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Sam 1 Déc - 22:31

Les Ombres dansantes
Artémis & Aleksey

« How come when mortals want things, their only option is to make a deal with Hell and sell their soul? Why can't they make deals with God in exchaange for good behavior? »
Assit à la terrasse d'un café, appareil photo posé à côté d'une tasse de café fumante et carnet de note en main, le jeune journaliste réfléchissait intensément. Il était plongé dans sa bulle, faisant complètement abstraction du monde extérieur. Aleksey tentait de mener, seul, une enquête policière dans un quartier qu'il ne connaissait pas. Cette tâche était compliquée. C'était bien plus difficile qu'il ne l'avait imaginé. Il lâcha un soupir en s'affalant sur le dossier de sa chaise, lâchant son carnet des yeux. Le jeune était fatigué. Depuis qu'il était arrivé en ville, il ne cessait de courir partout. De demander des informations. De parler aux habitants. De prendre des photos. Il était aussi aller voir au commissariat. Il s'en était fait exclure. Ce n'était pas étonnant, la police aimait rarement donner des détails sur une affaire à des civils. Surtout si ceux-ci étaient des journalistes un poil trop curieux. Loin de se soucier de ce refus, le brin avait continué à arpenter les rues de ce quartier.

Il prit une gorgée du fabuleux breuvage en observant la ville. Du moins la rue passante. Vivante, elle grouillait de monde. A première vue, il était difficile de croire qu'ici, des tragédies se jouaient. Cependant, depuis quelques jours, la ville était devenue le sombre théâtre de meurtres et de disparitions mystérieuses. L'imagination d'Alek tournait à plein pot. Il s'imaginait un margalouf, qui par des évènements divers et variés devint un tueur en série. Il pérégrinerait tous les ans dans une nouvelle ville pour y semer la terreur, et ce, jusqu'à ce qu'il se fasse arrêter.

Se rasseyant correctement sur la chaise, il se remit au travail. En soi, il avait suffisamment de matière pour écrire un premier jet. Il lui manquait plus que bien vérifier les dires des témoins et familles des disparus qu'il avait interrogés. Plus les données de la police. Pour celles-ci, il fallait qu'il entre en contact avec un agent plus souple, moins résistant à l'idée de partager des précieux indices.

Lorsqu'il finit son café et décida de rentrer à l'hôtel, le ciel arborait déjà des nuances de bleu foncé mêlés à du rouge-orangé. Son regard se perdit un instant dans ces couleurs chaudes. Le crépuscule était beau, mais ne durait jamais assez longtemps. Il quitta ses observations et rangea ses affaires quand la nuit tomba. Se levant, il marchait jusqu'à l'intérieur du bar, histoire de payer sa boisson, puis prit la direction de son nid pour la nuit. Il aurait pourtant aimé continuer son investigation durant cette période de journée. Après tout, il était dit que les personnes intéressantes, celles qui savaient des choses, étaient des créatures nocturnes. Mais café ou non, il restait fatigué.

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Aleksey E. Lloyd
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Lun 10 Déc - 7:42
Plusieurs jours s’étaient déjà passés depuis l’arrivée de la bête noire de la ville. La première disparition datait maintenant de plus d’une semaine. Huit jours, exactement, s’étaient écoulés depuis le mystère de l’huissier Armon Lee Oswald. Alors que sa journée de travail était finie et qu’il sortit de ses bureaux sur la rue Biutag, il s’était dirigé vers son petit appartement à quelques rues de là. Mais il n’était jamais arrivé à destination. Les recherches n’avaient réellement commencé que deux jours après les faits.

Et l’homme étant toujours porté manquant à ce jour. Les forces de l’ordre avaient bien sûr passés au peigne fin chaque centimètre carré de sa maison, où vivaient sa femme ainsi que ses deux enfants. Mais aucune trace de celui-ci. Certains avaient parlé d’une fuite pour quitter sa femme et sa vie monotone, néanmoins aucun n’y croyaient réellement.

Les incidents ne s’arrêtaient malheureusement pas à cette simple disparition. Un couple vivant dans un gîte avait été retrouvé chez eux le lendemain. L’homme était un chasseur et sa femme secrétaire dans une petite entreprise de textile. La maison se trouvait en périphérie de la ville. La table était encore mise, pour trois personnes, bien que les deux victimes soient sans enfants, quand on retrouva leurs corps sans vie. Les voisins n’avaient rien entendu de suspect la veille, de plus aucun n’était au courant d’un visiteur inopportun venu rendre visite.

D’autres faits mystérieux, ou dérangeant, telle la mort d’une jeune femme de dix-sept ans dans une ruelle proche d’immeuble de logement. Une cité, un coin mal famé, un endroit aussi sûr qu’un coupe-gorge. C’était l’idée générale, cependant, la police savait que les environs étaient calmes la plupart du temps dut au fait que le caïd du quartier ne tolérait pas de débordements. Il régnait d’une main de fer sur celui-ci et bien qu’il fasse commerce d’armes et d’autres substances illégales, il ne dérangeait pas plus que cela les autorités, il les arrosait assez généreusement pour ne pas risquer leur intervention.

Ce fut malheureusement pour lui le début de ses derniers jours. Parrain, d’une petite famille mafieuse, il régnait sur les habitants des immeubles avec fermeté, mais aussi avec gentillesse. Ses activités illégales lui offraient les moyens d’offrir, chaque fin d’années, un présent à chacun des habitants. De plus, il montrait du respect à ceux qui avaient préféré la voie du travail dur et laborieux en usine. Ce fut donc un choc, lorsque le lendemain, il fut projeté par sa fenêtre du cinquième étage sur le macadam.

En pleine nuit, deux disparitions avaient eu lieu à l’autre bout de la ville. Deux travailleurs finissants tard, ce jour-là. Ils venaient de fixer la dernière poutrelle métallique de la journée. Leurs collègues étaient déjà partis se désaltérer au bar à quelques coins de rue. Nouveaux, jeunes et sans compagnons pour les attendre à leurs retours, il avait fallu attendre trois jours pour que leurs disparitions soient officielles.

Depuis, la situation avait été beaucoup plus calme. L’assassin semblait avoir eu sa dose de violence pour le moment. Mais, dans les faits, il n’en était rien. Artémis logeait maintenant dans un hôtel proche du centre-ville. Le Cortez. Ses couloirs étaient recouverts d’une tapisserie crème à motif floraux avec un épais tapis de velours rouge. La chambre dans laquelle il dormait comportait un lit pour deux personnes ainsi qu’une petite salle de bain avec une vasque et une douche. Ses maigres affaires tenaient dans une valise.

L’attention qu’il eût fait porter sur ses activités, ne lui déplaisait pas, cependant, il ne voulait pas être arrêté pour avoir fait preuve de zèle ou de trop d’enthousiasme. La police avait posé beaucoup de questions sur les allées et venus de chacun. Et pour ne pas se faire remarquer il s’était fait discret. Cependant, il avait bien sûr fait attention à ne pas se trouver sur les lieux de leurs investigations. Néanmoins, il était parvenu à ses oreilles qu’un journaliste, un peu trop curieux pour son propre bien, menait une enquête parallèle aux forces de l’ordre.

Il écrirait un article sur les évènements de ces derniers jours et traquerait le coupable. Il s’était rendu chez beaucoup de voisins, de possibles témoins, ainsi qu’à la police pour recueillir le plus d’informations possibles pour écrire. Atalante ne savait pas ce que celui-ci avait pu découvrir pendant ses recherches, mais il ne pouvait pas le laisser faire. Il avait une vague description de l’homme.

Un jeune homme dans la vingtaine. Les cheveux bruns. Ces éléments n’allaient pas aider celui qui le traquait. Pourtant, l’élément le plus significatif est qu’il se balade toujours avec un stylo ainsi qu’un carnet pour noter absolument tout ce que les témoins diraient ayant de l’importance à ses yeux. Il descendit pour commencer lui aussi son enquête, il devait le trouver pour lui apprendre à garder le silence. Un silence éternel.

Le concierge le salua alors qu’il mettait un long manteau gris anthracite pour résister contre le froid de la journée. Avec son allure, peu amène ainsi que ses nombreuses questions, il réussit à récupérer d’autres informations sur le détective en herbe. Plutôt un gringalet, il ne semblait pas en excellente forme physique. Et la couleur de ses yeux était singulière, un jaune mordoré qui changeait de couleur selon la direction de la lumière. Pouvant passer à un orange sanguin, comme un crépuscule.

Il ne fit rien à ces pauvres moutons. Aucune réaction quand il s’était présenté à leurs pas-de-porte. Et il ne voulait pas attirer l’attention sur lui de nouveau pour le moment. Le prochain serait cet Aleksey dont il avait eu le nom pour une voisine du maître de la cité. Le voir tomber avec une expression d’horreur, de haine et de peur mêlées avait été un véritable délice.

Ses recherches piétinèrent. Il n’avait aucune information sur comment le contacter. Il n’en avait pas laissé aux personnes interrogées. Il sortait de son taxi, il avait eu du mal à en trouver un dans le quartier, bien que n’ayant pas une mauvaise réputation. Il s’attabla à une terrasse d’un café pour prendre un café. Il n’aimait pas le goût, il exécrait cette boisson. Toujours était-il qu’elle le réchauffait par ce temps froid et il en avait bien besoin.

Il paya sa consommation avec l’argent des différentes victimes qu’il avait eu dans la semaine. Puis se dirigea vers son hôtel, il ne pouvait pas continuer à mener son enquête sur ce fouineur de journaliste à cette heure de la journée.

Tu vas te faire attraper, cette fois. Et c’est un petit journaliste qui va t’avoir.

Ça, ça m’étonnerait.

Et pourquoi ça ? Tu es médium peut-être ? Explique-moi tous. Oh, grand maître !

La ferme ! Je sais que je le trouverais et que je l’arrêterais avant qu’il ne puisse faire quoi que se soit. Et il disparaîtra comme les autres.

Il est à toi. Tu dois le retrouver. Tu dois lui montrer ce que tu sais faire. Lui faire comprendre qu’il n’est qu’un jouet entre tes mains. Et le faire taire à jamais.


Je sais. Mais je ne vais pas pouvoir ce soir. Il va falloir attendre. La patience me le fera retrouver et à ce moment-là…

Bien, bien. Va dormir, tu seras en forme demain et là, tu frapperas. En pleine possession de tes moyens.


Un sourire aux lèvres, il se leva de sa chaise et fit quelques pas dans la rue bondée de monde. Plus grand que la moyenne, il pouvait voir le dessus du crâne de chacun des passants. Son sourire le faisait passer pour l’un des leur. Un mouton suivant ses sentiments, mais il n’en était rien. Un élément le fit s’arrêter en plein milieu de la foule. L’éclat d’yeux orange le fit se retourner vers un jeune garçon à peu prêt du même âge que notre assassin. Était-ce celui qu’il recherchait depuis ce matin ? Cela aurait été trop facile.

Mais il devait tout de même en avoir le cœur net. Il garda ses distances, il ne voulait pas trop se rapprocher et se faire découvrir pour celui-ci. Il ne voyait pas de carnet ou de stylo, mais cela ne voulait rien dire, il avait pu les ranger dans ses poches. La nuit commençait à tomber. Les gens se pressaient de rentrer pour se mettre au coin du feu, ou se reposer de leurs journées.

Artémis suivait le journaliste depuis un moment déjà. Il se demandait si avec sa taille, il n’avait pas été découvert. Certes, elle était un avantage lors de ses meurtres ou pour prendre l’avantage lors d’un combat, mais pour la discrétion, c’était autre chose.
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Artémis Atalante
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Mar 8 Jan - 22:04

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Alek frissonnait.
Vêtu d'un simple pull aux couleurs verdoyantes, il n'arrivait pas à se réchauffer. Le froid se faisait plus mordant en ces heures sombres de la journée. Comme d'habitude, le jeune journaliste avait oublié de prendre un manteau pour se couvrir. Avec ce froid, cette erreur lui semblait presque fatale. Il devait se dépêcher de rentrer à l'hôtel, pour se mettre sous une couette bien chaude qui lui ferait oublier les basses températures. Alek souffla dans ses mains devenant déjà rougies, puis les frotta quelques instants histoire de les dégeler. Ses mains à présent dans ses poches, il accéléra le pas en soupirant. Son hôtel se trouvait à l'autre bout de la ville, il lui faudrait marcher un bout de temps avant d'y accéder. Il pensa un instant à prendre les transports en commun. Cependant, il rejeta l'idée. Durant son trajet, il y avait des chances qu'il découvre de nouveaux indices, ou fasse des rencontres intéressantes.

Il se remit à réfléchir sur son enquête, les yeux dans le vague, ralentissant inconsciemment le pas. Jusqu'à présent, il avait juste récolté les témoignages des proches des victimes et de ceux qui passaient par là. Il avait le nom des victimes et leur profession. Avec tout cela, il avait d'abord pensé à un schéma que suivrait le tueur.  C'était bien joli, sauf qu'il y avait un certain problème. Les victimes ne semblaient pas avoir de connexions entre elles. Le premier était un huissier, marié et père de famille. Une personne respectable, selon les personnes qu'il avait interrogées. Un porté disparu qui ne reviendrait pas à la maison. En parlant avec sa femme, Alek s'était senti mal de penser cela. Bien sûr, il s'était gardé de tout commentaire. La pauvre femme croyait encore en son retour, le journaliste n'allait pas la bouleverser plus qu'elle ne l'était. Après l'homme, la liste des victimes s'allongeait. Couples, hommes ou femmes, le tueur semblait s'attaquer à tout le monde, et ce, qu'importait leur statut social. Même à un parrain de la mafia, ce qu'Alek trouvait effrayant. Il fallait être suffisamment sûr de ses capacités pour s'attaquer à ce genre de personne. Le tueur, en plus d'être imprévisible, devait être un monstre de la nature.

Néanmoins, ce n'était que des suppositions. Il n'était sûr de rien, manquant d'informations. Si ça se trouvait, c'était l'œuvre de plusieurs personnes séparées, mais il en doutait. Ou bien, il pourrait aussi s'agir d'un groupe. Ce qui rendrait la tâche encore plus complexe et plus dangereuse. Car il suffirait qu'un seul membre du groupe apprenne qu'un journaliste enquêtait sur eux pour qu'ils décident de lui tomber dessus. Malgré tout,  Alek ne s'en faisait pas. Il se disait que ce cas de figure ne se présenterait pas. Si cela arrivait, eh bien, c'était fort bien dommage.

Un coup de vent le sortit de ses pensées. Il se trouvait à un carrefour. À partir de là, deux chemins s'offraient à lui. Un court, qui s'enfonçait dans les rues sombres et étroites de la ville ; un plus long, où Aleksey devrait suivre de grands boulevards animés. En ce moment, la cité était dangereuse, un minimum de bon sens lui soufflait de choisir le chemin des avenues, éclairées par les lampadaires et les lumières des vitrines. Cependant, notre cher journaliste avait froid et sommeil. Il choisit les rues insalubres. Il prit conscience de l'absurdité de sa décision lorsqu'il s'y engouffra. Il ne connaissait pas cette ville. Ni ses rues. Si quelque chose arrivait et qu'il devait fuir, il se perdrait automatiquement. Le jeune homme n'avait jamais été bon pour s'orienter. C'était à peine s'il connaissait sa droite et sa gauche.

Il pouvait toujours rebrousser chemin. Être certain d'être en sécurité dans les grands boulevards, car à vrai dire, toute cette histoire commençait à lui faire légèrement peur. Ou bien était-ce juste l'ambiance des rues plongées dans une quasi obscurité qui le rendait mal à l'aise ? Il allait faire demi-tour quand il entendit des coups métalliques. Le bruit résonnait dans la ruelle, semblable à un couteau frappé régulièrement contre un mur. D'une curiosité presque maladive, celle qui le poussait à se mettre dans des situations dangereuses rien que pour la satisfaire, il se dirigea avec prudence,  appareil photo à portée de main, vers l'endroit produisant le son. Celui semblait provenir d'une ruelle parallèle à la sienne.

Alek afficha une moue déçue alors qu'il tourna sans bruit dans la ruelle. Il s'était attendu à faire face à une situation délicate. Quelqu'un qui voudrait soumettre une autre personne. Limite à une bagarre. Néanmoins, il ne s'agissait que d'une jeune fille assise sur le rebord d'un balcon frappant régulièrement ce qui semblait être un bâton sur la rambarde. Il soupira et revient dans la ruelle qu'il empruntait jusque là.

Un autre bruit vint marquer sa marche calme. Celui-ci, proche, le fit sursauter. Il se retourna vivement. Une boite de conserve, déchet habituel dans de tels endroits, roula juste à côté de lui et le dépassa. Il suivit sa trajectoire du regard, avant de reporter son attention derrière lui.

« Y a quelqu'un ? »
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Aleksey E. Lloyd
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Sam 9 Fév - 23:14
Un instant de flottement se fit alors que le journaliste se retournait pour voir ce qui venait de derrière lui. Artémis n’avait pas voulu toucher cette boite de conserve, mais dans les ombres projetées par les lampadaires ainsi que les lumières aux fenêtres, il n’avait pas fait attention. Elle avait roulé jusqu’aux pieds de celui qu’il suivait. La traque s’arrêtait-elle ici et maintenant ? Devrait-il faire son office dans cette ruelle sombre ? Il en était hors de question.

Un frisson parcourut l’échine du tueur. Il se trouvait dans une nappe d’obscurité. Il ne pouvait pas être vu par sa cible. Mais s’il voulait l’amener dans un endroit calme où il pourrait le travailler autant qu’il le voulait, il allait devoir se découvrir. C’était une bonne occasion de le faire, il n’allait pas la laisser filer aussi facilement. Il fit donc un pas en dehors de l’ombre qui le protégeait du regard de l’homme aux yeux dorés.

Sa haute silhouette surplombait le journaliste. Ses yeux froids percèrent pendant un bref instant l’homme face à eux. Il fit cependant comme s’il était dans son plein droit et continua son chemin. La surprise de voir quelqu’un sortir de l’ombre tel une silhouette fantomatique avait pétrifié le jeune journaliste pendant quelques secondes, mais il reprenait déjà le dessus. Un regard interrogateur suivit l’homme avec une longue veste le protégeant du froid.

Si vous voulez des réponses, suivez-moi.

Artémis avait lancé cette phrase pour piquer la curiosité de l’homme maintenant derrière lui. Une lueur se fit dans ses yeux, il avait été piqué. Une petite ruelle sur leur gauche les mena plus en avant. Ils s’éloignaient de la ville en elle-même avec toute son activité. Ils longeaient le centre-ville avec toutes ses boutiques qui fermaient peu à peu. La discrétion était de mise et le journaliste se comportait comme un espion prêt à recevoir un tuyau d’un de ses indics.

Une silhouette dans une ruelle adjacente faisait les poches en menaçant sa victime d’un pistolet. Une grimace sur le visage, car n’aimant pas les armes à feu, Artémis passa son chemin sans faire attention à la scène. Elle était fréquente à cette heure de la journée et il n’était pas un justicier. Une autre personne attendait près de poubelles, un couteau caché sous sa veste trop courte, les dents gâtées, il vendait de l’héroïne. Peu intéressé, notre tueur continua son chemin sans prêter attention aux appels du dealer.

Le journaliste ne semblait pas très sur de lui. Il avait suivi la personne sans la connaître. Avait-elle vraiment des réponses à lui donner ? Il était venu par curiosité, mais maintenant l’instinct de survie et la peur lui disaient de faire demi-tour et de partir. De courir peut-être ? Les lumières des lampadaires clignotaient. Elles projetaient des ombres erratiques, parfois grandes, petites, plus sombres ou plus claires. Perdant le jeune homme de ses repères spatiaux.

Quant à Atalante, il ne se posait pas de questions. Les ombres, la lumière, les personnes autour de lui n’étaient qu’une gêne temporaire pour arriver à son but. Faire taire ce journaliste à tout jamais.
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Artémis Atalante
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Sam 23 Fév - 22:16

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Il s'agissait clairement d'un piège.
Tandis qu'il suivait l'imposant inconnu devant lui, cette pensée ne cessait de le hanter. Elle tournait sans arrêt dans sa tête. Il s'agissait forcement d'un piège. Plus il s'enfonçait dans les entrailles de cette ville, s'y perdant, plus un sentiment de malaise s'emparait du jeune homme. Enfin... ce n'était pas du malaise. Du doute ? Définitivement. De la peur ? Certainement. Le journaliste déglutit. Tous ses sens lui hurlaient de faire demi-tour. De prétexter qu'il faisait trop froid, de lui proposer un rendez-vous en pleine journée. Dans un parc par exemple. Après tout, l'homme voulait juste lui partager des informations non ? Donc pas besoin qu'ils soient seuls pour ce genre de chose n'est-ce-pas ?
Quoiqu'il en soit, il ne devait pas rester là.

Aleksey se força à ne pas ralentir, malgré que l'envie de reculer se faisait de plus en plus forte. Il ne devait pas montrer son manque flagrant de confiance. Du regard, il cherchait devant lui des  échappatoires. A mesure qu'il avançait, il sentait son rythme cardiaque s'accélérer. Il avait définitivement peur. L'excitation de son enquête ne suffisait plus à palier ce sentiment comme elle le faisait si bien habituellement. Pour le bien de son travail, Aleksey se retrouvait parfois dans des situations fort dangereuses. Mais généralement, il ne travaillait pas seul dans ces cas-là. Actuellement, il n'avait pas eu le choix. Tous ses collègues étant occupés ailleurs, son chef l'avait envoyé seul comme l'affaire était pressante. Rodric l'avait mis sur un tel incident alors qu'il connaissait le jeune homme, lui et son incapacité à être prudent. Cette petite enquête était comme un sachet de bonbon qu'on agiterait sous le nez d'un gamin trop gourmand.
Pour la première fois, Alek allait refuser le sachet. Il suivrait le conseil de son rédacteur en chef, un homme bien autoritaire mais qui tenait à la vie de ses fourmis ouvrières, comme il se plaisait à les appeler :  « Nulles informations ne valent votre vie. Si vous le sentez mal, déguerpissez. ». L'air de rien, il dirigea ses pas vers la gauche. Un instant plus tôt, il avait aperçut une ruelle. Aleksey espérait qu'elle ne soit pas un cul-de sac.

Le journaliste se demanda un instant s'il ne flippait pas pour rien. L'homme devant lui pouvait aussi ne lui vouloir aucun mal. Oui mais... Pourquoi l'emmener autre part s'il voulait juste lui parler ? C'était pas comme s'il y avait grand monde à cette heure-ci, dans ce bout de quartier. Les réponses qu'il disait avoir pouvaient ne pas en être. Minute... L'individu n'avait jamais dit clairement qu'il les avaient.
Raison de plus pour s'en aller.

Soudainement, Aleksey tourna dans la ruelle. Avec un peu de chance, l'autre gars ne l'avait pas vu, et pensait que le journaliste était toujours derrière lui. Quoique, c'était impossible. Il était certain que l'autre l'ait entendu tourner. Ou sinon, l'absence de son l'alerterait. Un frisson le parcourut. Il se mit à trembler. Le fait de ne plus avoir l'autre gars en visuel le paniqua. D'un coup, il détala, se fichant du bruit de ses pas sur le béton des rues. Il devait rejoindre son hôtel. Se flanquer sous sa couette, qui ne l'oublions, est le plus puissant des boucliers.
Seule question : quelle direction prendre ?
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Aleksey E. Lloyd
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Lun 4 Mar - 14:11
Le calme envahit l’esprit d’Atalante. Il se sentait bien dans cette obscurité, la nuit pensait lourdement sur les épaules de tous les résidents de la ville, ce soir quelqu’un allait mourir. Il ne le savait pas encore, c’est tout. Le côté sadique qui poussait le tueur à passer à l’action jubilait à plein poumon dans la tête de notre assassin. La créature qu’il était reprenait le contrôle sur les personnes qu’il croisait, après ses péripéties à Garzik, contre Lejinoss Taibug, il avait dû se restreindre pendant plusieurs mois, à souffrir, diminuer.

Depuis son retour à la civilisation, le lion était sorti de sa cage. La première des victimes n’avait été qu’une mise-en-bouche pour le retour en triomphe d’Artémis. Les cheveux plus longs qu’avant cependant, la vie seul, dans la nature qui avait suivis, lui avait pris beaucoup de temps pour faire le voyage, mais il avait pu guérir en partie et il venait de récupérer ses pleins pouvoirs. L’animal était sorti et il avait besoin de rattraper le retard qu’il avait accumulé pendant ces longs mois d’inactivité.

L’araignée avait tissé sa toile dans le quartier. Cela faisait seulement quelques jours qu’il était là, et pourtant, il avait montré qu’il était le plus dangereux. Quelques jours avaient suffi pour que la rumeur dans les bas-fonds de la ville se propage. Un nouveau venu était là, et il n’était pas ici pour faire du tricot. Ou sinon, sanglant. Le dealer qu’ils avaient croisé, un simple nouveau, il allait être vite ramené à la raison par le couteau de chasse que possédait toujours l’homme au visage taillé à la serpe.

Mais le silence s’était installé, non seulement dans le cœur d’Artémis, mais aussi dans la ruelle. Les bruits de pas derrière lui avaient disparu. Un sourire sadique déforma le visage déjà grossier de l’homme qui allait partir en traque. Un couteau de chasse avec une lame de vingt centimètres sortit d’une poche intérieure de l’homme avec son manteau. La brume montait du sol, elle léchait les chaussures de notre homme en chasse.

C’était une des activités qui l’excitait le plus, la traque de la victime avant de la voir mourir, la vie le quittant. Les yeux apeurés de voir la lame se rapprocher de leur corps, la surprise de sentir la lame s’enfoncer dans leurs chairs, le froid de l’acier plongeant profondément dans leurs organes et le liquide carmin s’écoulant avec force de la plaie. Tous ceci le contentait. Il ne vivait que pour cela, mais le garçon qui venait de partir en courant était un bonus pour lui. Un cadeau du destin qui se présentait. Il ne le laisserait pas partir sans s’amuser un peu avec lui.

Il se retourna. Il était calme, serein, la lame capta la lumière d’un des rares lampadaires qui perçait jusque dans la ruelle. Mais si quelqu’un avait pu voir cet éclat, l’homme qui tenait le couteau avait déjà disparu dans une allée adjacente. Il ne se mit pas à courir, il voulait apprécier ce moment pleinement.

Ah ! Le début de la traque, c’est toujours un moment grisant.

Le premier pas était le plus important, il donnait le ton, il allait donner la marche à suivre au traqueur et à celui qui allait se faire poursuivre. Un pas appuyé, mais pas en train de courir, non, il aimait donner un sentiment de relative sécurité à ses victimes. Le journaliste allait penser qu’il ne se faisait pas poursuivre, qu’il avait réussi à s’en sortir. Mais il n’en était rien, le bruit de ses pas de course couvrirait ceux d’Atalante qui connaissait bien mieux le quartier que lui.

Le jeune homme aux yeux de couleur changeante, semblait être parti dans la ruelle de droite, une poubelle venait de tomber au loin, le bruit assourdissant qui retentissait encore dans l’air donnait l’information à Artémis qu’il n’était pas si loin que cela. Il dirigea ses pas vers la source du bruit. Un sans-abri somnolait dans le froid de la ruelle. La brume se faisait plus présente. Il pouvait entendre le bruit des pas résonnant sur les murs dehors.

Le garçon n’était déjà plus dans cette allée. Il avait tourné sur la gauche, il pouvait déjà le savoir, chercher à retrouver la rue principale, la sécurité relative des autres membres de la race humaine. Le retour en arrière était donc naturel. Le goût de la peur pouvait être sentis autre que celle de l’urine, du vomi et des excréments. La sueur rance et odorante de quelqu’un qui court, l’odeur caractéristique forte et puissante de l’impuissance face à la fatalité et l’épice de tous, la mort qui marche vers sa prochaine victime.

Nous, nous rapprochons.

Le coin de rue donnait sur un grillage de deux mètres de haut, rien d’insurmontable, même pour le petit journaliste qu’Atalante poursuivait, il pouvait voir un morceau de son vêtement accrocher en haut. Il avait dû se déchirer alors qu’il redescendait. Dans la frénésie qui l’aveuglait, il n’avait pas vu le passage dans l’obstacle mal fixé. Le traqueur poussa une portion de celui-ci et s’engouffra pour continuer la chasse de son gibier. Les pas se faisaient plus proches, il ne voulait cependant toujours pas courir, il aimait donner une infime chance à sa proie.

De plus, le quartier était un véritable labyrinthe de ruelles, cul de sac, et obstacles en tout genre. La poubelle qui avait été renversée se trouvait quelques mètres, plus loin après la première difficulté qu’avait rencontré le jeune journaliste. Un sentiment de plaisir parcourut la colonne vertébrale d’Artémis, il lui donnait tellement de plaisir en ce moment. L’écho au loin lui donnait déjà la direction à suivre pour la suite de son petit jeu malsain.
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Artémis Atalante
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Jeu 18 Avr - 20:20

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« How come when mortals want things, their only option is to make a deal with Hell and sell their soul? Why can't they make deals with God in exchange for good behavior? »

Il allait être attrapé.
Ne pas pouvoir s'échapper et se faire tuer. Il allait y passer.

Hors d'haleine, Aleksey arrêta brutalement sa course pour reprendre son souffle. S'appuyant contre un mur, il se forçait à prendre de grosses bouffées d'air. Il avait l'impression de courir depuis une éternité. Il courait et n'arrivait pas à s'orienter, la panique lui faisant perdre le peu de repères qu'il avait. Ce quartier était impossible. C'en était presque risible. Seul point positif, il avait surement réussit à paumer l'autre gars. C'était improbable que la montagne l'ai suivit après tous les tours et détours qu'Aleksey avait fait.

Alors qu'il s'était un peu calmé, un frisson de terreur le parcourut quand il entendit des pas résonner. Pas qui se rapprochaient incessamment de sa position. Le journaliste tremblait. Il n'arrivait à démarrer pour un nouveau sprint. Si le gars l'avait retrouvé, Aleksey devait détaler. Mettre le plus de distance possible. S'enfermer dans sa chambre et partir de cette foutu ville le lendemain, aux premières lueurs du jour. Cependant, tout ce plan était maintenant irréalisable. La peur le clouait sur place, son cœur battant toujours plus fort contre sa poitrine avec l'appréhension.

S'il était aussi terrifié, ce n'était pas par la situation en elle-même -bien sûr qu'il y avait de quoi avoir peur- mais plus parce qu'il savait. Il savait ce que certains hommes -ou femmes- pouvaient lui faire. Il en avait déjà eu l'expérience et il ne voulait pas avoir à le refaire. Aleksey glissa le long du mur, ses jambes ne le portant plus sous le coup de l'émotion. Les souvenirs du passé se glissèrent sans efforts sur les images du présent, qu'il ne pouvait déjà plus voir, alors qu'il avait mit un bon moment à s'en remettre. Des images traumatisantes dansait devant ses yeux. C'était à l'époque où encore étudiant, bien avant d'être journaliste, il était venu s'installer seul à York Shin City, ignorant que la grande ville regorgeait de danger en tous genres. A partir de là, tout avait rapidement dégénéré. Prit pour cible d'un trafic inquiétant, l'adolescent qu'il était avait eu la peur de sa vie. S'il n'avait pas fait la connaissance d'Evi, un de ses futurs amis, le garçon en serait certainement mort à l'heure actuelle. Ce traumatisme l'avait poussé étrangement poussé vers son futur métier. Ok, il avait failli y passer. N'empêche que sa curiosité -à l'instant où il avait été pris pour cible, il voulait absolument tout savoir sur ce groupe- en avait était plutôt satisfaite.

Cette fois, une âme charitable viendra le sauver ?
Avec la chance qu'il avait, sûrement pas.

Il se releva, bien décidé à se sortir de ce mauvais pas. A chaque fois, il arrivait à s'en sortir. Ce soir ne ferait pas une exception. Ainsi, il se remit à courir. A chercher les artères principales de la ville. Après quelques minutes de course, qui lui parurent interminable, il en trouva une. Enfin. Soulagé, il s'arrêta, tremblant. Il soupira et regarda autour de lui. Maintenant, il devait trouver un moyen de rentrer et surtout de savoir où il était en fait. Aleksey se posa contre un mur, sorti son cellulaire et actionna le GPS.

Quelques minutes lui fallait avant qu'il n'ait un itinéraire. A sa grande joie, celui-ci passait par les avenues.

Cheh.

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Aleksey E. Lloyd
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Sam 20 Avr - 15:18
Le brouillard montait peu à peu du sol. La nuit était installée. Mêmes à cette heure, certains habitants rentraient chez eux. Mais ils le faisaient, parce qu’ils connaissaient les rues à éviter. Les pièges qui pouvaient leur être tendu. Le journaliste ne semblait pas être de ceux-là. Il avait couru tant et si bien qu’il ne savait plus où il se trouvait. Et le tueur non plus. Mais pour lui ça n’avait aucune importance. Le plus important était le plaisir de ressentir le frisson de la traque.

La bête s’était arrêtée, il ne pouvait plus l’entendre. Le chasseur devait maintenant se fier à son instinct pour continuer de remonter la piste. Et dans une jungle de béton, ça n’était pas le plus facile. De plus, il traquait la proie la plus difficile du milieu, le journaliste. Une créature fourbe, maligne et sournoise. Prête à tout pour avoir un scoop, une information croustillante ou quelques propos à déformer pour être en première page. Et pour couronner le tout, celui-ci était sur ses traces. Il ne devait pas rester vivant de leur rencontre.

Artémis se fit moins discret, il ne pouvait pas perdre de temps, et laisser celui-ci à cette vermine de s’enfuir. Ses pas résonnaient sur les murs. Cette zone de la ville n’était pas très active à la tombée de la nuit. Elle se réveillait beaucoup plus tard, pour des affaires plus sombres encore. Du type que celle qui intéressait notre tueur en série en ce moment. Il accélérait le pas. Il regardait à droite et à gauche pour trouver une trace, même infime pour reprendre la piste.

Pas de vêtements déchirés, de traces de pas boueuses ni de poubelles reversées cette fois. Il allait devoir le faire à l’instinct. Mais parfois, l’instinct ne servait à rien. Surtout, si la personne n’avait pas des sens ultra-aiguisés comme dans les bande-dessinés ou était à moitié animal. Il devait maintenant réfléchir. Comment ce jeune homme pouvait s’enfuir ? En retrouvant son chemin, bien sûr. Et pour cela, il devait rejoindre un des deux points qui donnait sur les grandes artères de la ville.

Le plus proche, se trouvait dans son dos. Il l’élimina dès qu’il y pensa. Pourquoi l’éliminer aussi vite ? Parce qu’il avait entendu les pas de la brebis égarée et qu’elle était déjà passée devant la ruelle donnant sur la liberté. Il devait donc continuer son chemin. L’instinct de survie. Une des choses les plus fascinante pour Atalante. Elle poussait les proies à se surpasser, à tenter de survivre alors qu’elles étaient déjà condamnées. Et à souffrir plus longtemps que ce qu’elles auraient dus.

L’instinct de survie était une chose inconnue pour le tueur de sang-froid. La mort ne lui faisait pas réellement peur. Sa vie n’était qu’une succession de meurtres.

Trouve-le ! Il doit mourir, arrêtes de tergiverser !

Oui ça va, je vais le trouver !

Plus vite, il est dangereux, il nous a vus. Il peut nous retrouver ! Il faut que tu le fasses payer !

Je m’en occupe, je viens de te dire !

Occupe t’en plus vite alors ! Je veux sentir la vie quitter son corps par la plaie béante que tu lui feras de ta lame. Je veux sentir son sang s’écouler de son corps. Voir dans ses yeux la vie s’échapper. M’abreuver de son âme !

C’est bon ! J’ai compris, pas la peine d’en rajouter ! Maintenant ferme la ! Je dois me concentrer.


Son envie de meurtre se faisait de plus en plus pressante. Il voulait ce journaliste. Pendant longtemps, elle avait été museler par la blessure au bras d’Artémis. Elle venait de recouvrir ses pleins moyens et maintenant elle voulait rattraper le temps perdu depuis cette rencontre. Et le journaliste ferait un très bon exutoire. Il continua donc son chemin. L’entrée vers la civilisation, la rue passante se trouvait à quelques tournants.

La frontière invisible entre la civilisation et le chaos. Comment le simple fait de passer le pas d’une ruelle sombre et de s’engager dans l’obscurité pouvait autant changer les lois qui prévalait ? L’assassin n’en savait rien. Mais il était bien content d’avoir guidé ce jeune journaliste dans son repère. Il n’avait plus qu’à le retrouver pour en faire ce qu’il voulait.

Il tourna de nouveau. La lumière salutaire pour le journaliste se trouvait à quelques mètres, une vingtaine environ. Pourtant, l’obscurité n’arrivait pas à se faire percer par cette lueur salvatrice. Pourtant, un éclat de lumière accrocha le regard du tueur en série. Quelqu’un se cachait derrière un tas d’ordures et de poubelles. Il pouvait sentir la peur et l’odeur rance de la sueur jusqu’ici. Le plaisir de sentir sa lame plongée dans sa victime viendrait bientôt.

Il se dirigea vers la lumière de portable de la personne cachée derrière son maigre rempart.
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Artémis Atalante
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Lun 22 Avr - 15:50

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A présent, il avait presque trop chaud sous son pull, malgré le froid de la nuit. Cette course-poursuite lui avait fait oublier le froid et la fatigue ressenties en début de soirée. Comment la situation avait pu dégénérée aussi rapidement ? La question n'avait pas lieue d'être posée. La cause était sa curiosité. Sa foutue curiosité.

Alors qu'il était dans l'artère de la ville, le jeune journaliste se détendait. Un peu trop d'ailleurs. Il en oublia presque le tueur à ses trousses. Il se disait que celui-ci ne l'avait pas suivit. Que si c'était le cas, celui-ci ne pourrait rien faire dans la rue. S'il était inconscient ? Totalement. Il profita même de ce temps pour envoyer un message à son patron, il disant qu'il quittait la ville le lendemain. Une fois cela fait, il revint sur l'onglet du GPS.

Au moment où il se mit en route, il tourna la tête pour regarder les environs. Il s'arrêta, les yeux agrandis par l'effroi. Le tueur l'avait retrouvé. Son cœur s'accélérait, tambourinait contre sa cage thoracique. Tandis que l'autre s'approchait, dans une démarche calme, qui l'effrayait, il se trouvait incapable de faire le moindre mouvement.

Bouge !

Il ne pouvait pas.
La peur le clouait sur place.
Il allait se faire prendre.

Il allait mourir des mains d'un tueur en série. Au fond, il se marrait. Il y avait plus ridicule comme mort. Par exemple, avaler un truc de travers, ou glisser dans les escaliers. Là, c'était pour son travail. Il y avait de quoi être fier. C'était tragique, mais pas risible.

La montagne s'approcha. Encore et encore. Aleksey aurait bien voulu lui dire -lui hurler- de le laisser en paix, de dégager. Malheureusement, sa voix ne sortait pas.
Enfin, il recula. Un pas, puis deux. Au troisième, reprenant contrôle de ses jambes, il fit volte-face et recommença à courir.

Mais vous savez quoi? Cela ne suffit pas. L'autre lui agrippa son pull. Alek força.
Il était attrapé.
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Aleksey E. Lloyd
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Ven 26 Avr - 18:08
Le voilà entre ses mains. Il l’aurait fait courir. Enfin façon de parler, il n’avait été que le gibier depuis le début de l’histoire. La proie ne faisait jamais courir le chasseur, elle n’était qu’un amusement qu’il remplacerait bien vite dans son esprit. Mais en ce moment, elle était le centre de l’univers, le pinacle de la soirée. Et malheureusement pour elle, elle allait devoir souffrir pour que l’obscurité qui les avait recouverts soit parfaite. Une goutte tomba sur la veste du tueur en série, un obstacle de plus, symbolique. Même la nature ne voulait pas que ce journaliste finisse entre les griffes d’Atalante et pourtant plus rien ne pourrait le sauver de finir comme ses autres victimes.

Il était maintenant assez tard, les lueurs des néons des enseignes ne signalaient plus que les boutiques qui étaient maintenant fermées. Elles réouvriraient dans plusieurs heures. Pas un seul passant dans la rue, quelques voitures, mais elles ne s’arrêteraient jamais pour faire attention à deux personnes collées l’un à l’autre. Le coude broya les cervicales du jeune homme que le traqueur poursuivait depuis maintenant un long moment. Il lui attrapa les cheveux d’une main ferme, il ne partirait plus, il allait devoir souffrir maintenant, pour le plaisir du sadique qui l’avait rattrapé.

Le golgoth projeta le journaliste sur un mur en pierre, légion dans l’avenue qu’ils longeaient. Le choc fut brutal. Le souffle coupé, l’homme aux cheveux châtains se plia en deux pour insuffler à nouveau de l’air dans ses poumons, cependant l’être sadique devant lui ne lui en laissa pas le temps. Il l’attrapa par la gorge et le colla à l’enduit qui recouvrait les parpaings du mur. Le regard dans celui de l’autre, ils comprenaient l’envie de vivre de l’un et la soif de sang de l’autre, l’un d’eux allait devoir mourir ce soir, malheureusement pour le journaliste, il n’était pas celui qui était armé. Dans cette grande rue, le temps c’était figé en apparence.

Maintenant, vas-y frappe !

Non, Artémis ! Laisse-le, tu lui as fait bien assez peur ! Il a compris qui tu étais !

Oui, il a compris et il sait qui l’on est ! Il ne doit pas rester en vie ! Il doit mourir ! Maintenant, tranche-lui la gorge pour qu’il ne puisse plus jamais poser de questions !

Non ! Je te l’interdis !

Toi, tu fermes ta gueule ! On te laisse en vie parce que t’es marrant et que de temps en temps Artémis veut bien t’écouter ! Mais c’est tout ! Alors tu vas apprécier le spectacle maintenant et fermer ta putain de grande gueule si tu veux pas finir comme ce putain de journaliste !


Pendant ce moment de flottement, alors que les deux consciences d’Artémis se disputaient l’attention de l’homme qui tenait le destin d’Aleksey entre ses mains, le jeune homme face à la montagne tenta un faible sourire, une tentative risible et désespérée pour avoir la vie sauve. Qui n’eut pas l’effet escompté. À la place, la lame papillon de l’assassin fusa vers le visage.

Il avait eu une idée, un journaliste, il l’avait vu, quoi de mieux pour commencer l’échauffement que de lui crever les yeux pour qu’il ne puisse plus le voir. Il ne faisait comme ça d’habitude, il préférait voir la souffrance dans les yeux de ses victimes. Mais une impulsion malsaine attirait son esprit vers l’œil gauche de sa victime. Si changeant, si brillant. Il était à lui maintenant ! La lame du couteau ne se trouvait maintenant qu’à quelques millimètres de la cornée.

La lame plongea dans l’orbite du journaliste. Un cri puissant s’échappa de sa gorge. Il se débattait pour échapper à la poigne du tueur qui était en train de se faire plaisir en torturant son supplicié. Le petit homme face au golgoth était comme David contre Goliath. Sauf que le héros de cette histoire avait oublié qu’il avait un crayon pour se défendre contre le titan qui lui faisait face. Mais le couteau raclait le fond de l’orbite, les soubresauts d’Aleksey n’arrangeait pas sa blessure. Cependant, son supplice prit fin quand l’assassin ressortit les centimètres d’acier de son orifice.

Alors qu’il allait finir le travail et plonger dans la carotide de celui qui se mêlait des affaires des autres. Artémis fut interrompu par des passants. Ils les virent tous les deux, les cris les avaient attirés comme des mouches par des poubelles. Il avait le temps de tuer, il pouvait en finir maintenant. Mais il allait devoir relever cette loque humaine pour finir son travail. Et le temps de faire son affaire au journaliste, les civils seraient déjà arrivés. Avoir plusieurs victimes ne le gênait pas particulièrement. Mais devoir gérer la police qui devait sûrement déjà être en chemin était une autre paire de manche. Il préféra se retirer pour le moment.

Les deux personnes arrivèrent pour venir en aide au petit scribouillard. Il n’était pas en pleine forme, c’était peu de le dire. Le traitement que lui avait infligé Artémis n’avait pas été piqué des hannetons. Elles l’immobilisèrent le temps que les secours n’arrivent.

Pendant ce temps, le tueur marchait sans être inquiété. Il n’avait pas pu finir le travail, cependant, il avait donné une bonne leçon à ce journaliste. Et il reviendrait lui en donner une plus finale. Il n’avait qu’à le retrouver. Mais pour ça, il avait le temps. Il tourna au coin d’une ruelle disparaissant dans les ombres de la nuit ainsi que la brume qui s’épaississait encore.
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Artémis Atalante
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Ven 7 Juin - 22:30

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Il avait mal.
La douleur ne voulait pas cesser. Elle le brûlait. Elle parcourait ses veines. Il avait envie de se recroqueviller, de toucher les paupières de l'œil gauche pour se rassurer, se dire qu'il allait bien, que la souffrance n'était qu'imaginaire, qu'il rêvait. Oui. Ça se trouve il était entrain de rêver. Tout ça, tout ce qu'il s'était produit n'était qu'illusion, un simple produit de son imagination. Il était à son hôtel, en sécurité, à cauchemarder.
Il allait se réveiller, c'était certain.
 
« Restez avec nous, les secours vont arriver ! »
Il se figea à ces mots. C'était réel. Tout. La pluie, le sang, la douleur. Aleksey n'en voulait pas. Il refusait cette réalité. De nouveau, il sentit la panique et le stresse accélérer son pouls. Il trembla. Le journaliste ne devait pas se trouver là. L'autre allait le retrouver sinon. Il devait courir. Mettre le plus de distance possible entre cette foutue ville et lui. Terrifié, il se releva brusquement. Mauvaise idée. La douleur causée par ses blessures le rattrapa, lui faisant lâcher un gémissement.
 
« Eh ! Arrêtez de bouger ! »
Le jeune homme n'arrivait pas à s'accrocher à ce qu'il passait autour de lui. Tout lui paraissait bizarrement flou. Que ce soit les visages des passants qui semblait l'aider ou l'étrange agitation d'une ville qu'il pensait endormie. On le força à se rallonger et a rester tranquille. Ce simple contact lui causa de violents tremblements. Il pouvait encore sentir son agresseur l'attraper par la gorge. Le couteau qui s'enfonçait dans son orbite.
Ne me touchez pas ! Laissez-moi !
Aucun sons ne sortit de sa bouche. A la place, il s'enfonça dans un profond mutisme et refoula des pleurs de soulagements naissants. D'un coup, il venait de réaliser qu'il était sauf. Qu'il avait échapper des mains d'un tueur en série. Enfin pour l'instant. Il était certain qu'un jour, l'autre viendra terminer son travail.
 
Alek ferma son œil encore valide. Le sol lui paraissait être un bon endroit pour piquer un somme. Le garçon était épuisé. Il avait ressentit trop d'angoisse, de peur et de douleur pour un laps de temps relativement court.
Il n'en pouvait plus.
 
XxXxXxX
 
Mitch avait accouru dès qu'il avait apprit la nouvelle. L'homme avait littéralement virer la jeune Mayora de chez lui (ils faisaient affaires, encore une fois) et avait pris sa bagnole, direction Swaldani. Le voyage lui avait paru interminable. Tandis qu'il observait son fils dormir, il avait l'impression que l'enfer recommençait. Encore une fois, Alek était gravement blessé et il ne pouvait rien y faire. La première fois, pour éviter des séquelles mentales, il avait scellé les souvenirs de sa progéniture. Il serra les poings. Mitch ne pouvait réitérer le même soin , même si l'envie l'en brûlait. Son gamin avait la manie de se retrouver dans des situations périlleuses. Ça  le frustrait.
 
Il se leva du fauteuil installé à côté du lit quand le médecin entra dans la chambre. D'une voix tremblante, il lui demanda comment allait le jeune homme.
 
« Il n'y a pas d'inquiétude à avoir, son état est stable. Cependant, on a du lui énucléer l'œil, il était dans un état irrécupérable. Dans un bon mois, le temps de cicatriser, il pourra éventuellement demander une prothèse. Quant à ses autres blessures, elle guériront rapidement. Par contre, je ne vous cache pas que sur un plan mental, ce sera une autre paire de manche...
-Je sais, le coupa Mitch, je sais. Merci pour tout doc'. »
 
Celui-ci fit un petit sourire avant de quitter la pièce. Mitch passa une main dans les cheveux de son garçon endormit. Sa vie n'était pas en danger, c'était le principal. Il ne bougea pas quand la porte de la chambre s'ouvrit, après quelques coups, pour laisser entrer deux policiers. Se tournant vers eux, il les observa. Le couple se composait d'un homme d'une trentaine d'année et d'une jeune femme, plus jeune. Probablement sa seconde. Celle-ci prit la parole. 
"Bonjour monsieur, nous sommes-là pour interroger votre fils ici présent. Si cela est possible. Son médecin nous a donné le feu vert mais..
-Il ne sais pas si le p'tit sera capable de répondre hein ? »

La demoiselle hocha la tête. L'homme soupira et se tourna vers son gars. Il le secoua doucement pour le réveiller et pesta intérieurement contre les deux flics. Le mieux aurait été qu'Alek soit déjà éveillé avant leur venue. Là, son gosse risquait de ne pas être très coopératif selon son état. Celui-ci ne tarda pas à ouvrir son œil. Sitôt, la panique emplit son regard doré.

« Calme-toi Alek, t'es en sécurité. »

Ses mots n'eurent aucun effets sur le gamin, qui se recroquevilla et se mit à trembler. Il était terrifié. Son esprit n'était pas avec eux. Il était coincé dans ses souvenirs. Des souvenirs tout frais et bien trop désagréables. Mitch laissa tomber la délicatesse et le secoua plus violemment cette fois.

« Réveilles-toi bordel ! »

Il s'arrêta au moment où la policière, inquiète de cette scène, fit un pas vers lui. Ce dernier lui adressa un regard noir. Elle recula. Bien que dirigé vers elle, la jeune femme n'en était pas la cible. L'homme était en colère, sans compter qu'il se sentait de plus en plus frustré. S'il pouvait, il irait bien faire un tour histoire d'évacuer tout ces sentiments négatifs.

« P'pa ? »

Les trois personnes présentes se tournèrent vers la voix. Cette fois, le jeune homme paraissait avoir repris ses esprits. Il était bien là, présent avec eux. Le policier, muet jusqu'à présent, prit alors la parole.

« Aleksey Lloyd ? Je suis l'agent Julian Malone et voici ma collègue, Caroline Ferez.. On est là pour prendre votre témoignage sur votre agression, survenue avant-hier. Pouvez-vous nous dire ce qu'il s'est passé ? Ce dont vous vous souvenez ? »

Le garçon déglutit. Il se redressa lentement et ramena ses jambes à lui. Il se souvenait de tout. Les images se mélangeaient dans son crâne, les sensations revenaient. Aleksey releva la tête vers l'enquêteur, plongeant son œil dans les siens. Il avait un regard franc et juste. Alek pouvait deviner qu'il lui laisserait autant de temps qu'il en aurait besoin pour parler. Ce n'était pas le cas de sa collègue qui commençait déjà à se lasser d'attendre sa réponse. Une vraie boule d'énergie. Le jeune homme ignora son regard impatient et le reporta sur Julian. A vrai dire, il ne savait pas s'il devait leur dire quoi que ce soit. S'il parlait, il avait l'impression d'être un homme mort. Son agresseur pourrait le retrouver pour finir sa tâche. Il fronça les sourcils. Non. Ce n'était pas ça. Qu'il parle ou non, si leurs chemins se croisaient encore, le jeune homme ne ferait pas long feu. Probablement pas.

Il leur racontera tout. Il savait qu'il devait le faire. Il ne pouvait pas. Les souvenirs tournant dans sa tête l'en empêchèrent. Ils entravaient sa capacité de réflexion. Il ne savait plus par où commencer et former une phrase lui semblait être impossible. Il retomba quelques jours en arrière, dans l'avenue où il avait faillir y passer.

« Alek, s'inquiéta Mitch, Aleksey ? »

Il revoyait avec effroi le blond l'attraper. Le balancer contre le mur. La lame qu'il tenait. La douleur fulgurante. La nuit froide. Les ruelles. Les ombres dansantes.

(c) DΛNDELION


HRP:
Alek finira par rien leur dire. Traumatisé, il peut pas. Il leur dira juste qu'il est probablement tombé sur le tueur en série qui a sévit dans la ville. A part ça, il veut plus et ne peut plus en parler.
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Aleksey E. Lloyd
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