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Sam 1 Déc - 22:31

Les Ombres dansantes
Artémis & Aleksey

« How come when mortals want things, their only option is to make a deal with Hell and sell their soul? Why can't they make deals with God in exchaange for good behavior? »
Assit à la terrasse d'un café, appareil photo posé à côté d'une tasse de café fumante et carnet de note en main, le jeune journaliste réfléchissait intensément. Il était plongé dans sa bulle, faisant complètement abstraction du monde extérieur. Aleksey tentait de mener, seul, une enquête policière dans un quartier qu'il ne connaissait pas. Cette tâche était compliquée. C'était bien plus difficile qu'il ne l'avait imaginé. Il lâcha un soupir en s'affalant sur le dossier de sa chaise, lâchant son carnet des yeux. Le jeune était fatigué. Depuis qu'il était arrivé en ville, il ne cessait de courir partout. De demander des informations. De parler aux habitants. De prendre des photos. Il était aussi aller voir au commissariat. Il s'en était fait exclure. Ce n'était pas étonnant, la police aimait rarement donner des détails sur une affaire à des civils. Surtout si ceux-ci étaient des journalistes un poil trop curieux. Loin de se soucier de ce refus, le brin avait continué à arpenter les rues de ce quartier.

Il prit une gorgée du fabuleux breuvage en observant la ville. Du moins la rue passante. Vivante, elle grouillait de monde. A première vue, il était difficile de croire qu'ici, des tragédies se jouaient. Cependant, depuis quelques jours, la ville était devenue le sombre théâtre de meurtres et de disparitions mystérieuses. L'imagination d'Alek tournait à plein pot. Il s'imaginait un margalouf, qui par des évènements divers et variés devint un tueur en série. Il pérégrinerait tous les ans dans une nouvelle ville pour y semer la terreur, et ce, jusqu'à ce qu'il se fasse arrêter.

Se rasseyant correctement sur la chaise, il se remit au travail. En soi, il avait suffisamment de matière pour écrire un premier jet. Il lui manquait plus que bien vérifier les dires des témoins et familles des disparus qu'il avait interrogés. Plus les données de la police. Pour celles-ci, il fallait qu'il entre en contact avec un agent plus souple, moins résistant à l'idée de partager des précieux indices.

Lorsqu'il finit son café et décida de rentrer à l'hôtel, le ciel arborait déjà des nuances de bleu foncé mêlés à du rouge-orangé. Son regard se perdit un instant dans ces couleurs chaudes. Le crépuscule était beau, mais ne durait jamais assez longtemps. Il quitta ses observations et rangea ses affaires quand la nuit tomba. Se levant, il marchait jusqu'à l'intérieur du bar, histoire de payer sa boisson, puis prit la direction de son nid pour la nuit. Il aurait pourtant aimé continuer son investigation durant cette période de journée. Après tout, il était dit que les personnes intéressantes, celles qui savaient des choses, étaient des créatures nocturnes. Mais café ou non, il restait fatigué.

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Aleksey E. Lloyd
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Lun 10 Déc - 7:42
Plusieurs jours s’étaient déjà passés depuis l’arrivée de la bête noire de la ville. La première disparition datait maintenant de plus d’une semaine. Huit jours, exactement, s’étaient écoulés depuis le mystère de l’huissier Armon Lee Oswald. Alors que sa journée de travail était finie et qu’il sortit de ses bureaux sur la rue Biutag, il s’était dirigé vers son petit appartement à quelques rues de là. Mais il n’était jamais arrivé à destination. Les recherches n’avaient réellement commencé que deux jours après les faits.

Et l’homme étant toujours porté manquant à ce jour. Les forces de l’ordre avaient bien sûr passés au peigne fin chaque centimètre carré de sa maison, où vivaient sa femme ainsi que ses deux enfants. Mais aucune trace de celui-ci. Certains avaient parlé d’une fuite pour quitter sa femme et sa vie monotone, néanmoins aucun n’y croyaient réellement.

Les incidents ne s’arrêtaient malheureusement pas à cette simple disparition. Un couple vivant dans un gîte avait été retrouvé chez eux le lendemain. L’homme était un chasseur et sa femme secrétaire dans une petite entreprise de textile. La maison se trouvait en périphérie de la ville. La table était encore mise, pour trois personnes, bien que les deux victimes soient sans enfants, quand on retrouva leurs corps sans vie. Les voisins n’avaient rien entendu de suspect la veille, de plus aucun n’était au courant d’un visiteur inopportun venu rendre visite.

D’autres faits mystérieux, ou dérangeant, telle la mort d’une jeune femme de dix-sept ans dans une ruelle proche d’immeuble de logement. Une cité, un coin mal famé, un endroit aussi sûr qu’un coupe-gorge. C’était l’idée générale, cependant, la police savait que les environs étaient calmes la plupart du temps dut au fait que le caïd du quartier ne tolérait pas de débordements. Il régnait d’une main de fer sur celui-ci et bien qu’il fasse commerce d’armes et d’autres substances illégales, il ne dérangeait pas plus que cela les autorités, il les arrosait assez généreusement pour ne pas risquer leur intervention.

Ce fut malheureusement pour lui le début de ses derniers jours. Parrain, d’une petite famille mafieuse, il régnait sur les habitants des immeubles avec fermeté, mais aussi avec gentillesse. Ses activités illégales lui offraient les moyens d’offrir, chaque fin d’années, un présent à chacun des habitants. De plus, il montrait du respect à ceux qui avaient préféré la voie du travail dur et laborieux en usine. Ce fut donc un choc, lorsque le lendemain, il fut projeté par sa fenêtre du cinquième étage sur le macadam.

En pleine nuit, deux disparitions avaient eu lieu à l’autre bout de la ville. Deux travailleurs finissants tard, ce jour-là. Ils venaient de fixer la dernière poutrelle métallique de la journée. Leurs collègues étaient déjà partis se désaltérer au bar à quelques coins de rue. Nouveaux, jeunes et sans compagnons pour les attendre à leurs retours, il avait fallu attendre trois jours pour que leurs disparitions soient officielles.

Depuis, la situation avait été beaucoup plus calme. L’assassin semblait avoir eu sa dose de violence pour le moment. Mais, dans les faits, il n’en était rien. Artémis logeait maintenant dans un hôtel proche du centre-ville. Le Cortez. Ses couloirs étaient recouverts d’une tapisserie crème à motif floraux avec un épais tapis de velours rouge. La chambre dans laquelle il dormait comportait un lit pour deux personnes ainsi qu’une petite salle de bain avec une vasque et une douche. Ses maigres affaires tenaient dans une valise.

L’attention qu’il eût fait porter sur ses activités, ne lui déplaisait pas, cependant, il ne voulait pas être arrêté pour avoir fait preuve de zèle ou de trop d’enthousiasme. La police avait posé beaucoup de questions sur les allées et venus de chacun. Et pour ne pas se faire remarquer il s’était fait discret. Cependant, il avait bien sûr fait attention à ne pas se trouver sur les lieux de leurs investigations. Néanmoins, il était parvenu à ses oreilles qu’un journaliste, un peu trop curieux pour son propre bien, menait une enquête parallèle aux forces de l’ordre.

Il écrirait un article sur les évènements de ces derniers jours et traquerait le coupable. Il s’était rendu chez beaucoup de voisins, de possibles témoins, ainsi qu’à la police pour recueillir le plus d’informations possibles pour écrire. Atalante ne savait pas ce que celui-ci avait pu découvrir pendant ses recherches, mais il ne pouvait pas le laisser faire. Il avait une vague description de l’homme.

Un jeune homme dans la vingtaine. Les cheveux bruns. Ces éléments n’allaient pas aider celui qui le traquait. Pourtant, l’élément le plus significatif est qu’il se balade toujours avec un stylo ainsi qu’un carnet pour noter absolument tout ce que les témoins diraient ayant de l’importance à ses yeux. Il descendit pour commencer lui aussi son enquête, il devait le trouver pour lui apprendre à garder le silence. Un silence éternel.

Le concierge le salua alors qu’il mettait un long manteau gris anthracite pour résister contre le froid de la journée. Avec son allure, peu amène ainsi que ses nombreuses questions, il réussit à récupérer d’autres informations sur le détective en herbe. Plutôt un gringalet, il ne semblait pas en excellente forme physique. Et la couleur de ses yeux était singulière, un jaune mordoré qui changeait de couleur selon la direction de la lumière. Pouvant passer à un orange sanguin, comme un crépuscule.

Il ne fit rien à ces pauvres moutons. Aucune réaction quand il s’était présenté à leurs pas-de-porte. Et il ne voulait pas attirer l’attention sur lui de nouveau pour le moment. Le prochain serait cet Aleksey dont il avait eu le nom pour une voisine du maître de la cité. Le voir tomber avec une expression d’horreur, de haine et de peur mêlées avait été un véritable délice.

Ses recherches piétinèrent. Il n’avait aucune information sur comment le contacter. Il n’en avait pas laissé aux personnes interrogées. Il sortait de son taxi, il avait eu du mal à en trouver un dans le quartier, bien que n’ayant pas une mauvaise réputation. Il s’attabla à une terrasse d’un café pour prendre un café. Il n’aimait pas le goût, il exécrait cette boisson. Toujours était-il qu’elle le réchauffait par ce temps froid et il en avait bien besoin.

Il paya sa consommation avec l’argent des différentes victimes qu’il avait eu dans la semaine. Puis se dirigea vers son hôtel, il ne pouvait pas continuer à mener son enquête sur ce fouineur de journaliste à cette heure de la journée.

Tu vas te faire attraper, cette fois. Et c’est un petit journaliste qui va t’avoir.

Ça, ça m’étonnerait.

Et pourquoi ça ? Tu es médium peut-être ? Explique-moi tous. Oh, grand maître !

La ferme ! Je sais que je le trouverais et que je l’arrêterais avant qu’il ne puisse faire quoi que se soit. Et il disparaîtra comme les autres.

Il est à toi. Tu dois le retrouver. Tu dois lui montrer ce que tu sais faire. Lui faire comprendre qu’il n’est qu’un jouet entre tes mains. Et le faire taire à jamais.


Je sais. Mais je ne vais pas pouvoir ce soir. Il va falloir attendre. La patience me le fera retrouver et à ce moment-là…

Bien, bien. Va dormir, tu seras en forme demain et là, tu frapperas. En pleine possession de tes moyens.


Un sourire aux lèvres, il se leva de sa chaise et fit quelques pas dans la rue bondée de monde. Plus grand que la moyenne, il pouvait voir le dessus du crâne de chacun des passants. Son sourire le faisait passer pour l’un des leur. Un mouton suivant ses sentiments, mais il n’en était rien. Un élément le fit s’arrêter en plein milieu de la foule. L’éclat d’yeux orange le fit se retourner vers un jeune garçon à peu prêt du même âge que notre assassin. Était-ce celui qu’il recherchait depuis ce matin ? Cela aurait été trop facile.

Mais il devait tout de même en avoir le cœur net. Il garda ses distances, il ne voulait pas trop se rapprocher et se faire découvrir pour celui-ci. Il ne voyait pas de carnet ou de stylo, mais cela ne voulait rien dire, il avait pu les ranger dans ses poches. La nuit commençait à tomber. Les gens se pressaient de rentrer pour se mettre au coin du feu, ou se reposer de leurs journées.

Artémis suivait le journaliste depuis un moment déjà. Il se demandait si avec sa taille, il n’avait pas été découvert. Certes, elle était un avantage lors de ses meurtres ou pour prendre l’avantage lors d’un combat, mais pour la discrétion, c’était autre chose.
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Artémis Atalante
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Mar 8 Jan - 22:04

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Alek frissonnait.
Vêtu d'un simple pull aux couleurs verdoyantes, il n'arrivait pas à se réchauffer. Le froid se faisait plus mordant en ces heures sombres de la journée. Comme d'habitude, le jeune journaliste avait oublié de prendre un manteau pour se couvrir. Avec ce froid, cette erreur lui semblait presque fatale. Il devait se dépêcher de rentrer à l'hôtel, pour se mettre sous une couette bien chaude qui lui ferait oublier les basses températures. Alek souffla dans ses mains devenant déjà rougies, puis les frotta quelques instants histoire de les dégeler. Ses mains à présent dans ses poches, il accéléra le pas en soupirant. Son hôtel se trouvait à l'autre bout de la ville, il lui faudrait marcher un bout de temps avant d'y accéder. Il pensa un instant à prendre les transports en commun. Cependant, il rejeta l'idée. Durant son trajet, il y avait des chances qu'il découvre de nouveaux indices, ou fasse des rencontres intéressantes.

Il se remit à réfléchir sur son enquête, les yeux dans le vague, ralentissant inconsciemment le pas. Jusqu'à présent, il avait juste récolté les témoignages des proches des victimes et de ceux qui passaient par là. Il avait le nom des victimes et leur profession. Avec tout cela, il avait d'abord pensé à un schéma que suivrait le tueur.  C'était bien joli, sauf qu'il y avait un certain problème. Les victimes ne semblaient pas avoir de connexions entre elles. Le premier était un huissier, marié et père de famille. Une personne respectable, selon les personnes qu'il avait interrogées. Un porté disparu qui ne reviendrait pas à la maison. En parlant avec sa femme, Alek s'était senti mal de penser cela. Bien sûr, il s'était gardé de tout commentaire. La pauvre femme croyait encore en son retour, le journaliste n'allait pas la bouleverser plus qu'elle ne l'était. Après l'homme, la liste des victimes s'allongeait. Couples, hommes ou femmes, le tueur semblait s'attaquer à tout le monde, et ce, qu'importait leur statut social. Même à un parrain de la mafia, ce qu'Alek trouvait effrayant. Il fallait être suffisamment sûr de ses capacités pour s'attaquer à ce genre de personne. Le tueur, en plus d'être imprévisible, devait être un monstre de la nature.

Néanmoins, ce n'était que des suppositions. Il n'était sûr de rien, manquant d'informations. Si ça se trouvait, c'était l'œuvre de plusieurs personnes séparées, mais il en doutait. Ou bien, il pourrait aussi s'agir d'un groupe. Ce qui rendrait la tâche encore plus complexe et plus dangereuse. Car il suffirait qu'un seul membre du groupe apprenne qu'un journaliste enquêtait sur eux pour qu'ils décident de lui tomber dessus. Malgré tout,  Alek ne s'en faisait pas. Il se disait que ce cas de figure ne se présenterait pas. Si cela arrivait, eh bien, c'était fort bien dommage.

Un coup de vent le sortit de ses pensées. Il se trouvait à un carrefour. À partir de là, deux chemins s'offraient à lui. Un court, qui s'enfonçait dans les rues sombres et étroites de la ville ; un plus long, où Aleksey devrait suivre de grands boulevards animés. En ce moment, la cité était dangereuse, un minimum de bon sens lui soufflait de choisir le chemin des avenues, éclairées par les lampadaires et les lumières des vitrines. Cependant, notre cher journaliste avait froid et sommeil. Il choisit les rues insalubres. Il prit conscience de l'absurdité de sa décision lorsqu'il s'y engouffra. Il ne connaissait pas cette ville. Ni ses rues. Si quelque chose arrivait et qu'il devait fuir, il se perdrait automatiquement. Le jeune homme n'avait jamais été bon pour s'orienter. C'était à peine s'il connaissait sa droite et sa gauche.

Il pouvait toujours rebrousser chemin. Être certain d'être en sécurité dans les grands boulevards, car à vrai dire, toute cette histoire commençait à lui faire légèrement peur. Ou bien était-ce juste l'ambiance des rues plongées dans une quasi obscurité qui le rendait mal à l'aise ? Il allait faire demi-tour quand il entendit des coups métalliques. Le bruit résonnait dans la ruelle, semblable à un couteau frappé régulièrement contre un mur. D'une curiosité presque maladive, celle qui le poussait à se mettre dans des situations dangereuses rien que pour la satisfaire, il se dirigea avec prudence,  appareil photo à portée de main, vers l'endroit produisant le son. Celui semblait provenir d'une ruelle parallèle à la sienne.

Alek afficha une moue déçue alors qu'il tourna sans bruit dans la ruelle. Il s'était attendu à faire face à une situation délicate. Quelqu'un qui voudrait soumettre une autre personne. Limite à une bagarre. Néanmoins, il ne s'agissait que d'une jeune fille assise sur le rebord d'un balcon frappant régulièrement ce qui semblait être un bâton sur la rambarde. Il soupira et revient dans la ruelle qu'il empruntait jusque là.

Un autre bruit vint marquer sa marche calme. Celui-ci, proche, le fit sursauter. Il se retourna vivement. Une boite de conserve, déchet habituel dans de tels endroits, roula juste à côté de lui et le dépassa. Il suivit sa trajectoire du regard, avant de reporter son attention derrière lui.

« Y a quelqu'un ? »
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Aleksey E. Lloyd
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Sam 9 Fév - 23:14
Un instant de flottement se fit alors que le journaliste se retournait pour voir ce qui venait de derrière lui. Artémis n’avait pas voulu toucher cette boite de conserve, mais dans les ombres projetées par les lampadaires ainsi que les lumières aux fenêtres, il n’avait pas fait attention. Elle avait roulé jusqu’aux pieds de celui qu’il suivait. La traque s’arrêtait-elle ici et maintenant ? Devrait-il faire son office dans cette ruelle sombre ? Il en était hors de question.

Un frisson parcourut l’échine du tueur. Il se trouvait dans une nappe d’obscurité. Il ne pouvait pas être vu par sa cible. Mais s’il voulait l’amener dans un endroit calme où il pourrait le travailler autant qu’il le voulait, il allait devoir se découvrir. C’était une bonne occasion de le faire, il n’allait pas la laisser filer aussi facilement. Il fit donc un pas en dehors de l’ombre qui le protégeait du regard de l’homme aux yeux dorés.

Sa haute silhouette surplombait le journaliste. Ses yeux froids percèrent pendant un bref instant l’homme face à eux. Il fit cependant comme s’il était dans son plein droit et continua son chemin. La surprise de voir quelqu’un sortir de l’ombre tel une silhouette fantomatique avait pétrifié le jeune journaliste pendant quelques secondes, mais il reprenait déjà le dessus. Un regard interrogateur suivit l’homme avec une longue veste le protégeant du froid.

Si vous voulez des réponses, suivez-moi.

Artémis avait lancé cette phrase pour piquer la curiosité de l’homme maintenant derrière lui. Une lueur se fit dans ses yeux, il avait été piqué. Une petite ruelle sur leur gauche les mena plus en avant. Ils s’éloignaient de la ville en elle-même avec toute son activité. Ils longeaient le centre-ville avec toutes ses boutiques qui fermaient peu à peu. La discrétion était de mise et le journaliste se comportait comme un espion prêt à recevoir un tuyau d’un de ses indics.

Une silhouette dans une ruelle adjacente faisait les poches en menaçant sa victime d’un pistolet. Une grimace sur le visage, car n’aimant pas les armes à feu, Artémis passa son chemin sans faire attention à la scène. Elle était fréquente à cette heure de la journée et il n’était pas un justicier. Une autre personne attendait près de poubelles, un couteau caché sous sa veste trop courte, les dents gâtées, il vendait de l’héroïne. Peu intéressé, notre tueur continua son chemin sans prêter attention aux appels du dealer.

Le journaliste ne semblait pas très sur de lui. Il avait suivi la personne sans la connaître. Avait-elle vraiment des réponses à lui donner ? Il était venu par curiosité, mais maintenant l’instinct de survie et la peur lui disaient de faire demi-tour et de partir. De courir peut-être ? Les lumières des lampadaires clignotaient. Elles projetaient des ombres erratiques, parfois grandes, petites, plus sombres ou plus claires. Perdant le jeune homme de ses repères spatiaux.

Quant à Atalante, il ne se posait pas de questions. Les ombres, la lumière, les personnes autour de lui n’étaient qu’une gêne temporaire pour arriver à son but. Faire taire ce journaliste à tout jamais.
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Artémis Atalante
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Sam 23 Fév - 22:16

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Artémis & Aleksey

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Il s'agissait clairement d'un piège.
Tandis qu'il suivait l'imposant inconnu devant lui, cette pensée ne cessait de le hanter. Elle tournait sans arrêt dans sa tête. Il s'agissait forcement d'un piège. Plus il s'enfonçait dans les entrailles de cette ville, s'y perdant, plus un sentiment de malaise s'emparait du jeune homme. Enfin... ce n'était pas du malaise. Du doute ? Définitivement. De la peur ? Certainement. Le journaliste déglutit. Tous ses sens lui hurlaient de faire demi-tour. De prétexter qu'il faisait trop froid, de lui proposer un rendez-vous en pleine journée. Dans un parc par exemple. Après tout, l'homme voulait juste lui partager des informations non ? Donc pas besoin qu'ils soient seuls pour ce genre de chose n'est-ce-pas ?
Quoiqu'il en soit, il ne devait pas rester là.

Aleksey se força à ne pas ralentir, malgré que l'envie de reculer se faisait de plus en plus forte. Il ne devait pas montrer son manque flagrant de confiance. Du regard, il cherchait devant lui des  échappatoires. A mesure qu'il avançait, il sentait son rythme cardiaque s'accélérer. Il avait définitivement peur. L'excitation de son enquête ne suffisait plus à palier ce sentiment comme elle le faisait si bien habituellement. Pour le bien de son travail, Aleksey se retrouvait parfois dans des situations fort dangereuses. Mais généralement, il ne travaillait pas seul dans ces cas-là. Actuellement, il n'avait pas eu le choix. Tous ses collègues étant occupés ailleurs, son chef l'avait envoyé seul comme l'affaire était pressante. Rodric l'avait mis sur un tel incident alors qu'il connaissait le jeune homme, lui et son incapacité à être prudent. Cette petite enquête était comme un sachet de bonbon qu'on agiterait sous le nez d'un gamin trop gourmand.
Pour la première fois, Alek allait refuser le sachet. Il suivrait le conseil de son rédacteur en chef, un homme bien autoritaire mais qui tenait à la vie de ses fourmis ouvrières, comme il se plaisait à les appeler :  « Nulles informations ne valent votre vie. Si vous le sentez mal, déguerpissez. ». L'air de rien, il dirigea ses pas vers la gauche. Un instant plus tôt, il avait aperçut une ruelle. Aleksey espérait qu'elle ne soit pas un cul-de sac.

Le journaliste se demanda un instant s'il ne flippait pas pour rien. L'homme devant lui pouvait aussi ne lui vouloir aucun mal. Oui mais... Pourquoi l'emmener autre part s'il voulait juste lui parler ? C'était pas comme s'il y avait grand monde à cette heure-ci, dans ce bout de quartier. Les réponses qu'il disait avoir pouvaient ne pas en être. Minute... L'individu n'avait jamais dit clairement qu'il les avaient.
Raison de plus pour s'en aller.

Soudainement, Aleksey tourna dans la ruelle. Avec un peu de chance, l'autre gars ne l'avait pas vu, et pensait que le journaliste était toujours derrière lui. Quoique, c'était impossible. Il était certain que l'autre l'ait entendu tourner. Ou sinon, l'absence de son l'alerterait. Un frisson le parcourut. Il se mit à trembler. Le fait de ne plus avoir l'autre gars en visuel le paniqua. D'un coup, il détala, se fichant du bruit de ses pas sur le béton des rues. Il devait rejoindre son hôtel. Se flanquer sous sa couette, qui ne l'oublions, est le plus puissant des boucliers.
Seule question : quelle direction prendre ?
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Parfois il montre des choses trop distantes pour être vues, Parfois il les montre comme si elles étaient présentes, prêtes à nous engloutir.
La mémoire est telle un miroir embrumé
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Aleksey E. Lloyd
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Lun 4 Mar - 14:11
Le calme envahit l’esprit d’Atalante. Il se sentait bien dans cette obscurité, la nuit pensait lourdement sur les épaules de tous les résidents de la ville, ce soir quelqu’un allait mourir. Il ne le savait pas encore, c’est tout. Le côté sadique qui poussait le tueur à passer à l’action jubilait à plein poumon dans la tête de notre assassin. La créature qu’il était reprenait le contrôle sur les personnes qu’il croisait, après ses péripéties à Garzik, contre Lejinoss Taibug, il avait dû se restreindre pendant plusieurs mois, à souffrir, diminuer.

Depuis son retour à la civilisation, le lion était sorti de sa cage. La première des victimes n’avait été qu’une mise-en-bouche pour le retour en triomphe d’Artémis. Les cheveux plus longs qu’avant cependant, la vie seul, dans la nature qui avait suivis, lui avait pris beaucoup de temps pour faire le voyage, mais il avait pu guérir en partie et il venait de récupérer ses pleins pouvoirs. L’animal était sorti et il avait besoin de rattraper le retard qu’il avait accumulé pendant ces longs mois d’inactivité.

L’araignée avait tissé sa toile dans le quartier. Cela faisait seulement quelques jours qu’il était là, et pourtant, il avait montré qu’il était le plus dangereux. Quelques jours avaient suffi pour que la rumeur dans les bas-fonds de la ville se propage. Un nouveau venu était là, et il n’était pas ici pour faire du tricot. Ou sinon, sanglant. Le dealer qu’ils avaient croisé, un simple nouveau, il allait être vite ramené à la raison par le couteau de chasse que possédait toujours l’homme au visage taillé à la serpe.

Mais le silence s’était installé, non seulement dans le cœur d’Artémis, mais aussi dans la ruelle. Les bruits de pas derrière lui avaient disparu. Un sourire sadique déforma le visage déjà grossier de l’homme qui allait partir en traque. Un couteau de chasse avec une lame de vingt centimètres sortit d’une poche intérieure de l’homme avec son manteau. La brume montait du sol, elle léchait les chaussures de notre homme en chasse.

C’était une des activités qui l’excitait le plus, la traque de la victime avant de la voir mourir, la vie le quittant. Les yeux apeurés de voir la lame se rapprocher de leur corps, la surprise de sentir la lame s’enfoncer dans leurs chairs, le froid de l’acier plongeant profondément dans leurs organes et le liquide carmin s’écoulant avec force de la plaie. Tous ceci le contentait. Il ne vivait que pour cela, mais le garçon qui venait de partir en courant était un bonus pour lui. Un cadeau du destin qui se présentait. Il ne le laisserait pas partir sans s’amuser un peu avec lui.

Il se retourna. Il était calme, serein, la lame capta la lumière d’un des rares lampadaires qui perçait jusque dans la ruelle. Mais si quelqu’un avait pu voir cet éclat, l’homme qui tenait le couteau avait déjà disparu dans une allée adjacente. Il ne se mit pas à courir, il voulait apprécier ce moment pleinement.

Ah ! Le début de la traque, c’est toujours un moment grisant.

Le premier pas était le plus important, il donnait le ton, il allait donner la marche à suivre au traqueur et à celui qui allait se faire poursuivre. Un pas appuyé, mais pas en train de courir, non, il aimait donner un sentiment de relative sécurité à ses victimes. Le journaliste allait penser qu’il ne se faisait pas poursuivre, qu’il avait réussi à s’en sortir. Mais il n’en était rien, le bruit de ses pas de course couvrirait ceux d’Atalante qui connaissait bien mieux le quartier que lui.

Le jeune homme aux yeux de couleur changeante, semblait être parti dans la ruelle de droite, une poubelle venait de tomber au loin, le bruit assourdissant qui retentissait encore dans l’air donnait l’information à Artémis qu’il n’était pas si loin que cela. Il dirigea ses pas vers la source du bruit. Un sans-abri somnolait dans le froid de la ruelle. La brume se faisait plus présente. Il pouvait entendre le bruit des pas résonnant sur les murs dehors.

Le garçon n’était déjà plus dans cette allée. Il avait tourné sur la gauche, il pouvait déjà le savoir, chercher à retrouver la rue principale, la sécurité relative des autres membres de la race humaine. Le retour en arrière était donc naturel. Le goût de la peur pouvait être sentis autre que celle de l’urine, du vomi et des excréments. La sueur rance et odorante de quelqu’un qui court, l’odeur caractéristique forte et puissante de l’impuissance face à la fatalité et l’épice de tous, la mort qui marche vers sa prochaine victime.

Nous, nous rapprochons.

Le coin de rue donnait sur un grillage de deux mètres de haut, rien d’insurmontable, même pour le petit journaliste qu’Atalante poursuivait, il pouvait voir un morceau de son vêtement accrocher en haut. Il avait dû se déchirer alors qu’il redescendait. Dans la frénésie qui l’aveuglait, il n’avait pas vu le passage dans l’obstacle mal fixé. Le traqueur poussa une portion de celui-ci et s’engouffra pour continuer la chasse de son gibier. Les pas se faisaient plus proches, il ne voulait cependant toujours pas courir, il aimait donner une infime chance à sa proie.

De plus, le quartier était un véritable labyrinthe de ruelles, cul de sac, et obstacles en tout genre. La poubelle qui avait été renversée se trouvait quelques mètres, plus loin après la première difficulté qu’avait rencontré le jeune journaliste. Un sentiment de plaisir parcourut la colonne vertébrale d’Artémis, il lui donnait tellement de plaisir en ce moment. L’écho au loin lui donnait déjà la direction à suivre pour la suite de son petit jeu malsain.
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Artémis Atalante
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