins indiscrets que celui d'un homme à l'allure si négligée, sa chemisette froissée et ses petits yeux fatigués posés sur eux.

- Cassez-vous.

Et ils se cassèrent. Le Ren exprimé de manière aussi hostile qu'ostentatoire y avait été pour beaucoup dans l'effet persuasif. On ne retrouvait que des déclassés et des clochards dans ces ruines neuves, pas de héros. Lejinoss s'apprêta à rentrer encore de mauvais poil, quant il aperçut un nouvel intrus sur la pelouse de sa propriété.
Un lièvre avait fait irruption depuis les buissons. Il avait le pelage clair et le regard vif. Attendrissant au possible, ses oreilles plaquées en arrière, il observait ce squatteur en orange qui lui rendit le regard. La contemplation mutuelle dura une minute intense. Minute à l'issue de laquelle Leji vit ses pensées secouées par une soudaine épiphanie lyrique.

- Je vais bouffer ce lapin.

Après tout, les vivres venaient à manquer et la chasse ou le nomadisme prononcé devraient s'imposer sous peu pour y palier. Cependant, plus qu'un repas, Lejinoss désirait ce lapin qui venait de fuir. Il avait retrouvé un sens à sa vie. Moins bougon - bien que toujours disposé à en coller une à sa fille, il emplit ses poumons de l'air frais qui s'y engouffrait en quantité immodérée alors qu'il inspirait sans retenue. Il revivait. Le Hunter le plus minable de l'association avait enfin fait le deuil de son Hatsu.
Jamais le moment et le lieu ne seraient plus propices à la maîtrise de son Nen. Il avait même une partenaire à disposition pour se défouler lorsqu'il en aurait plein le dos - ce qui arriverait souvent - et éventuellement pour progresser plus rapidement.

Il avait passé la porte de sa demeure avec une mine de déterré et retrouvait son foyer guilleret devant la plus parfaite confusion de Millie qui se frottait encore la joue, dûment corrigée pour son manque de savoir-vivre.

- Fini de flemmarder. Il faut qu'on attrape le lapin.

Elle n'avait pas vu le privilège de croiser le lapin, toutefois, lorsqu'un lunatique en orange et privé de caféine avait une lubie soudaine, le bon sens commandait de le fuir ou de se plier à ses directives.
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Lejinoss Taibug
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Mar 2 Avr - 16:24

Ainsi, il leva la main sur sa fille, elle aurait très bien pu relever son aura pour ne pas en souffrir, mais... Elle avait peur qu'il perçoive ça comme une provocation. C'est un peu comme un enfant qui pourrait fuir une punition, mais qui par peur et respect de la hiérarchie familiale reçoit ce qui doivent. En plus ,elle est consciente d'avoir eu tort, enfin elle imagine que c'est le cas. Recevant donc ses deux baffes en baissant la tête, les yeux.

"Désolé papa..."

Sincères excuses, c'était la première fois qu'elle se laissait allé à la frustration et à se défouler sur autre chose que le travail et l'entraînement. De toute évidence, mise à par prier très fort pour tomber sur des fruits ou des baies sauvages ou alors sur des rares plantes comestibles il faudrait. Un lapin ? Enfin un lièvre, mais quand même. Elle suivait son paternel, mais ne semblait pas trop décider à s'embarquer dans l'aventure. Pas que sa tenue puisse craindre, elle avait attaqué le sol avec un outil pendant des heures et des heures elle n'était plus à ça prêt. Non, elle observait le spectacle et quand elle était au niveau de Leji lui avoua la terrible vérité.

"Mais... Je ne peux rien contre ça..."
"Quoi encore ?"
"Je n'ai pas de sainte grenade."
"De ?"
"La Sainte Grenade d'Antioche."
"C'est un lièvre, pas un lapin !"
"Ah ?!"

Rassurée sur ce point, elle commença à soutenir papa de manière plus active, ce qui au vu de l'apport précédent n'était pas dur au fond. Si Millie est une artisane méritante, commence à devenir compétente au nen, cela ne fait pas d'elle une chasseuse. Courant après l'énergumène à grandes oreilles, sautant derrière lui et le ratant par la même occasion, le voyant entrer dans un terrier pour en sortir par un autre dans un enchaînement de galeries complexes, dans la présence est permise par des années de domination du territoire et certainement une reproduction trop rapide puisque manquant de prédateurs naturels.

Se séparant pour courir plusieurs lièvres à la fois, ce qui est forcement efficace puisqu'il y a même une expression dédiée, elle chasse sa proie pendant que Leji fait de même avec la sienne. C'est ainsi qu'une course-poursuite épique se lance, entre une idiote incapable et incompétente et un animal forgé à la survie par des siècles d'instinct et d'évolution, enfin un truc du genre. Les vêtements en lambeaux, des entailles un peu partout avec par-dessus des pansements Hello Kitty rose et blanc et son ego plus meurtries qu'autre chose... C'est avec classe et dignité qu'elle s'écroule au sol pour respirer, maudissant le maudit animal qui dans un manque de respect total et pour montrer qui est le plus fort, vient sur elle, s'essuie les pattes arrière sur son visage puis repart en conquérant.

"Je t'aurais, je t'aurais Roger quitte à y passer ma vie, je te brûlerai toi et toute ta famille !"
"Si on n'en as pas attrapé un d'ici demain on se casse !"
"Oui papa... C'est trop pas juste..."

Deuxième tour, ils ne semblaient jamais fatiguer, si elle était plus attentive elle se rendait compte qu'elle ne poursuit pas toujours le même et donc forcement, qu'indirectement se créer un relais pour la faire toujours plus tourner en bourrique. L'éloignant encore et toujours de sa zone de départ, l'isolant, l'affaiblissant pendant des minutes, puis des heures.

"Mais... Mais pourquoi tu ne te laisses pas mourir..."

À cet état de fatigue, même elle n'avait pas relevé le ridicule de cette pitoyable remarque, imploré à la nourriture de venir se jeter dans le feu pas compassion, ça ne fonctionne pas j'ai déjà essayé avec des knackis. Alternant entre la campagne et les alentours des ruines, Millie continuait à perdre patience au fur et à mesure que l'astre solaire décliné et don ses chances déjà extraordinairement faibles, n'aille approcher le zéro absolu. Elle décida donc d'utiliser la méthode Saheltienne.

"Je vais t'apporter la démocratie !"

Qui consiste à écraser les mouches avec des bulldozers de manière plus ou moins imagée. Prenant une barre de fer avec un peu de béton au bout, et mettant un peu de Shu autour a chaque frappe à chaque fois qu'un lièvre passait dans un trou, ce qui donnait du coup tout le temps aux animaux de se barrer avant qu'elle n'abatte son arme... Elle en défoncer chaque entrée qu'ils employés. Évidemment, c'est stupide, si elle arrivait à les toucher dans l'état dans lequel ils finiraient, serait impropre à la consommation mise à par pour la terre, les insectes ou la vermine. C'est ainsi qu'avec un fond sonore digne d'une bataille, elle cassait de manière injuste et implacable des heures de travail de ces pauvres animaux et tout ça pour son simple besoin personnel... Une juste représentation de la société humaine donc.

Jusqu'au moment où... La victoire approchait. À force de démolir une à une ses échappatoires, se retrouvant dans une ruine... C'est la définition un édifice dégradé par le temps. En tout cas, arme en main, un dernier obstacle entre elle et sa cible sous la forme d'un meuble écroulé au milieu d'une pièce formant un cul-de-sac. Elle ne pouvait pas lui laisser le temps de passer entre ses jambes ou trouver une échappatoire, il fallait l'intimider, dégager le meuble et savourer son repas durement acquis. Enfin il ne faut pas vendre la chaire du lièvre avant de l'avoir tué, car frappant trop fort, le sol lui fit comprendre qu'il n'était pas d'accord en l'a ramenant sur terre ou plutôt au sous-sol.

La victoire approchait oui, celle inéluctable du rongeur contre la connerie humaine... Des lagomorphes ? Pour ce que ça change... Bref ! Au milieu des décombres, ayant bien plus mal à son amour-propre qu'ailleurs Millie resta allongé un long moment, chouinant pour évacuer tout un tas d'émotions négatives. Une fois sa crise digne d'une enfant de dix ans passés, elle se releva observant le ciel étoilé une fois sorti de la bâtisse. C'est à ce moment-là qu'elle remarqua un autre lièvre, avec un morceau de papier dans la gueule, une partie de la couverture d'un magazine. Était-ce une autre fourberie de ces odieux animaux ? Une grâce divine ou une facilité scénaristique ? En tout cas,lasse, soupirant sans plus aucune intention hostile elle se dirigea dans la direction d'où il semblait venir. Laisse voir en contrebas, une cantine en métal éventré et rouillé. En l'ouvrant on pouvait presque voir un effet lumineux digne d'un jeu vidéo avec la petite musique et tout. C'est fou comme le mental peut jouer hein ? En tout cas elle put trouver quelques objets rouillés et où moisie dont l'intérêt limité les exclura d'office de l'énumération qui va suivre. Le butin contenait surtout une majestueuse, magnifique, extraordinaire : boite de twinkies à peine entamé.

Qu'est-ce que des twinkies ? Un Twinkie est « une génoise fourrée à la crème »... Heu non on va aller à l'essentiel, c'est l'aliment le plus industriel, artificiel et malsain qui n’a jamais été créé par l'homme. Tellement que même les animaux et la vermine n'y avaient pas touché, l'instinct de survie leur indiquant de ne pas approcher de cette chose. Cet aliment, aux propriétés nutritives plus que discutable à surtout l'extraordinaire propriété de ne pas être affecté par le temps. Donc, cela ne le rend pas plus propre à la consommation qu'a sa création, mais pas moins aussi ce qui est mieux que rien. Elle y trouva aussi les restes d'un paquet de Coups chanceux au tabac légèrement moisi et sec, un briquet qui ne fonctionnait déjà plus à l'époque et sans miracle, encore moins maintenant, une bande dessiner étrangère et un magazine cochon. Une cache d'ouvrier lambda quoi... Comment ça stéréotype ? Je fais ce que je veux, na ! Et je n'ai même pas mis d'alcool en plus c'est gentil ça non ? Ah et petit clin d'œil du destin, il y avait aussi une patte de lapin avec une chaînette.

Mais pourquoi l'avoir conduit à.... Les ignobles sacs de poils, pourritures ! Engeance du diable ! Cela ne suffisait pas de l'humilier, maintenant il lui intime indirectement l'ordre de ramasser les poubelles comme on dit à une gamine de ranger sa chambre ?! Et bientôt la forcer à nettoyer la ville avec une brosse à dents aussi tant que vous y êtes ?! Bref, elle rentra, il était tard dans la nuit et elle se contenta de déposer sur la table de chevet à côté du lit de son père la nourriture sans avoir eu l'envie d'y toucher, le reste de cigarette sans savoir si c'était utilisable ou non et s'en fichant au fond avec le gri-gri fait avec une patte d'animaux en peluche, avant d'aller s'écrouler dans sa propre chambre avec l'a revu pornographique et la bande dessinée. Elle commença à consulter la première par curiosité, tournant sans émotion particulière les pages de ce torchon en n'ayant ni la force, ni l'envie de l'utiliser autrement et la seconde pour se distraire un peu plus tard.

Finalement, au petit matin, elle se laissa aller à un petit plaisir coupable... Lire la bande dessinée plutôt que d'aller travailler comme les jours précédents, fainéants ! Il lui a fallu dix bonnes minutes pour comprendre qu'il fallait lire de droite à gauche et commencer par la fin.

"Ils ne sont pas fichus de faire ça dans le bon sens, comme tout le monde ?"

Elle plongea alors dans une histoire rocambolesque, celle d'une petite sorcière mignonne et avec un nombre de poses où on voit sa culotte extraordinaire, combattant des zombies robot fascistes avec des armes au moins deux a trois fois plus grosses qu'elles... Elle trouvait ça étrangement inspirant et amusant à la fois, perdue dans cette histoire, quand la porte de sa chambre s'ouvra, sans trop réfléchir elle lança le magasine pornographique au visage de Lejinoss... Avant de revenir à elle.

"Je... Pardon... Oui papa ?!"

Qu'est-ce qui allait arriver maintenant ?

Ce matin un lapin, a tué un chasseur ♫








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Millie Krystal Wayland
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Mer 3 Avr - 12:10
Dur dur de se tromper de porte. Encore trop peu habitué aux locaux squattés sans vergogne, Lejinoss n'avait pas pris le bon couloir pour aller aux toilettes. Certes, les cabinets ne s'étaient pas trouvés de l'autre côté de cette porte, cela n'empêcha pas de le faire chier. Il allait de soi que jamais, spontanément, il n'aurait été solliciter quoi que ce soit de Millie. Le fait qu'elle lui jette toute sa littérature à la gueule d'emblée constituait un facteur de cette aversion de principe.

Malpolie, elle l'était en plus d'être malhabile, loupant son père pour heurter le miroir situé à côté de la porte qui, mal accroché, ne tarda pas à s'éclater sur le sol dans un fracas assourdissant. Leji referma la porte. Cela, avant de l'ouvrir à nouveau brutalement pour gueuler avant même d'avoir pris la peine de trouver ses mots.

- T.... tu... pour qui tu... le miroir bordel !

Énoncé aussi clairement, cette interpellation n'appelait aucune réponse tant tout était limpide. Quelque peu perturbé, il avait passé ces derniers jours à tenter de confectionner un piège à lapin à l'aide de son Nen. L'inconvénient majeur demeurait le suivant : il ne maîtrisait pas son Nen et ne savait pas à quoi ressemblait un piège à lapin. Ramassant le miroir brisé il l'observa un instant, interdit.

- C'est normal si tu te vois pas dans le reflet, la glace est cassée.

Très calme mais hésitant un instant à commettre un homicide aidé des morceaux de miroirs éparpillés au sol, Lejinoss opta - une fois n'est pas coutume - pour la voie du mutisme. Peut-être la plus heureuse.
L'hirsute réalisa à quel point il s'y était pris n'importe comment en essayant de développer son Hatsu. Façonner son Key Data n'avait pas été l'affaire d'une création ex nihilo mais d'une copie remaniée par un concept qu'il avait dû lui même expérimenter. Pour stocker de la mémoire, il avait dû travailler la sienne et apprendre un roman par cœur. Le reste du temps, il l'avait passé à tripoter et étudier les composantes d'une clé USB. La matérialisation était avant tout l'art de la contrefaçon et de l'innovation ; pas de l'invention.

- Tu peux disposermarmonna-t-il pensif, ne quittant pas les yeux le cadre qui avait contenu la glace brisée.

- Mais... c'est ma chambre.

Leji posa le regard sur Millie et Millie disposa comme on n'avait jamais disposé. Ce n'est pas tant que l'hirsute cherchait à se présenter comme un mâle alpha dont les décisions ne devaient être contestées, mais il n'aimait pas avoir tort et se complaisait dans ses erreurs. Un drame que celui-ci, car cela ne lui arrivait que trop souvent.

Peut-être plus habile dans la manière dont il s'essayait à la maîtrise de son aura qu'il ne l'aurait cru, faire régulièrement le point avec son Ten avait comme fluidifié et rendu plus malléable ce qui échappait de ses shôkos. Adroit sans non plus être expert, former une surface d'aura à peu près semblable aux dimensions du cadre du miroir qu'il avait scrupuleusement tripoté ne lui avait pris qu'une heure. Sans le savoir encore, il s'était essayé à la transformation. Restait à concrétiser.

***

- AAaAAAaAAAh...

Tel était le son d'un impétueux qui agonisait après avoir présumé de ses capacités. Orange et à plat ventre, il bavait, face contre terre le bras tendu. Le cadre qui était le sien ne ressemblait en rien au modèle. Sans être difforme, il semblait que l'ustensile avait été modifié par une part inconscient de l'hirsute. Le Nen était après tout la manifestation d'une multiplicité de données inhérentes au manieur, se manifestait parfois l'inconscient de ce dernier à travers ses Hatsus. Le rendu du cadre sans miroir avait un rien de malsain tant ses contours ondulaient pour prendre une forme sinueuse et sinistre.
Ce n'était pas ça qui avait tant et tant puisé dans ses forces, mais de restituer la glace au centre de ce qui se voulait comme un miroir. S'exercer à la création d'un objet apparemment simple aiguisait ses sens et sa perspicacité. Il parvenait à matérialiser une surface ayant la même consistance et solidité qu'une vitre réfléchissante à peu de chose prêt que la propriété réfléchissante persistait à faire défaut.

- Réfléchis Leji...

Pour ce jeu de mot involontaire, le Hunter aux abois se mit une claque. Cela faisait deux jours qu'il planchait avec pour seule subsistance ces «twinkies» ramenés d'on ne sait où. Lejinoss à ce stade ne savait pas comment sa fille occupait ses journées dehors. Il savait de source sûre qu'elle ne ramenait jamais de pitance sur la table, pestant après les lapins à chaque retour, s'assurant furtivement que son père n'était pas mort avant de se coucher.

- Ça renvoie la lumière.... ça... ça restitue ce qu'il a devant lui... ça... putain ! Ça fait chier ! Voilà ce que ça fait !

Se familiariser avec le concept d'une surface réfléchissante tenait plus du chemin de croix que de l'évidence. Leji devait visualiser ce qu'était de restituer, de renvoyer au sens aussi bien figuratif que physique.

- Pour faire un miroir, je dois penser comme un miroir.

Assis, les yeux cernés, les lèvres gercées, il rumina ce qu'il venait d'énoncer pour approfondir l'idée. Puis il se mit une nouvelle claque, conscient de l'absurdité de son dernier postulat. La fatigue ralentissait ses capacités cognitives. Un temps de sommeil s'imposait. Lejinoss s'écroula d'épuisement une fois de plus.

***

Cinquième jour. Pas de lapin sur la table, juste ces conneries de trucs sucrés qui me ravagent de la gorge au cul. Millie arrête pas d'en ramener. Si elle veut me faire croire qu'elle chasse ça, elle a encore de la marge d'ici à ce que je sois assez dingue pour gober ses conneries. Enfin... je crois. J'espère.
Ce putain de miroir ! C'était juste pour m'exercer à un truc simple. Pourquoi j'y arrive pas ? Pourquoi ? Pourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoi
pourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoi
pourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoi
pourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoi ? Pour-quoi ?
Si elle l'avait pas fait tomber pour commencer. C'est sa faute à elle si j'en suis là ! La petite dinde... elle s'est bien jouée de moi. Sa guimauve qui file la chiasse, c'est pour attendrir ma chair. Elle veut me bouffer.
Mais oui ! Tout est clair maintenant. Elle a tout prévu en cassant le miroir. Mais à moi on la fait pas. Suffisait d'y réfléchir. NON ! PAS RÉFLÉCHIR ! D'y penser. Voilà.
Elle est probablement de mèche avec le lapin de l'autre jour. Comment j'ai pu être si aveugle ?...

Aveugle. Un miroir, ça voit pas. Ça reproduit juste. Attends, attends, attends. Suffit que je mette le miroir devant un truc que mon cerveau sait reproduire pour qu'il le reproduise aussi. Je vais matérialiser un autre cadre de miroir identique. Y'a que ça que je sais matérialiser de toute façon. Allez... d'une main je le fais. Allez.... par le pouvoir de Leji... Bon. Je vais essayer des deux mains. J'ai la forme.... faut juste concrétiser. Oui... ouiiiii... ouiouioui ! Mon cerveau a bien intériorisé comment j'avais fait la première fois, et voilà ! Un nouveau cadre tout beau tout propre. Tout identique aussi.
Je fais comment maintenant ? Je les mets l'un en face de l'autre et je ferme les yeux. Aveugle comme les miroirs. Allez mon aura, fais pas chier, ils restituent parce que je restitue, ils se renvoient mutuellement ce que je leur envoie. Oui ! Je tiens le bon truc. Le concept en or ! Je vais l'avoir ma putain de glace réfléchissante.
Reste concentré. Renvoyez-vous l'un à l'autre... ça se passe... y'a un truc qui se fait. Ouvre pas les yeux. Que... merde ! Mon aura déborde ! Je perds mes forces putain ! Ces chiures de miroirs, ça me bouffe toute mon aura !

Nan ! Je veux pas crever en faisant des miroirs ! C'est trop con. Putain de fille à la con qui m'a mené là où j'en suis. J'espère qu'elle s'en voudra quand je serai mort. Salope !
J'espère qu'elle aura pas peur toute seule... que sa mère la reprendra... Ah ! Arrête d'être sirupeux Leji ! Ouvre les yeux et contiens-moi tout ce merdier. Je vais survivre. Si je le fais pas pour moi je le fais pour ma fille. Ouais ! Pour lui en coller une à cause de ses conneries ! Elle va voir ce qu'elle va v...

Et moi, qu'est-ce que je suis en train de voir ? Mon aura, ça s'est calmé. Et ces miroirs.... TOUJOURS PAS RÉFLÉCHISSANTS BORDEL DE... Mais c'est quoi à la place de la glace ? De l'eau ? De la vapeur ? Qu'est-ce que c'est que cette m... y'a pas un truc pour que je puisse y toucher ?
Tiens... le débris de miroir là, on égratigne doucement la surface et....

- YAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! HAAAAAAAAAAAAAAAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA ! HAAAAAAAAAAAAA ! ENFIIIIIIIN !

Sur ce débordement de joie intense que Millie attribua au feuilletage du magazine qu'elle lui avait amené cinq jours plus tôt, Lejinoss se laissa choir une fois encore ses miroirs se dématérialisant à cette énième perte de conscience. Pour la première fois depuis le début de son exercice, il s'était évanoui le sourire aux lèvres. Sa matérialisation avait été un échec. Un échec apparemment heureux.
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Lejinoss Taibug
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Mer 3 Avr - 18:25


Millie se faisant plus ou moins gentiment mettre dehors de SA chambre, même si au fond elle où une ou deux autres c'est la même chose. Elle le fait, gardant la tête haute... Ah non , basse, mais dans son cœur elle fait semblant de garder un peu de fierté, même si elle vient de se faire gronder par Papa et réagi à cela comme une enfant. Néanmoins elle sort en prenant avec elle sa bande dessiner et le magasine porno, parce que l'un sert tout de suite et l'autre, ça peut servir plus tard...

Une nouvelle journée d'échecs, d'essais, de déception et pour revenir le ventre et les mains vide. C'est sûr qu'en partant directement perdant au moins on n'est pas déçu. Enfin au moins cela sera peut-être riche en enseignement n'est-ce pas ? Je vous entends rire... Forte de sa nouvelle routine, une fois avoir relu un autre chapitre de son unique livre venant de lointain ? Ailleurs.

"Je sors papa..."

Une routine qui s'est installée et qui n'est pas prête d'enchaîner sur une autre. Elle avait arrêté de tirer des câbles à la cinquième bobine, se rendant compte qu'elle n'aurait pas d'endroit où les vendre, ni moyens de les transporter. Le début de matinée était le temps pour son entraînement au nen, jour après jour maintenant, elle arrivait à soulever des objets de plus en plus lourds. Entendant de temps en temps le cri des lièvres, ce qui ne pouvait que l'aider à s'énerver davantage, déjà par écho à son incapacité et... sérieusement, c'est juste ignoble comme bruit ! Je vous jure, allez vérifiez, vous arrêtez de lire un instant et vous allez chercher ça sur votre navigateur favori. Voilà, cris des lapins de garenne, oui je sais que c'est des lièvres ! Bref, attention à baisser le son surtout si vous avez un casque. Voilà ? Convaincu ? J'espère que oui, sinon vous avez des goûts plus que discutables, mon cher.

Fin de mâtiner, début d'après-midi il est temps de passer aux travaux pratiques. Au fil des heures, des jours, quand elle passait à côté d'une nouvelle bâtisse elle allait en extirper quelques menus matériaux utiles, puisqu'elle n'y arriverait pas à main nue, elle fera comme un bon humain, elle ira armée et pas avec une truelle. Elle avait essayé avec différents degrés de fiasco divers projectile et lanceur de projectiles. Elle arrivait maintenant à les couvrir d'aura quelques secondes, juste assez pour armer, mais pas forcement pour que l'objet survive assez longtemps pour tirer et encore moins droit. Évidemment, si elle avait un poste à souder et des outils ce serait une autre histoire, mais à la guerre comme à la guerre.

Le dernier en date, ressemblait à un ersatz de lance-pierre, trop gros pour être innocent, mais surtout pour être réellement utile ou exploitable. En fait le seul moyen de le rendre un minimum utile était de le mettre entre les mains d'une gamine capricieuse qui allait lui conférer quelques effets particuliers avec son aura. Elle se tenait debout droite, elle pouvait presque sentir sa cape métaphorique derrière elle... Car dans son cœur de jeune fille, un héros à forcement une cape et c'est qu'elle quelle est héroïque d'abord ! Fichu ron... Oui bon on va se permettre cette entorse, l'autre terme est juste atroce à écrire et dire hein ? Donc, ce... Mangeur de carotte ? Prenant dans ses mains son lance-pierre improvisé de très gros calibre, gros comme une valise elle tira sur l'élastique improvisé, ramenant le couvercle cabossée poubelle servant à accueillir le projectile gros comme la main ouverte, en arrière en utilisant la poignée. Encore un peu... Je te vise fiche lap... Lièvre ! Ce dit la jeune fille, encore un peu, elle sent déjà le doux fumée de son repas qui l'appelle et enfin, tchang ! Si ce bruit aurait dû être celui du projectile parti à grande vitesse et a grand renfort d'aura vers sa cible, ce fut surtout l'annonciateur d'un autre échec quand le pseudo-élastique à cassé sans originalité aucune, venant frapper la chasseuse du dimanche.

"La différence entre le bon et le mauvais chasseur, hein ? Bah, c'est juste que je suis mauvaise."

Ratée, elle ne souffle même plus à force, observent au loin ceux qui la mettent encore et toujours en échec. Ils sont tellement habitués à elle qu'il la voit de moins en moins comme une menace, ils se font même des jeux dangereux, à celui qui arriverait à l'approcher le plus proche et repartir ce qui a un effet assez mauvais sur sa santé mentale et son estime de soi. Il y en avait même un, particulièrement courageux, un peu le mâle alpha, un guerrier, on croirait presque lui voir une petite moustache et un casque avec deux petites ailes, il lui a donc mordu le mollet et quand on n'est pas assez réactif et qu'on ne peut pas naturellement se protéger ça fait mal purée !

Les jours s'enchaînent, sans trop de différence sur le résultat, les rares choses qu'elle ramenée de temps à autre provins essentiellement de très rare cache certainement faite par du personnel des chantiers ou simplement oubliée par des visiteurs. Évidemment, cela n'était pas du même acabit que la première découverte, c'était même globalement périmé, rouiller ou déjà manger par les animaux des environs.

"Une conserve avec des petites carottes, je pourrais presque en rire..."

C'est ainsi que déprimé, vaincu, perdant ! Elle rentre, lâche son dernier engin des enfers faits de bric-à-brac qui ressemblait vaguement à une très grosse arbalète, mais au vu des dimensions était plus une baliste ou un scorpion... L'engin de siège pas le... Vous n'êtes pas si idiots pardon. Voilà, donc une arbalète grosse comme un bureau bien massif. Donc, elle est partie vers sa chambre sans se donner la peine de vérifier que la boite est aussi impropre à la consommation que les autres, il suffisait d'un choc, d'un tour pour que l'air passe. Le tout en râlant contre ces vermines de lièvres, même plus faiblement que les autres fois, toujours plus bas.

"Je l'aurai un jour, je l'aurai !"

Inefficace et qui prend cher, Millie désespère... C'est l'enfer ! ♫ Au salon, la sécurité toute relative de son engin de mort avait lâché, heureusement qu'il n'était pas chargé tiens, ce serait dommage d'éclater un autre miroir. Mais pour le moment, elle se contenter le soir de méditer, pour peu que son esprit puisse être assez serin pour le faire, puis dormir à moitié, harceler par des songes, ses rêveries emplies de petits animaux à poils, aux longues oreilles et poussant des cris proprement horribles. À ce jour, pour elle le diable est maintenant un lapin a la fourrure rouge, portant une fourche d'ébène et... Bref, le diable, mais version lapin.

Un autre matin, elle traîne des pieds, sa vision est trouble, ce fut tellement progressif qu'elle n'y fait même plus attention. Elle n'arrive même pas à lire alors elle va directement vers le salon et en tentant de soulever le poids mort qui lui sert d'équipement de chasse de mauvaise qualité, bien que monter avec amour... Oui il y a même des petits cœurs pour lui porter chance et écrit dans une espèce de calligraphie plus ou moins terrible du à sa santé mentale déclinent: |I kill ya, but with love ! ♥️| Elle n'arrive même pas à le soulever, encore moins qu'avant, ni même à se relever en fait maintenant qu'elle est penchée en avant, elle insiste, sa tête tourne... Elle s'effondre au sol, son ventre gronde.

"Désolé papa..."

Vivre d'amour et d'eau fraîche ? Raté, l'inanition, ça ne pardonne pas.

Surenchère.








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Millie Krystal Wayland
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Dim 7 Avr - 12:24
Sa fille quasi-décédée, ses travaux sur les miroirs achevés, c'est un hirsute plus hirsute encore qu'à l'accoutumée qui quitta la chambre qu'il avait occupée de longues journées. Conduit jusqu'à un semblant de folie furieuse dans le cadre d'un exercice de Nen qui en principe n'aurait pas dû nécessiter tant d'efforts, Lejinoss quittait sa demeure. Le maître des lieux partait en chasse.

Ce lièvre avait tué sa fille - plus ou moins en tout cas, il était alors de son devoir de père de la venger. Ça, et les twinkies lui filaient la courante. Varier ses repas relevait à présent de la plus stricte mesure de santé, ses intestins réclamant quelque chose de comestible depuis trop longtemps.

Il partit en quête de sa proie, fier, résolu. Leji renouait avec la nature. Aussi naturel pouvait être un complexe remplis d'appartements vides. Toute forme de végétation aux alentours avait été décimée. Les concepteurs avaient eu dans l'idée d'importer une flore tape-à-l'œil afin d'agrémenter leur petit paradis. Puis le projet avait été avorté dans l'œuf. Subsistaient ces immondices architecturales de cent pieds de haut entourées d'une terre poussiéreuse recouverte ici et là de tas de gravats. Une terre dévastée au milieu de laquelle Lejinoss marchait, seul, le visage impassible, jusqu'à ce que la poussière ne le fasse tousser comme un asthmatique de dix ans. Son petit air classe ainsi compromis - et puisqu'il n'y avait personne pour le voir faire son kéké, le Hunter orangé renoua avec ses vieilles habitudes à enfoncer ses mains dans les poches et à marcher légèrement voûté.

Au départ, s'improviser Justicier dans la ville avait conforté son assurance au point de se sentir invincible. Mais à se perdre des heures durant dans la ville déserte, Leji en vînt à se demander si les lièvres n'avaient pas migré vers des terres plus favorables. Ou même s'ils avaient existé. Il en était arrivé à un point où il doutait en premier lieu de l'existence même des lièvres. Plancher sans arrêt sur un miroir ne lui avait pas fait beaucoup de bien au mental.
Cependant, le réel se chargea de lui rappeler que l'animal était on ne peut plus vrai quand, situé à quatre-vingts-dix degrés sur sa droite, une masse s'agita. Tournant légèrement la tête, Lejinoss savait qu'il tenait son moment. L'animal était là, à grignoter on ne sait quoi, prêt à la confrontation, le duel imminent.

- L'eusses-tu cru que je fus là, Pin ?

Se remémorant une dictée particulièrement retors, l'hirsute n'avait rien trouvé de mieux à dire pour entamer les hostilités. Ses capacités psychiques avaient été lourdement éprouvées suite à son entraînement minable.

- Tu vas mourir enc...

Et le lièvre décéda effectivement. Pour le coup, son adversaire ne sut trop quoi dire. Ce n'était certainement pas son charisme naturel ou l'intensité de son aura qui avait eu raison de l'animal mais une décharge électrique foudroyante. Mâchouiller les câbles qui traînaient ne pardonnait généralement pas. Non seulement son lièvre était mort, mais il cuisait naturellement alors que sa fourrure avait pris feu.

- Je suppose que ça le fait aussi, mais j'avais autre chose en tête...

Quelques heures d'errance plus tard, car il tenait absolument à sa confrontation au sommet, Leji retrouva un autre adversaire. Quelque peu frustré d'avoir marché à se maculer les pieds d'ampoules, il le fut d'autant plus en découvrant que la bête tant recherchée avait élu domicile dans le jardin de sa demeure. Peut-être venait-il achever Millie. Ou peut-être était-il sur place car il n'y avait de pelouse nulle part ailleurs à des kilomètres à la ronde.

- Seven Years Gone !

Enfin prêt au combat final, l'hirsute eut tant aimé pouvoir matérialiser son nouveau Hatsu instantanément. Cela lui prit une minute entière. L'adversaire n'eut-il pas été un léporidé inoffensif que Lejinoss eut été assassiné cent fois d'ici à ce qu'il concrétise sa matérialisation.
Encore ce miroir. Sans doute l'avait-il obsédé au point d'être une partie de lui-même. Tout était pourtant parti d'un bête exercice d'entraînement. Un défi lancé à soi-même. Et il en avait fait un Hatsu. Qu'espérait-il ? Éventrer l'animal avec un morceau de glace brisé ? De glace, son miroir n'en avait toujours pas. Toujours cette surface curieuse, à mi-chemin entre le liquide opaque et la brume légère. Un rien d'inquiétant. Suffisamment en tout cas pour dégager une aura laissant entendre qu'il ne s'agissait pas d'un bête miroir.
Tel un scientifique qui aurait inventé le LSD en cherchant à concevoir de l'aspirine, Lejinoss avait commis une erreur heureuse en s'entraînant. Statistiquement, l'une d'elles était vouée à lui être favorable un jour même si les chances étaient de une contre un million.
Alors l'hirsute posa sa nouvelle création sur le sol et y déposa le dernier twinkie à côté. Quel que fut le pouvoir de ce pouvoir insoupçonné, ça ne devait pas être foncièrement impressionnant pour qu'il s'en sépare avant de retourner à la maison.

- Millie ! Lève-toi ! J'ai un truc à te montrer.

Elle était à l'article de la mort mais cela ne l'empêcha pas de la tirer du lit. Elle observa alors en cuisine une marmite par-dessus laquelle un autre miroir identique au précédent avant été posé, celle fois, à l'envers.

- Regarde !

Pensant à juste titre que son père était fou à lier, elle ne fit pas de geste brusque pour ne pas le contrarier.

- D'une minute à l'autre...

En un sens, une partie de lui s'était désintégrée suite à son entraînement. Une nuit de sommeil d'au moins vingt heures s'imposait.

- Bientôôôôt....

Encore plus mal rasé que d'habitude, les cheveux gras, il passait un peu plus pour ce qu'il était : un lunatique nevrosé.

- Sous peuuuuuuu....

Son insistance avait de quoi faire peur. Sa fille devait se réjouir quelque part. Dingue comme était devenu le père Leji, il la tuerait sans doute pour une raison stupide avant qu'elle n'ait le temps de mourir de faim.
Et pourtant, elle aurait le ventre plein sous peu car la marmite s'agita sans crier gare, les faisant aussi bien sursauter l'un que l'autre. Quelque chose était entré dans la marmite pourtant recouverte du miroir. Quelque chose de vivant qui s'agitait et se débattait dans le récipient qui le cuirait sous peu.

- Alors ! Impressionnant, non ?!

Il avait des yeux de dingue mais de bonnes raisons de se réjouir. Car quel que fut le pouvoir de son Hatsu, il avait fait apparaître un lièvre dans la marmite, l'animal se dévoilant à eux lorsqu'il retira le miroir du dessus du récipient.

- Fais-moi cuire ça fissa, les affaires reprennent.

Un battement d'aile de papillon pouvait provoquer un ouragan à l'autre bout du monde ; un excès d'enthousiasme de la part de Lejinoss Taibug était présage de malheurs plus conséquents encore pour ceux qui auraient à supporter son existence.
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Lejinoss Taibug
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Très fier de ses exploits, Millie ne lui rendait pas vraiment son enthousiasme, trop occuper à ne pas sombrer de nouveau dans l'inconscience, étant plus proche des portes de la mort que... Non en fait, elle avait déjà trop approché de la mort de diverse manière depuis qu'elle ait avec son père, c'est fou. Ainsi, pas si énergique, elle fit ce qu'il lui demandait, puis quand l'animal ou un de ses frères l'ayant fait tournés en bourrique depuis des jours fut piégé, c'est avec détermination qu'elle l'attrapa d'une main par les oreilles, de l'autre par le cou alors qu'il la suppliait du regard, sentant sa fin approcher.

"Tu as pitié pour les légumes que tu manges ?"

Elle lui rend le regard froid avant de lui tordre le cou sans autre forme de procès. Même sans son état actuel elle l'aurait fait et elle n'est pas plus dégoûtée par ce qui allait suivre. Son père... L'autre, quoiqu'il ne l'était pas plus génétiquement que... Bref ! Celui qui l'a élevée, étant piégé dans une vie passée, dans celui d'un nom ayant perdu sa dorure et sa notoriété était bien évidemment adepte de la chasse. En plus de travailler pour lui, faire les tâches domestiques pour le peu de la demeure encore debout, devinez qui devait s'occuper de vider les rares gibiers que monsieur ramené ? Gagné. Sans être le plus fin cordon bleu possible, elle pouvait au moins rendre des ingrédients de base mangeable, cela aurait pu être bon avec autre chose que de la viande et éventuellement des épices, mais là, il ne faut pas trop en demander.

Proprement vidée, puis cuit, ce serait un apport à son corps... Il avait fallu une paire de fois que Lejinoss la réveille plus ou moins brutalement dans le processus, elle sombrait peu à peu et seul l'appel de Morphée et d'Hadès dans un doux duo, un binôme de chanteur divin à s'en rouler par terre.

Une fois cuite, elle se jeta sur sa part de la nourriture sans même en apprécier un instant le goût, cela aurait pu être toxique ou dégueulasse, a son stade de faim elle ne pouvait pas se permettre d'être regardante et au final, cela n'avait été certainement que fade. Le chasseur du jour saura certainement plus dire à quel point c'était ou non catastrophique. En tout cas, retrouvant juste assez d'énergie pour réfléchir, elle regardait son partenaire dans les yeux.

"Sérieusement, on ne peut pas continuer comme ça..."

Sur le papier, cela ressemblait à un fait ou un ordre, mais avec les yeux suppliants et la voix faible, c'était bel et bien une supplique. Bon cela ne fonctionnera pas plus qu'avec ses maux de pieds, mais elle devait le faire. Puis tout de même, elle se plaça à côté de lui, lui décocha un bisou sur la joue et dit aussi joyeuse que permis par son état.

"Félicitation, je n'ai pas tout compris, mais c'est impressionnant."

Pour le moment elle se doutait que cela ne fabriquait pas des rongeurs ou d'autre truc. Elle se disait donc qu'il devait être apparu ici, par contre comment et pourquoi, mise à part que le miroir est certainement une partie du processus c'est tout ce qu'elle pouvait dire. De son côté, elle concentra son aura, pour le peux qu'elle a récupéré et commença à soulever le gros machin arbalète truc plus ou moins décrépi qu'elle avait bricolée plus que fabriquée, puis le posa avant de finir au sol, car à court d'aura...

"Je peux porter des gros trucs et les rendre plus solides et efficaces... Oui bon c'est pas super original, mais moi je débute... J'y ai pensé en lisant une bande dessiner, si je peux porter des armes puissantes, même une personne du renforcement ne pourra pas y résister éternellement, n'est-ce pas ? Je crois..."

Juggernaut, le nom était presque plus banals et convenus que la capacité elle-même, comme si un concours s'était lancé entre son imagination et sa cuisine pour désigner qui des deux auraient le moins de saveur.

En tout cas, maintenant qu'elle avait pu connaître ce que ressent une personne prise par la famine , elle comprenait mieux que jamais comment des personnes pouvais s'abaisser à bien des choses pour y échapper, elle aussi aurait étranglé ou laissé le premier venu lui faire des choses si cela pouvait la soulager de la douleur, de la souffrance. Il n'était d'ailleurs pas question que ça recommence, et ce même si elle devait quitter Lejinoss, elle l'aimait, mais pas au point de se laisser mourir.

D'ailleurs, même si elle avait essayée de changer de sujet pour essayer d'ignorer son estomac la rappelant à l'ordre, cela ne fut pas efficace longtemps.

"Honette ou non, dégradante s'il le faut, je vais aller me trouver une source de revenus, plus jamais je ne me laisse retomber dans cet état... "

Bon après, la question est de savoir si elle arriverait jusqu'à une ville dans son état, avec sa grosse valise et avec des ressources plus que limités.

"Par contre, je ne vendrais pas mes affaires... "

Ouais bon, la leçon n'était pas non plus totalement apprise. En tout cas, elle observa un instant sa création et décida que ce ne serait pas raisonnable de l'emporter, en même temps elle ne pouvait la porter moins d'une dizaine de minutes d'affilée par jour donc bon. Ne sachant pas dans quelle direction aller, elle trouva la sagesse dans un vieux dessin animé.

"Guide-moi. "

Elle prit un couteau, le mit sur une pierre et le fit tourner... Après une demi-douzaine de ratages, elle réussit à avoir une direction. Décidément, c'est toujours plus simple à la télévision.

"J'ai faim... "

Lapin, lapin, vilain galopin.








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Millie Krystal Wayland
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