Enfer estival sur paradis fiscal

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Enfer estival sur paradis fiscal

Message  Lejinoss Taibug le Sam 9 Sep - 12:18

Il y avait un "ça" d'indécent et ce, dès l'arrivée à l'aéroport. Camono, une île à la superficie restreinte pour ne pas dire minuscule. Sur ces terres, ou plutôt sur ce sable - la moitié de l'île n'étant composé que du littoral - les riches vacanciers y venaient se détendre un ou deux jours à peine. L'intérêt premier pour eux n'était pas de tremper leurs orteils dans cette mer vierge de toute forme de pollution. Sur Camono, on y venait lourdement chargé, une mallette dans chaque main, puis on repartait allégé, serein, d'autant plus serein qu'on savait qu'aucun organisme fiscal d'aucun pays ne pouvait se permettre quoi que ce soit ici.

L'indécence qui égratigna les yeux du Hacker Hunter se matérialisait sous la forme d'une nonchalance obscène de la part des plus grosses fortunes du monde entier. Mafieux, actionnaires de multinationales - si tant est qu'il y ait eu la moindre distinction à faire entre ceux-là - tous venaient frauder sans honte aucune. On semblait tirer une certaine fierté à faire la nique aux gouvernements qui ne pourraient pas glaner un centime des sommes enfouies dans les banques du coin.
C'est désinvolte donc que les grasses fortunes venaient frauder en tongs et bermuda. Ils riaient, parlaient forts jusqu'à scander haut et fort leurs méfaits se sachant impunis. Au moins, bien que la honte ne l'étouffait pas non plus, c'est discrètement et la mine basse que Lejinoss était arrivé sur l'île.

Il en avait pris des précautions avant d'arriver sur place. Pirater la base de donnée de vol pour dresser la liste de tout individu arrivé récemment, repérer les individus susceptibles d'être Hunter en lorgnant sur le site de l'association, rien n'avait été laissé au hasard. Depuis le dernier appel de Manil, Leji se sentait nerveux. La légende voulait que ce trait de caractère était le propre de ceux appartenant à la matérialisation. Mais même le plus confiant des Hunters aurait eu quelques saines inquiétudes à se savoir traqué par Manil Darett.

Depuis ledit appel téléphonique, il n'y avait eu ni jet privé ni passager se rapportant de près ou de loin à l'association Hunter. L'heure était venue pour Leji de retirer son magot pour mieux le replacer ailleurs. Seul l'instantané importait pour le moment, il n'avait pas encore réfléchi à l'après, il ne savait pas comment stopper cette traque, chaque chose en son temps. En un mot comme en cent, l'hirsute improvisait. Cette situation le dépassait plus que de raison. En son temps, un mandat d'arrêt international lui était tombé violemment sur le museau pour un autre malentendu. À bien y réfléchir, Lejinoss se trouvait poisseux d'être sans cesse le dindon de la farce de machinations dont il se serait bien passé. En partance pour Camono, à se ronger les sangs, se victimiser jusqu'à se morfondre et tirer une mine de cancéreux, il n'avait pas tardé à rejoindre sa destination où il s'était donc de fait confronté à l'indécence de ces plagistes richissimes qui se pavanaient de l'aéroport jusqu'à la banque.

Et quelle banque. Un palais. Au moins, les institutions de l'île - une République quelconque sans législation claire ni administrés sédentaires - assumaient parfaitement leur rôle de paradis fiscal. Si l'indécence régnait, au moins, la franchise était de mise.
Scrupuleux toujours, paranoïaque pour son bien, l'hirsute n'avait pris aucun appareil électronique avec lui. Être tracé plus que de raison ne le tentait guère maintenant qu'un Hunter était à ses basques. Ce n'était pas la première fois que Manil était à ses trousses. D'ailleurs, c'était par lui que tout avait commencé. Les informations sur Greed Island, l'examen Hunter, les péripéties s'y rapportant, le Nen, tout avait été le fait de Manil. Et après avoir tant offert à Leji, après lui avoir ouvert tant de portes, celui-là comptait les lui refermer sur les doigts.

Seulement, Leji avait trop pris goût à cette nouvelle vie. Lui ôter le pain de la bouche sans confrontation était inenvisageable. Larvaire, lamentable à certains égards lorsque confronté à plus puissant que lui, Lejinoss Taibug s'assurait néamoins de toujours d'avoir le dernier mot. Un Hunter traqué pouvait faire preuve de bien des ressources.
Par excès de prudence encore, il s'en alla à l'une des innombrables buvettes en bord de mer. Foncer tête baissée dans l'immense banque aux murs de marbre ne le tentait guère. Bien qu'il ait pris les devants pour s'assurer que personne ne l'avait devancé sur l'île, un doute persistait. Un manque de confiance en lui peut-être, ou tout simplement une précaution d'usage quand on savait que ses poursuivants éventuels maîtrisaient le Nen bien mieux que lui encore.

S'installant sur son tabouret, il commanda un verre de rosé. Vingt-mille jenis lui en fut demandé ; il commanda un verre d'eau. À sa droite un jeune homme qu'il avait repéré après avoir scrupuleusement détaillé chaque touriste du regard.
À ses chaussures en mauvais état, le Hacker Hunter en avait déduit que le perdreau n'était pas de la haute.

- Dis bonhomme, y'aurait moyen qu'on cause affaire tous les deux ?
avatar
Lejinoss Taibug
Admin

Messages : 642
Date d'inscription : 14/05/2016
Age : 24

Fiche perso
AOP: 532
POP: 2108
Réputation: 89

Voir le profil de l'utilisateur http://huntersworld.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Enfer estival sur paradis fiscal

Message  Onyx Kaintu le Mar 12 Sep - 18:33

Arrivé ici, je commence à me dire que l'on m'a menti. Un inconnu, avant de prendre l'avion, m'a conseillé d'aller à Camono, prétextant qu'il y avait de nombreux personnes qui nécessitent l'aide d'un Hunter - ou presque Hunter dans mon cas. Rien qu'à la sortie de l'aéroport, mes yeux s'agrandirent face à cet richesse un poil trop indécente. Je fus légèrement dégouté à la vue de ces riches vacanciers sur la plage, se pavanant avec leurs bagues étincelantes de milles feux sous ce soleil rayonnant. Soleil qui commençait d'ailleurs à me donner soif.

Je me dirigeais alors vers une des nombreuses buvettes installées au bord de mer quand soudain, sans regarder où j'allais, c'est alors que je mis le pied dans la boue. Mince, déjà que je n'avais pas d'autres paires de chaussures, j'étais bien évidemment obligé de salir ma seule et unique paire ! Mais quel paradoxe, je suis ! Capable de me battre avec deux lames mais bien sur, je ne suis pas capable de ne pas salir de paires de bottes !

Suite à cette mésaventure, je m'asseyais alors sur un des tabourets du bar et me préparait à commander quand je vérifiai alors mon porte-monnaie. À la vu de mon manque d'argent, je décida de prendre une verre d'eau. Je m'apprêtais à commander quand un homme s'approcha alors de moi. Quel homme étrange, habillé d'une chemise orange et d'un pantalon d'une couleur similaire, les cheveux coiffés d'une façon assez excentrique. Il me dit alors :

- Dis bonhomme, y'aurait moyen qu'on cause affaire tous les deux ?

Surpris de sa spontanéité et de son tact, je lui répondis poliment :

- Oui, que me voulez-vous, Monsieur... ?
avatar
Onyx Kaintu

Messages : 12
Date d'inscription : 30/07/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Enfer estival sur paradis fiscal

Message  Lejinoss Taibug le Sam 16 Sep - 9:36

Le tout était de le baratiner savamment. Pourtant en principe peu enclin à la "tchatche", lorsqu'il était question de deux milliard de jenies, le hacker Hunter était capable de prodiges. Chacun sa muse.
Afin de faire passer la pilule - car c'était un tâche ô combien dangereuse que celle qu'il comptait lui confier - Leji tenta au mieux de paraître le moins mielleux possible. Lui promettre monts et merveilles sans contrepartie, sans difficulté, excepté chez les pires abrutis, cela pouvait attiser les suspicions. Non, il ne fallait surtout pas que sa proie ne suspecte quoi que ce soit. Si l'animal avant l'abattage sentait les intentions hostile à son encontre, la viande serait amenée à mal tourner. Si cette viande-ci venait à mal tourner, la pestilence qui s'en dégagerait attirerait indubitablement Manil.

Incapable de maîtriser le En, sans preuves, l'hirsute savait : Manil Darett était présent quelque part sur la minuscule île. Puisqu'il n'avait pu suivre Lejinoss à la trace, il lui avait probablement - faute de mieux - tendu un piège. Plutôt que de tomber dedans, le Hunter en orange préférait de loin offrir cette opportunité à un innocent, de préférence le premier venu.

Mieux valait ne pas trop insister sur les verres à lui offrir, un appât qui sentait l'éthanol pouvait compromettre son plan. Tout ce qu'il y avait à faire, c'était lui présenter les choses de sorte à ce qu'il ne se doute de rien. Au milieu de toutes les huiles de Camono, Onyx - car c'est ainsi qu'il s'était présenté après qu'ils aient fait connaissance - faisait figure de poisson rouge parmi les requins.

- Donc... tu me proposes dix millions juste pour aller retirer ton argent de la banque avec ta procuration ?...
Pourquoi tu n'y vas pas toi-même.


La question était inévitable. L'affaire avait l'air si marécageuse que l'on pouvait presque renifler l'embrouille au sens littéral. Restait à endormir la vigilance de la bête.

- Parce qu'on m'attend à l'intérieur de la banque pour me buter dès l'instant où je ressortirai avec quelques mallettes fournies.

De par sa franchise, Leji tentait le tout pour le tout. Aucune autre raison de toute manière n'aurait parue vraisemblable. Laisser entendre qu'il y avait un danger sérieux permettait de crédibiliser son histoire. Il suffisait à présent de peaufiner les détails pour la rendre authentique.

- Donc lorsque tu donneras au banquier la procuration que je t'ai filée, tu ne prononces pas mon nom, tu te montres discret, et surtout tu fais attention à ce que personne ne lorgne par dessus ton épaule.

Onyx sirota son verre, pensif.

- Je veux cinquante millions.

Se retenant du mieux qu'il put de sourire en coin, l'hirsute avait ferré sa proie. Tous deux négocièrent le prix de la mission. Leji n'était pas vénal plus que de raison, mais céder à l'injonction sans chercher à mener bataille eut aussi paru suspect. Rien ne devait être laissé au hasard.
C'est donc pour trente-cinq millions de jenis que tous deux se serrèrent la main, chacun pensant avoir arnaqué l'autre, l'un ayant toutefois plus raison sur cette assertion que son comparse.

- Bientôt midi. Faisons ça vite.

Terminant cul sec son diabolo grenadine, le Hacker Hunter pointa du doigt la banque qui trônait fièrement tel un palais royal.

- Mes mallettes d'abord, le fric ensuite. Si je paie pas assez, t'auras qu'à me menacer de me dénoncer à mes poursuivants. M'enfin... ce serait t'exposer à leurs tirs.

Sans un mot à lui adresser, ayant besoin de ces quelques millions, Onyx prit congé de son employeur. De loin, Lejinoss comptait bien l'observer pour savoir dans quelles eaux boueuses il devrait frayer afin de récupérer son magot.

- Me demande si Manil buterait un innocent...
avatar
Lejinoss Taibug
Admin

Messages : 642
Date d'inscription : 14/05/2016
Age : 24

Fiche perso
AOP: 532
POP: 2108
Réputation: 89

Voir le profil de l'utilisateur http://huntersworld.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Enfer estival sur paradis fiscal

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum