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Glisser dans la piscine

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Dim 7 Oct - 11:19
Garzik, petite mégapole d'un pays glacial du continent Aijen. C'est là que s'en était allé se perdre Lejinoss Taibug, c'est là où ses errements calculés l'avaient amené à développer son Nen. Un rien, un Nen insignifiant et à peine abouti, mais un Nen tout de moins, un Nen néanmoins. Hatsu sommaire, Hatsu primaire, Hatsu toutefois, il s'évertuait à faire apparaître en main le clé de son Key Data. S'évertuait ou plutôt s'efforçait. Bien qu'ayant un penchant prononcé pour la matérialisation, débutant qu'il était, il lui fallait alors près de deux minutes de concentration pour aboutir à un minuscule objet dont les propriétés n'étaient pas si complexes en soi : une clé USB.
Tel un drogué qui venait tout juste de consommer son fixe, il contemplait la paume de sa main en pleine rue, à attendre que ses efforts ne portent leurs fruits. Pratiquer avec assiduité et sans relâche était la meilleure manière de se perfectionner au plus tôt. La meilleure manière de se vider son énergie aussi. Avait-il peut-être matérialisé son Hatsu six ou sept fois que déjà il suait à grosses gouttes dans les allées glacées de Garznik où il déambulait hagard, son souffle se faisant plus court et ses tempes battantes.

- Sept... c'est ma limite...

Il n'y avait pas là de quoi se vanter. Consommant davantage d'aura que nécessaire pour l'élaboration d'un ustensile aussi modeste, il était loin le jour où Leji parviendrait à faire apparaître son Key Data sans avoir à se concentrer ou même patienter de longues secondes. Plus laborieux encore, maintenir son Nen suffisamment stable pour que ce qu'il avait été en mesure de construire ne s'évanouisse pas faute de minutie.
Même parmi les élèves lents à l'apprentissage, l'hirsute se plaçait au niveau des cancres ; ce qui relevait du réflexe chez les uns tenait du parcours du combattant pour lui. Clé en main, littéralement, il marchait en cette fin d'après-midi sur les trottoirs éclairés de la grande ville dont l'architecture était aussi froide et sinistre que le climat environnant. À plusieurs reprises, il manqua de renverser quelques personnes âgées tant il ne regardait pas devant lui. L'incident fut évité in extremis par deux fois déjà. Le temps était venu de franchir une nouvelle étape : conserver son Key Data en main sans l'avoir dans son regard. Évidence d'une simplicité absolue ? Pour beaucoup, oui, mais pas pour le Hunter en orange.
Anxieux, il quitta ses prunelles de la paume de sa main. Pouvoir se représenter physiquement l'objet et l'avoir dans son champ de vision avait été capital pour parvenir à le matérialiser. Le dénouement était proche, les pupilles se jetèrent droit devant lui et...

- Saloperie de mes deux !

L'exclamation avait été plus forte que lui. Une seconde d'inattention avait suffit pour dissiper l'aura prudemment condensée au creux de sa main. Pour lui, la maîtrise du Nen promettait d'être particulièrement ardu.

- Pardon ?!

À bien y réfléchir, plutôt que de matérialiser sa clé USB aux propriétés spéciales, Leji eut été plus avisé d'ériger un objet capable de le prémunir contre la malchance et les mauvais coups du sort. Regarder devant lui et proférer des insanités comme il l'avait fait suite à sa déconvenue était en soi un malheureux concours de circonstances ; que la première personne qui croise son regard lorsqu'il prononça ces mots porte l'uniforme de la police locale relevait en revanche de la poisse la plus crasse et dommageable qui soit.

- Évidemment... fallait que ça m'arrive quand un flic se pointe. Bien sûr... parce que pourquoi pas après tout...

Accablé, toutefois habitué à ce genre de situations - la malchance relevant de son lot quotidien - le malheureux Hunter réunit alors toutes les forces qu'il lui restait pour... soupirer longuement. Après ses petits essais - peu concluants - à la maîtrise du Nen, la vigueur lui faisait cruellement défaut. Fuir, ou même se plaindre n'était même plus concevable dans l'état où il se trouvait. Se confronter à cet homme en uniforme, charpenté comme une commode et à la moustache touffue et excentrique ? Cela n'eut pas été envisageable même en pleine possession de ses moyens.
Le fier gardien de l'ordre en était déjà à se saisir de ce petit malpoli vêtu en orange quand ce dernier, tout en se défendant mollement, cherchait à extirper de sa poche son meilleur argument pour éviter la taule. Son assaillant en était déjà à chercher les menottes tout en le rabrouant copieusement d'insultes locales quand Lejinoss brandit enfin sa licence Hunter.

- Ça va, ça va ...! J'ai pas fait exprès !

«J'ai pas fait exprès» n'étant pas très convainquant quand il s'agissait d'insulter spontanément quelqu'un qu'il avait regardé droit dans les yeux malgré lui. L'hirsute échappa toutefois aux menottes pour finir malgré tout gratifié d'une paire de baffes pour lui réchauffer les joues et le faire tomber à la renverse.

- Vous et votre association de merde ! À part vous ingérer dans les affaires de mon pays et nous insulter sans raisons, à quoi vous servez ?

Dans le coin, on avait la fibre patriotique et on n'appréciait guère les incursions de prétentieux qui agitaient un bout de carton plastifié en en hurlant «J'ai le droit» pour tout se permettre. Hunter était un statut qui faisait briller les yeux des uns autant qu'il faisait grincer des dents les autres. L'aspect transnational de l'organisation et l'influence politique dû aux hauts-faits de ses membres était de prime abord menaçant pour toute nation qui se respectait. Jusqu'à présent apolitique, l'association Hunter, de par ses réseaux diplomatiques et sa trésorerie faisait peur.

- Au lieu de tirer au flanc le cul par-terre et insulter les gens gratuitement, tu pourrais peut-être utiliser tes compétences pour aider la police à résoudre le meurtre qu'y a eu à la piscine municipale y'a deux jours de ça. Quatre filles tuées, et pas joliment. M'enfin c'que j'en dis hein...

Lejinoss ne préféra pas pousser l'impertinence jusqu'à déclarer ne se trouver «cul par-terre» que parce que l'officier l'y avait placé ainsi. Une autre soufflante était si vite arrivée. Cela dit, alors qu'il regardait partir le cosaque mal embouché encore furieux de ne pas avoir pu mettre un Hunter en cabane, Leji - en frottant sa joue rougie par la claque - réfléchit quelques instants avant de s'adresser au premier passant venu.

- Dites, votre piscine municipale, on la trouve par où ?

À bien y réfléchir, son Key Data était le Hatsu parfait pour ce genre de situation. S'il pouvait s'entraîner tout en mettant à contribution son Nen dans l'enquête, il n'y voyait là que des inconvénients. Tout du moins, pour le moment. Car lorsqu'on se lançait dans une enquête, on prenait le risque de tomber sur le responsable du crime. C'était d'ailleurs le principe de la chose.
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Lun 8 Oct - 18:23
Artémis devait trouver où dormir ce soir. Il était arrivé dans la ville de Garzik, sur le continent d'Aijen depuis la veille. Elle ressemblait à Météore Ville sur certains aspects. Ses pas l’avaient mené jusqu’ici dans son errance pour survivre et s’amuser. Il avait récupéré de quoi manger en passant voir quelques familles, l’amusement avait fait partie intégrante pour manger. Personne n’avait réussi à passer son épreuve. Aucune de ses victimes n’avaient réussi à se détacher de ses sentiments pour devenir l’être implacable et froid qu’était Artémis. Il marchait depuis un moment et avait besoin de se laver pour ne pas sentir comme un vieux sans domicile fixe.

Il en avait vu beaucoup durant son vagabondage dans les terres du continent. Les gens plaignaient le peuple de Météore Ville, car ils vivaient dans des déchets, mais c’étaient eux qui avaient créé ce dans quoi Atalante avait vécu toute son enfance. Il ne leur en voulait pas, lui aussi se débarrassait bien des déchets dont il n’avait plus besoin. Les gens autour de lui l’évitaient, pas vraiment aimable avec son regard froid et le manque de sourire sur son visage. Il traînait les pieds, il vient à passer devant la piscine municipale de la ville. Elle était fermée pour le moment, en effet, une pancarte indiquait aux clients qu’elle ne serait réouverte que dans quelques jours pour cause de nettoyage des locaux ainsi que des travaux. Cela ferait, un parfait lieu de repos pour une nuit.

Il s’engouffra dans une ruelle adjacente au grillage de la piscine. Plusieurs immeubles jouxtaient celle-ci, cependant, il ne vit personne aux fenêtres en train de scruter les environs. Il en profita pour escalader la clôture et se frayer un chemin jusqu’aux locaux. Tout semblant fermer à clé, toute les porte qu’il testa restèrent closes. Bien sûr, il avait pris ses précautions pour ne pas laisser de trace et avait utilisé la manche de son costume pour tester les différentes entrées potentielles. Cependant, en tournant autour des lieux, il put entendre des voix en premier. Elles étaient assourdies, provenant de l’intérieur du bâtiment municipal. Il put voir par les la baie vitrée que se trouvait un groupe de jeunes filles à l’intérieur, toutes jolies, enfin de ce qu’il pouvait en dire de là où il était.

Il vérifia son costume et s’épousseta pour ne pas paraître sans le sou, il devait faire une bonne impression s’il voulait pouvoir s’amuser avec ces jeunes demoiselles. Il rentra par une ouverture proche des bassins de ce qu’il supposait. Il se retrouvait maintenant dans les vestiaires, les douches se trouvaient un peu plus loin, proches de l’entrée de la piscine, notre assassin se permit même de passer deux minutes sous l’eau chaude pour enlever la crasse qu’il avait sur lui. Il trouva après plusieurs minutes de recherches les sacs des demoiselles qu’elles avaient laissé dans les casiers plus par habitudes, c’est ainsi qu’il vola une serviette dans un sac kaki et se sécha avant de se rhabiller. Il humidifia celle-ci avec de l’eau de la douche par passer un coup sur son costume et lui rendre une couleur noire plus franche et gagner ainsi en crédibilité.

Le carrelage de la piscine était froid et il se dépêcha de remettre ses chaussures, volées, en cuir noir pour parfaire son déguisement. Tout était dans les premiers instants, il l’avait appris avec l’expérience, si ses futures victimes se doutaient de quoi que se soit dans les cinq premières minutes, tout tomberait à l’eau. Et vu qu’il était dans une piscine cela serait un comble. Il réajustait sa cravate quand il rentra dans la salle aux bassins.

Elles ne le virent pas tout de suite, il fallut un moment avant qu’elles ne se rendent compte de son arrivée. La surprise figea leurs visages pendant un court instant, celui-ci fut comme une drogue pour le tueur en série qu’était Artémis. Les visages déformés par une pointe d’effroi, ne pas savoir ce qui allait leur arriver en découvrant un nouveau paramètre dans leurs petites vies bien ranger. Oh oui, il allait bien s’amuser avec celles-ci, il pouvait déjà le sentir avec l’atmosphère qui commençait à s’instaurer sur le lieu.

Parfait.

Il se rapprocha les mains en l’air en signe de non-agression, il ne voulait absolument pas leur faire peur. Elles ne devaient se douter rien avant qu’il ne passe à l’action. C’était un petit jeu auquel il adorait s’amuser. Une vague de plaisir l’envahit et un sourire éclos sur son visage, son envie d’expérimentation revenait, impérieuse, le poussant à passer à l’action dès maintenant, mais il se retint, il ne devait pas, il gardait le plaisir d’assouvir ses bas instincts dans quelques instants.

Qui t’es ? Et qu’est-ce que tu fais ? T’as rien à foutre ici !

Son sourire s’élargit, avait-il trouvé la personne qui passerait son petit test ce soir ? Les autres filles du groupe ne disaient rien, elles ne faisaient que le regard avec des yeux de moutons, elles ne faisaient que suivre celle qui venait de parler. Et bien, se serait la grande dirigeante de ce petit groupe qui deviendrait son sujet d’expérimentation. Il savait déjà dans l’ensemble ce qu’il allait faire, mais quand il vit une perche pour aider les personnes à nager ou pour les ramener à la surface quand elles se noyaient, il eut un éclair de génie, tout relatif, et son sourire s’élargit. Il avait presque l’air d’un fou maintenant, il se mit une petite claque mentale pour se calmer et revenir au présent. Il devait maintenant faire bonne impression et ne pas les faire fuir.

Et bien, je pourrais vous dire exactement la même chose. Je viens d’arriver en ville et ne connaissant pas les lieux, j’ai trouvé étrange de voir de la lumière. Alors je me suis dit que je pourrais venir voir qui s’était quand j’ai aperçu, par la plus grande surprise, un groupe de jolies jeunes filles. Je me disais que peut-être ce que je vends pourrait vous intéresser ?

Et c’est quoi que tu vends ?

C’était une jeune femme d’environ quatorze ans qui venait de parler. De longs cheveux roux, les yeux d’un vert comme le jade. Quelques taches de rousseur, un petit nez busqué et de fines lèvres. De ce qu'Artémis pouvait en voir avec la lueur de la lumière électrique les quatre filles étaient même magnifique, les prétendants devaient faire la queue pour faire leurs déclarations. La plus jeune, de ce qu’il apercevait du groupe, les autres semblaient être dans la fleur de l’âge, en pleine adolescence, ou peut être avoir tout juste la vingtaine. Il sourit de plus belle en sortant un petit sachet en plastique, comme s’il avait un échantillon dans sa poche. En fait, il n’y avait que du sable dans celui-ci, mais cela lui permettait de ferrer les aventuriers et aventurières.

Je vends du « Sable de Rêve », ça vient de NGL, Neo Green Life. C’est leur nouvelle drogue. Elle fait planer tellement haut d’après mes clients et elle est tellement bonne que mes clients en redemandent après seulement quelques heures. Vous voulez tester ? C’est offert par la maison, alors ?

Le leader allait protester quand les trois autres filles ayant envie de sensation interdite et d’aventure se dirigèrent vers Artémis et lui arrachèrent le sachet des mains pour prendre une pincée de sable à l’intérieur et l’inspirer. La dirigeante du groupe restait sceptique et à l’écart du groupe qui s’allongeait déjà sur le sol pour tenter de sentir les effets de la soi-disante drogue, ce qui n’arriverait jamais.

Elle avait les yeux noisette, ils étaient alertes et regardaient le nouveau protagoniste sous toutes les coutures, se méfiant de son arrivée. Ses longs cheveux châtain clair cascadaient jusqu’au milieu de son dos en vaguelettes avec des anglaises à la fin. Une petite mouche se trouvait au coin de sa lèvre inférieure sur sa droite, lui donnait une touche raffinée, elle ne semblait pas être artificielle de plus. Des courbes généreuses finissaient ce tableau, ce qui donnait encore plus envie à Artémis de voir de quel bois cette belle demoiselle était faite.

Qu’est-ce que tu fais là ?

Le tutoiement était venu naturellement, après tout le tueur qu’elle avait en face d’elle avait à peu prêt le même âge qu’elle. Elle n’avait pas peur de lui, mais se méfiait, il ne lui inspirait pas confiance, elle avait bien raison, il faut toujours se méfier des personnes que l’on ne connaît pas. Les parents ne le répètent jamais assez souvent. Les mains en l’air pour ne pas paraître agressif toujours, il ne fallait pas brusquer la demoiselle. Il lui fallait vivante.

Ce que je fais là ? Mais je viens apporter un peu de bonheur dans cette triste vie. Et aussi trouver de nouveaux clients. Mais ça, ça n’est pas important n’est-ce pas ? Tu vois comme tes amies s’amusent ? Et pour ça gratuitement. Tout ce que tu as à faire, c’est de me prendre un peu de « Sable de Rêve » et tu pourras les rejoindre au pays des Merveilles. Alors veux-tu les suivre ?

Le leader hésita un instant avant de prendre un sachet tout en gardant un œil sur celui qu’elle avait en face. Elle attrapa une pincée et inspira un grand coup, son regard se silla pendant l’inspiration, mais ses paupières se fermèrent alors que ses doigts fins passaient sur ses douces narines pour enlever le surplus au bord du nez. C’est à ce moment que notre assassin passa à l’action et l’assomma avec le manche de son couteau papillon, il la voulait vivante et les autres aussi pour le spectacle.

Les trois autres moutons ne réalisèrent que trop tard, bien trop tard la situation dans laquelle elles étaient. L’une d’entre elle tenta tant bien que mal de l’attaquer, mais il était trop fort physiquement. Elle n’eut aucune chance contre lui qu’il assomma d’un bon coup de son manche de couteau papillon. La deuxième resta figer devant l’horreur que se produisait devant elle. Quand il passa devant elle, elle ne souffla mot et tomba sur le sol, elle venait de s’évanouir en ayant vu ce qui s’était produit. La quatrième, la rousse tenta de s’enfuir, elle passa le pédiluve, vide en courant. Ses chaussures glissaient sur les carrés de carrelage. Le souffle court elle se dirigea vers les affaires qu’elle et ses amies avaient laissé lors de leur arrivée. Mais il était trop tard, elle n’aurait pas dû s’occuper de ses biens. En route vers l’entrée, sa route fut coupée par l’homme qu’elle venait de rencontrer et son destin fut scellé. Les quatre étaient maintenant les jouets entre les mains de notre grand enfant qui voulait voir un spectacle grandiose. Et il avait déjà son idée sur le déroulement de celui-ci.

Il déposa délicatement le leader sur le sol. Elle ne devait pas être blessée plus que de raison, après tout, elle serait peut-être la première à devenir comme lui. Une sensation désagréable s’insinua dans son esprit, était-ce de la culpabilité ? C’était comme un bourdonnement de moustiques en été, très agaçant, et ne s’arrêtant jamais. Il lui mit une claque mentale avant de retourner à ses occupations. Il avait vu qu’il y avait des travaux un peu plus loin, des colonnes de barres de fer pour monter un mur, un nouveau secteur allait être ouvert pour les plus jeunes, il semblerait avec un petit bassin et des jets d’eau. Il trouva le bureau du contremaître ainsi qu’une chaise dans laquelle il installa avec ferveur le centre de la pièce de théâtre qui allait suivre.

La petite rousse ? Non, il devait en faire son chef d’œuvre de ce soir, pas une vulgaire sculpture. Il prit une des deux autres filles. Il ne faisait même pas attention à leurs apparences physiques, seul la rousse et le leader n’avaient d’yeux pour lui. Il avait vu en ce deux-là le pinacle de sa soirée, et l’arrivée d’une nouvelle étape dans l’art qu’il faisait. Il récupéra une corde dans les nombreux outils qu’il y avait dans l’établissement avec de nombreux autres choses dont il pensait avoir besoin pour l’occasion. C’est ainsi qu’avec une poulie et la corde, il fit monter lentement la jeune fille qu’il venait de prendre au sol. Ses pieds fermement posés dans des encoches alors que le ciment n’était pas encore coulé entre les parpaings, il ajusta l’énorme barre de fer qui sortait du sol juste en dessous de la demoiselle, elle frôlait maintenant doucement son rectum, à la limite de rentrer, c’était parfait. Il utilisa le bout de la corde pour mettre un contrepoids pour que la jeune femme ne tombe pas bêtement sur la pointe de métal bêtement durant son sommeil, il lui fallait attendre de se réveiller et de se rendre compte de toute l’horreur de sa situation.

La deuxième, il ne savait pas quoi en faire, il n’avait pas vraiment d’idée. Il l’attacha tout simplement devant la dirigeante du groupe pour qu’elle puisse la voir en relevant la tête à son réveil. Il devait maintenant s’occuper de la rousse. Elle lui avait tout de suite tapé dans l’œil, il ne voulait pas la laisser à l’écart, il voulait en faire le pinacle de cette soirée. Il passa un câble électrique plusieurs fois autour de ses poignets en gardant cinq mètres de longueur entre les deux. Il vérifia la résistance pour être sûr que la demoiselle qu’il avait prévu comme clou du spectacle ne pourrait pas s’échapper, ainsi, il passa le milieu de la longueur en haut d’un mur de trois mètres environ, une pointe d’acier dépassait d’une vingtaine de centimètres. Il regarda ce qu’il avait créé pour le réveil de la belle meneuse.

Avec délicatesse, il déplia lentement son couteau papillon, il avait attendu ce moment pendant tellement longtemps. Il lui paraissait avoir attendu des heures alors que seulement une heure s’était passée depuis sa subite envie. Il avait certes eu le besoin de les tuer en les voyant, mais le désir d’en faire une œuvre d’art ne lui était venu que pendant leurs rencontres. Il fit glisser lentement la pointe de sa lame sur la peau d’albâtre de le leader. Il passa plusieurs tours de ruban adhésif autour des poignets et des chevilles de celle qui était encore non entraver sur la chaise. C’est avec la morsure du fil de sa lame qu’il la réveilla.

La surprise puis l’horreur se firent sur le visage de la châtain. Elle ne s’attendait pas en se réveillant à voir ce spectacle. Elle cria, ils crient toujours en apercevant les efforts que mettant Artémis pour leur ouvrir les yeux. Ils ne comprenaient rien. Les trois autres filles se réveillèrent en même temps. Celle suspendue en l’air glissa et la barre s’enfonça un peu à l’intérieur d’elle.

Tu vois ta copine là-haut ? La fatigue va la faire descendre lentement, elle va glisser peu à peu pour s’empaler lentement sur cette barre en acier. Quant à tes deux autres amis, elles auront un sort tout aussi grandiose.

Il se rapprocha de la deuxième jeune femme dont il ne retenait pas le physique, si banal, par rapport aux deux autres. Il joua de son couteau devant elle avant de l’égorger impitoyablement devant les yeux des trois témoins. L’empalée hurla de douleur et d’horreur quand elle voulut venir au secours de son amie. Avec l’adrénaline, elle tenta de se relever, mais la douleur était trop forte quand elle voulut retirer le corps étranger de son corps et c’est dans un second temps qu’elle hurla cette fois-ci simplement de douleur en sentant la barre pénétrer plus profondément dans son anatomie.

Magnifique, tu ne trouves pas ? Un tableau superbe ! En parlant de tableau, il me faut une toile pour immortaliser ce moment.

C’est sur ces mots qu’Atalante se tourna vers la rousse, elle serait sa toile. Avec minutie et précision, pour ne pas couper trop profondément, il fit une incision le long de son torse nu. La rousse hurlait de douleur, mais cela n’arrêta pas notre auteur auto-proclamé. Il fit un pas en arrière pour analyser sa première coupure qu’il trouva assez bonne pour continuer son œuvre. Celle qui était suspendue perdait plus vite ses forces qu’il ne l’avait pensé, elle avait encore descendu de quelques centimètres et le sang commençait à se voir sur la structure métallique, coulant lentement tout le long pour se répandre sur le sol. Il continua son travail en passant aux poignets de la belle rousse qui se remit à hurler d’horreur et du calvaire que son tortionnaire lui imposait. Artémis rejoignit avec précision le haut de la première des coupures, là où les deux clavicules se rejoignent, là où se trouvent le plexus solaire. Puis il passa à l’autre poignet et refit la même chose.

Avec ce résultat, il allait pouvoir travailler. Les larmes coulaient sur les joues des trois demoiselles. Et c’est à cet instant que les jambes de l’empaler lâchèrent, la gravité fit le travail et c’est avec une grande vitesse que la barre de fer se retrouva à percer le sommet du crâne de celle-ci. Un hurlement d’agonie et de supplication sortit de la bouche du porte-drapeau du groupe. Mais cela n’arrêta pas Artémis qui continua son office avec la fille dont il s’occupait. Il commença lentement à la dépecer, mais pas morceaux par morceaux, non. Il voulait une toile et pour cela, il lui fallait la totalité en une seule fois. Arrivé à la fin de son travail, la rousse était morte, il ne restait de la peau qu’au niveau de ses mains, de sa tête et de ses pieds.

Il se retourna, un sourire fou sur le visage. Il regarda le leader en pleure qui était horrifié par le spectacle qu’elle venait de voir. Il venait d’avoir une autre idée et c’est avec la peau pleine de tache de rousseur qu’il enveloppa la fille qui était attachée. Il réajusta son « manteau » et plongea son regard dans le sien.

Alors qu’en penses-tu ? Magnifique n’est-ce pas ?

T’es un malade ! Un grand Malade, je vais te buter et je te ferais mille fois pire que ce que tu as fait à mes amies. Tu vas regretter d’être né, sale fils de pute !

Artémis fut contrarié, il espérait avoir une autre réponse. Il avait caressé l’espoir de voir naître un autre être tel que lui sans émotions, sans contraintes de la société, de ses codes. Il se rapprocha en se mettant à genoux devant la dernière survivante et la regarda dans les yeux.

Tu n’as vraiment pas de cœur, tu sais ?

Sur ces mots, il plongea son couteau papillon dans l’abdomen de la fille aux cheveux châtains. Il le retira lentement et l’essuya minutieusement sur ses habits. Il le rangea alors dans une poche de son costume qu’il enleva ainsi que sa chemise, dévoilant son corps sculpté. Il plongea alors sa main dans le corps et chercha lentement l’organe pompant le sang dans l’organisme de la demoiselle en face de lui. Et lui arracha le cœur après un moment de difficulté. Après cette déception, il retourna dans les douches où il se lava et repartit pour trouver un autre lieu dans lequel dormir. Il ne pouvait pas rester là, quelqu’un avait dû entendre les cris.

Il croisa quelque temps plus tard un grand nombre de voitures de police. Il faisait nuit et un grand nombre de personnes déambulaient encore dans la rue. Il pourrait peut-être de nouveau s’amuser, mais plus silencieusement, cette nuit pour trouver où dormir ?
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Mer 10 Oct - 20:16
La piscine était fermée. D'abord parce qu'on était Dimanche et surtout parce qu'il venait de s'y dérouler un massacre sans précédant, ayant défrayé la chronique locale et même au-delà tant la barbarie opérée en ces lieux fut légendaire. À sa question «Où puis-je trouver la piscine municipale» - formulée avec une syntaxe plus approximative, ce furent des regards pour le moins circonspects pour ne pas dire suspicieux qui se posèrent sur le Hunter orangé en guise de réponse. Avec son air louche occasionné par un accoutrement trop excentrique et un choix capillaire relativement expérimental, Lejinoss avait le profil type du spécimen qui s'en retournait sur les lieux du crime.
On lui offrit toutefois les indications pour s'y rendre, ce qu'il fit prestement.

Sans surprise, l'accès était interdit et les badauds s'y pressaient en nombre pour se recueillir devant ce bâtiment où avait eu lieu la tragédie. Ici et là, on avait déposé des fleurs et autres mièvreries qui ne ramèneraient pas les jeunes filles à la vie. Arrivé les mains dans les poches, le Hunter fit l'effort de les en sortir par courtoisie et pour ne pas trop attirer l'attention sur lui. En tout cas, pas plus que nécessaire.

Légèrement en retrait sur le trottoir d'en face, il scrutait le bâtiment recouvert des rubans laissés par la police pour proscrire toute entrée dans les lieux. Assez pusillanime, l'hirsute se demandait pourtant s'il ne devrait pas s'adonner à la haute voltige pour accéder à la scène de crime. Puis finalement, il céda à la facilité. À quoi bon avoir un passe-partout si ce n'était pas pour s'en servir sans retenue ?
Ledit passe-partout, il l'exhiba devant l'agent de police sur place, chargé de conserver les lieux d'ici à ce qu'une enquête plus approfondie ne trouve des pistes. Ce dernier se serait manifestement bien passé d'une irruption aussi fracassante et tapageuse ; un Hunter sur les lieux, comme si la situation n'était pas suffisamment tendue jusqu'à présent. Nerveux, dépassé par les événement, le flicaillon tergiversa autant qu'il put pour insister sur les ordres qu'il avait reçu.
Comme quoi, une licence Hunter n'était pas un sésame menant à tout aussi longtemps qu'on exigeait d'y avoir accès avec morgue et dédain. Il y avait une procédure à respecter, contacter les autorités au préalable afin de se voir confier les accréditations de police. Hunter médiocre, tant et si bien que l'on jurerait qu'il avait volé cette licence qu'était pourtant la sienne, Leji n'avait pas cherché à s'embarrasser de telles complications légales. Il avait décidé sur un coup de tête - en l'occurrence, une paire de claques - d'aller enquêter et mettre son Hatsu à l'épreuve.

Sans ambages, trop sûr de son bon droit, il contourna le bâtiment et brisa une vitre. Grand mal lui en prit, les films à la télévision lui ayant fait croire que cela ne générait aucune blessure.

- Ah putain, ma main...! Ah la vache... ça fait mal...!

Les quelques passants s'étant arrêtés afin de communier silencieusement entendirent aussi bien le bruit du verre cassé que celui de l'idiot qui se plaignait des quelques coupures qu'il avait essuyé avant d'utiliser sa chaussure tenue en main pour se débarrasser des derniers morceaux de verre et entrer.
À l'intérieur, l'agent, alerté par l'absence absolue de discrétion de l'infiltré sauvage ne trouva pas les mots pour réagir et ne trouva à dire que :

- Mais... mais qu'est-ce que vous foutez ?

- Bah ça se voit non ? Je rentre.

Réponse implacable de connerie qui n'appelait pas de réponses exceptées celles agrémentées de coups de pied au cul.

- Sombre con ! Vous salopez les preuves ! Arrêtez de marcher sur les traces de sang !

Se foutant un peu de pareilles considérations, Lejinoss continua sa route librement et sans réellement chercher à avoir l'air concerné par le délit qu'il accomplissait.

- J'y peux rien s'il y en a partout. La vache, il y a été gaiement.

Incapable de réagir, sachant que la responsabilité des actes de cet abruti lui retomberaient dessus, le policier s'agitait nerveusement, sa sanction promettant d'être sévère. Reprenant à peine ses esprits, il fronça les sourcils, cette fois interrogatif en voyant le guignol orangé s'accroupir là où l'on pouvait encore constater la trace du corps d'une des victimes, plantant dans le sol un curieux ustensile qui semblait s'y enfoncer comme dans du beurre.

- Mais qu'est-ce que vous faites ?

Sa question fétiche ne le quittait pas. Désemparé face aux événements, il ne pouvait que chercher à savoir pour quelles raisons exactement il serait viré des forces de police suite à son incapacité à gérer un dément. Mystifié, en tout cas stupéfait, il n'avait pas vu d'où Leji avait soudain fait apparaître une curieuse disquette. Les Hunters étaient effectivement des êtres exceptionnels d'après les ouï-dire, mais de là à s'adonner à la prestidigitation, l'agent n'y aurait pas cru. D'ailleurs, il ne pouvait croire davantage ses yeux lorsque l'infiltré indiscret inséra ladite disquette dans son front où elle semblait s'y glisser comme dans une surface aquatique.

- Nom de... vous pétez un carreau, vous marchez dans le sang et maintenant... vous gerbez sur la scène de crime ?! Mais c'est pas possible, vous êtes l'assassin, je vois pas d'autre hypothèse pour un putain de sabotage pareil !

Oui, Leji avait vomi. Son Key Data lui permettait, en insérant une clé USB matérialisée dans n'importe quelle surface, d'en acquérir toutes les informations se constituant sous la forme d'une disquette qu'il pouvait absorber ou faire absorber. Ce reflux gastrique n'était pas une conséquence de son Hatsu mais de ce qu'il venait d'ingérer comme informations relatives à ce qui s'était déroulé hier soir sur cette même scène de crime d'où il avait retiré sa disquette.
Se redressant de sa position accroupie, essuyant les derniers résidus de repas régurgité au coin de ses lèvres, l'hirsute prit un air grave comme il ne le faisait qu'en de très rares circonstances, contrastant avec son aspect blasé qui ne le quittait que peu.

- Conduis-moi à un de tes supérieurs, j'ai un portrait robot du coupable.

Ce portrait, il ne l'avait en tête que pour une heure et pour cette raison, devait se hâter à le restituer. Cette enquête qui avait commencé comme un jeu pour lui prenait un tournant qu'il n'aurait pu soupçonner. Ce barge qu'il avait pu entrapercevoir dans la mémoire générée par son Key Data, Leji ne souhaitait en aucun cas le voir récidiver.
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Dim 14 Oct - 21:53
Artémis devait toujours trouver où dormir ce soir. Il déambulait dans la rue en repensant au crime qu’il venait de commettre. Les cris de douleur de l’empalée avaient étés divins. Une véritable ode à la cruauté de sa situation. Il regretta de ne pas avoir été plus imaginatif pour elle. Elle méritait mieux au vu de ses derniers instants. Quant à la toile qu’il avait créée, il se morigéna de ne pas l’avoir emmené avec lui, elle lui aurait fait un magnifique souvenir pour se remémorer les évènements passés. Il n’en avait pas l’habitude, il se dit qu’après tout, il devait garder une trace de ce qu’il avait accompli, et pourtant, il ne gardait pas de trophées. Une honte selon lui.

La leadeuse du groupe avait été décevante, comme tout les autres. Aucune de ses victimes n’avaient eu la lueur dans les yeux qu’il attendait. Cet éclat qu’il avait eu dans les yeux pendant qu’il torturait ses victimes. Un soupçon de folie et de détachement d’émotions. Tous ceux qu’il croisait étaient comme cela, des moutons ne comprenant pas que la vie était une chose immonde, là pour nous broyer sous sa botte. Il avait compris assez tôt qu’il ne devait pas se laisser faire. Il écrasait maintenant le peuple sous sa propre botte.

Il faisait ce qu’il avait à faire pour ouvrir les yeux aux personnes qu’il croisait, de tout âge et de toutes peuplades. Mais ils résistaient tant, il se désolait de ne pas arriver à son but. Ses pas l’avaient guidé dans le centre-ville de Garzik. Les lumières éclairaient comme en plein jour. La ville ne semblait pas dormir. Des magasins se trouvaient encore ouverts malgré l’heure tardive. Plusieurs échoppes de nourriture étaient avec leurs portes ouvertes pour accueillir les clients qui avaient oublié un article ou deux durant la nuit. Des centres d’arcade pour les plus gros joueurs rayonnaient de leurs néons clamant qu’ils étaient encore ici pour les plus grands fans et qu’ils ne fermaient en aucune façon.

En vue, un petit casino proposant de jouer. Il n’avait pas un sou en poche, mais cela lui permettrait de regarder, et pourquoi pas de trouver quelqu’un pour lui voler sa clé et ainsi passer la nuit. Il rentra, mais on lui refusa l’entrée, en effet, il lui fallait une pièce d’identité valide pour, et malheureusement, il n’en avait pas. Il aurait pu tuer le vigile d’un revers de son couteau papillon, mais il ne pouvait pas. Beaucoup trop de témoins, des caméras ainsi que des passants qui pouvaient voir la scène. Il était un être monstrueux des dires de la majorité des personnes, mais il n’en était pas moins réfléchi.

Il erra sans but dans le centre-ville. Se demandant s’il devait retourner là où il avait commis sa boucherie de ce soir. Il raya cette idée. Il ne pouvait pas y retourner maintenant, il ne savait pas ce qu’il s’y passait. Il attendrait quelques heures. Le temps de voir si son crime avait été découvert. S’il ne l’était pas, il pourrait récupérer sans difficulté sa toile ainsi qu’un des sacs de l’une des demoiselles pour ne pas qu’elle se fasse voir. Mais il n’en était pas encore là.

Ses pieds le menaient avec rage, le long des rues. Son esprit vagabondait. Une petite voie, comme au fond d’un tunnel ou qui hurlait au loin lui parla.

Tu as fait des choses horrible ce soir Artémis.

La ferme !

Non, tu sais que j’ai raison. Tu n’aurais jamais dû leur faire une chose pareille. Elles ne faisaient que rire et s’amuser entre elles. Tu aurais pu tout simplement les laisser de côté, ne pas les blesser.

Et comment aurais-je pu m’amuser sinon ? Et puis qui es-tu à la fin ?

Qui je suis, mais pourtant, tu devrais le savoir, j’ai toujours été en toi. Tu avais trop souvent l’esprit ailleurs à écouter tes plus bas instincts, maintenant que tu es seul et que tu les as déjà assouvis, je peux te parler.

Me parler, tu me vrilles l’esprit avec tes paroles énigmatique. Dégage maintenant !

La voix dans son esprit fut emportée par la force mentale. Elle hurla comme si un supplice infini la faisait disparaître. Mais pendant sa discussion dont il venait d’avoir avec lui-même, il était revenu sur ses pas. Une troupe de badauds s’était agglutinée autour du bâtiment. Un policier montait la garde devant un ruban de délimitation de la scène de crime à l’extérieur. C’est sur son arrivée en se fondant dans la foule jouant les curieux qu’un homme sortit du bâtiment municipal.

L’air hirsute, les cheveux en bataille, il ne donnait pas l’impression de faire parti des forces de l’ordre. Qui cela pouvait-il bien être ? C’est en tremblant un peu ainsi qu’en saignant de la main qu’il fit ses premiers pas à l’extérieur. Et les regards se croisèrent un bref instant, il était dans la foule, et l’homme en face de lui n’avait pas semblé s’arrêter sur Artémis. Il était donc tranquille non ?
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Lun 15 Oct - 12:33
Simulant l'intérêt car poli et bien élevé, le préposé aux dessins du commissariat au sein duquel fut convié le Hunter orangé scrutait la planche que ce dernier lui avait remis en mains propres. Ne lui aurait-on pas dit que celui-là même qui avait été l'auteur de ce dessin appartenait à l'association Hunter qu'il y aurait mis le feu. Au dessin. Puis à l'auteur.
Pétrifié par un rendu graphique aussi abominable qu'il s'efforçait de contempler comme si cela en valait la peine, l'expert en croquis ravala sa salive et présenta à Lejinoss le dessin qu'il lui avait offert.

- Ce... cette... enfin... c'est censé être le tueur ?

Spoiler:

Sérieux comme un pape, ne cherchant même pas à remettre en question son coup de crayon pour le moins expérimental si ce n'est abstrait, Leji, assis de l'autre côté, les jambes croisées, se balançant sur son siège en se retenant d'une main au bureau, son autre bras étendu de tout son long sur sommet du dossier, à la fois grave et désinvolte acquiesça solennellement.

- J'ai été le plus fidèle possible dans ma retranscription.

Bien qu'il s'était juré de ne pas lever les yeux au ciel, l'inspecteur lui faisant face céda à cet appel instinctif à l'indignation. Cela se fit à son corps défendant, s'étant employé jusque là à ne pas avoir l'air méprisant à l'égard de cette sommité venue lui rendre visite. S'enrober d'un petit air emprunté afin de se donner une substance ne réussissait décidément pas à l'hirsute. Celui-là était condamné à être un guignol malgré lui, le mieux eut été d'assumer cette part honteuse de sa personnalité et d'agir en conséquence.

- Juste.... pour être le plus sûr possible, vous pourriez me le décrire, que je restitue le profil à ma façon.

- Je peux rajouter des détails si vous v...

- NON !

Cette réaction surprit aussi bien le Hunter que celui qui l'avait hurlé comme pour énoncer une supplication désespérée.

- Enfin je... je veux dire... que ça... ça n'est pas nécessaire.

Quelque peu vexé par ce cri qui en disait long, Lejinoss se réinstalla sur sa chaise, un peu plus prostré. Son tempérament de l'instant transpirait jusqu'à sa posture ; il était passé de l'assurance crasse à la honte.
Ainsi convaincu que ses talents en la matière ne lui traceraient pas la voie royale jusqu'aux Beaux-Arts, l'hirsute se résolut à décrire le profil du tueur avant que la mémoire acquise par son Key Data ne s'estompe. Le rendu fut saisissant de réalisme, au grand dam du Hunter brimé par l'expertise d'un professionnel.

- Après... vous avez du meilleur matériel, donc forcément.... Mais... oui, c'est bien lui.

De mauvaise foi comme il savait l'être, Leji chercha à sauver l'honneur en trouvant un prétexte à son coup de crayon déplorable. S'il n'avait pu l'imputer aux ustensiles de dessin, sans doute eut-il été capable de blâmer la météo. Toutefois, le rendu présent étant autrement plus salvateur pour l'enquête, on s'empressa de faire communiquer le portrait robot à tout agent sur le terrain.
Ce travail étant fait, il n'avait même pas fallu une heure pour identifier l'assassin à partir des caméras de surveillance.

- Nom de... mais il était dans la foule quand vous êtes sorti de la piscine !

Coup dur pour l'élite qu'était censé incarner Lejinoss Taibug. Bien qu'il eut la mémoire en tête dès l'instant où la disquette fut insérée, il n'avait pas été foutu de repérer le renégat à la coupe de cheveux plus excentrique encore que la sienne et dont la tête dépassait du lot du fait de son mètre quatre-vingt-quinze.

- Ça vaaaaa... j'avais le soleil dans les yeux.

Les images montraient pourtant clairement que l'astre lumineux scintillait dans son dos.
En dépit de l'aide considérable qu'il avait fourni à la police locale en identifiant le coupable avéré, l'hirsute orangé se voyait fusillé du regard par tous les inspecteurs mobilisés pour la traque. Un tel pouvoir eut-il été placé entre les mains d'un homme compétent et un minimum observateur que l'empaleur du coin aurait déjà été mis hors d'état de nuire. C'était en tout cas ce qu'on se plaisait à croire dans l'assemblée.
Une bourde de plus à ajouter au palmarès de Lejinoss Taibug. On ne prenait même plus la peine de les recenser à ce stade.

Tandis qu'on soufflait enfin suite à ce massacre sordide car pensant que la capture du tueur était imminente, un subalterne s'immisça dans la salle de réunion où avaient été conviés tous les principaux cadres de l'enquête. La recrue était blême et c'est la voix tremblante qu'elle annonça au commissaire lui tendant l'oreille :

- Deux de nos patrouilleurs sont portés disparus.

L'atmosphère était alors de glace. Il ne s'agissait pas là d'un cas atypique d'assassin de jeunes filles. Traqué qu'elle était, la bête savait se défendre face à un ou plusieurs policiers armés. Le bilan de cette expédition allait s'alourdir et on préféra sortir la grosse artillerie au plus tôt.

- Monsieur Taibug, vous vous êtes mis à notre disposition. Vous allez donc partir en première ligne sur le terrain. Ce genre de cas est trop épineux pour qu'on risque de perdre nos hommes alors qu'on a un Hunter sous la main. Pour votre collaboration, nous vous remercions chaleureusement.

C'était à une artillerie rouillée et bancale qu'on s'en remettait. Soupirant de dépit avant d'afficher une moue à mi-chemin entre la hargne et l'exaspération, Leji sut qu'il ne pourrait pas se dérober à cette injonction pour le moins contraignante. Injonction qui ressemblait à certains égards à son épitaphe.

- Putain... tout ce que je voulais faire c'est tester mon Hatsu... moi et ma grande gueule...

On ne l'y reprendrait plus à vouloir faire l'intéressant en des circonstances aussi graves. Sans doute parce qu'à l'issue de cette traque, il ne resterait plus grand chose de sa carcasse.
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Mer 17 Oct - 16:37
Le tueur dans la foule avait vu le groupe d’investigateurs ainsi que le débraillé se frayer un chemin dans la foule, dont il faisait partie, pour se diriger vers les véhicules de patrouilles. L’homme à la chemise orange ne l’avait pas remarqué, il ne le savait pas, mais il s’en souviendrait dans un moment. Les évènements étaient finis, la foule se dispersait et les lieux n’intéressaient plus que les quelques rares curieux qui avec une touche morbide, néanmoins, ils se dispersèrent bien vite eux aussi. Le manque d’activité, la limite qu’ils se mettaient en n’intervenant pas sur la scène du crime, ou en ne passant pas à l’action eux-mêmes les fit disparaître bien vite.

Une fois les lieux vides de tout civils, témoins, ou espions, il passa les bandes de sécurité des forces de l’ordre pour s’infiltrer dans le lieu qui avait été témoin du carnage. La piscine n’avait pas bougé, en effet, c’était un lieu, difficile de le faire bouger géographiquement. Mais tout avait changé depuis le départ d'Artémis, il y a quelques heures. Celle qui aurait dû ouvrir les yeux sur l’horrible destin des personnes qui suivaient le troupeau ne se trouvait plus dans sa chaise.

Alors qu’il arrivait aux abords des vestiaires pour repartir, frustrer de ne pas avoir pu récupérer sa toile. Il put entendre une conversation entre deux hommes, ils parlaient de l’affaire, de ce qu’ils devaient prélever sur la scène de crime pour les analyses. Des analyses ? Des prélèvements ? Le tueur ne pouvait laisser faire ça. Il se glissa entre deux rangées de casiers et attendit. Il pouvait maintenant entendre le bruit des pas des deux agents de l’autre côté des casiers où il s’était caché.

Avec discrétion, il fit le tour de ceux-ci et arriva dans le dos de l’agent en arrière. Avec un mouvement souple du poignet, il sortit la lame de son couteau papillon et trancha la gorge du dernier de la file. Avec le son des borborygmes du mourant qui était en train de se tenir la gorge pour retenir le flot de sang, qui s’échappait, en vain, le premier du duo se retourna pour découvrir la scène. Il sortit par réflexe son arme de service pour la braquer sur l’agresseur surprise et tira. L’assassin se cacha derrière le cadavre, il était lourd celui-là, pas un adepte de la salle de musculation. La balle se logea dans le corps de son collègue qui hoqueta de surprise avant de rendre son dernier souffle. La force d’Artémis retint le cadavre de tomber sur le sol pour s’en servir de bouclier pare-balles. Un pas après l’autre, alors que le flicaillon persévérait à vider son chargeur pour stopper son avancée, Atalante gagna du terrain. Il n’était plus qu’à un mètre de celui qui lui barrait encore la route.

Il jeta le cadavre sur l’homme en uniforme. Prit par surprise, il essaya de retenir la chair pleine de plomb que son agresseur venait de lui envoyer. Mais mal lui en prit, il reçut pour toute récompense la lame de son opposant en plein globe oculaire qui s’insinua jusqu’à son cerveau. Hors d’état de lui nuire, l’homme en costume se désintéressa des deux membres venus pour prélèvements. Il les fouilla avec minutie. Les uniformes n’étaient pas à sa taille, dommage, il aurait pu passer plus facilement les barrages ainsi qu’éviter les vérifications de papier.

Il se détourna des deux très vite après avoir récupéré l’arme de service de celui qu’il avait éliminé en premier, elle était pleine, et il récupéra ainsi aussi une douzaine de minutions. Il avait maintenant une arme à feu, il n’avait jamais aimé celles-ci. Trop rapide, trop fugace et les munitions venaient trop vite à manquer. Il avait un peu rechigné à la prendre, mais s’il devait faire la cible d’une chasse à l’homme, il préférait prendre ses précautions.

Sortir du bâtiment ne fut compliqué, il connaissait déjà le chemin et personne ne lui barra le chemin. Il repartit comme il était venu. Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’une autre équipe, cette fois de patrouille se dirigeait vers lui. Ils l’avaient vu de loin et le suivirent pour ne pas le perdre de leurs champs de visions. La main sur leurs armes à feu, il se déplaçait avec précaution pour ne pas se faire remarquer. Néanmoins, le reflet d’une fenêtre fit remarquer la filature dont Atalante faisait l’objet. Au coin d’un immeuble dans une ruelle, non loin du centre-ville, il se cacha pour attendre ceux qui le filaient.

À la vue d’une chaussure en cuir ciré noir de l’uniforme des forces de l’ordre, il sortit de sa cachette. La surprise se lut pendant une seconde dans les yeux des deux agents. Celle qui fait toute la différence entre la vie et la mort. Un coup de couteau sous le menton pour toucher le centre de commande du corps fut le destin du premier. Le deuxième se retrouva propulser d’un coup de talon dans l’abdomen. Il se retrouva au sol deux mètres plus loin, l’esprit dans les étoiles.

Une frappe de la paume de la main au coin de sa mâchoire, lui brisa. Une affreuse douleur inonda son esprit lui donnant envie de crier, mais la nouvelle fracture qu’il venait de recevoir lui en empêchait. Un couteau s’insinua à la base de son crâne pour mettre fin à ses souffrances. L’homme qui s’était débarrassé des deux flics inspecta de nouveau les cadavres. L’uniforme de la deuxième victime lui allait, il était un peu serré au niveau du poitrail, mais cela lui servirait. Il récupéra aussi un peu d’argent sur eux. Après sa fouille, il jeta les deux armes à feu dans une poubelle.

Les corps, il trouva une benne un peu plus loin dans la ruelle où il s’était caché pour s’en débarrasser. Son costume, il le rangea dans le sac avec sa si précieuse toile qui démontrait ses derniers actes. Il passa la ceinture ainsi que le reste de l’uniforme, il ressemblait à un véritable officier mis à part le badge qui manquait, il n’avait pas envie que quelqu’un le reconnaisse. Les recherches étaient déjà engagées ? Il en doutait, il n’y avait eu aucun témoin lors de son forfait, il aurait pu en mettre sa main à couper.

Alors pourquoi tant de membres des forces de police tournaient pour retrouver une personne ? C’était son sentiment, de nombreuses voitures patrouillaient dans les rues de ville, certains étaient même à pied et épiaient chacun des visages des piétons pour n’en louper aucun. Des équipes de deux ou trois, pour la plupart. L’interrogation se fit dans l’esprit de notre désaxé. Il y avait un portrait-robot ? Il devait en avoir la certitude, il dirigea donc ses pieds un peu à l’aveugle pour trouver le commissariat. Il avait vu la direction qu’avaient prises les voitures et celle dont elles venaient, il n’y avait plus qu’à remonter à la source. Il trouverait peut-être celui ou celle qui lui mettait des bâtons dans les roues. Si c’était le cas, il s’en débarrasserait comme les dernières personnes qui avaient croisé son chemin. Il avait aussi un deuxième objectif, retrouver la toile qu'il avait mis tant de temps à réaliser, pour se remémorer ce moment qui lui fillait déjà entre les doigts.
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Jeu 18 Oct - 13:31
- Je penche qu'il a dû prendre les vêtements du polichier en calechon.

Un sachet de chips dans la main, plongeant l'autre à l'intérieur pour la sortir couverte de sel et porter l'infâme pitance à ses lèvres, Lejinoss contemplait l'intérieur d'une benne que lui avait généreusement ouvert son «aide de camp». Ne pouvant se résoudre à laisser un de ces Hunters en qui ils n'avaient qu'une confiance somme toute relative mener l'enquête en solitaire, le noyau dur des décideurs avait gratifié leur avoué en orange d'un de leurs éléments de terrain. Et quel élément. Un semi-vieillard, quoique vivace et pétillant, en uniforme de policier du pays paradait à ses côté dans une démarche oscillant entre la parodie de marche militaire et la propension à traîner des pieds, une cravache qu'il tenait entre ses deux mains dans le dos.

- Oh ! Vous pensez ?! Bon sang ! BON SANG ! C'est... c'est prodigieux ! Le tueur aurait pu le dénuder pour son bon plaisir, ou pour donner ses vêtements aux pauvres... mais vous... VOUS ! Vous avez deviné qu'il les lui avait pris pour se les approprier. Mais de telles facultés de déduction... c'est tout simplement prodigieux !

La logorrhée avait été émise en complément d'une gestuelle qui s'accordait bien au ton employé. On sentait chez cet excentrique en uniforme une forme de rage qu'il maintenait - péniblement - dissimulée derrière une livre d'ironie et des yeux qui tendaient à s'exorbiter un peu plus au fur et à mesure qu'il poursuivait sa diatribe. Feignant de son côté de ne pas avoir décelé le caractère hautement désobligeant des propos tenus, Leji préféra prendre le tout au premier degré en plongeant à nouveau la main dans ce sachet des délices salés.

- Merci... merci...

On l'avait affublé de l'élément le plus instable de la ville pour l'assister dans sa traque. Quelques potentats sans vergogne parmi la haute administration policière du pays avaient intérêt à ce que ce Hunter s'étant ingéré dans leurs affaires échoue dans son enquête. Il en allait de l'honneur du corps de police, mais aussi de motifs bassement politiques qui permettraient à certains ministères de médiatiser l'incident pour mieux priver l'association Hunter d'accréditations, jugées indues par les effectifs les plus conservateurs du pays.
Pour avoir eu l'audace et plus particulièrement la bêtise de vouloir tester son Hatsu, Lejinoss s'était retrouvé mêlé sans le savoir à une cabale politique qui le dépassait lui et son moustachu névropathe à casquette.

- Faut prévenir l'unité centrale qu'ils envoient leurs techniciens qu'y fassent des analyses sur les corps, tout ça.

Pourtant camarade des deux cadavres retrouvés parmi les ordures, le sherpa de Leji ne semblait pas particulièrement peiné par leur disparition regrettable. Il semblait d'ailleurs à l'hirsute qu'en ces contrées, les cœurs étaient plus robustes qu'ailleurs et qu'on était davantage hermétique aux affres de la mort des siens. Curieux peuple que celui-ci.

- Chi on fait cha, on va devoir attendre ichi les renforts.

Il déglutit enfin.

- On peut pas se permettre de rester statiques maintenant qu'il se balade avec un uniforme. Surtout que dès qu'il saura qu'on a trouvé les corps, il va changer de fringues. Faut le trouver rapidement.

Une fois ces mots prononcés, Leji fut le premier surpris de l'assurance et de la détermination dont il avait fait preuve malgré lui. Il se serait presque cru chef de guerre pour l'occasion. Toutefois, cela ne sembla pas impressionner plus que cela son aîné qui, subrepticement, tenta d'insérer ses doigts dans le sachet de chips. À chacun ses priorités. La résolution d'une enquête concernant un triple homicide pour l'un et une poignée de chips pour l'autre.

- Bas les pattes, tête de rate.

La fourmi n'était pas prêteuse, Leji d'autant moins. Cela suscita une réaction aussi insupportable que frénétique de la part de son comparse qui s'agitait comme fou.

- Si c'est pas un drame ça ! Une tragédie ! Trente ans de services. TRENTE ANS DE SERVICES ! La fine fleur de la police ! Un sous-officier émérite, un....

- Oh, ça va ! Si ça peut te faire fermer ta gueule, prends-la cette putain de chips !

Et le moustachu grisonnant ne se fit pas prier davantage.
Ce premier pas vers une relation diplomatique plus cordiale entre les deux hommes effectuée, ceux-ci se mirent en marche afin de retrouver le sujet de leur traque. Faisant d'abord une escale en direction de la supérette la plus proche afin de s'approvisionner davantage. Il n'était pas question de chasser le ventre vide. On les retrouvait alors à passer en caisse ; ils avaient l'air fier, l'un avec son uniforme et l'autre tout d'orange vêtu.

- Décidément, toute la brigade vient faire ses courses chez nous dit la caissière cherchant à meubler la conversation tandis qu'elles passait les articles.

En guise de seule réponse, l'aîné leva un sourcil interrogateur pour se voir répondre un geste du doigt pointé en direction de la caisse voisine. Là, se trouvait un golgoth dont l'uniforme paraissait bien trop serré au niveau de la taille et qui les fusillait de son regard noir.

- Avouez Cyrrof qu'on est drôlement vernis.

L'hirsute avait lâché ceci d'un air las avant d'entamer une bouteille de soda tandis que son compère sortait son arme de service pour la pointer sur cette réplique parfaite du portrait robot lui ayant été remis quelques heures auparavant.

- Tu bouges pas !

Alors qu'il vissait le bouchon à la bouteille, Leji soupira cette fois d'un air plus blasé encore - comme se résignant par avance aux emmerdes qui promettaient de lui mener la vie dure dans un très court délai à compter de et instant.

- Dix contre un qu'il va bouger...
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Hier à 17:17
L’homme déguisé avait eu une petite faim. Se rendant à la supérette la plus proche, il fait le tour. Personne ne le reconnaît, pas de flash spécial pour prévenir la population d’un tueur dans la région. Pas d’alerte à l’enlèvement. L’échoppe était calme et rien d’étrange ne semblait vouloir bouleverser la petite vie des gens. Il prit dans le réfrigérateur un plat tout prêt ainsi que de quoi boire, une bouteille d’eau. Il avait dénigré les sodas et autres snacks. Il mangeait sainement pour ne pas s’engraisser.

La caissière passa ses articles devant le scanner et lui indiqua le prix. Un drôle de duo passa à la caisse juste à côté de lui. Il allait payer quand l’un d’eux se tourna après les paroles indiquant que plusieurs membres de la brigade venaient faire quelques emplettes pendant leurs services. Encore l’homme en chemise orange. Qu’est-ce qu’il venait faire là celui-là ? Il ne le poursuivait tout de même pas ? Il était sûr de ne pas avoir laissé d’indices sur la scène.

Avouez Cyrrof qu'on est drôlement vernis.

C’était l’homme en orange qui venait de faire la remarque. Ce qu’Artémis pût en conclure, c’était que la police avait donc son portrait-robot. Comment, il l’ignorait. Mais si toute la brigade de la ville se lançait à ses trousses, il allait devoir faire ses bagages et vite avant de partir. Heureusement que pour seules affaires, il avait ce qu’il avait déjà sur lui. Un vieil homme poivre et sel, dans les cinquante ans, tirant sur la petite soixantaine sortit son arme de service et la pointa sur Atalante, en l’enjoignant de ne plus faire un mouvement.

Le suspect ne savait pas trop quoi faire. Il resta figer un instant par la surprise. Le coéquipier du vétéran des forces de l’ordre ne semblait pas se préoccuper de la situation, comme s’il était en dehors. Il marmonna bien quelques mots dans sa moustache, mais ces paroles furent inaudibles pour l’homme à la seconde caisse. Il venait de refermer sa bouteille de soda. Les personnes autour d’eux s’étaient figés, ne sachant pas quoi faire, un flic arrêtant un des siens.

Reprenant une contenance, le vieillard en uniforme donnant ses menottes à l’hirsute derrière lui. Il lui enjoignit ainsi à lui passer pour le mettre hors d’état de nuire. Le hunter s’approcha d’Artémis, il avait les menottes dans les mains pour l’entraver. Le tueur leva les mains lentement et arriver à sa radio appuya sur le bouton pour communiquer avec le central.

Oui, allô, ici l’agent Atalante. Je crois que l’agent Cyrrof a une crise de folie avec cette affaire. Il vient de me braquer pour m’arrêter. Il me prend pour le suspect.

Je ne connais personne de ce nom ! Vous êtes qui au juste ?

Kuraria Atalante, je viens d’être muté aujourd’hui dans votre brigade et je crois qu’il s’est fait des illusions.

Un sourire narquois, sur le visage de l’homme déguisé, éclosa. Les deux hommes ne savaient plus quoi faire exactement. Les mensonges de l’assassin ne tiendraient sûrement pas longtemps avec quelques vérifications. La voix dans la radio cracha alors la réponse tant attendue.

On a bien eu un transfert, il y a trois jours d’une ville voisine. Mais je ne savais pas qu’on vous avait envoyé sur le terrain avec cette affaire. Je pensais que vous étiez au poste. Bien ! Passez-moi l’inspecteur Cyrrof maintenant.

Je voudrais bien, mais si je bouge, je pense qu’il va me tirer dessus sans sommation. Il me prend vraiment pour le suspect et attend que son collègue en orange me passe les menottes.

Le hunter qui n’a même pas vu que le suspect était dans la foule ? Il n’a pas réussi à le reconnaître une fois, pourquoi y arriverait-il maintenant ? J’appelle Cyrrof sur sa radio alors.

Quelques secondes passèrent, avant que le bruit d’un appel radio retentisse. Alors qu’un silence de mort régnait dans la supérette. Artémis put mettre ses mains le long du corps en gardant l’homme en orange à l’œil, il ne voulait pas, ni ne pouvait se faire arrêter. Il avait encore tant de choses à faire avant de finir en prison. Le hunter, qui ne donnait pas une si bonne image de la profession, s’avançait lentement par petites touches. Le tueur ne pouvait rien faire pour l’arrêter, mais il lui jeta un regard noir.

Cyrrof ! Cyrrof, tu vas répondre maintenant ! Je sais que tu m’entends alors tu réponds sinon je t’envoie à la circulation !

Avec lenteur, le vieil homme avec une moustache grisonnante lâcha de la deuxième main son arme pour appuyer sur le bouton. Il répondit enfin au standard d’appel de la brigade.

C’est lui ! C’est bien, lui Monsieur le Commissaire ! Je sais que je suis bon pour la casse et que vous pensez tous que je suis fou, mais pas du tout ! Il est là ! Juste devant moi ! Et je vais me faire un plaisir de le foutre derrière les barreaux ce salopard.

Calme toi Cyrrof. C’est juste un bleu que t’es en train de pointer avec ton arme. Je ne sais pas pourquoi vous le prenez, le hunter et toi pour notre suspect, mais il ne peut pas se balader en pleine rue comme ça.

Mais il n’est pas dans la rue, on est dans une supérette, et il était en train d’acheter de quoi manger !

Bien sûr, tout le monde sait que le meurtre ça creuse l’appétit… Plus sérieusement, tu crois vraiment que je vais avaler le fait que celui que tout le monde recherche est dans une supérette, en train de faire ses courses ? Laisse ce bleu tranquille, maintenant.

Mais puis ce que je vous dis que c’est notre homme, il est à deux mètres de moi. Je sais que je suis vieux, mais pas au point de ne pas reconnaître le meurtrier de quatre jeunes filles.

Bon, on va couper la poire en deux, vu le numéro que tu nous as fait sur le gamin que tu as ramené il y a un mois. Qui était soi-disant le cerveau d’un trafic d’antiquités volés… Tu te ramènes au QG avec le hunter et le bleu. Mais tu ne le menottes pas, t’es dans une supérette et je ne veux pas qu’on croie que c’est un ripou. Ça va faire venir les bœuf-carottes. C’est compris ?

Bien compris. Mais je ne peux vraiment pas le menotter ? Si c’est vraiment lui…

Il fut coupé dans sa phrase.

Si c’est vraiment lui, il se retrouvera entourer de flics qui pourront le truffer de plomb au moindre de ses mouvements. Alors fais ce que je dis illico !
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