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Sam 9 Mar - 14:53
Le grand départ !!! KuzT


Le grand jour était finalement arrivé, le jour où le petit oiseau quittait son nid pour voler de ses propres ailes. Bien sûr, l’ombre de son père ne manquerait pas de la hanter tout au loin de son chemin mais bon, au bout de ce dernier, et pour la première fois, Lena y voyait enfin de la lumière. Si elle parvenait à devenir une Hunter, sa liberté lui serait acquise ou en tout cas, elle y croyait. Au fond d’elle, la jeune fille savait très bien que rien n’était aussi simple avec son géniteur et qui s’il avait accepté, cela devait cacher quelque chose. Quoi qu’il en soit, il ne lui restait plus que de faire avec et d’aviser lorsque la situation se présenterait face à elle. Se retournant alors qu’elle se dirigeait vers le portail de l’immense demeure, elle vit sa mère qui lui faisait signe à la fenêtre du premier étage. C’était sans doute la seule personne qu’elle regretterait dans cette maison mais bon, Lena était bien décidée à lui écrire régulièrement pour la tenir au courant de ses aventures. Habillée de sa robe noire et de sa veste en cuir noire, elle lui fit un grand signe du bras, le sourire aux lèvres pour ne pas l’inquiéter et surtout, lui exprimer sa gratitude pour cette chance qui lui était accordée.

Alors que le soleil se levait à l’horizon, la brunette passait le portail, s’arrêtant quelques pas plus loin. Le regard perdu vers l’horizon, son sac sur le dos et son sabre à la ceinture, elle se rendit compte que pour la première fois, personne ne lui disait où elle devait aller ou même ce qu’elle devait faire. Cette nouveauté ne manqua pas de l’émerveiller mais également, de la terroriser. D’ailleurs, la panique ne manqua pas de rapidement prendre le pas sur le reste. En effet, Lena ne savait absolument pas où aller, ni même quoi faire. Avec tout juste cent milles Jenis en poche, il lui fallait maintenant se débrouiller toute seule. Sa notion assez subjective de l’argent ne lui faisait voir que la situation précaire dans laquelle elle se trouvait, pensant qu’avec cet argent, elle aurait seulement de quoi se loger une nuit et manger un morceau. Immédiatement, les pires scénarios trottèrent dans sa tête, se voyant perdue sous un pont, vendant des allumettes aux passants ou pire encore, devant se déguiser en femme-sandwich pour vendre un burger vegan.

La bousculade de ses pensées ne s’arrêta pas à cela et c’est finalement durant une bonne heure que Lena resta devant le portail du manoir des Asanov, les larmes d’angoisse coulant sur ses joues et la panique faisant son œuvre. Bloquée comme une biche devant des phares de voiture, ce fut finalement l’équipe de jardinage qui la sortit de sa torpeur.

« Mademoiselle Lena ? Mademoiselle ? »

Un vieux barbu était apparu sur sa gauche, restant à distance, ne sachant pas trop ce qu’il se passait. Devant l’étrangeté de la situation, l’homme chassa ses collègues qui la regardaient comme une bête curieuse. Il faut dire qu’en dehors du vieux responsable de l’équipe, personne n’avait déjà eu le privilège de rencontrer les membres de la famille. Finalement, il parvint à capter l’attention de la brune dont les larmes coulaient toutes seules sur ses joues.

« Mon… monsieur Henri ? »

« Que faites-vous ici toute seule Mademoiselle Lena ? Il serait mieux de rentrer, votre père ne serait pas content s’il vous savait dehors toute seule. »

Tremblante et ne sachant pas quoi faire, la brunette commença à doucement tourner pour suivre la direction que le bras du jardinier indiquait. Toutefois, avant même qu’elle n’ait pu faire un pas dans la propriété de sa famille, une ombre s’interposa. Lentement, la jeune fille releva la tête, détaillant cette silhouette devant elle, commençant à reconnaître cette personne qui l’avait toujours soutenue. Une fois sa tête relevée, son regard se posa sur le visage de sa mère, avant qu’une violente claque ne s’abatte sur sa joue. La douleur lui fit instinctivement mettre la main sur sa joue endolorie, son esprit reprenant doucement conscience, alors que sa génitrice ne mâchait pas ses mots.

« Ta volonté était donc aussi faible ! Tu comptes donner raison à ton père ? Remue-toi un peu, ce n’est pas ma fille que j’ai en face de moi ! »

Sous l’influence des paroles de sa mère, la brunette sécha ses larmes et reprit un peu plus confiance en elle. Ce départ était sa décision et maintenant, elle se devait de démontrer sa détermination. C’est donc avec un large sourire qu’elle tourna les talons et s’en allant en courant, criant juste une dernière chose à sa mère qui l’avait tant aidée jusqu’ici.

« Merci Maman !! »

Fiola observa sa fille partir à l’aventure, espérant que rien ne lui arriverait de dangereux, même si le métier de Hunter ne semblait pas être sans danger, bien au contraire. Secrètement, elle espérait même que Lena n’y arriverait pas et qu’elle reviendrait en sécurité mais bon, était-ce le mieux pour elle ? Quoi qu’il en soit, la silhouette de sa progéniture disparut à l’horizon, sans la moindre garantie qu’elle la reverrait un jour.


Lena ne se retourna même pas pour lancer un dernier regard à sa mère, sachant très bien que son destin était devant elle et qu’un jour, elle la reverrait à coup sûr. Désormais, il lui fallait voler de ses propres ailes et c’est donc jusqu’à l’essoufflement complet qu’elle courut en direction de la ville. Heureusement qu’elle s’était entraînée durant toutes ses années car il fallait admettre que la distance entre sa maison et la ville était conséquente. Reprenant son souffle, assise sur un banc dans le parc en face de son école, la jeune fille réfléchit un instant à ce qu’elle allait faire à présent. Si elle comptait passer l’examen de Hunter, elle se devait d’y être préparée. Histoire de s’entraîner, la brunette sortit tranquillement son sabre au milieu du parc et commença à réaliser les mouvements que son Maître lui avait enseigné. Evidemment, la scène ne manqua pas d’attiser une certaine curiosité, certains passants voyant même en elle une fille instable qui pourrait vouloir attaquer n’importe qui. Afin d’éviter une catastrophe, ils ne manquèrent pas d’avertir la police qu’une folle cherchait à attaquer les gens avec un sabre.

En seulement quelques minutes, deux patrouilles de police arrivèrent sur place, sirène à fond et révolver en main pour arrêter la menace qui sévissait dans le parc. Concentrée sur ses mouvements, Lena ne comprit pas tout de suite que les quatre hommes armés étaient là pour elle et ce n’est que lorsque le plus vieux des quatre lui adressa la parole que la jeune fille s’aperçue que les choses avaient un peu dégénérée.

« Mademoiselle ! Posez cette arme immédiatement ou nous serons obligés d’ouvrir le feu ! »

« Quoi !? Attendez !!! »

De l’incompréhension, Lena était passée à la panique, ne voyant pas pourquoi on voulait lui tirer dessus alors qu’elle ne faisait que s’entraîner sans ennuyer personne. S’agitant un peu dans tous les sens, ne sachant pas quoi faire, elle ne fit qu’attiser la tension et surtout, rendre nerveux les policiers qui la tenaient en joue. Finalement, dans la panique, la jeune fille sauta dans les buissons du parc, courant à toutes jambes, alors que les policiers la poursuivaient en lui hurlant de s’arrêter. Heureusement pour elle, ils n’avaient pas ouvert le feu et c’est en sautant par-dessus la clôture qu’elle parvint à mettre une certaine distance entre ses poursuivants et elle. Prenant les petites ruelles à toute allure, percutant les poubelles dans sa course folle, Lena ne savait même plus où elle allait. Tout ce qui importait, c’était de fuir le plus vite possible. Soudain, alors qu’elle s’enfonçait dans les tréfonds de la ville, sans prêter la moindre attention de ce qui l’entourait, ne se préoccupant que du fait de semer la police, la brunette buta dans quelque chose et vola une fraction de seconde avant de s’écraser lourdement au sol.

Au milieu des sacs poubelles et autres ordures, la jeune fille commença à se relever difficilement. La surprise avait été de taille et immédiatement, elle regarda derrière elle. Si de prime abord, elle avait peur de voir la police, la vision qui apparut devant ses yeux ne fut pas plus sympathique. Un homme tout rachitique à l’allure de clochard sortit de l’ombre. Sa vieille veste en jeans toute trouée, surplombant un t-shirt vert kaki dégueulasse et son vieux short à fleurs ne firent que confirmer cette première impression. Toutefois, si Lena pensait avoir à faire à un simple clochard au début, la vision de ses yeux verts aussi froid que la banquise et son bandeau ornée d’un logo d’une bouche tirant la langue, lui firent se poser pas mal de questions.

« Désolée, je ne vous avais pas vu. J’espère que vous n’êtes pas blessé. »

Polie et ne se rendant pas compte que cet homme avait fait exprès de la faire tomber, Lena se releva en frottant sa robe pour en chasser les saletés. Le grand blond se rapprocha un peu d’elle et se pencha avec un sourire malsain, les mains posés sur les hanches et bloquant le passage d’où elle venait.

« J’mérite bin un p’tit truc vu comme tu m’as spotché le pied ! »

La jeune fille fut un peu surprise par ce dialecte qu’elle ne comprenait pas trop mais bon, l’idée générale était sans doute qu’il voulait une compensation pour pardonner cette bousculade. De bonne composition, Lena sortit son portefeuille afin de lui offrir la seule chose qu’elle avait, un peu d’argent. Evidemment, en voyant cela, l’individu ne put s’empêcher de sourire. La bêtise de cette gamine était juste ce qu’il lui fallait pour commencer sa journée. Bien sûr, il n’allait pas se contenter d’un simple billet, surtout après avoir vu ce qu’elle avait comme argent. De son côté, la brunette n’avait toujours pas compris à qui elle avait à faire et lorsqu’elle tendit le billet de mille Jenis, elle fut juste un peu surprise qu’il lui attrape le poignet, mais ne s’en affola pas pour autant. Après tout, il ne s’agissait à ses yeux qu’un pauvre homme qu’elle avait bousculé.

« Qué bièsse, j’pourrais né reloqueter mes fringues avec si peu ! File-moi une rawette de biftons. En plus, j’ai pied sketé à coup sûr ! »

« Je suis vraiment désolée, mais j’ai encore besoin de mon argent pour devenir une Hunter. Mais vous pourriez aller au manoir Asanov et ils vous dédommageront, j’en suis certaine ! »

Après avoir prononcé cette phrase, Lena se mit à réfléchir et en fin de compte, il y avait peu de chance que son père paie pour ses erreurs. Malheureusement pour elle, au moment où elle voulut le signaler à son interlocuteur, un coup de poing lui percuta durement le visage, la projetant à terre à nouveau. Surprise et se demandant ce qu’il se passait, elle vit que le grand blond tenait son portefeuille en main et récupérait tout son argent sans le moindre scrupule. Ce n’est qu’après ce geste que le franc tomba et que la jeune fille comprit qu’elle avait à faire à un voleur. D’un coup, son expression se fit plus dure et elle se releva à nouveau, bien décidée à ne pas se faire dépouiller sans réagir.

« Mais vous êtes fou ! Rendez-moi mon portefeuille et mon argent ! Même si je vous ai bousculé, ce n’est pas une façon d’agir ! »

Affichant un sourire satisfait alors qu’il secouait sous le nez de la gamine la liasse de billets, le voleur s’intéressa maintenant au sabre qu’elle portait à sa ceinture. Vu comme elle était naïve et faible, il n’aurait sans doute aucun mal à récupérer cette lame afin de la revendre.

« On va né tournicoter pendant des plombes ! File-moi ta lame et j’te laisse foutre le camp ! »

La situation devenait de plus en plus problématique mais bon, s’il y a bien une chose que Lena ne comptait pas laisser filer, c’était bien son sabre. Si cet individu voulait le lui prendre, elle comptait bien se battre jusqu’au bout. C’est donc en toute hâte qu’elle le sortit de son fourreau, le levant devant elle pour se mettre en garde. Toutefois, loin d’être impressionné, le grand blond ne fit que rigoler à gorge déployée, comme s’il n’était absolument pas inquiet face à la gamine. Cette attitude ne manqua pas d’énerver la brunette qui passa à l’attaque, portant un coup vertical. Malheureusement, il fut rapidement bloqué à l’aide d’un couvercle de poubelle ramassé en urgence. Lorsqu’elle voulut porter son attaque suivante, Lena comprit les raisons des rires de son adversaire. En effet, l’étroitesse de la ruelle rendait ses mouvements avec un sabre particulièrement compliqué. Le sabre fut ralenti par le contact avec le mur, si bien que le voleur n’eut aucun mal à contrer et lui envoyer un bon coup de poing un plein visage dans la foulée.

Saignant du nez, la jeune fille se demandait encore comment elle parviendrait à récupérer son argent dans une situation comme celle-ci. L’environnement du combat était largement en sa défaveur et il fallait donc trouver une parade sans quoi, il parviendrait à la dépouiller complètement. Face à elle, le grand blond avait parfaitement conscience de son avantage et en profita pour continuer à attaquer, tout en prenant soin de se protéger du sabre de sa proie. Il enfourna l’argent dans sa poche et attrapa un second couvercle de poubelle et bloqua à nouveau le coup de sabre, avant de porter plusieurs coups au visage et au torse de Lena avec les couvercles, la projetant par terre au milieu des ordures. Le combat était clairement à sens unique et la brunette commençait à sentir la rage monter en elle. Cette colère n’était pas dirigée vers cet individu la maltraitant, mais bien contre elle-même. Elle exécrait au plus haut point sa faiblesse, cette situation ne faisant que donner plus de crédit aux paroles de son géniteur.

« Fais né ton tiestu boquet ! T’es une klette alors fais avec ! »

Blessée plusieurs fois au visage, Lena cherchait à trouver la faille dans cette situation, se rappelant ce que son Maître lui avait enseigné sur les combats. Dans une situation de désavantage, elle se devait de surprendre son adversaire avec une action inattendue, le petit truc auquel il ne pourrait pas s’attendre. Une idée commença à germer dans son esprit mais bon, il restait à voir si elle parviendrait à la mettre en œuvre. Se faisant, elle se releva à nouveau, affichant un regard déterminé qui ne fit qu’énerver encore plus le grand blond pour qui l’issue du combat ne faisait aucun doute. Il avait déjà agressé bon nombre de personne et ce n’était certainement pas cette gamine qui allait lui résister. Elle se remit en garde et immédiatement, il repassa à l’attaque pour lui faire comprendre la différence qui les séparait et lui faire perdre toute envie de continuer le combat. A nouveau, le coup de sabre de Lena fut bloqué par le couvercle servant de bouclier et d’un coup particulièrement violent, il fit voler la gamine en direction des poubelles. Sous l’impact, elle lâcha même son sabre ce qui marquait sans nul doute la fin de l’affrontement. Toutefois, la brunette avait volontairement encaissé le coup et abandonné son arme. D’un coup de talon sur l’extrémité de son katana, elle le propulsa en ligne directe dans la cuisse du grand blond qui fut pris totalement au dépourvu.

« Oufti ! Putain ! Espèce de salope ! »

Vociférant sa douleur, le grand blond lâcha ses deux couvercles de poubelle pour tenter d’ôter la lame transperçant sa cuisse. S’il tentait d’être délicat pour ne pas se blesser davantage, c’était sans compter sur Lena qui s’était relevée en vitesse et qui empoigna son sabre pour le retirer d’un coup en le tournant pour agrandir la plaie. Hurlant de douleur, l’homme ne put réagir à la lame qui glissa sous sa gorge, prête à la lui trancher sans la moindre pitié. Le regard de la jeune fille était décidé et sans une once d’hésitation, s’il bougeait, elle l’égorgerait dans la seconde. Assis par terre et se tenant la cuisse qui saignait abondamment, l’individu ne put que reconnaître sa défaite.

« Tu vas né m’zigouiller pour un petit quiproquo ? Hein ? V’là toudis ton oseille ! Y a pas de stuut ent’e nous ? »

Nettement plus conciliant maintenant qu’il n’avait plus l’avantage, le grand blond tentait d’amadouer la jeune fille pour ne pas se faire tuer. Heureusement pour lui, Lena sembla se calmer d’un coup lorsqu’elle récupéra son argent et son portefeuille. Si elle ne comprenait pas les paroles de ce type étrange, son comportement lui laissait supposer qu’il ne désirait plus se battre. Par conséquent, elle rangea son katana dans son fourreau, s’inclinant poliment devant lui avant de relever la tête. Affichant un large sourire, elle s’excusa encore une fois pour sa maladresse, n’ayant visiblement toujours pas compris qu’il avait fait exprès de lui faire un croche-pied. Finalement, le laissant là, elle reprit sa route. Soulagé, le grand blond soupira, avant de crier une dernière phrase à l’attention de la gamine qui venait de l’avoir.

« Pour être Hunter, va à Zaban ! »

Tout en continuant sa route, Lena lui fit un grand signe de la main pour le remercier de son indication. Il était donc temps pour elle de mettre les voiles et de passer à la prochaine étape de son voyage. Bien sûr, elle devait trouver la route vers le port, ce qui n’était pas des plus simples non plus. Habituée au chauffeur la déposant où elle voulait, les méandres des rues et ruelles d’une aussi grande ville lui paraissaient particulièrement complexe. Surtout qu’elle faisait tout pour éviter les policiers, histoire de ne pas se retrouver dans la même situation qu’au parc. Finalement, grâce aux panneaux et après un très long détour, elle parvint à trouver le port. Une fois sur les quais, elle chercha un bateau se rendant à Zaban, comme le lui avait conseillé le type de la ruelle mais malheureusement, lorsqu’elle trouva finalement le Capitaine pouvant la rapprocher de son rêve, ce dernier se montra assez sec dans sa réponse, surtout vu son allure.

« Ecoute-moi bien jeune fille, je ne critique pas les goûts et les coutumes des gens mais sur mon bateau, les gens doivent être propres ! On part dans deux jours donc fais ce qu’il faut pour que cette odeur d’opossum crevé disparaisse. »

Ne pouvant que reconnaitre sa situation peu engageante, elle-même étant passablement dérangée par sa propre odeur, Lena décida de louer une chambre d’hôtel afin de pouvoir se rafraîchir. A nouveau, la location fut épique et les hôtels trop luxueux ne se voyant pas accueillir une mendiante, elle dût s’installer dans une chambre miteuse d’un petit motel se trouvant non loin du port. Deux jours plus tard, rafraîchie et prête à partir, elle monta à bord du navire à destination de Zaban, espérant bien approcher de son objectif.








Le grand départ !!! Gnk5
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Lena Asanov
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