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Sauvez Billy ! [Aaron & Iuri]

 :: Univers RP :: Îles :: Île de la Baleine
Jeu 28 Mar - 18:58
- Et pourquoi v’venez sur l’île, l’continental ?
- Mon ancêtre favori, Sokobanja, m’a toujours dit que les baleines étaient des animaux mystiques, je me suis dit que c’était ma première étape. Pour vérifier un peu ses dires .
- C’est que...y’a pas t’jours d’la baleine de compèt’ qui passe par ici, v’savez.
- Ah bwon ? Meeeeeeeeeeeerde !
- Bon, maint’nant qu’vous êtes arrivé, vous pouvez rester à pioncher chez une de mes amies ! Vous demandez Dame Carillon sur le quai du port !
- Merci brave marin ! Tu sens la tripe de poissons mais tu es bien brave !
- Heuuuu...pas d’quoi.


Meeeeeeeeerde, je croyais que j’allais trouver des clans de baleines moi, avec ce que m’a dit mon ancêtre Soko. Je savais qu’il était un peu foufou, mais au point de se planter comme ça, je suis surpris. Enfin je suppose que depuis sa mort les choses ont dû changer, c’est toujours pareil avec mes ancêtres, ils parlent d’évènements ou de gens qui sont oubliés et enterrés, dans le sol et dans les mémoires de ce monde. A croire que je deviens porteur de traces, ou historien, je ne sais pas trop. Fort heureusement, la mer est calme quand on arrive en vue de l’île de la Baleine, qui ressemble tout simplement à un cétacé mal dessiné. La nature fait toujours bien les choses, et effectivement l’île porte bien son nom. Le jour décline doucement, dans une chaleur tendre et incroyablement orangé, un sacré spectacle pour moi qui ne connais finalement que la forêt et ses variations colorées dans les feuillages et sur l’humus frais. Je repense à l’homme que j’ai laissé sur le quai il y a quelques heures, notre rencontre, ce que nous avons vécu tous les deux...je le retrouverai je le sais. L’île de la Baleine n’est qu’une étape pour me remettre de mes émotions. La vache, c’est beau comme endroit, si je n’avais pas mon clan j’installerais bien une baraque en bois dans les hauteurs, pour ne vivre qu’entre arbre et vague, entre ciel et eau.


Je pose le pied sur le quai, enfin. On est en fin de journée, la traversée fut éprouvante et j’ai besoin de me reposer. Madame Carillon, hein ? Noté l’ami. Je le salue et je m’incline devant lui, je lui laisse un onguent pour soigner ses mains sèches et rugueuses, il m’a dit dans la journée que sa petite femme l’engueulait et refusait parfois qu’il la touche, quand il avait trop tiré sur la corde ou sur les filets. Compréhensible, ces braves gens ne comptent pas leur énergie, jamais, tant qu’il y a du travail à faire et ça me plaît assez, ça rejoint l’esprit Kaïdan. On peut donner de sa personne jusqu’à l’épuisement, si ça permet d’avancer et de se perfectionner, d’être plus performant, au nom du Clan. J’aimais bien ce marin, j’espère que rien ne lui arrivera en mer. Je pousse la porte de ladite Dame Carillon, et assez vite l’hôtesse me donne chambre, baignoire presque peu sale, lit chaud, thé et repas servi dans trente minutes sur sa terrasse qui surplombe le petit port de pêche de l’île. Accueillante au possible, je sens que je vais être bien ici.


Le repas est servi, et je déguste. Dans le bon sens du terme. Je déguste une soupe de poissons qui ont mariné à la perfection, de la langoustine, du rouget, de la raie, un peu de thon je crois. En entrée des lamelles de saumon dont la graisse et la chair ont été parfaitement dosées, donc choisies pour cette raison par la cuisinière. Du pain toasté avec des olives accueille des harengs et de petites sardines...alors ça fait beaucoup de poissons pour un seul repas, ma gorge demande une fontaine d’eau pour digérer tout ce sel, mais ça vaut totalement le coup, déjà par le cadre. Je n’ai pas encore dit à Dame Carillon que je n’avais pas beaucoup d’argent, mais je compte faire des consultations gratuites pour me faire pardonner…et si j’ai bien compris une poignée de personnes se trouve malade actuellement sur l’île, j’irai faire des visites en échange de bons services ou de trocs sans prétention. C’est comme ça que je conçois mon travail.


Le soir tombe, la bleuité du ciel atteint la mer pour que les deux se confondent une fois le soleil couché. Une crème au caramel flambé de la cuisinière me régale et j’avoue que je ne sais pas trop s’il me reste de la place pour une glace maison à la mangue qu’elle me propose généralement. J’accepte de bon cœur, tandis qu’un tambour fait irruption dans l’ambiance sonore des lieux. Un type joue sur le quai, face à la mer. Je ne sais pas trop quel type d’instrument il s’agit, mais c’est terriblement énervant, crispant et angoissant, à un point qu’il faudrait un nouveau mot pour précisément indiquer le niveau de tension dans lequel ça me plonge. Surtout qu’il ne s’arrête pas, enfin sauf quand il se trompe, donc toutes les vingt secondes à peu près. Je comprends qu’il s’agit d’un jambé et non d’un tambour, ce qui est presque pire. Personne n’ose dire à un joueur de jambé qu’il emmerde le monde, alors que le tambour ne présente aucune dignité, donc aucune forme de respect.


Sur les nerfs je décide d’aller à la rencontre du sinistre joueur qui empoisonne la vie de tout le monde. Quoi ? Il devrait pourtant voir les gens à leurs fenêtres, à leurs portes, ou en promenade sur le quai. Il dérange tout le monde et personne n’ose intervenir, ça vaaaaaa...Je marche d’un bon pas, ballotté par la nourriture de ma logeuse, et je m’approche assez pour lui asséner d’une voix sèche :


- Dis donc vous, j’crois que vous avez assez répété pour ce soir non ? C’est pas tant que vous dérangez tout le monde, c’est surtout qu’à force je pense que quelqu’un va vouloir vous tuer. Vous savez bien, on connaît tous quelqu’un qui nous donne des envies de meurtre, oui ? J’veux dire...prenez un gars...bon, un peu comme vous, mais là c’est pour l’exemple hein. Ce gars il dit toujours « bonne année-lumière » au nouvel an, ou encore « Noyeux Joël ». Lui, vous avez envie de le tuer, vous aussi ? Oui voilà, donc en ce moment, ce mec là, c’est vous. J’vous jure qu’on va vous tuer si vous continuer de taper comme un crétin sur votre peau de hippie de...non mais je suis très calme, c’est juste que vous ne savez pas jouer et que ça énerve tout le monde ici. Même les poissons, regardez vous avez tué un banc de poissons !


Un banc entier, je ne déconne pas. Une centaine de poissons flotte dans le port, éloigné des bateaux. Dans un premier temps, je me dis que c’est sans doute un bateau qui a jeté ça dans l’eau, mais je remarque un truc vraiment particulier sur certains poissons…
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Iuri Kaïdan
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Jeu 28 Mar - 23:22
L'aventure, la découverte, le voyage ! Voilà quelque chose qui motivait fortement notre ami Aaron. Il n'avait encore jamais quitté son île mais il comptait bien mettre fin à cette réalité. Bon, est ce qu'on peut réellement parler d'île quand on parle des Nations du Bezerose. Son avis sur la question est que tout est une question de point de vue. Pas très scientifiquement correct comme point de vue par ce que sur le plan géologique il y a bien une énorme différence entre une île et un continent. Vous noterez cependant qu'il s'en moque certainement à peu près autant que vous de ces questions. Notre jeune homme se déplaçait d'un pas motivé et déterminé, sac de voyage porté négligemment sur le dos, sourire béat accroché au visage alors qu'il progressait d'un pas plutôt vif sur le quai du port de Meltre. Les embruns venaient chatouiller ses narines portant jusqu'à elles l'odeur iodée de l’océan qu'il aimait tant. Aaron semblait vraiment heureux, plus que d'habitude en tout cas. Il colporte toujours avec lui son espèce d'attitude béate, distribuant passivement un peu de sa joie de vivre à quiconque voulait bien l'accueillir. Mais là, il y avait quelque chose en plus. Et cette chose, c'était la légèreté d'un homme qui se sent porté par les vents de l'aventure. Aujourd'hui, c'est la première fois qu'il quitte Bezerose. Il s'est arrangé avec le capitaine d'un navire pour entrer sous son commandement en échange de la gratuité de la traversée. « Ta destination sera la mienne » avait annoncé Aaron au capitaine suivi d'un large sourire. Il lui répondit que ce serait l'île de la baleine.


Le hippie embarqua à bord du bateau. Que dis-je ? Bâtiment ! Terme nautique oblige ! Il fredonnait un petit air tout en montant à bord alors qu'il était accueilli par le maître d’équipage qui le présentait aux autres marins. Une belle équipe si vous voulez l'avis d'un Hippie. Pas un homme se ressemblait et chacun portait sur sa gueule le poids d'une vie de travail mais aussi d'expéditions. On sentait qu'ils avaient vu de nombreux ports, de nombreuses nations. Il se disait alors que marin, c'est une profession qu'il aimerait. On peut faire bien des choses sur un navire. Ici, il serait commis de cuisine étant donné que le précédent avait quitté l'équipage pour rejoindre sa femme qui n'en pouvait plus de ses absences. « Ainsi va la vie. » commenta intérieurement Aaron alors qu'il visitait le bâtiment. Un joyeux trois mâts fin comme un oiseau. Un oiseau motorisé et qui était chargé de transport de denrées commerciales vers l'île de la baleine qui ne pouvait qu'assez difficilement être autosuffisante sur certaines ressources, perdue au beau milieu des mers.


Aaron prit ses quartiers auprès du reste de l'équipage. La vie en collectif ne le dérangeait pas, au contraire même. Ils restèrent trois jours et deux nuits amarrés au port en attendant d'avoir chargé toute la cargaison pour l'île. Ce temps ne fut pas perdu car Aaron put tisser des liens avec les autres marins, chose toujours utile dans un voyage en mer. Dans un tout premier temps, ça ne se passait pas très bien étant donné qu'ils le prirent pour un gros arriviste mais i montra assez vite que malgré ses airs de babacool, il savait et aimait travailler. Le hippie n'est pas oisif. Son air constament heureux leur semblait également un peu une agression. Cette façon qu'il a d'imposer sa joie de vivre leur semblait quelque peu... intrusive mais il s'adapta assez vite en essayant d'être moins... lui-même.


La traversée se déroula dans le plus grand des calmes. La mer était douce et belle ! Dire qu’elle était lisse comme la peau d'un bébé et plate comme un billard serait un peu exagérée mais vous saisissez l'idée. Aaron fut heureux de pouvoir apprendre les rudiments de la navigation et la gestion de cordages par exemple auprès des autres marins. Il se plaisait aussi durant les quelques jours de la traversée à essayer de mettre de l'ambiance. Héritage certain de son passif d'animateur de groupes de vacances scolaire. Il se disait qu'il aurait peut-être dû quitter Bezerose avant car l'expérience lui semblait plutôt positive. Peut-être était-ce l'avidité de la découverte ? Peut-être se sentait-il dans le besoin d'avoir visité la quasi-totalité du continent pour se sentir prêt à passer à autre chose ? Il se posait lui-même la question. Il se demandait également ce qu'il pouvait bien chercher sur cette île. Il ne le savait pas et s'en moquait. En attendant, il profitait de l'instant présent et de ce qu'il lui apportait. « Carpe Diem ! »


Arrivé sur l'île, il aide les marins à décharger leur marchandise puis décide de descendre à quai pour visiter cette fameuse île aux allures de cétacé. Il s'est retenu de faire des blagues pas très drôles à propos de ce mot soit dit en passant. Oui, j'accuse ! C'est une île charmante, sauvage et très rurale. La vie lui semblait douce ici. Il se voyait bien y finir ses vieux jours. L'idée sur le moment l'angoissa un peu car il ne se voyait pas un instant se « poser » un jour. Ses parents pensaient encore qu'il allait se poser comme eux. La dernière fois qu'il leur a parlé, ils ne semblaient pas avoir perdu espoir et lui tenaient des discours comme quoi des « profils » comme le sien restaient toujours intéressants car hétéroclites et étaient appréciés. Une façon de voir les choses qu'il prenait un peu pour une insulte soit dit en passant. Puis ils sous-entendaient que le jour où il se trouvera une petite femme, ça changerait sa vision des choses. Mais pourquoi choisir une femme alors qu'en vivant sa vie actuelle, il peut les aimes toutes ? L'esprit borné et fermé de ses parents le frustrait autant qu'il l'amusait à vrai dire.


Le navire devait rester à quai durant deux jours le temps de faire le plein de provision et de marchandises locales à vendre, essentiellement des conserves de poisson, sur le continent. Aaron se demandait s'il valait mieux pour lui poursuivre sa route auprès des marins, le capitaine lui assurant qu'il pouvait rester car il avait fait « du bon boulot pour un marin d'eau douce » ou s'il vallait mieux qu'il reste sur l'île et prenne un autre bateau pour la quitter. Il s'était un peu attaché à ses collègues marins et ne se sentait pas de les quitter tout de suite mais en même temps, il n'aimait pas sentir son rythme imposé par des obligations. Il préférait ne pas répondre à cette question de suite et ne pas se tourmenter afin de ne pas se gâcher la visite. Se montrant curieux, il demandait aux habitants de l'île ce qu'il y avait à faire ici. Rien de sensationnel, ce n'est pas une île touristique. Ça tombe bien, Aaron n'est pas un touriste. Il se contentera de rencontres et de goûter à la vie locale.


Il passa ainsi sa journée à traîner à essayer de voir ce qu'il pourrait faire de sa seconde journée, à parler avec des gens de tout et de rien. Il s'était par exemple entiché d'une petite vieille qui lui racontait des tas d'histoires sur la vie à son époque. Elle était assez cotent de trouver une oreille attentive parmi les étrangers. Aaron était gourmand de ce genre d'histoires. Il faut profiter de la sagesse des anciens. Ils ont souvent beaucoup à dire... Plutôt que de les infantiliser en les laissant dans des mouroirs. « un ancien qui meurt c'est une bibliothèque qui brûle ». D'ailleurs, les enfants aussi sont trop peu écoutés alors que leur parole est parfois beaucoup plus intéressante que celle d'adultes.


Alors que le jour déclinait et que les rayons orangés du soleil couchant dardait de ses derniers rayons contre les flots apaisés du littoral scintillants d'un millier de reflets opalescents et que la nuit venait peu à peu recouvrir le ciel de son sombre voile de quiétude, Aaron marchait calmement le long des quais en quête d'un endroit où se restaurer, de préférence chez l'habitant. Quoiqu'un restaurant ici ne lui déplairait pas car ces derniers semblaient garder un aspect traditionnel et authentique qu'il recherchait. Il parcourait le long des quais baladant son regard tout autour de lui se régalant de la splendeur de cette petite île en progressant de sa démarche lente. Il assiste alors à une agression en règle. Un musicien visiblement amateur vu la façon très maladroite qu'il avait de martyriser la peau du jambé était en train de se faire assez sévèrement reprendre par un homme qui semblait incommodé par le bruit qu'il faisait. Oui bruit par ce que là vraiment c'est pas de la musique. Aaron Richards en bienheureux pacificateur bien pensant se disait qu'il ne pouvait qu'intervenir dans une telle situation ? Bah oui enfin ! Je vois pas pourquoi ça tournerait mal. Hahahahaha... C’est un rire sarcastique !


- Holà l'ami !


Ok ça commence mal comme approche. Il arriva au milieu des deux hommes comme un chien dans un jeu de quilles et s'imposa un peu de sa stature imposante. Il adressa un grand sourire aux deux hommes qui semblaient tout aussi étranger à cette île que lui. Il sortit ses mains de ses poches pour en poser une sur l'épaule de l'effroyable agresseur, je parle du joueur de Jambé par ce qu'à ce niveau c'est une agression oui ! Son autre main commença à en faire de même avec l'autre homme. Son geste était complètement rodé comme un truc complètement surfait de pacification. Mais t'es qui lui pour intervenir dans les embrouilles des gens ?! Il se tourna vers l'homme pâle aux étranges marques dessinées sur le visage et à l'accoutrement vagabond exotique pour son regard de Bezerosien.


- Je serais toi, je n'accablerais pas ce pauvre homme de tant de haine. Il ne fait qu'apprendre et ce n'est pas en le chargeant ainsi de tes ondes négatives qu'il s'améliorera. L'apprentissage est pavé de difficultés. Quant à toi l'ami, j'irais pratiques de ce noble instrument un peu plus loin pour éviter d'incommoder les paisibles passants et riverains. Oh tiens et si j'étais toi je jouerais plutôt comme ça... Tu permet ?


Bien sûr qu'il te permet... En fait nan pas particulièrement mais toi sale hippie de merde qui te crois tout permis du moment que t'es sympa avec les gens tu te permet tout seul. Il s'empare de l'instrument, se positionne dessus en le chevauchant en entamant une petite mélodie rythmique, hochant la tête au rythme qu'il imposait de ses battements sur l’instrument. C'était tout de suite plus harmonieux et sympa... si tant est qu'on aime ce genre de musique et d'instrument. Bref, y a peu de chance qu'on aime mais il faut reconnaître que c'était techniquement plus abouti. En même temps il se tournait vers l'homme qu'il venait de déloger de son sa place de joueur. Il lui donnait des conseils en même temps. Il lui donnait en gros un cours de Jambé. Mais d'où il sait jouer de ça ? Ah bah c'est simple ! C'est un hippie forcément qu'il sait jouer de cette merde ! Ça fait toujours son petit effet de savoir grattouiller de la guitare ou jouer des percutions pour détendre l'atmosphère, autour d'un feu sur une plage, pour draguer ou pour animer une colonie de vacances. Sans être un prodige ou ^particulièrement bon, on pouvait dire qu'il savait un peu jouer.


- Tu vois... tu n'as pas besoin de frapper aussi fort pour que le son soit intense... Il faut être doux, tout est dans le placement de la main. Ensuite tu peux varier les sonorités en jouant dessus comme ça...
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Aaron Richards
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Lun 1 Avr - 18:59
Une main sur l’épaule, un contact réel et concret, cela me fait bondir ! Déjà parce que je n’étais pas préparé et ensuite parce que je n’aime pas particulièrement ça ! Quand il s’agissait de Narita, ça passait encore, mais tout autre étranger n’a pas à mettre sa main sur moi ! Par principe ! Je n’aime pas ça parce qu’après avoir grandi et vécu avec des fantômes qui vous racontent la vie, et surtout les leurs, j’ai toujours l’habitude de l’immatériel, d’être le seul vivant parmi des ancêtres intouchables, impalpables, et parfois encore incontinents tout en étant bien sûr des fantômes ! Vous avez l’image, non parce que sinon je reprends depuis le début ! Bref, un type met la main sur moi et je pousse un petit cri de femme fragile en reculant d’un bond. Le gars qui apparaît semble plutôt sympa, quoiqu’il sent pas non plus la rose. Je ne sais pas si ça vient de ses poils, ou du fait qu’il ressemble vaguement à un clochard, mais je me sens agressé par le bruit et l’odeur, cette fois.


Le nouveau venu me parle d’ondes négatives et de ne pas accabler le joueur de jambé. J’ai pourtant été assez gentil, je l’assure...je lui ai jamais expliqué ce qui allait se passer s’il continuait sa musique de dégénéré. Je sais, je sais...j’ai été éduqué au shamisen et au koto traditionnels, voire même à quelques heures d’erhu, mais c’est pas du tout la même chose, c’est de la vraie musique ! Tout le reste n’est pas forcément du fumier, mais ça n’est pas de la musique à proprement parler, c’est tout ce que je dis, et tous mes ancêtres sont d’accord moi. Enfin je pense. Non, j’en suis sûr, y’avait trop d’ancêtres à la maison qui écoutaient notre musique favorite, enfin celle que mon clan tolère, ils avaient forcément raison. Enfin je crois. Le nouveau venu commence à parler et à donner des conseils, et je rumine ma colère, les oreilles encore chaudes d’entendre des inepties sans aucune harmonie ni accord subtil. Ensuite il s’empare de l’instrument et joue à son tour en donnant des conseils et en montrant comment cette création du Malin doit se manier. Impressionnant, ses percussions sont nettement plus convaincantes et en effet, je comprends mieux le sens que doit avoir la musique sur cet instrument. Les rythmes s’enchaînent, varient puissamment et gardent l’intensité du tambour tout en se modifiant en dégradé rythmique maîtrisé comme il faut. J’y connais pas grand-chose mais après tout, ça s’entend !


Avec ça des gens commencent à s’approcher et un petit cercle se forme. On ramène des bières, des chips, certains ont des sandwichs de poisson et des curieux qui vivotaient sur la plage arrivent à leur tour, pour former un petit public. Un homme sort de chez lui et arrive en courant avec une guitare, une femme et son fils apparaissent avec des cuivres, puis un punk à chien sans chien déboule d’un buisson avec un tam-tam plus grand, tatoué et bardé de nombreux colliers. C’est un véritable bœuf qui a lieu et le nouveau venu que je prenais pour un malotru se trouve être celui qui dirige l’orchestre sans tout à fait calculer les musiciens autour...c’est pourtant réellement impressionnant ! Le groupe tout juste formé enchaîne les improvisations et leur musique finit par m’emmener, me faire voyager. Je regarde l’océan et je pense à ma famille, à mon clan, à mes ancêtres, à mes parents, à mon frère, à Narita...la liste est longue mais je me rends compte que je n’aime qu’une poignée de personnes, en réalité. Cet homme là, avec son tambour, il a l’air d’aimer tous les gens qui viennent à lui ; il respire la bienveillance et ne semble absolument pas miné par des mauvaises pensées. C’est peut-être une force qu’il faut apprendre à déployer, la bonté envers autrui ? Je ne sais pas, on ne m’a jamais formé à ça. En tout cas, quelques femmes et un homme torse nu et en short de bain viennent danser et je les rejoins, je me laisse porter par les rythmes et les mélodies qui s’enchaînent. Le cadre est idyllique, j’en profite à fond. Je sais que mon maquillage fait peur d’habitude, mais dans la nuit, avec ces musiciens, je passe pour un original, enfin, et les gens finissent par aimer ça, quand la nuit s’enfonce dans les crânes et que chacun lutte comme il l’entend contre le sommeil. Entre deux morceaux je vais voir le joueur de jambé qui assure depuis tout à l’heure.


- Re-bonjour, merci pour ce moment, comme on dit ! Je ne me suis pas autant amusé depuis...bah depuis toujours en fait ! Regarde, tu a vu, je suis super positif. C’est bien ou pas ?


Je ne suis pas très sûr si c'est une bonne chose ou pas, mais j'espère qu'il m'encouragera. Je sens chez lui un truc, quelque chose qui me fait dire que je pourrais apprendre énormément à ses côtés ! C'est comme un pressentiment, et même le Bakeneko ne craint pas cet homme, je le sens ronronner dans mon for intérieur, et je reste poli bien sûr.
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Iuri Kaïdan
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Lun 1 Avr - 20:10
Aaron Richards n'est pas du tout un grand musicien. Disons qu'un véritable mélomane dira sans soucis qu'il fait des fautes d'accord ou des erreurs de rythme ou que la mélodie n'est pas bonne, que la rythmique sur un temps majeur doit être plus puissante s'il adopte une métrique en 4-8 comme il semble le faire instinctivement. Mais disons qu'il ne se revendique pas du tout ainsi. Disons qu'il aime juste la musique et que cet amour s'applique à sa pratique. Il n'est pas particulièrement bon mais comme beaucoup de chose, la pratique de la musique en public n'est qu'une question de confiance ou plutôt d'acceptation de soi. Si tu accepte ce que tu es, que tu accepte ton niveau pour ce qu'il est et que tu n'as pas peur de l'échec, de la fausse note, il n'y a pas de problème et le trac disparaît. Et c'est ainsi que Aaron accueillit avec un large sourire la foule qui commença à se former autour de lui.


- Oulah ! J'suis pas certain de pouvoir gérer ça ! Hahaha ! Bon... on va essayer tout de même ! Allez ! 


Il annonça cela, large sourire accroché à ses lèvres alors qu'un guitariste s'approchait pour le rejoindre dans un bœuf complètement improvisé, suivi de joueurs et joueuses de cuivres. C’est une véritable kermesse musicale qui s'improvise sur les quais du petit port de plaisance de l'île de la baleine, les riverains s'amenant à manger et à boire dans une ambiance de partage et d'allégresse. Les gens dansaient alors que l'orchestre tout juste formé tentait de s'accorder sur des rythmes plus ou moins avec succès. Aaron gérait pas trop mal son truc étant donné qu'improviser, c'est un peu la seule chose qu'il sait faire. C'est d'autant plus simple avec des percussions dirait-il par ce qu'il n'y a rien de plus proche du corps. Les percussions, c'est la rythmique du corps, la pulsation de la vie qui raisonne dans la musique, c'est le battement de ton cœur qui résonne dans chaque coup de la main porté sur la peau du jambé. Il adresse de grands sourires tout autour de lui alors que la sueur perlait de plus en plus sur son visage. L'air devenait plus doux alors que le soleil disparaissait sous les flots de la mer apaisée mais la chaleur humaine était bien là, sans parler des efforts qu'il mettait sur son instrument, qui n'était pas le sien soit dit en passant. Mais il gardait le sourire, les yeux plissés de joie voire clos alors qu'il se concentrait sur l'instant. Il profitait de l'instant présent comme si c'était le dernier car comme il lui avait dit quelqu'un un jour : « Vivre ensemble au jour le jour sans penser au lendemain. C'est la seule façon d'être heureux. » et là, il ressentait vraiment cette réalité. Il se sentait vivre avec cette petite communauté. Ils ne vivaient pas ensemble lui et eux au quotidien mais là tout de suite, à l'instant présent, c'était le cas et ça, ça le transportait.


Au terme d'une soirée de jeu, il rendit son instrument à l'apprenti joueur de jambé et remercia les autres musiciens d'une accolade chaleureuse. Aaron n'est pas une personne qui s’embarrasse ou trouve un quelconque tabou dans le contact physique. Alors qu'il reprenait un peu son souffle pour se remettre de toutes ces émotions, positives évidemment, alors qu'il se demandait où il allait bien pouvoir passer la nuit se demandant s'il allait se chercher un lit confortable dans une auberge ou s'il n'allait pas dormir sur le navire sur lequel il était arrivé. Dormir à la belle étoile pour profiter du ciel entièrement dévoilé de la sauvage île de la Baleine lui semblait également un bon plan. Il se fit aborder par l'homme au maquillage qu'il avait repris tout à l'heure. Il le regarda avec un grand sourire se souvenant l'avoir vu au côté de tous les autres habitants de l'île en train de profiter de l'instant. Aaron s'esclaffa alors de joie.


- Hahahaha ! Mais c'est génial ça ! Je suis content que tu te sois éclaté toi aussi ! Ça ! Ça c'est une attitude positive ! J'en attendais pas moins !


Il dit cela en tentant d'envoyer une grande tape amicale à l'homme maquillé et à la tenue traditionnelle d'il ne saurait dire où. A voir si ce dernier tentera d'esquiver l'approche, Aaron ne s'étant toujours pas rendu compte qu'il n'était pas très à son aise avec le contact physique.


- Pouaaaaah je suis mort ! C'était sympa mais épuisant ! J'adore cette île ! Dis ! T'es un visiteur sur cette île aussi ? Tu connais un coin sympa où crécher par ce que les lits de navires c'est pas vraiment la joie ! Et j'ai besoin d'une bonne douche aussi ! Je sens la transpi' c'est affreux hahaha !


Il lui laissa tout juste le temps de lui répondre qu'il commença à le harceler de question. Oui, Aaron a le contact très facile et en plus, il a la tchatche et n'hésite pas à parler à quiconque. Il oublie parfois que le silence est aussi une belle mélodie et que tout le monde n'est pas aussi à l'aise que lui. « Ce qu'un homme ne dit pas est le sel de la conversation. » comme on dit au Jappon.


- Tu viens d'où au fait ? Moi je viens du Bezeros. Je suis là pour visiter, parcourir le monde, trouver un but à mon existence... Hahaha ! Mais surtout pour vivre des moments de partage comme celui-là au fait ! Merci à toi d'ailleurs par ce que sans toi je n'aurais jamais vécu ça. Et toi t'es là pour une raison particulière ?


C'est un réel moulin à parole qui s'était engagé. Peut-être Iuri était-il déjà en train de regretter d'avoir adressé la parole à cet homme alors que la lune quasiment pleine éclairait de sa lueur opalescente le port assez peu éclairé de l'île perdu au milieu des flots clapotant gentiment au rythme que la dite lune lui dictait.


- C'est sympa ce maquillage sur ton visage. C'est rare les hommes qui se maquille, ça a une signification particulière ? Mince ! C'est peut-être personnel. Dis-le moi si je parle trop. J'ai tendance à trop causer quand je suis crever !


Aaron releva la tête et se mit à rire à gorge déployée de sa propre connerie avant de se faire rappeler à l'ordre par un père qui venait de coucher son enfant et qui n'avait pas envie de se faire réveiller par les pleurs d'un enfant grognon car réveillé lui-même par les beuglement d'un sale babacool qui a même pas la décence de vivre avec les poules comme un véritable Hippie qui devrait caler son rythme naturel sur celui de la dite nature afin de rester connectée avec elle. Mais, la vie en communauté n'est-elle pas la condition naturelle de l'homme ? Rester éveiller avec son contemporains jusqu'au bout de la nuit devient ainsi naturel non ? En tout cas il obtempéra à baisser d'un ton et suivre Iuri tout en écoutant ses réponses à ses questions plus ou moins indiscrètes.
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Aaron Richards
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Mer 3 Avr - 16:45
- Tu ...tu veux dire que c’est la positive attitude ??


J’écarquille les yeux en entendant cette formule, qu’une de mes ancêtres, Loriana, répétait à tous les jeunes qui venaient la voir pour apprendre des pas de danse classique, et certains arrangements de mon Clan que je viens d’interpréter. C’était bien sûr la partie des hommes, aussi ambigu qu’ils pouvaient l’être. Cet homme en face de moi, par contre, il possède donc plusieurs qualités de mes ancêtres et je suis très surpris de trouver un tel état d’esprit sur l’île de la Baleine, une de mes premières aventures. Finalement les ancêtres n’avaient pas menti, ils connaissaient le monde au-dehors de la villa. De quoi donner me donner des ailes pour des jours et des jours. Le gars me tapote  sur l’épaule et je pousse donc de nouveau un petit cri prononcé, mais faible, en mordant ma lèvre inférieure pour ne pas ébruiter ma gêne. Trop de contacts physiques pour une seule soirée, ça ! Un peu tremblant et encore sonné par notre contact physique, j’essaie de tenir la conversation, en écarquillant une nouvelle fois les yeux quand l’autre me dit qu’il est mort.


- Tu es mort ? J’ai des médicaments pour soigner ça ! Heu non, c’est pas ce que j’ai dit, attends !


Je m’arrête un instant, comprenant qu’il s’agit là d’une remarque métaphorique signifiant sa fatigue. Comme j’ai grandi avec des morts, c’était un terme que j’ai toujours pris plutôt littéralement, je ne savais même pas avant qu’il ne le dise qu’on pouvait en parler pour illustrer son niveau d’épuisement. C’est amusant, comme la langue montre à quel point les vivants se fichent pas mal de la mort, de ce qu’elle représente ; ce jeu sur l’immobilité, sur l’exagération, ça me fascine pas mal depuis que je suis parti de ma villa familiale, et je découvre des argots et des formulations qui mettent toutes mes connaissances à zéro. C’est plutôt stimulant mais c’est terriblement difficile de suivre une conversation avec quelqu’un de mon âge !


- Je viens d’arriver ce matin et je loge chez Madame Carillon. Elle fait de la très bonne cuisine, et elle peut loger des gens supplémentaires, si j’ai bien compris. Je l’ai aperçue dans le public à un moment de votre improvisation, tu devrais pouvoir la trouver sur les quais, peut-être ! Je viens...je viens….


Comment lui dire d’où je viens, moi qui ne connais même pas la carte de ma région, ni l’emplacement exact de mon Clan. Il paraît qu’on ne montrait pas notre lieu d’habitation, sans quoi la Malédiction saurait où nous trouver. Ce qui fait que je suis nul en géographie, et que je ne comprends rien aux cartes marines que j’ai aperçu dans le navire qui m’a amené ici. C’est difficile à dire parce que c’est difficile à croire, raison pour laquelle je préfère chasser le plus vite possible cette question, en espérant qu’il n’insiste pas trop.


- Je viens d’une île voisine, pas très connue, assez sauvage...Le Bezeros tu dis ? Je connaissais ce nom y’a longtemps. On disait qu’un...heu pirate avait donné son nom à l’endroit...Le Bezeros, à flanc de falaises, porté par les vagues et le remugle du fracas du sel, à ce que je sais. C’est un bel endroit pour naître.


Il ne se rendra sûrement pas compte que j’improvise et que je suis formé au jeu d’acteur, à la tragédie, comédie, parodie et aussi au nô dans mes heures les plus sombres de mon adolescence, avec mon frère. Il faut dire que mon ancêtre Kololi était ravie de mes exercices et de mes improvisations sur des thèmes aussi variés et riches que : les blés en été par temps calme, les prés verts et le bruit du petit torrent ou encore la montagne, ses neiges éternelles et le temps infini. Tout cela m’inspire un haïku qui me vient tandis que le percussionniste me demande si je suis venu pour une raison particulière. Je commence par le haïku, parce que c’est pour moi à cet instant la chose la plus importante qui naît dans ma bouche et qui doit naître au monde, après viendra ma réponse.


long discours
chercher son visage
sous la barbe


- Pour te répondre, oui, je cherche à devenir ce qu’on appelle un hunter, et dans mon cas un mystical hunter, je suis à la recherche de ce qui est surnaturel...un peu comme mon existence, quelque part. Ce maquillage est le signe que j’appartiens au Clan des Kaïdan, les formes ont un sens précis, mais mon ancêtre Palatine dit qu’on ne doit jamais révéler parfaitement son maquillage, sous peine de révéler à la fois son âme, mais aussi son cœur. J’ai bien saisi ta proposition de dormir à mes côtés, nus et enlacés comme deux amants sous le clair de lune dans un jardin calme où l’étang respire des soupirs alanguis, mais je ne souhaite que me reposer pour ce soir, et ne pas me dévoiler si vite, malgré ton don particulier pour la musique, je n’embrasse pas uniquement par les oreilles. C’est ainsi que Sokobanja me disait de résister aux tentatives charnelles qu’amènent les rencontres ; Tu n’es pas d’accord avec lui ?


Iuri voyait bien la nuit défiler en discussions et en verres partagés avec ce musicien. Il chercha du regard quelqu’un qui fournissait un peu d’alcool, du soju ou du saké ferait l’affaire. Le clair de lune était tel qu’on y voyait comme en plein jour, dans le reflet de l’eau dont le chant léchait les oreilles de tous ceux qui étaient encore à danser et à faire la fête improvisée sur le quai.
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Iuri Kaïdan
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