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Rien n'arrête le progrès. (ft. Zâl)

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Sam 2 Mar - 22:53
"Cleve Mori city. Autrement dit : « Cleve la ville forêt ». Il y a de cela 100 années, deux écosystèmes pourtant aux antipodes ne faisait qu’un en ces lieux. Longtemps, l’opposition, entre ces deux termes, a et continue actuellement encore à faire débat, de part la médiatisation faite autour de cette problématique. Abandonner le naturel pour se résigner à vivre dans l’artificiel ? Le progrès ou la préservation ? Tant de questions. Tellement de réponses. Comment convaincre le monde d’associer le progrès à la préservation, tant l’un va sans l’autre aux premiers abords. Mais le progrès ne se contente pas d’innover dans le domaine technique ou encore politique. Il consiste d’abord en « un pas en avant », tout en regardant d’un œil habile en arrière pour apprendre de ses erreurs. Là réside la notion de progrès.

Cleve Mori City résidait à la quarante-cinquième place dans le classement des plus grandes villes des États-Unis de Sahelta. Sa superficie était tel qu’elle avait la capacité d’accueillir chaque année de nombreux migrants sans pouvoir manquer de place ou de logement. Là faisait notamment ça force, mais également ça faiblesse. Accueillir des personnes, c’est une belle chose. Accueillir n’importe qui en est une autre. De ce fait, les habitants démunis du continent voyait en Cleve Mori City, un refuge face à l’écrasante York Shin qui ne cessait de s’étendre tant son progrès technique était incroyable.

Parlons peu, parlons description. La ville forêt était donc délimitée par quatre points équidistants les uns des autres. Relier ces points, un à un sans rompre le trait, reviendrait à tracer un carré.  La ville se faisait le plaisir de laisser couler un grand fleuve, qui traversait paisiblement le centre de la ville, coupant ainsi la ville en deux. Dans la métropole scindé donc en deux, le fleuve partait du premier point qui n’était rien d’autre que le Cleve Zootopie, un immense parc dédié uniquement aux animaux en voie en disparition, afin d’en préserver l’héritage et du second point qui lui, laissait place à une architecture des plus spectaculaires de nos jours. La galerie de Dieux l’appelait-on. Un vestige des temps ancien, qui se composait de rocher de différentes carnations et nuances tous assemblés et empilés quatre par quatre sans le moindre défaut de symétrie. Celui dont l’idée lui venait à l’esprit d’en déplacer un, par la force de ses mains ou de son nen se voyait échouer. Elles étaient indestructibles et là faisait leurs particularités. On ne sait pas à ce jour comment elles auraient pu arrivés à se placer de la sorte au vue de leurs résistances à la force humaine. Mais comme toute légende, elle a ses rumeurs, et la plus célèbre trouve sa force chez le doyen, un hunter archéologue qui aurait vécu dans l’ombre, une fois sa licence obtenue. Le seul indice qu’il aurait révélé, se serait perdu de bouche à oreille et de reformulations à reformulations. Peut-être, un jour sera-t-on de quelles matières ces roches sont issues ? De cette question, naquit de nombreux intéressés. Sur la première partie de la ville forêt, coupée par le fleuve se trouvait donc la partie de la ville conservant encore son aspect forestier. En effet, cette partie de la ville, que l’on nommait par la simple appellation de « Cleve Mori Nord » était muni de grands Lacs, mais également d’arbres assez massifs implantés un peu partout. Les buildings du secteur financier n’étaient pas à perte de vue. Les rues étaient jonchées de quelques organisations écologiques, proclamant haut et forts, leur mécontentement vis-à-vis de ce qu’il était advenu de Cleve Mori Sud mais également ce qu’il pourrait advenir de Cleve Mori Nord, si l’industrialisation venait à s’emparer de ce qui reste de ce qu’on appelait autrefois « la ville forêt ». Quelques boutiques par ici, quelques parcelles d’agriculture saisonnière par là. Un terrain de basket et un terrain de football. Des bucherons, des marchands, des pêcheurs ou encore des chasseurs. Les métiers et les activités étaient aussi diversifiées que la flore  à chaque coin de rues. De l’entrée principale de la ville, naissait le troisième point. « Bienvenue dans la ville forêt ! », c’était ce qu’affichait fièrement un panneau gigantesque.

Le contraste ne cessait cependant de s’intensifier jusqu’à provoquer un déséquilibre avec la partie sud. « Là-haut », tel était l’expression employée par les indignés, la révolution industrielle avait provoquée un changement majeur de l’économie mais également de l’écosystème. Des Buildings jusqu’aux vieilles usines crasseuses rejetant des nuée de fumées ardentes. De l’air à l’eau. Tout n’était que pollué et cause de pollution. Le quatrième et dernier point n’était rien d’autre qu’une usine du même nom que son dirigeant : Iwafeller. Industriel et philanthrope, monsieur Iwafeller n’était initialement qu’un individu parmi d’autre en apparence. Seul son génie lui permis de gravir échelons en échelons, ce qui valu par la suite à cet homme d’affaire, la cinquième place de l’Homme le plus riche des États-Unis de Sahelta. Comment ? En engageant un événement qui fut un tournant décisif pour Cleve Mori City : « La Conquête de la Ville forêt ». La ville cachait en effet bien des secrets pour susciter la curiosité d’un homme provenant d’un autre état. Le sol était en apparence basique et ne semblait pas se différencier de tous ceux vu auparavant, cependant, quelque chose avait retenu son attention. De cette attention naissait un centre de raffinage, puis ensuite vint le progrès automobile et finalement l’industrialisation. C’est ainsi que Cleve Mori Sud se développa de façon exponentielle. De la déforestation, naquirent des structures vertigineuses et toujours de plus en plus grandes aujourd’hui.. La suite dans la prochaine page!
"

A peine avais je finis ma lecture, qu’un bruit de foule vint me titiller les tympans. Ça crie, hurle et scande des noms puis diffamations sur diffamations. Je croise les mains, puis d’un mouvement excentrique, les fibres musculaires parcourant mes avant bras et mes biceps viennent se libérer un peu plus. Quelques bulles d’azote logées entre mes articulations explosent à leurs tours provoquant un petit claquement lors de l’étirement. Tous cela avant de les relâcher et prendre une petite impulsion depuis le lit pour ensuite faire quelques pas dans cette chambre louée. Désordonné, elle était. Des haltères, de la bouffe, mais aussi des revues de tout genre, mais pas nécessairement intéressantes. Me voilà, près du volet. Je passe deux doigts dans le store et les écarte un à un, pour créer une ouverture afin de pouvoir apercevoir la scène. Rien de surprenant aux premiers abords, le marché était bondés de monde comme à son habitude. Sauf que cette fois ci, des pancartes proclamant les malheurs causés par l’industrialisation s’étaient dressées à travers toute la longueur du marché. Le mouvement était soutenu et coïncidait avec ce que je venais de lire à l’instant. La problématique n’était donc pas levée. Agir. C’était la mission dont ils s’étaient appropriés. Leurs moyens de pressions ? La manifestation. Que pouvait-il faire de plus ? S’attaquer aux firmes nationales ? C’était faire un grands pas en avant dans le fossé. Leurs causes étaient nobles, mais ils avaient leurs problèmes et moi j’avais les miens. Un jour viendra où ils amasseront assez de monde pour renverser le pouvoir industriel. J’espère seulement pour eux qu’ils ne perdront pas avant.

Une fois mon sweat-shirt enfilé et la capuche sur la tête, je descends de l’hôtel en direction du marché inondé de monde. Il me fallait prendre une ruelle sombre avant d’en prendre une seconde pour atteindre ma destination.

Une fois au marché, de nombreux profils se dessinaient à perte de vue. Des enfants aux cheveux hirsutes et aux genouillères renforcées s’amusaient à slalomer entre les passants tout en maintenant une allure moyenne. Ils ne semblaient pas être une gêne pour cet homme adossé contre le mur et qui fumait ça cigarette dans son coin. De sa bouche, il inspira une bouffé, avant d’expirer une nuée de fumée qui s’envola dans le ciel, disparaissant peu à peu.  De nature méfiante, il m’inspira peu confiance et j’irai même jusqu’à dire que viendrai un moment où je le redouterai. Ces traits du visage étaient secs et durs. Aucunes émotions. Cependant il jeta ça cigarette au sol qu’il prit soin d’écraser avant d’enfiler son tablier puis de rentrer dans une cuisine qui n’était rien d’autre que celle d’un restaurant. Ce  n’était seulement qu’un pauvre serveur. Je m’étais encore inquiété pour rien. Merde. Et ce boucher qui me dévisage, en tenant son couperet qui dégoulinait d’un sang rouge sombre. Pourquoi me regarde-il avec insistance ? Une rotation de ma tête à 180° m’a permis de comprendre son mécontentement. Il regardait un autre boucher, qui lui faisait la concurrence. Comme par hasard, nos trois positions formaient une ligne droite. Je remue doucement la tête puis continue ma route, sur laquelle se trouvait un mendiant aveugle réclamant une attention de chacun.  Il ne faisait aucune exception, tout le monde se voyait recevoir une demande de sa part. Certains le cœur sur la main n’hésitait pas à donner de leurs salaires dont le gain, leur avait nécessités des heures à trimer. D’autres, ne prenaient même pas la peine de croiser son regard blanc. Ces hommes étaient infects. Ces sous races humaines gagnaient de quoi nourrir leurs égos, qu’ils remplissaient s’en se soucier des autres. Ces vermines prennent en plus de cela, un air condescendant. Rien de plus pour m’énerver. J’approche doucement un de ces hommes que je bouscule ensuite sans la moindre gêne, le faisant trébucher et mordre le sol. Bien sûr, le respect était ensuite de mise. Quelques excuses et deux ou trois notes de violon et chacun reprenait son chemin. Le mien s’arrêta près du mendiant. Je pose un genou au sol puis libère le contenue du portefeuille de l’égoïste, que je vide délicatement dans la coupelle du démunis.


Soudain l’aveugle prit la parole :

- Je ne veux pas de cet argent jeune homme.

Je relève doucement la tête, ses yeux blancs s’étaient posés sur moi. On aurait pu croire qu’il avait retrouvé la vue. Il était certes bien aveugle, mais pas sourd et encore moins stupide.

- Cet argent.. n’est pas le tien. Tu ne l’as pas acquis par un bon procédé.

C’était à mon tour de prendre la parole maintenant.

- Qu’est-ce que ça peut te faire vieil homme ? Cet argent n’est pas le mien mais tu en as besoin et..

Il répliqua instantanément me coupant alors au milieu de ma phrase.

- Non. Accepter cet argent, c’est être complice de ton acte.

- Que recherches-tu alors ? Ai-je dit de façon vive.

- Tu sais mon enfant. Quand on me fait don de quelques sous, je ressens le cœur sincère de celui qui se trouve face à moi. Il sait pertinemment que cet argent réchauffera le mien et c’est pour cela qu’il donne ainsi. Sa bonté à nul autre pareil. Son argent m’importe peu, le contenu de cette coupelle également. Ressentir des émotions paisibles et chaleureuses.. C’est ce pourquoi je suis là.

- Je vois.. Elle est bien belle ta philosophie, mais tu ne tarderas pas à t’écrouler si tu continus comme ça. Lui ai-je répondu en haussant un sourcil.

Le vieil homme aveugle reprit une respiration, puis une expiration vint ensuite avant qu’il ouvre sa bouche pour prononcer la phrase qui marquera la fin de notre rencontre.

- Je ne redoute plus la mort depuis que l’on m’a annoncé cancer mon garçon.

Soudain un silence s’installa, mon cœur se resserra un peu à son annonce, avant de se desserrer par ma volonté. Des gens mourraient tous les jours. Un de plus parmi des millions.

- Depuis, je vagabonde dans les rues à la recherche du contact avec la population. Tout ce que je souhaite à ce jour, c’est partir le cœur léger et apaisé.
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Shôta
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Dim 10 Mar - 13:12
Zal essuya sa bouche et poussa un soupir de soulagement lorsque le bateau cessa de tanguer. Il avait passé davantage de temps à vomir qu’à dormir durant cette semaine de traversée, au grand désarroi du service de nettoyage qui s’était occupé de sa cabine. Il avait enfin quitté son archipel de naissance pour rejoindre les terres bien plus grandes et vastes du continent Yorubian. Il avait pris un voyage pour Cleve Mori, une ville de l’empire de Sahelta qui était desservie par un port et un aéroport. L’endroit idéal pour commencer sa découverte du monde des burgers, du jazz et de la modernité.

Il descendit du bateau et salua les membres d’équipage, sans se soucier des regards peu chaleureux qu’on lui rendait. Zal faisait partie des clients qu’on ne souhaitait pas servir, ceux-là même qui déversaient leur dernier repas sur vos chaussures alors que vous leur demandiez en quoi vous pouviez leur être utile.

Une armée d’hommes vêtus d’uniformes attendaient à côté d’une rangée de voitures jaunes et faisaient signe de la main aux voyageurs.

— C’est la police ? demanda l’ancien nauséeux à un autre voyageur.
— La police ? Mais d’où sortez vous ? Ce sont des taxis. Ils louent leurs voitures aux voyageurs. Maintenant, excusez-moi mais je suis pressé, ma fille m’attend, répondit l’homme, légèrement antipathique.

Il avait une voix de crécelle particulièrement irritante mais il en fallait bien plus pour faire descendre Zal de son petit nuage de plénitude. Le bienheureux s’approcha de l’un de ces taxis et entra en négociation avec son propriétaire. Quelques minutes plus tard et quelques milliers de Jenis en moins, il en baptisait les sièges d’une bonne grosse gerbe bien nauséabonde. Le propriétaire du véhicule lui tendit un sac en carton et le menaça de l’expulser du véhicule s’il continuait à vomir.

— Merci m’sieur, fit Zal en attrapant le sac.

Il s’en servit pour se tamponner la bouche puis l’écarta pour dégueuler de plus belle.

***

Le trentenaire appréciait de sentir l’air frais et pollué de la ville lui frapper le visage. Marcher lui faisait du bien, il se sentait en pleine forme et avalait les kilomètres sans fournir d’effort. Il était lent mais ça lui permettait de graver dans sa mémoire le spectacle qui s’offrait à sa vue.

Au loin, le centre-ville s’éveillait doucement au fur et à mesure que le jour se levait. Les lumières des lampadaires disparaissaient tout comme celles des phares des voitures.

Le vrombissement des moteurs était régulier et avait un certain charme. Alors c’était ça, le rêve saheltaïen ? Une route qui s’étendait à perte de vue, des bâtiments immenses qui se dessinaient à l’horizon et un désert bien plus grand que celui de Birugai qui englobait tout ça. Le nomade se sentait chanceux de pouvoir profiter de cette vision. Il avait hâte de mordre à pleine dents dans un burger, de dépenser une somme colossale dans une machine à sous ou d’en déposer une infime partie dans le chapeau d’un musicien de rue.

Il allait lui falloir encore parcourir bien des kilomètres avant de rejoindre sa destination mais il n’était pas pressé. Il avait patienté toute sa vie de partir à la rencontre de terres accueillantes. Il pouvait attendre quelques heures de plus.

***

Cleve Mori Nord, c’était tout d’abord des gens qui faisaient du cerf-volant près d’un lac, des statues qui semblaient défier les dieux en levant leurs bras vers le ciel, des jeunes qui faisaient du skateboard dans de nombreux skateparks, de gigantesques bâtiments qui donnaient aux hommes l’impression d’être minuscules. C’était des gens de tous les âges et de toutes origines qui affluaient des quatre coins du monde pour des raisons diverses. C’était des quartiers qui, à l’image de ces personnes, véhiculaient différentes cultures et idées. C’était des jeunes cadres dynamiques qui se faisaient tailler la barbe dans un barber shop, de jeunes enfants qui regardaient des poissons enfermés dans des aquariums ou encore ce chantier en construction qui posait les fondations d’un nouveau building, afin de permettre à des vingtaines de couple de venir s’y installer. C’était aussi de nombreux parcs, de nombreux lacs et une impressionnante collection de forêts qui justifiait sa désignation de « ville-forêt ».

Cleve Mori Nord, c’était un lieu qui avait encore des ressources. Il n’avait pas encore troqué sa verdure, son air et la joie de vivre de ses habitants contre un gain de productivité et quelques zéros de plus sur les comptes d’une armée d’investisseurs. Une ville moderne, cosmopolite, où les gens avaient envie de venir vivre. Le paradis qui contrastait avec l’enfer moderne qu’était Cleve Mori Sud, gigantesque usine urbaine où la moitié des habitants de Cleve Mori Nord se déversait, chaque matin, pour gagner de quoi payer leur loyer.

Zal était ignorant de tout ça et il ne se savait pas chanceux d’avoir commencé sa visite de la ville par la partie Nord. Il vagabondait dans les rues que jouxtaient les gratte-ciels et finit par arriver à une sorte de gigantesque place, où différents étals se disputaient les faveurs des passants.

L’homme du désert observa avec curiosité les échanges de monnaie et de marchandises qui s’opéraient. Il avait toujours été émerveillé de la puissance que possédaient ces petites pièces. Avec elles, on pouvait dormir, voyager, manger, boire ou même obtenir un objet ou un service. Et pour obtenir ces petites pièces, il y avait mille et une façons de faire, il suffisait d’en choisir une. Zal avait trouvé un moyen de gagner de l’argent tout en voyageant mais il n’en parlait pas autour de lui car cette méthode ne fonctionnait que s’ils étaient peu à la pratiquer.

— Hé les gars, matez ça ! Y a encore une de ces satanés d’mahadistes dans l’coin.

Trois énormes types bloquèrent la vue de Zal et l’obligèrent à se tordre le cou afin de les regarder. Le plus petit culminait à un mètre quatre-vingts dix de haut, autant dire qu’avec son mètre soixante le trentenaire faisait figure d’enfant. Ils avaient tous le crâne rasé, un cou de bœuf et des épaules massives.

— On vous a déjà dit de pas mettre les pieds ici ! On ne vend pas de couscous ici.

Zal fouilla dans son takurat, qui était une sorte de longue robe blanche, et en sortit un portefeuille.

— Bonjour, que voulez-vous ? De l’argent ? Je ne suis qu’un simple touriste et je viens ici pour me régaler des merveilles que votre ville a à offrir. Vous pourriez peut-être me servir de guide ?

— Tu te fous d’not’ gueule ? Ferme ta bouche quand on t’cause, sale mahadiste. On n’en veut pas d’ton fric, on est des honnêtes gens. Donc casse-toi et ne reviens plus ici. T’es pas le bienvenu ! fit-il, en ponctuant sa tirade d’un crachat au sol.

Le petit homme voilé recula d’un pas et leva les mains en l’air, en signe de reddition.

— Vous pensez que je suis un mahadiste, c’est ça qui vous énerve ? Mais je n’en suis pas un, quoi que ça puisse signifier. Je suis un touriste et viens du désert de Birugai, situé dans la république de Rokar…

Un coup de poing le cueillit à la mâchoire et le projeta en arrière, droit sur un mendiant et un jeune homme aux yeux rouges. Il ne dépassait pas les soixante kilos, ce qui rendait toute projection plutôt aisée. Il n’en était toutefois pas moins apte à encaisser les coups, faisant preuve d’une résistance exceptionnelle pour son gabarit. Il se releva donc immédiatement et renversa la maigre recette du mendiant dans sa précipitation.

— Je suis vraiment désolé, monsieur. Laissez-moi vous aider à tout ramasser !

Pendant ce temps, l’auteur du coup de poing se faisait disputer par ses semblables.

— T’abuse Jeff, on va encore avoir des ennuis. T’imagine si tu l’as tué ?
— Mais on lui dit d’se casser et il nous fait un cours de géo ! J’suis censé l’prendre comment ?
— J’ai pas envie de finir une nouvelle fois au poste pour tes conneries… renchérit le dernier, qui était resté muet jusqu’à présent.
— Ah ouais ? Des conneries ? Et Franklin dans tout ça ?
— Faut pas qu’on se rabaisse au niveau des mahadistes, on bute personne. On se contente de les effrayer. Je sais, c’est dur. Il nous manque aussi, tu sais…
— Eh mais matez ça, il a rien ! Il tape la discute, genre normal, avec le clodo et l’aut’ mec avec la coiffure bizarre, là !

En effet, de fil en aiguille, Zal en était venu à se présenter et à demander leurs noms à l’étrange duo. Il n’avait pas oublié la présence de ses détracteurs mais il les avait vu en train de se disputer et s’était dit qu’ils allaient peut-être en rester là. Le trentenaire savait jauger les gens et il n’avait décelé aucune envie meurtrière dans leurs regards.








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Zål
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Dim 21 Avr - 20:13
Les paroles du vieil homme reflétaient ce que les majeures parties de la population pensaient de la « Sagesse ». Ce terme, si simple à comprendre, mais pas évidemment aisé d'admettre qu'on lui tourne souvent le dos. Parait-il, qu'elle s'imprègne dans notre âme ainsi que notre cœur, gardant alors dans une petite boite nos désirs et émotions tout en nous empêchant de commettre les choses les plus insensés. Je regarde ce vieil homme, son sourire laissant entrevoir des dents pourries ne cesse de me mitrailler les yeux. Je ne comprends pas.. Sa demeure actuelle côtoie les rats, sans parler de l'humidité des mousses qui poussent autour de lui. Une eau trouble se dégageait d'une habitation à cinq pas et venait le rafraichir de temps à autres. Il était ainsi amené à consommer cette eau pour ne serait ce que survivre quelques mois. Comment ? Comment pouvait-il avoir le sourire ? Comment pouvait-on être heureux quand le monde s'est écroulé autour de vous.. Ce vieux m'intrigue au plus haut point.. Merde, personne n'avait autant retenue mon attention à ce point.

Je me penche légèrement et saisis le contenu de la coupelle avant de prendre l'initiative de reprendre mon chemin tout en gardant un œil sur lui.

C'est ce que j'aurai fait s'il n'avait pas de nouveau retenu mon attention.

« Viens ici mon garçon, j’ai l’impression que quelque chose te tracasse.. Assois-toi près de moi » m’a-t-il dit.

« Je pourrai te tuer à l’instant et saisir le contenu de ta coupelle vieil homme. » ai-je alors rétorqué.

Il sourit légèrement avant de reprendre la parole

« Là-haut, je te pardonnerai dans ce cas »

Mon visage se serre instantanément, mon corps le suit en se contractant, tellement que mes phalanges craquent sous l’effet de la contraction à l’entente de ces mots. Je me retourne et lui fais face de nouveau

« Putain de merde ! Comment tu peux être aussi souriant alors que c’est littéralement la merde dans ta vie ? » lui ai-je balancé à gorge déployée.

Il ferme les yeux, laissant échapper une larme. Cependant que pouvait-elle signifier ? Évoquait-elle de la tristesse ? Ou encore, était-il heureux à un tel point de se faire ce luxe de pleurer de joie ?

« J'ai effacé ma rancœur mon garçon et cessé de me lamenter sur le monde qui me tombais sur la tête. Les problèmes, je les ai résolus en fuyant tout ce qui était néfaste pour moi »

Quoi ? Insinue-t-il que je devais oublier mon frère ? Oublier sa mort ? Attendez, mais croyait-il que j'en étais capable. Cette haine qui coule en moi, ne cessait d'accroitre de jours en jours. Mais à écouter ces paroles et la douceur avec laquelle ils les prononcent, me rappellent que me venger ne rapportera nullement l'âme de mon frère. Certes, mais le crime de cette femme, devait-il rester impunis ? Se résigner à oublier pour mieux se sentir, ce ne serait pas faire preuve d'un égoïsme au plus haut point ? Certainement.. en tout cas à mes yeux.

Alors que je dépose genou à terre, en ne serait ce qu'une fraction de seconde, la situation était totalement sur le point de prendre une autre tournure. En effet, j’eus à peine le temps d'idée de tourner les yeux sur ma gauche, qu'un corps vint se jeter sur la coupelle, renversant son contenu et manquant de frapper le vieil homme. Je n'eus donc pas le temps d'envisager ce projectile tant sa projection fut rapide et puissante. Je me relève aussitôt pour faire face à cet homme qui avait servi de projectile, le retenant par le col.

« Tu as vu ce que tu viens de faire abruti ! » lui ai-je dis sèchement.

Mon attention se porte subitement sur sa tenue. Elle était.. Disons spéciale. Une chose était sûr, ces tissus n’étaient pas du coin et encore moins de cette région. Qui était donc cet homme ? Un nomade ? Un touriste ? Les deux. Peu importe, il n’aurait pas dû se trouver sur mon chemin et encore moins sur celui du vieil homme.

Je resserre encore un peu plus son col, m’apprêtant à l’envoyer valser de toutes mes forces sur le mur voisin quand une main sèche et rugueuse vient se poser sur mon avant bras. Elle n’exerçait aucune force, mais au léger contact de celle-ci, ma colère semblait s’estomper peu à peu. A qui appartenait cette main ? C’était évidemment celle du vieil homme, il me regardait toujours avec ce  sourire désagréable bien qu’il ne me vit pas.

« Oublie mon garçon, laisse ce jeune homme s’en aller.. Je ramasserai moi-même le contenu de cette coupelle. » a-t-il dit.

Je desserre doucement les dents et lâche prise, le libérant ainsi. Mais ce n’était qu’une partie remise, car des mots fusèrent dans mon dos. Un tour sur moi-même me suffit pour apercevoir trois hommes.. Que dis-je. Trois énormes hommes, le plus grands pouvait de son sommet gratter la lampe de ce poteau électrique juste au-dessus de lui. Subitement, la situation se débloqua dans ma tête, tout devint plus claire, c’était donc eux les principaux fautifs. Était-ce volontaire d’avoir projeté cet homme sur la direction du mendiant ? Ou était ce tout simplement un hasard ? En tout cas, cela n’empêcha pas les hommes de prononcer quelques injures à nos égards. Il était évident qu’ils n’avaient rien d’amicaux.

« Allez-vous en si vous ne voulez pas mourir. Je ne reviendrai pas sur ces paroles.   » fut mon premier et dernier avertissement.

Je tourne doucement la tête en direction de l’étranger.

« Je ne pense pas que tes amis seront aussi diplomate que toi.. »
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Shôta
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Lun 29 Avr - 23:09
L’étrange couple l’avait totalement ignoré alors que Zal se présentait et leur demandait leurs noms. Le plus jeune l’avait même pris à la gorge et traité d’abruti avant de se faire calmer par le sage vieillard. Zal rigola doucement. Ah, ce que la jeunesse pouvait être fougueuse. Enfin, celui qui l’avait saisi à la gorge ne devait pas être pris à la légère. Il était bien plus dangereux que les trois chauves qui l’avaient menacé. Son regard était davantage celui d’une bête féroce que d’un homme craignant les représailles des forces de l’ordre. D’ailleurs, il n’avait pas les pupilles de couleur marron ou olive mais de couleur rouge, ce qui sortait de l’ordinaire.

Zal allait de nouveau se présenter mais il fut coupé dans sa lancée par l’arrivée du trio de crânes rasés. Les nouveaux venus leur balancèrent des injures et la tension monta de nouveau d’un cran. Cette fois-ci, le jeune homme aux pupilles écarlates menaça ses vis-à-vis de mort puis déclara à Zal qu’il ne pensait pas que ses amis seraient aussi diplomates que lui.

Le petit homme ne lui répondit pas qu’ils n’étaient pas ses amis. Il n’avait pas oublié que le vieux et le jeune homme l’avaient ignoré par deux fois alors qu’il avait tenté d’entamer la discussion. Mesquin, il s’était dit que ce serait drôle de le snober. Cependant, il n’aimait pas la tournure que prenait la situation et il décida d’intervenir. Il avait vu suffisamment de morts dans sa vie.

— Ne nous battons pas pour si peu et retournons chacun de notre côté. Je vais bien et c’est l’essentiel, inutile d’aller plus l… commença Zal, tournant le dos au duo.

Le chauve au sang chaud ne semblait pas apprécier les donneurs de leçon. Il fonça sur Zal et lui balança son poing de toutes ses forces. Sur ses gardes, le nomade esquiva le bras tendu d’un pas de côté et fit comme s’il s’agissait d’une lance. Il le saisit à deux mains et le brisa de toutes ses forces sur son genou. Un craquement épouvantable se fit entendre, rapidement couvert par un cri inhumain. Comment un cri aussi aigu pouvait sortir d’un corps aussi énorme ? Il n’y avait qu’à voir l’état de son bras pour le comprendre : le coude était retourné et l’os était sorti de la chair…

Zal laissa le colosse se rouler au sol en mugissant de douleur et balaya l’horizon du regard. Il se méfiait des autorités de la ville et ne comptait pas demander son reste.

— Vous devriez l’amener rapidement auprès d’un guérisseur si vous ne voulez pas qu’il perde l’usage de son bras. Allez, salut !

Et le petit homme fila en quatrième vitesse, sans se soucier des réactions des autres acteurs de la scène. Non loin d’eux, des passants restaient à distance respectable et appelaient soit la police, soit les secours. Quelques autres filmaient la scène car ce n’était pas tous les jours qu’on voyait un nain en robe s’en prendre à un ours imberbe. Bref, le nain en question n’avait aucune envie de rester pour poser et se dit qu’il ferait mieux de changer de tenue, ne serait-ce que pour échapper à d’éventuelles représailles.

Il lui fallait se trouver un endroit où se changer et c’est avec cette idée en tête qu’il pénétra en trombe dans le premier magasin de vêtements qu’il vit.

— Au secours ! Un mahadiste ! Un mahadiste ! s’exclama une jeune femme habillée légèrement.
— Mais non, madame, pas d’amalgame. Vous ne voyez pas qu’il est juste pressé ? fit un homme d’un certain âge, aux lunettes rondes et cerclées d’écaille.

Zal ralentit et salua poliment les deux badauds que son arrivée avait sorti de son mutisme. Il se maudit d’avoir tant cavalé, c’était à croire qu’il faisait exprès de se donner l’air suspect.

— Bonjour, je suis un étranger qui vient de loin et j’en ai un peu marre qu’on dise que je suis un mahadiste. Pourriez-vous me dire ce que je pourrais acheter pour passer inaperçu sans que ce soit trop cher ?

La jeune femme ne répondit pas mais ses yeux plissés et son rictus méprisant en disaient long sur son envie de l’aider. Quant à l’homme, il se contenta de pointer du doigt derrière Zal.

— Tiens, on dirait que vous n’êtes pas le seul à courir vers des magasins.

Courait-on vers le magasin ou vers le nomade du désert ? Zal se retourna pour en avoir le cœur net.








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