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Un venin comme contre-poison

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Lun 1 Oct - 18:48
Emmerdant. Fâcheux même. Fâcheux et emmerdant, mais surtout emmerdant. Et encore, c'était peu dire. Qu'y avait-il à dire d'ailleurs quand un Single Hunter vous avait annoncé la géhenne à brève échéance suite à un menu larcin ? Menu larcin avorté qui plus est, Hacker Hunter oblige.
Sujet de la bénévolence de Manil Darett qui l'avait auparavant initié plus ou moins correctement au Nen, Lejinoss fut gratifié d'un aimable - quoi qu'inquiétait - coup de fil pour lui annoncer que la saison de la chasse était ouverte et qu'il avait été élu gibier de l'année. Plus que la traque en elle-même, certains chasseurs appréciaient d'observer les agissements de leurs proies en devenir quand celles-ci se savaient en danger. Leurs réactions étaient généralement motivées par la panique et donnaient lieu à des choix stupides.
Lejinoss ne dérogeait pas à la règle.

La police pouvant servir de supplétif aux Hunters quand ceux-ci en faisaient la demande, il était hors de question de s'en aller quémander leur aide. Se rendre à Manil ? Accepter son sort ? C'était envisageable. Ce qui l'était tout autant, si ce n'est plus, c'est que le Hacker Hunter, assez peu sensible au sort de ses contemporains, ne se contente purement et simplement de l'exécuter plutôt que de l'amener devant ses juges. Aux yeux de la loi des États-Nations, le meurtre était concevable dès lors où l'assassin était tributaire d'un bout de carton plastifié sur lequel était inscrit "licence Hunter".
Dépourvu de réseaux d'entraide, Leji était seul. Désespérément seu. Pour ne pas dire à poil sur la banquise. C'est la mort dans l'âme qu'il sortit alors son joker de la poche de sa chemisette orange qui ne le quittait jamais. Ce fut littéralement une carte qu'il en tira d'ailleurs. Dessus étaient inscrites diverses indications griffonnées de l'écriture en pattes de mouche propre à l'hirsute en orange. Et très vite, presque frénétiquement, Lejinoss se surprenait à pianoter les touches de son téléphone pour entrer le numéro inscrit sous ses yeux.

Afin de saisir dans quel guêpier il allait se jeter pour mieux s'extraire de la mélasse dans laquelle il s'était embourbé, il convient de faire un bref retour en arrière. Peu de temps après avoir obtenu sa licence, Leji, suffisamment lucide pour savoir dans quoi il s'engageait, avait considéré l'idée d'un plan B. Un plan B comme «Bah, j'ai plus trop le choix». Sans alliés, sans ressources autres que ses propres moyens - ce qui est déjà peu de choses - le Hunter récemment promu avait compris que pour rester au chaud, douillet, il devrait prendre le risque se faire pourlécher les pieds par les flammes et de l'enfer et se compromettre avec le diable en personne.

La sonnerie résonna une fois.

Mettre sa main dans celle du diable, cela impliquait une chose qu'il n'aurait pu considérer en d'autres temps : chercher des appuis en dehors des circuits étatiques. Seulement, l'administration centralisée tendant à se démocratiser au travers des nations, il ne pouvait pas s'en remettre à de grands féodaux pour chercher une protection en cas de coup dur.

La sonnerie résonna une seconde fois.

Qui étaient les grands vassaux contemporains ? Des organisations para-étatiques, se mettant généralement hors-la-loi vis à vis de l'État, mais capable de lui tenir la dragée haute. D'aucuns appelaient ça le crime organisé, ou encore, la mafia.

On décrocha et, prenant immédiatement ce ton horripilant et pernicieux qui était le sien, Lejinoss ne manqua pas de faire une mauvaise impression d'emblée.

- Avant que vous ne me demandiez quoi que ce soit mademoiselle, je tiens à préciser que certains éléments matériels sont largement suffisant pour vous incriminer dans l'assassinat de l'inspecteur Gulqis d'il y a quelques années.

Si l'intention était de séduire, l'effet était vraisemblablement loupé. Toutefois, il y avait fort à parier que Lejinoss nourrissait d'autres desseins derrière ce chantage frontal et sans ambages. De l'autre côté du combiné, il n'y avait qu'un souffle. L'audience semblait captive et réceptive à la suite du propos.

- J'ai mes sources et ces dernières sont prudemment consignées chez plusieurs notaires répartis à travers le monde. Il m'arrive quoi que ce soit, mon testament deviendra public. P.. Pigé ?!

Bluff que pareille assertion. En réalité, l'hirsute, en guise de sauf-conduit en cas d'emmerde avait profité d'informations payantes circulant sur le site des Hunters. Bon nombres d'informations sur divers criminels suffisant à les mettre entre quatre murs pour un temps étaient à disposition de toutes les bourses dès lors où ces dernières étaient rattachées à une licence Hunter. L'idée était pour les Crime Hunters de compléter un large dossier afin d'avoir toutes les preuves concernant tous les rouages de diverses mafias pour enfin les bouter dans les prétoires à la régulière.
Cette demoiselle, qui qu'elle fut, n'avait pas échappé à la vigilance de ces enquêteurs hors-pairs qu'étaient les Crime Hunters pour qui le dossier "mafia York Shin" avait un fumet exquis.

- Le fait est que j'aurais besoin de soutien dans un avenir proche eeeeet.... que quelques gorilles armés dans mon entourage me feraient plus de bien que de mal. Rencontrez-moi à la brasserie-restaurant «Mehdi'n Zaban» à quatorze heures. On a à causer des modalités de ma protection.

Préférant ne pas laisser à son interlocutrice l'opportunité de rétorquer quoi que ce soit afin d'être sûr qu'elle se retrouve dos au mur à grâce à son chantage - chantage reposant sur l'esbroufe avant toute chose - le Hunter orangé raccrocha immédiatement. Dans la foulée, il brisa son téléphone en deux avant de le jeter dans la poubelle la plus proche. C'était un pré-payé qu'il gardait sous le coude en cas de risque d'écoute. Risque d'autant plus certain maintenant qu'un Hacker Hunter l'avait dans le collimateur.
Restait maintenant à s'assurer du soutien de cette lieutenant d'un clan mafieux influent pour les jours à venir. Les jours si ce n'est les semaines, les semaines si ce n'est les mois... La traque promettait d'être éprouvante et sa collaboration avec la mafia peut-être plus encore. Lejinoss en soupira d'avance de dépit.
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Mar 2 Oct - 10:49
Onze heures sonnaient à l'horloge du bureau. Et Minarai n'aimait pas vraiment y être avant quinze heures. Des papiers défilaient sous ses yeux et elle se contentait de vérifier que les clauses des contrats de son patron étaient bien respectés. Elle était d'une humeur... Fracassante. Don Yolnoï l'aurait bien laissé tranquille, mais une importante commande d'un autre clan avait entraîné une importante rentrée d'argent, bref, encore de quoi étendre l'empire immobilier de l'homme. Et voilà comment la japponaise se retrouvait à éplucher des dossiers pour comparer ces choses. Des fois elle s'en voulait d'avoir été brillante par le passé. Peut-être que si elle avait juste joué du flingue, elle serait en train de surveiller un entrepôt, ou mieux, encore en train de dormir. Au moins le Parrain n'était pas un lâche. Il gérait d'autres affaires en parallèle, mais il était également dans ces bureaux, qui servaient plus ou moins de QG pour les affaires administratives du clan.

Puis le téléphone sonna. Immédiatement, pour se débarrasser de ce qu'elle était en train de faire elle répondit. Mais comment quelqu'un pouvait avoir eu son numéro personnel ?

"Oui all...
- Avant que vous ne me demandiez quoi que ce soit mademoiselle, je tiens à préciser que certains éléments matériels sont largement suffisant pour vous incriminer dans l'assassinat de l'inspecteur Gulqis d'il y a quelques années.

Un bonjour aurait suffi. Kyoko ferma les yeux, se rasseyant l'air blasé. Elle n'aimait pas le terme d’assassinat. Oui, c'était volontaire, mais pas forcément prémédité de cette façon. Meurtre sonnait bien mieux quand même.

Et l'inconnu continua de déblatérer. Blablabla Notaire. Blablabla Public. Blablabla Soutien. Ha ! Il lui parlait enfin une langue compréhensible. Protection hein ? Ça partait déjà mal. Et avant même qu'elle puisse accepter cette offre si poliment proposée, la conversation fut coupée de l'autre côté. Elle replia son téléphone, le posa devant elle sur la table et s'enfonça dans sa chaise, les yeux fermés, un air salement froid au visage, se massant l'arrête du nez. Un air amusé au visage, Kewev la regarda. Elle rouvrit les yeux vers lui, avec un regard lourd qui fit éclater de rire le vieil homme.

"Vas-y Minarai. Quelqu'un capable d'obtenir le numéro personnel d'un lieutenant de la mafia est, soit un autre mafieux -peu probable, soit dit en passant-, soit un hunter professionnel. Et qu'un de ceux la nous sollicite n'est pas courant."

Ça devenait un ordre à ce niveau-là. Elle n'avait absolument plus le choix. À quatorze heures alors ? Bien. Elle signa encore un papier ou deux et partit vers chez elle. La brasserie en question n'était pas bien loin de là où elle vivait, donc elle avait l'occasion d'enfiler autre chose qu'un tailleur, pas vraiment pratique pour ce genre d'entrevue qui devait rester discrète. Elle enfila quelque chose de passe-partout, lui permettant de se fondre dans la masse. Profitant de l'heure d'avance qu'elle avait, elle mit en pratique ces étranges exercices de concentration dont Pachi lui avait parlé, censé la renforcer a long terme. C'était assez épuisant, mais comme ça, elle progresserait.

13 h 30. Elle partait. Arme dans le holster sous son long manteau, elle marchait dans la rue d'un pas lent.
13 h 55. Elle passait la porte de la brasserie. Si l'homme avait eu son numéro, il connaissait probablement son visage. Et sinon elle le reconnaîtrait bien. Les hunters n'étaient pas connus pour leur grande discrétion dans leur style. Elle s'installa à une table, commanda juste un café et alluma une clope, surveillant la porte.
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Mar 2 Oct - 11:52
Bête traquée, tout du moins se voyant comme tel, Lejinoss avait poussé le vice jusqu'à voler une paire de lunettes de soleil afin d'être plus discret. Discret. Le Hunter habillé en orange des épaules aux chevilles, à la coupe de cheveux improbable couplée à sa pilosité faciale chaotique cherchait à se montrer discret avec des lunettes noires. Si cela s'était su en hauts-lieux de l'association Hunter, on aurait fini par déterminer que l'examen annuel était manifestement trop abordable pour que de pareils individus puissent mettre la main sur une licence.
Toujours est-il que c'est d'une démarche hâtive, entrant presque en trombe dans la brasserie plus ou moins désertée à cette heure-ci de la journée que Leji fit une irruption à la mesure de sa discrétion coutumière. D'un simple regard, la sujette de son chantage pouvait ainsi contempler l'air gauche du loustic, ses tics de visage traduisant sans peine son anxiété et dès lors se demander comment un charlot de sa trempe pouvait seulement oser se permettre de la menacer.

Cherchant du regard sa suppliciée, Leji dut se résoudre à se défaire de sa paire de lunettes de soleil qui l'empêchait de voir correctement. Si Manil l'épiait en cet instant - ce qui n'était pas totalement exclu - les fous rire qu'il devait essuyer étaient probablement susceptibles de lui disloquer la mâchoire tant son gibier était grotesque.
L'hirsute trouva enfin la rouquine et alla s'installer sur le siège situé derrière elle, à la grande stupéfaction de cette dernière.

- Pourquoi vous vous asseyez là ?

- P... pour avoir l'air discret ?

Sa réponse n'était pas des plus assurées, elle arracha en tout cas un soupir à la demoiselle.

- C'est vrai que deux personnes assises seules à une table en train de parler seules chacune de leur côté, c'est la discrétion même.

Elle maniait aussi bien l'ironie que le bon sens, suffisamment en tout cas pour convaincre le piètre Hunter de s'en retourner s'asseoir en face d'elle, se cognant le genou contre la table au passage, solaires légèrement en biais car mal réinstallées sur son nez. La nervosité le rendait maladroit mais la bêtise était coutumière à sa personne.

- Ne me demandez pas comment j'ai obtenu ces informations, tout ce qu...

- Vous êtes Hunter.

Sans doute ne devait-elle pas le croire en le disant elle-même étant donné le spécimen qui se présentait en face d'elle, mais elle l'avait toutefois deviné, il était bel et bien Hunter.

- ...... Comment vous savez ?

Percé à jour, ne cherchant même pas à dissimuler ou à nier tant il avait été pris sur le vif, ses lunettes de soleil masquaient en cet instant son regard ahuri. Lui qui se croyait en terrain conquis avait rapidement été pris au dépourvu et, l'idée que son plan B ne se retourne contre lui lui effleura enfin l'esprit. Jouer avec le feu impliquait de se brûler et les flammes étaient très proches en cet instant.

- Déduction logique... et votre licence dépasse de votre poche.

Se pressant - maladroitement encore - de remettre ladite licence plus profondément dans sa poche, grinçant légèrement des dents de se savoir si ridicule là où il avait eu dans l'idée d'en imposer immédiatement, Lejinoss reprit la discussion comme si de rien était, préférant oublier cette première humiliation.

- T...tout ce que vous avez à savoir c'est que c'est dans votre intérêt d'écouter scrupuleuse...

- Une protection, c'est ce que vous voulez, non ? Faisons au plus pressé, j'ai autre chose à faire cet après-midi.

Impérieuse, froide, pas intimidée le moins du monde par cet avorton aux choix vestimentaires et capillaires douteux, elle imposait son rythme d'emblée. De son côté, se réinstallant sur son siège comme s'il participait à un entretien d'embauche, c'est à dire en position de dominé, c'en était déjà terminé de la posture arrogante de Leji.

- Euh... oui. Oui, ce serait pour une protection madame.

Il lui avait même donné du «madame», c'était dire si le temps des tambours de guerre était déjà loin. Légèrement prostré dans la position où il se trouvait assis, le Hunter avait été domestiqué en un rien de temps. Le bougre ne débordait ni d'assurance et encore moins de charisme, espérer faire la nique à un lieutenant d'une des mafias les plus influentes du continent était un projet voué à l'échec avant même d'avoir pu être appliqué.

- Ça sera donnant-donnant.

Ce n'était pas l'idée que Lejinoss s'était faite de la négociation qui, à son sens, devait aller dans une seule direction : la sienne.

- Mais... et le notaire... tout ça ?

Le regard glacial de la demoiselle lui intima mieux qu'avec des mots de fermer sa gueule. Menacer un criminel, surtout en bluffant, n'était pas la meilleure idée que Leji ait eu. L'atmosphère était à couper au couteau et il n'était pas exclu que la lame ne tranche le malheureux Hunter orangé au passage tant il était présentement sans défense. Une serveuse arriva alors pour prendre la commande de ce nouveau client venu garnir la table à laquelle Kyoko était installée depuis plusieurs minutes avant son arrivée.

- Et pour vous qu'est-ce que ce sera ?

- Deux pommes à l'huile avec du hareng.

- J'ai déjà mangé. Coupa sèchement la rousse insulaire.

- Les deux sont pour moi. Rétorqua sans-gêne son compagnon de table.

Ne se faisant pas prier compte tenu de l'ambiance délétère qui régnait autour de la table, la serveuse s'en retourna en cuisine transmettre la commande. Sans doute devait-elle s'imaginer qu'une querelle de couple avait lieu à la table d'où elle revenait, une séparation houleuse en plein restaurant. Il n'en était rien. La rencontre tendait au contraire vers une union. Une union bien sûre intéressée, mais un partenariat qui allait prendre forme à l'issue de négociations à venir. Il y avait d'ailleurs fort à parier que la mafia ne voyait pas d'un mauvais œil l'idée de se servir d'un Hunter pour bénéficier de ses privilèges.

- Au fait, je suis comme qui dirait ruiné. Vous paierez pour moi.

Galanterie, esquive-toi, Lejinoss Taibug est dans la place. C'est sur cet élan de classe que les négociations allaient débuter.
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Mar 2 Oct - 16:20
Kyoko savait que les Hunters n'étaient pas les rois de la discrétion en dehors de leurs contrats. Mais lui, il battait des records. Tout en orange, lunettes de soleil bon marché, un style... Sauvage ? Elle poussa un soupir intérieur en le voyant entrer et son tic la reprit quand il vint s'installer derrière elle. Yeux fermés, doigt sur l'arête du nez, elle lança à son égard sa première injonction sous forme de question. Et ça, là, ça pouvait devenir Hunter ? Elle pourrait tenter sa chance.

En plus d'avoir cet air de fou évadé de l'asile, il se cogna le genou dans la table en venant en face d'elle. Il voulait une protection, mais qui pouvait bien être après un gars comme ça et surtout, pourquoi ne l'avait-il pas encore attrapé ? Malgré tout, elle ressentait en face d'elle la même chose qu'en elle. Cette énergie étrange. Sans vraiment parvenir à savoir quoi exactement. Il était-peut être pareil qu'elle.

Malgré tout, après deux tentatives -pitoyables- de l'intimider, Kyoko en avait déjà marre. Si elle ne dirigeait pas la conversation, tout ceci ne mènerait a rien.

- Une protection, c'est ce que vous voulez, non ? Faisons au plus pressé, j'ai autre chose à faire cet après-midi.

Il sembla d'un coup se calmer. Alors, quoi ? Que de la gueule ? Alors que la Japponaise allait reparler affaire, il tenta une dernière remarque qu'elle tenta de faire taire d'un regard. La pauvre serveuse qui arriva à ce moment du ressentir une certaine pression, mais professionnelle, elle ramassa la tasse de café et demanda à l'ahuri ce qu'il prendrait. La commande pour deux surpris la mafieuse, mais elle interrompit tout de suite cette "tentative de sympathie ?" en précisant qu'elle ne reprendrait rien. Mais évidemment, que serait un excentrique comme lui sans une certaine dose d'égoïsme.

- Au fait, je suis comme qui dirait ruiné. Vous paierez pour moi.

Et elle qui pensait que les Hunters roulaient sur l'or. Elle laissa tomber son dos sur le dossier du siège, le regardant avec un air étrange. Yolnoï n'avait pour une fois pas forcément eu le nez creux. Kyoko resta comme ça quelques secondes à le jauger avant de reprendre une position plus droite.

"On ajoutera ça sur la note finale. Mais revenons à notre affaire. Vous souhaitez donc vous assurez la protection d'un clan. Mais contre qui, ou quoi exactement, monsieur... Monsieur comment, d'abord ?


-Taibug. Lejinoss Taibug

-... Monsieur Taibug donc. Qui en a après vous ?

-Un autre hunter...

-Quoi ? Plus fort, aller !

-Un autre hunter. Un hacker pour être précis.


Voilà qui allait un peu compliqué la tâche. On ne pouvait décemment pas mobiliser un Injyu juste pour ça, mais le clan allait devoir débourser une certaine somme pour engager un utilisateur de Nen. Et puis bon. Un Hunter qui en poursuivait un autre. N'était-ce pas quelque chose de normal ?

Kyoko fut tiré de ses pensées et de la conversation par la jeune serveuse revenant vers la table, amenant a "Lejinoss" ses deux assiettes. Elle soupira et sorti de sa veste un billet qu'elle tendit à la femme et fit un rapide geste de main pour lui demander de retourner à son poste et que non ils ne prendraient rien d'autre.

Les calculs qu'elle faisait dans sa tête ne lui plaisait vraiment pas. Il faudrait un lieu sur dans une des propriétés du boss, au moins six gardes armés et un ou deux gardes maîtrisant le Nen. Et tout ça pour ce type, qui n'était pas capable de payer lui-même deux assiettes dans une brasserie. Même si ce n'est pas courant d'être sollicité par un Hunter, un autre spécimen ne l'aurait vraiment pas dérangé...
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Mer 3 Oct - 7:55
Elle voulait en plus des informations complémentaires. Bien évidemment, l'hirsute aurait pu la noyer sous les détails, insister sur le caractère sociopathique du loustic, un de ces Hunters qui se foutaient éperdument de la Justice, l'Amour et des petits oiseaux mais qui savaient s'abandonner corps et âme à leur obsession première : la traque. Hacker Hunter chevronné, suffisamment en tout cas pour mériter le titre de Single Hunter, Manil Darett aurait laissé le monde être mis à feu et à sang aussi longtemps que les commanditaires n'étaient pas ses proies de prédilections. Celles-ci étaient en général des avortons de première catégorie, du puceau boutonneux à l'épiderme suintant et luisant maître d'un espace virtuel qu'ils avaient l'illusion de contrôler jusqu'au jour où on leur notifiait que la récréation était terminée.
Pour eux, avoir eu Manil sur le dos avait été un prélude aux enfers. L'homme prenait son temps, il avait pour habitude de savoir pleinement savourer une victoire qu'il savait acquise dès lors où sa proie était dans ses filets. Entre l'instant où la cible était pistée par son chasseur et celui où elle expirait enfin - quand elle ne se rendait pas aux bons soins de la police pour agoniser enfin dans un pénitencier de haute sécurité - s'écoulait généralement un bon mois. Un mois de souffrances où, par des subterfuges aussi divers que variés, Darett faisait cuire son supplicié à feu doux, anéantissant aussi bien le corps que l'esprit avant que le coup de grâce ne soit administré. Estimé de ses pairs, il l'était moins des Crime Hunter s'étant penchés sur son dossier. Usant d'intermédiaires pour la torture psychologique, les sévices, les brimades multiples allant parfois jusqu'aux viols d'après les témoignages, celui-ci était un Hacker Hunter capable de donner à un informaticien la phobie du clavier.

Ceci considéré et même longuement ruminé par un certain Hunter vêtu en orange, ce dernier n'était pas réellement en position de négocier sa protection : il la lui fallait absolument. Hacker Hunter renvoyait au commun des mortels l'image d'un binoclard qui se contentait de tracer ses cibles derrière l'ordinateur avant d'appeler la police pour appréhender le suspect. Rien de bien impressionnant en soi. Aussi - sans être exhaustif de peur d'effrayer cette mafia qu'il embarquait dans des tourments ineffables - Lejinoss comprit qu'il aurait tout intérêt de muscler le portrait de son chasseur.
Alors que la jeune fille avait levé un sourcil avec un soupçon de mépris en se demandant sans doute ce qu'un Hacker Hunter avait d'effrayant, son comparse, à qui l'on venait de servir la pitance se rua sur son plat avant de compléter :

- Mais attenchion hein ! Coshtaud le gars.

Il avala ce qu'il venait d'enfourner dans la bouche afin d'être plus audible.

- De ce que je sais, il s'occupe jamais de ses cibles en personne. Généralement il se sert de criminels en les faisant chanter pour qu'ils se plient à ses quatre volontés.

- Décidément, c'est une manie par chez vous.

Sans même y avoir réfléchi, Lejinoss avait effectivement opté pour la même méthode que celui qui fut un bref instant son maître. Quelque part, ces deux-là étaient les mêmes, seule la sociopathie les distinguait. Ça, et une maîtrise prononcée du Nen. C'était justement ces deux éléments qui posaient problème.
Noyant le poisson, faisant une fois de plus la sourde oreille, Leji reprit :

- Mais ça s'arrête pas là. Il, peut avoir accès à n'importe quelle caméra de surveillance sur cette planète, là où il y a de la technologie avec lui, y'a pas d'échappatoire. Inutile de dire qu'il faut jamais avoir un portable sur soi quand il se met en tête de vous traquer.

Ces quelques indications étaient salutaires ; il se garda bien toutefois de rapporter que Manil avait aussi une certaine tendance à vider les comptes en banque par le biais de failles informatiques. Cette information aurait pu indisposer un syndicat du crime à entrer en guerre ouverte avec un individu capable de les attaquer méchamment au niveau du porte-feuille.

- Sinon, je sais qu'il a un bureau à Garzik, une grosse ville sur le continent Aijen. Je vais pas vous dire comment faire votre boulot hein, mais....

Mais il s'apprêtait tout de même à le faire ; portant à nouveau ses pommes à l'huile entre ses mâchoires.

- Mais che cherait bien que vous envoyez des tueur chur plache. Putain ch'est bon chette merde mine de rien.

Plutôt nerveux et même craintif par nature, cette propension à l'anxiété le conduisait à envisager le mort de n'importe qui sans vergogne du moment que cela pouvait apaiser ses craintes. Tout compte fait, la sociopathie semblait commune aux deux Hunters.
Tueurs ou pas, l'hirsute n'aurait pas juré de la présence de Manil sur les lieux. Hacker Hunter de renom, il pouvait organiser sa petite traque de n'importe où du moment qu'il avait un matériel informatique - ne serait-ce que rudimentaire - à disposition. Et dans l'éventualité où, sûr de lui au point de rester à Garzik, il n'aurait pas quitté son building personnel : il n'était pas dit que quelques assassins, même professionnels, puissent en venir à bout comme bon leur semblait.

- Et en échange ?

Intéressée toujours, pas par le cas de Leji mais plutôt par ce que ce dernier pouvait leur offrir, Kyoko ne se démontait pas, le scrutant froidement sans qu'un tic ne trahisse ce qu'elle pouvait avoir en tête. Sa première assiette terminée, le Hunter passa à la seconde ajoutant d'une voix peu assurée - car il y avait de quoi :

- Toute ma sympathie ?

Et il gratifia ce trait d'esprit mal avisé d'un sourire crispé, un regard craintif prenant le dessus. Craintif car lucide. La Japponaise avait à peine eu à plisser ses yeux qu'il lui sembla qu'elle l'étranglait de toutes ses forces. Ce n'était manifestement pas la réponse qu'elle attendait.
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Mar 16 Oct - 10:02
Tout ce que le "Hunter" avait pu lui dire n'avait que peu inquiété Kyoko par rapport à l'état dans lequel elle était déjà en fait. Les criminels employés pour faire les sales besognes ? À la limite, eux au moins, n'utilisaient pas le Nen. Les caméras sous surveillance ? La plupart des bâtiments du boss tournaient en circuits internes et le hacker devraient alors se déplacer jusqu'à eux pour pouvoir en prendre le contrôle. Puis au final, le dévoreur de pomme fini par lui dire quelques trucs intéressant. Alors, comme ça Garzik... Très bien.

La Japponaise sortit un carnet à spirale de sa poche, un crayon étant bloqué dedans. Elle se mit à noter tout ce que Lejinoss avait pu lui dire d'intéressant, ou du moins de pas complètement inutile ou qu'elle ne savait déjà. Elle le laissa donc finir de manger, en récapitulant sur papier les points de la protection. Éliminer le Hunter avant que celui n'élimine sa cible pouvait être intéressant, mais purement illégal et la mafia ne souhaitait pas vraiment avoir l'association Hunter a dos. Après, ça n'aurait pas été la première fois que les choses se passaient ainsi.

Kyoko fini par reposer son carnet dans sa poche, regardant l'orangée avec une pointe de doute. Même si lui n'en valait pas la peine, sa licence Hunter seule pouvait justifier la protection qu'ils allaient lui apporter. Elle attendit calmement qu'il finisse sa seconde assiette, avant de lui adresser à nouveau la parole.

"Monsieur Taibug. L'organisation pour laquelle je travaille et moi-même allons accepter de vous protéger de cet homme. Comprenez simplement que ce n'est pas n'importe qui. C'est tout de même un Single Hunter. C'est pourquoi nous allons retourner les lois de votre association contre elle-même."

Elle se leva, remettant son manteau en place pour qu'il tombe plus correctement. Elle fit signe à l'ahuri pour qu'il la suive. De toute façon pour l'instant elle ne pouvait pas faire grand-chose. Le lendemain il serait installé et une troupe partirait pour Garzik faire le sale boulot, mais cette nuit il était livré à lui-même. Alors qu'elle allait commencé à marcher, elle le regarde une dernière fois et plaça brièvement sa main droite devant ses yeux en constatant qu'il n'avait pas abandonné les lunettes noires.

"On va sortir du restaurant en même temps. Ayez au moins l'air naturel."

Et elle marcha d'un pas décidé vers la porte en verre, saluant d'un petit geste de main la pauvre serveuse qui avait dû assister a tout ça sans comprendre. Une fois dehors, elle se retourna, attendant que Lejinoss sorte de là.

"Comme je vous le disais, on va retourner leurs lois contre eux-mêmes. Puisqu'il est normal qu'un Hunter en tue un autre, a priori, vous serez le tueur. Bien sûr, tout le monde saura que c'était de la légitime défense. "








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Mar 16 Oct - 20:33
De la légitime défense. Ces mots parvenus à ses oreilles, Lejinoss comprit immédiatement qu'il n'avait pas recours aux services de la mafia pour son expertise légale relativement viciée mais davantage pour sauver sa peau. Au fond, il n'avait pas réfléchi à l'issue de cette situation fâcheuse dans laquelle il se trouvait ; la vision court-termiste avait dominé jusqu'alors.
S'il était question d'un jour s'extirper du plan de chasse de Manil, cela ne pouvait au fond impliquer que deux choses : que ce dernier ne se lasse ou ne se meurt. Or, Manil Darett ne se lassait jamais.

Le tuer. Clairement, Kyoko n'avait pas idée de ce dont un Single était capable. Leji non plus d'ailleurs. En réalité, l'hirsute n'était même pas capable ne serait-ce que d'appréhender la puissance de son bourreau en devenir. Pourtant, il avait passé des semaines entières en sa compagnie - sinistre compagnie par ailleurs. De ce que son précepteur impitoyable avait dévoilé de lui-même, c'était un gap béant que jamais Leji ne rattraperait. Plus terrible encore que ce qu'il lui avait montré, c'était ce qu'il lui avait dissimulé qui suffisait à donner des sueurs froides à l'Hunter orangé.

- Nan mais...

D'un petit coup du tranchant de sa main sur la table, d'un air de dire qu'une idée venait de percuter les tréfonds de son ingéniosité, Lejinoss cherchait à se donner un air de rebelle sans cause qui se foutait de tout et, à priori, du bon sens.

- Vous devez bien avoir des contacts pour de la contrebande de missiles téléguidés. Un ou deux, ça devrait faire l'affaire.

Modeste dans sa requête, quelque peu impressionné et dépassé par la suite des événements, le Hunter préférait concilier prudence et efficacité plutôt que de tenter - vainement - s'assassiner celui qui fut son maître. À bien y réfléchir, considérant l'impact que Manil avait laissé de par sa simple aura, il ne voyait pas comment s'en débarrasser autrement que par l'emploi d'un matériel de guerre sophistiqué. Probablement abonné au Renforcement, le Hacker Hunter devait sans doute être imperméable à bien des calibres standards, mieux valait opter pour le haut de gamme d'emblée.

- Des missiles ?

- Ouais... ça... ou des obus aériens garnis en uranium appauvri larguées depuis un bombardier. De quoi éclaircir un peu le terrain, histoire qu'on n'ait pas à s'y reprendre.

L'addition payée par la demoiselle, celle-ci se contenta de se lever, ignorant royalement les suggestions tactiques de l'hirsute craintif. Sans doute valait-il mieux qu'elle l'ignore plutôt que de lui répondre. Sans armes, avec la simple puissance des mots, elle aurait pu le blesser et occasionner des dommages irréversibles. Toutefois, elle ne put s'empêcher de pester entre ses dents un vain et quasi silencieux :

- Des missiles... qu'est-ce que c'est encore que ce type...

Haussant les épaules après avoir essuyé une fin de non recevoir, Leji s'essuya la bouche avec sa serviette en papier après y avoir enveloppé ses doigts puis se leva à son tour, scrutant passivement la rue à travers la vitrine de la brasserie.

- Cinq gugusses armés quand même. Quand il s'agit de sécurité, vous lésinez pas sur les moyens, je vous accorde au moins ça.

D'un amical signe de la main, il salua ses nouveaux camarades avec lesquels il serait amené à vivre jusqu'à ce que mort s'ensuive. La sienne, la leur, ou celle de Manil. Mal embouchés, le quintet aux armes à feu à peine dissimulées ne répondirent pas à ce geste pour le moins ridicule. Sans trop s'en soucier, Lejinoss mit ça sur leur caractère de "gros durs". Il y avait de ça, mais pas seulement.

- Je suis venue seule... rétorqua la rouquine en serrant légèrement les dents et s'apprêtant à s'emparer de son arme.

Cela expliquait en partie - et même en intégralité - le pourquoi d'un pareil manque de savoir-vivre de la part des gorilles qui s'approchaient du restaurant. Manque de savoir-vivre qui les conduisait à dégainer et charger leur arme presque en parfaite synchronisation les uns avec les autres.
Manifestement, un certain Hacker Hunter n'avait pas tardé à suivre sa proie à la trace avant d'y envoyer sa première vague de fléaux.

- À TERRE CRÉTIN !

Ne se faisant pas prier avant d'obéir, Leji se jeta au sol - manquant par ailleurs de se cogner le menton - avant de mieux maugréer.

- Le «crétin» n'était peut-être pas nécessaire.

Heureusement pour lui, les premières salves de coups de feu couvrirent sa réclamation stupide. Une pluie de morceaux de verre et de douilles fumantes s'abattait sur et autour de lui. De toute évidence, les assaillants n'avaient pas eu dans l'idée de se présenter avant d'accomplir leur besogne. Le bon personnel était si dur à trouver par les temps qui courent. Après tout, rien ne leur interdisait d'être à la fois sanguinaires et bien élevés.
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