Le salaire de la terreur

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Le salaire de la terreur

Message  Lejinoss Taibug le Lun 5 Juin - 17:26

Une main dans la poche, son autre bras pendant de tout son long avec désinvolture, c'était un Hunter détendu qui se laissait emporter plusieurs centaines de mètres sous l'océan.

L'idée lui étant venue il y a de cela trois jours en lisant le journal. Aquack, ONG mondialement connue était à nouveau sous les projecteurs. L'article ne tarissait d'ailleurs pas d'éloge au sujet de la fondation. Celle-ci ne manquait jamais une occasion de faire parler d'elle, car que ce soit en bien ou en mal, l'important fut qu'on en parle.
Forte d'une réputation qui s'était accrue sur la sensibilité écologiste, les dons avaient afflué tant et tant que l'organisation avait fait sa mue en peu de temps. De la préservation de la faune et la flore aquatique par le biais de quelques actions médiatiques d'envergure, Aquack s'était - d'après les rumeurs - lancée dans un projet pharaonique dont personne n'aurait pu suspecter ne serait-ce que l'idée : un centre de recherche subaquatique de plusieurs milliers de mètre carré.

Du rang de rumeur, le projet - bien concret - ne put rester secret bien longtemps. Des milliards de jenis avaient été engouffrés dans ce qui semblait à l'époque relever de la démesure la plus absolue. Et pourtant, fort de patience, de bénévoles motivés et du financement de donateurs innombrables et enthousiastes, le centre subaquatique "Waterminal" s'était érigé en vingt ans à peine.
Aujourd'hui, il comptait parmi les plus influents centres de recherche au monde, ne dépendant d'aucun état et dont les fondateurs étaient déterminés à découvrir les ressources énergétiques et industrielles du futur.

Rien n'était trop beau pour ce bijou scientifique que bien des nations observaient avec envie. Une envie si prenante qu'on parlait dans le journal d'attaques informatiques diverses et variées émanant de plusieurs pays. L'occasion faisait le larron et Lejinoss Taibug se découvrit une sensibilité écologiste subite.

Cela n'avait été l'affaire que de quelques coups de fil. D'abord à l'association, pour se faire recenser en tant que Hacker Hunter, ensuite à la fondation Aquack. Jamais leurs soutiens n'étaient trop nombreux, encore moins s'ils provenaient de l'association Hunter, ces derniers étant paraît-il un gage de prestige.
Quelques discours mielleux sur le besoin de sauver des baleines dont il n'avait jamais rien eu à foutre, une mention discrète de leurs problèmes informatiques et très vite, l'hirsute comptait parmi les bénévoles d'Aquack. Ruiné mais bénévole, on aurait pu le prendre pour un saint.

Il avait une idée derrière la tête, et cette dernière était à vingt-mille lieues de toute considération écologique.

La fondation avait affrété un hélicoptère depuis Kakin afin f'amener cette recrue de choix jusqu'à leur plateforme marine - unique accès à la base -. Sur place, il avait pu constater à quel point on ne plaisantait pas avec la sécurité au vu des dizaines de gardes surarmés. De là, on le fouilla. Même les portables devaient rester à la surface. Il n'y avait rien de personnel lui avait assuré la jeune pimbêche faisant office de guide, l'intérêt était avant tout de s'assurer que personne ne puisse entrer avec des armes, ou du matériel d'espionnage industriel comme des micros, des caméras, ou bien encore des clés USB.
Leji ne fut en aucun cas vexé de l'excès de précaution ; arborant un léger sourire en coin, il se plia volontiers aux exigences de ses hôtes. C'est ainsi qu'il put enfin monter à bord de la cabine de l'ascenseur qui le mènerait vers ce trésor d'ingénierie scientifique qu'était Waterminal.

Il était donc là, une main à moitié enfoncée dans une poche, un bras ballant, écoutant d'une oreille inattentive cette pipelette qu'on lui avait collé dans pattes afin de lui servir de guide et accessoirement de commissaire politique. Car, encore une fois, à Waterminal, on ne plaisantait ni avec la sécurité ni avec la surveillance.

- ....Les ondes phoniques sont bien sûr inoffensives pour la faune locale, elles ont même été calibrées en fonction des sonar des baleines et.... et... je suis désolée mais... c'est interdit de fumer ici.

Pour faire simple, elle lui tapait sur les nerfs. De sa poche, machinalement, il avait sorti un paquet de cigarette volé à Hoicoro-City lors de son intrusion dans le domicile d'un mort. Déjà, l'hirsute avait porté une tige à cancer qui pendouillait maintenant à ses lèvres. Glacial, haussant un sourcil pour exprimer une forme de dédain, il ne rangea pas gentiment la clope dans son paquet sur la simple injonction d'une demoiselle aussi fluette qu'agaçante.

- Pourquoi ça ? Il y a des produits inflammables dans l'air ?

La bécasse gloussa nerveusement, ce n'était pas toujours simple de mettre un Hunter au pas, encore moins quand ce dernier n'avait aucune forme d'estime pour qui que ce soit.

- Oh non ! Dieu merci non ! L'air est filtré chez nous. Nos conduits d'aération sont régulièrement entretenus.... c'est juste.... juste... qu'on ne fume pas par respect pour ceux qui n'aiment pas la fumée. Voilà tout...

Nerveuse, elle l'était. Tous les signaux corporels le montraient. Regard baissé, se triturant les doigts, oppressée par ce Hunter qui continuait de la fixer tout en conservant sa clope au bec, elle se sentait soudain claustrophobe. Leji sourit, ne cachant alors pas son mépris pour ses contemporains.

- Par respect ? Si ce n'est que ça...

Il alluma sa cigarette sans y réfléchir à deux fois, soupirant une première bouffée l'apaisant plus que de raison après avoir subi si longtemps les discours mièvres de son écologiste de guide. Enfin le silence fut.
La descente en plus d'être particulièrement longue se faisait très lentement. Sans être un expert en plongée, Lejinoss avait entendu parler des pallier de décompression, il les ressentait à chaque acouphène surgissant sans prévenir.
S'il s'était juré de ne plus adresser la parole à la petite brune qui restait dans un coin, soumise, à n'oser piper mot, l'hirsute ne put s'empêcher de demander, d'une voix qui se voulait volontairement monocorde et lugubre :

- Et si l'ascenseur était détruit ?

Une simple question anodine et pourtant si lourde de sous-entendus qui manqua d'en faire sursauter la guide.

- Nous... nous avons pensé à tout. En cas d'urgence, nous avons à notre disposition un hangar où son parqués dix sous-marin de fabrication Hanberg pour évacuer.

Recrachant une fois de plus un épais nuage de fumée remplissant la cabine toute entière, le macabre curieux hocha doucement la tête afin de faire comprendre qu'il était satisfait de la réponse. Au fond, il ne savait pas pourquoi il avait demandé. Son plan ne prévoyait en aucun cas de s'attaquer à l'ascenseur ou quoi que ce soit d'autre. Si tout venait à se dérouler correctement, il pourrait repartir avec ce qu'il convoitait tout en étant remercié par les dirigeants de la station.
Toutefois, après un concours de circonstance l'ayant fait cheminer à travers deux sessions de l'examen Hunter le tout mêlé à une histoire de mandat international qui avait plané un instant au-dessus de sa tête, il finissait toujours par envisager le pire.
Plus encore que cette jeune fille enthousiasmée par l'écologie et qui n'osait plus croiser son regard, Lejinoss était nerveux de par nature.

Une fois parvenus au dernier pallier, l'ascenseur s'ouvrit délicatement libérant un inquiétant voile de fumée qui ne manqua pas de décontenancer la poignée de scientifiques venus accueillir leur nouvelle recrue. Ladite recrue sortit d'un pas lent mais ferme rencontrer son comité d'accueil.

- Enchanté monsieur Taibug. Notre associée ne vous pas a peut-être pas prévenu mais.... c'est interdit de fumer ici.

D'un regard aussi furtif que chargé de reproches, le scientifique, un homme d'une quarantaine d'années aux rides marqués et aux cheveux raids et blond scruta un bref instant la pauvre fille qui ne savait plus où se mettre, piégée entre un marteau Hunter et une enclume hiérarchique.

- Nan nan, pas de souci elle m'a prévenu.

Annonça sèchement Leji en laissant s'échapper une nouvelle bouffée de fumée.

- Seulement dans le règle animal, la baudroie scintille, l'anguille électrocute et Taibug fume. C'est un impératif biologique. Il faut s'y faire.

Et tous esquissèrent un petit rire. Toutefois, pas un seul ne fut sincère dans l'expression de son rictus, pas plus Lejinoss qui faisait étalage de son irrespect flagrant que de ses nouveaux employeurs préférant se laisser marcher sur la gueule plutôt que de se priver d'un Hacker Hunter trop précieux dans leur lutte contre les nations qui cherchaient inlassablement à piller leur avance scientifique.
Passant outre ce manque de civisme, les scientifiques se présentèrent un à un, tous se proposant de faire le tour du propriétaire à leur nouveau camarade. Ce dernier accepta lorsque Eli Aghen, responsable du site se proposa enfin. Leji le savait, plus il en apprendrait sur la base, plus facilement il pourrait mettre en œuvre son plan.


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Re: Le salaire de la terreur

Message  Nepter le Mer 14 Juin - 6:34

Les humains ont tendance à crier quand ils me voient, surtout quand je fais bouh en sortant du noir, ou bien quand ils me surprennent en plein repas dans les chambres de leurs amis. Je savais qu'il fallait que je me fasse tout petit et c'est trop facile, c'est moi le meilleur à cache-cache, la preuve eh je suis encore là même si la police colle des affiches avec ma tête partout !

J'étais sur le port puis j'ai trouvé cette caisse pleine de manger surgelé, c'était un peu lassant le poisson mais ça faisait plaisir à l'estomac. Je voulais me donner petite collation de 15h en attendant celle de 16. Mais un humain est venu refermer la caisse au-dessus de moi, quel farceur celui-là, sauf que les blagues c'est rigolo sauf quand on les subit ! Je suis resté coincé dans la caisse quelques heures et j'ai tout croqué entretemps. Quand il n'y avait plus de surgelé eh bah j'ai décidé de sortir, j'ai commencé à grignoter la caisse, et je peux vous dire que le bois pourri c'est bien pourri.

Et les clous bah ça fait saigner la gorge. Heureusement qu'ils étaient petits, ils se gobaient d'un coup en incendiant un peu la langue à leur passage, comme des têtes brulées.

Je regardais les poissons déambuler derrière les hublots et ils me donnaient très envie, j'aurais voulu nager avec eux et en croquer quelques uns au passage, Maman disait toujours que l'océan était un énorme garde-manger dont il fallait pas laisser la porte ouverte, sinon les humains piquaient dedans et raflaient rien. J'aurais bien voulu habiter près de la mer...

Les sous-marins, c'est bruyant, et puis c'est froid. Même quand y a personne, ça vibre de partout et ça hérisse les poils. Comme si la grosse machine était vivante et qu'on était dans son ventre gargouillant ! Je me demande pourquoi les humains se cachent sous l'eau comme ça. C'est pas chez eux. A mon avis ils font des trucs secrets ici, comme des plans de superméchants. C'est écrit "Aquack" un peu partout et j'ai entendu des humains en parler comme si c'était là qu'ils habitaient, "Aquack". Peut-être une espèce de famille. Ou une organisation maléfique de superméchants. Je sais pas !

Et chez Aquack c'est superméchant et superpropre. Même leurs conduits de ventilation brillent fort, de longs tunnels blancs qui sentent les fesses et les égoûts.

Mais !
...
Mais on s'ennuie ferme ici.
...
Tout ces humains aux airs sérieux et superméchants ont pas l'air d'être prêts à jouer et à s'occuper de moi, encore moins à devenir amis. Alors faut rester cacher. Sauf que rester cacher dans les vestiaires plein de casiers, c'est ennuyeux.

Et puis ça creuse !
Je mange les sandwitchs que je trouve dans les sacs, mais ils contiennent pas ce que j'aime vraiment croquer, la viande. C'est que des crudités. Du pain. De temps en temps une tranche de jambon toute suante de beurre.

Ah oui il y a eu un chien. Je l'ai mangé. Tout cru, je l'ai gobé. Mais c'est pas du gros gibier dodu. J'ai placé ses os dans un casier pour faire une blague, je dévore pas les os moi, je suis pas un chien, c'est lui le chien haha ! Enfin, c'était lui...

Enfin voilà j'attends que quelqu'un ouvre le casier.
Pour rigoler.
Mais personne vient rigoler.
Alors je m'ennuie.
Et j'ai encore faim.

Alors quand j'entends quelqu'un rentrer sur mon territoire, je suis tout excité, je me dis youpi, j'espère que c'est un humain gros, avec plein de graisse à grignoter autour des os.

Pom popom popom...

Eh bah non dommage, c'est une asperge à lunettes qui a que la peau sur les os, il y en a des tas des sardines comme ça dans cette boîte de conserve. Les humains d'ici sont pas très mangeurs. Tant pis il occupera mon ventre une ou deux heures !

Batifolant à travers les casiers, cet anonyme ingénieur du nom de Pâquerette se dirige innocemment vers son coffre d'intimité à lui, là où il a entreposé son stock de magazine coquin pour occuper ses rares récréations. Après l'effort le réconfort.

Sacré rustre ce nouveau hunter, il m'a stressé. Et bibi, quand il stresse, il a besoin de belles...

Il n'arrivera jamais à nourrir ses mirettes de jolies chairs, en l'occurrence car c'est sa chair à lui qui s'en va sustenter un gourmand d'un autre genre.

Au détour d'un casier, un cri fugace, une projection de sève rouge, et tout s'arrête.


Pas vu pas pris.
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Re: Le salaire de la terreur

Message  Hama Kruyech le Lun 19 Juin - 20:20

On n'en menait pas large, sur la barge se dirigeant vers le large, blindée de barges qui... Bon, ok, pas d'allitérations.
N'empêche que personne n'avait l'air trop à l'aise. Les quelques encostumés semblaient soucieux de l'imprévu que constituait la présence de Jack, et celui qui semblait être leur supérieur passait son temps la main à l'oreillette, aucun mouvement des deux voyageurs ne lui échappant des yeux. Jack se faisait discret, comprenant la gravité de la situation et la possibilité qu'il mît en péril la mission de la linguiste, qui, elle, tâchait d'apparaître sûre d'elle et d'entretenir des rapports professionnels avec son magicien d'assistant.

L'atmosphère eût pu se détendre en arrivant à destination, mais non. Il s'agissait d'une plateforme très éloignée de toute côte, probablement dans les eaux internationales, aux tons variant entre le gris et le gris, où on distinguait soit des confrères des pingouins du bateau mais armés jusqu'aux dents, soit des techniciens en bleu de travail. L'ensemble avait une taille modeste en surface, mais Hama ne doutait pas que bien davantage reposât sous la mer.

Une jeune femme sortit sur le pont. Tailleur impeccable, coiffure parfaite, tirée aux quatre épingles, légèrement maquillée et l'air fatiguée. Elle devait avoir le même âge que Hama mais paraissait beaucoup plus sérieuse et professionnelle, bien que, en réalité, Hama n'eût certainement rien à lui envier de ce côté-là.


"Mlle Kruyech ?
— Madame, répondit l'intéressée avec un sourire.
— Ah, désolée, je ne savais pas.
— Ce n'est pas grave. C'est vous, la responsable ?
— Du haut, oui." Il y avait donc bien un bas. "Avant toute chose, je voudrais insister sur le fait que nous ne nous attendions pas à la présence de votre... assistant." Elle ne savait trop comment qualifier Jack. Il n'avait pas la tête de l'emploi, il fallait dire. "Le laboratoire a été informé de cette modification d'organisation, mais ils détestent les surprises. Ne soyez pas étonnée si l'ambiance devenait... tendue.
— Pas de souci. On est libres de partir quand on veut, de toute façon." Elle songea au contexte du grand large et des nombreuses minutes de transport. "D'arrêter de travailler, je veux dire, si ça se passe mal. Après tout, on est là pour faire avancer la science, non ? Il y a pas de raison qu'on se tire dans les pattes."

L'hôtesse d'accueil ne semblait pas d'humeur à badiner. Elle se contenta d'acquiescer en affichant un sourire commercial puis invita les nouveaux venus à entrer dans le bâtiment à proprement parler, escortés par deux bonshommes maousses costauds qui paraissaient adorer l'humour. Une fois dans une salle sans fenêtres d'un étage inférieur, sous la surface, on leur demanda de se débarrasser de tout instrument pouvant contrevenir à la sécurité des lieux. On leur expliqua qu'il s'agissait d'un complexe relevant d'un secret des plus absolus et que différentes tentatives d'intrusion et de piratages ayant déjà eu lieu, la sécurité avait été relevée de plusieurs crans au fil des mois.

Hama ne discuta pas, laissant tout le contenu électronique dont elle disposait, ce qui faisait peu, au final. Elle conservait vêtements, livres, papier et stylo, ce qui lui était amplement suffisant pour la plupart des situations. Elle jeta à un œil à Jack pendant sa fouille, prête à lui venir en aide le cas échéant, et si l'inspiration lui venait pour justifier l'utilisation de tel ou tel instrument.

Enfin, on les fit entrer dans une cabine qui ressemblait à un ascenseur. La jeune femme appuya sur un bouton qui déclencha la fermeture de plusieurs portes, plusieurs bruits peu rassurants, puis une chute relativement brutale. Elle ne paraissait pas surprise, aussi Hama se dit-elle qu'il s'agissait là de la procédure normale.

Sans prendre attention au manque d'assurance de la rouquine dans cette étonnante cabine qui semblait dévorer les mètres, l'employée expliqua aux visiteurs tout ce qu'ils devaient savoir mais ignoraient alors qu'ils auraient dû le savoir, ce qu'elle fit remarquer par de lourds soupirs et roulements d'yeux. Hama ne broncha pas - c'était une gentille fille -, se contentant d'engranger les informations et de poser des questions de temps à autre. Ce n'était pas une mince affaire dans laquelle elle s'était engagée...


"Quant à ce qui requiert votre présence, il s'agit d'un mystérieux message que nous avons trouvé dans les fonds marins. Par un moyen qui me dépasse personnellement mais que nos océanologues et physiciens expliquent par plusieurs théories, des sortes de colonnes de sable, hautes de soixante-deux centimètres sur six de large en moyenne, semblent former des lettres, comme des bâtons. Sauf qu'ils semblent émerger du sol et retomber pour se renouveler dans un cycle incessant où moins d'une seconde s'écoule avant le recommencement. Nous avons pris de nombreux clichés dudit message, et c'est à vous qu'il revient d'éclaircir cette énigme."

Intéressant. Si on enlevait le côté science dure auquel Hama panait que tchi, ça ne ressemblait à rien de plus qu'à un banal exercice de déchiffrage de langue. Sentant l'excitation linguistique qui montait en elle, le Docteur Kruyech avait hâte de se mettre au travail, oubliant qu'on l'emmenait trente-six mille lieues sous les mers.


Dernière édition par Hama Kruyech le Sam 22 Juil - 16:16, édité 2 fois
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Re: Le salaire de la terreur

Message  Jack A. Iseka le Mar 20 Juin - 16:09


Jack sentait une atmosphère pesante autour de lui. Les regards, les messes basses et les doigts pointés vers lui commençaient à l'agacer. Une dame était venu à la rencontre d'Hama, la saluant, elle et le clown, bien que celui-ci put également sentir qu'il n'était pas vraiment le bienvenu dans ce complexe. Il écouta seulement d'une oreille le reste de l'échange entre l’hôtesse et la linguiste, surveillant simplement du regard les alentours et attendant qu'on le guide. A première vu on aurait dit un enfant qui était venu avec sa mère car elle n'avait trouvé personne pour le garder.

Enfin ils allaient commencer à descendre sous la surfaces. Mais avant de continuer il fallait déposer tout les objets que les agents jugeaient compromettant à la sécurité. Jack se montra coopératif et les laissa fouiller son sac. Ils mirent de côté tout les objets pointu et/ou coupant ainsi que les objets de communications. Ensuite il fallut passé à sa tenue. Le clown possédé une bonne dizaine de couteaux dans des doublures et ses manches, sans oublier ses anneaux qui n'étaient pas que de simples décorations.

L'agent qui l'avait fouillé tiqua a force de sortir des armes blanches des affaires du clown.

« Vous l'avez trouver où ce gosse ? Vous êtes sûr qu'il n'y a aucun risque à le laisser entrer ? J'ai jamais vu un gosse avec autant d'armes sur lui. Si vous voulez nous pouvons le faire attendre ici le temps que vous fassiez votre travail. Parce qu'à ce rythme nous allons devoir le déshabiller complètement... »

Jack laissa échapper un rictus et laissa échapper une moquerie :

« Il est clair que si vous avez peur d'un simple môme que je n'ai pas besoin d'arme pour mettre en péril la sécurité ! »

La situation devenait tendu entre les agents de sécurités et le clown. Cela aurait fortement pu dégénérer si Hama n'était pas intervenue.

« C'est bon ! Donner lui une tenue et un endroit pour ce changer. Si il ne vous faut que ça pour vous rassurer alors c'est la moindre des choses. »

La jeune dame du complexe lança un regard sévère au duo. Un agent donna une tenu tout ce qu'il y avait de plus simple à Jack et l'amena au toilette pour qu'il puisse se changer à l'abri des regards. Il ressortit quelque minute après, dans un espèce de pyjama, aux couleurs sales. Le clown ne cacha pas sa gêne et quand il arriva à hauteur de sa collègue il lui posa toute question qu'un enfant se poserait :

« Ça va durer longtemps ? »

Elle tenta de le rassurer comme elle le put mais Jack savait très bien qu'ils devraient rester le temps qu'il faudra. Elle lui demanda aussi d'éviter de faire des vagues comme ils l'avait fait juste avant. Le jeune garçon répondit par une moue avant de poser une ultime question à la sécurité.

« Je peux au moins prendre un jeu de cartes ?  Je ne devrait pas être trop dangereux avec seulement quelques cartes.»

L’hôte du complexe soupira et lui accorda cette faveur. Hama elle soupira rassuré que la situation ne se soit pas plus envenimé.

Enfin ils purent continuer leur descente vers les abysses. Cette fois-ci Jack écouta toute la conversation. Ils étaient là car ils avaient trouvé un message qui prenait forme grâce à des colonnes de sables.

Jack pensa tout d'abord que c'était un crabe qui s'amusait avec le sable, mais il se dit aussi que si ça avait était cela ils n'auraient pas eu besoin d'aide.

Son questionnement à peine arrivé à terme l'ascenseur se bloqua et s'ouvrit pour les laisser passer dans ce qui devait être la partie principale du centre de recherche. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'au loin il reconnue une silhouette familière mais non des plus harmonieuse.

Qu'est-ce qu'il faisait la lui aussi ? Même si la question la plus légitime était « Qu'est ce que Jack faisait ici ? »

« Oh non, à chaque fois qu'il est là, j'ai des problèmes... » Murmura le clown.
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Re: Le salaire de la terreur

Message  Lejinoss Taibug le Jeu 22 Juin - 16:08

Le tour du propriétaire n'en finissait pas. Que ce furent les cuisines, les accommodations allouées à tout travailleur ou encore les présentations fastidieuses de chaque employé qu'ils venaient à croiser, Lejinoss se serait bien gardé de demander une visite des lieux s'il avait su que cela l'irriterait au plus haut point.

- Mais c'est... c'est interdit de fumer ici.

On lui avait fait remarquer presque à chaque fois qu'on le croisait, en général, juste après lui avoir serré la main. À chaque fois que cela se produisait, Eli, chargé de la visite, prenait un air gêné à expliquer poliment qu'un Hunter devait avoir quelques passes-droits tout en faisant comprendre au passage que l'hirsute était pour le moins irascible. Aurait-on lu correctement entre les lignes qu'on aurait pu entendre un plaidoyer virulent, fustigeant l'attitude honteuse de ce sans gêne dont ils avaient pourtant grandement besoin.
Afin de garder le meilleur pour la fin, Eli avait conduit Lejinoss là-même où ses desseins l'avaient guidé. On ne badinait pas avec la sécurité. Une clé, un code d'accès à huit chiffres et enfin ils pouvaient accéder à la salle où l'on logeait le serveur de la base entière. Une salle étroite, sans fenêtre donnant sur le fond de l'océan - de toute manière trop sombre pour éclairer quoi que ce soit - où une ampoule à la lueur blafarde illuminait toutes les gigantesques tours au sein desquelles sommeillaient des gigaoctets de résultats scientifiques dont même les États les plus développés au monde étaient friands.

- Voilà le coffre-fort et la raison de votre venue.

Impulsif, alors que le quarantenaire s'était jusqu'ici comporté convenablement, il avait vivement ôté la cigarette du bec de son invité de marque pour l'écraser avant de pénétrer la pièce. Sans broncher, les mains dans les poches, Leji laissa faire. Il avait trop de jugeote pour ne pas comprendre la raison d'une telle audace à son rencontre et surtout trop de raisons de prendre sur lui afin de rester à Aquack le plus longtemps possible. Le temps d'accomplir son larcin, car il n'était certainement pas venu par amour de la faune marine.

- Pas de cigarette ici. L'air est sec et....

- Et les départs d'incendie dans vos bases de données informatiques ne vous enchantent guère. Pas besoin de vous justifier Aghen.

Réajustant sa blouse et éclaircissant sa gorge, le blondin, rassuré qu'un Hunter ne se mette pas en colère suite à cet épisode d'agressivité spontanée, pénétra la salle, suivi de près par un Hacker Hunter décidément très pressé d'y entrer à son tour. Sans tourner autour du pot, après avoir fait un rapide tour d'horizon, Leji, de par son expertise, était parvenu à une conclusion :

- Il me faudra la clé et le code de la pièce.

Cette simple réplique, alors qu'il contemplait cet amas de fils et de diodes, suscita une forme de nervosité chez Eli. Rien d'étonnant à ce qu'un expert en informatique exige ses accès dans une telle pièce, toutefois, sans être capable de mettre des mots dessus, le scientifique avait perçu un court instant quelque chose lui déplaisant plus que de raison dans l'expression faciale de l'hirsute qu'il venait de conduire en ces lieux.

- Certainement, certainement. Cela dit,...nous avons un code de procédure très strict et... il faudra que vous soyez chaque fois accompagné d'un des employés de la base. Il sera chargé de vous ouvrir. N'y... n'y voyez rien de personnel bien entendu.

Entre deux balbutiements de son interlocuteur ponctués d'un léger rire nerveux, Leji avait pleinement saisi que si d'aventure il venait à potasser le code de procédure d'Aquack, pas une ligne ne mentionnerait cette règle de sécurité. Cette "procédure" venait en effet d'être inventée de toute pièce par le scientifique l'ayant conduit jusqu'ici. Prudent, il avait décidé de ne pas accorder sa confiance à ce nouveau venu au comportement suspect et aux intentions qu'il commençait à soupçonner peu louables. Se doutant bien des réserves d'Eli à son encontre, l'hirsute savait pertinemment qu'insister pour être seul dans la base de donnée n'aurait rendu que plus équivoque ses intentions cachées.

- Pas de souci.

Avait-il répondu avec un certaine pointe de jovialité afin de mieux masquer son agacement. Contrecarré dans son plan, il s'était toutefois douté que l'entreprise ne serait pas aussi aisée qu'il l'aurait souhaitée. Car le plan n'était simple qu'en théorie. De son Key Data, il comptait obtenir l'intégralité des informations stockées dans les tours de la base de donnée. Ainsi matérialisées sous la forme d'une disquette, Leji n'aurait plus eu qu'à la vendre aux plus offrants. Restait à trouver le moyen d'être seul dix minutes dans la pièce. Là constituait la difficulté initiale de son stratagème. Devoir se coltiner une baby-sitter pour chapeauter ses accès au coffre-fort informatique ne l'arrangeait pas outre mesure.

Ils avaient rejoint l'immense hall principal où ils s'étaient rencontrés plus tôt. Eli lui causait des pressions gouvernementales qui le minaient, mais l'hirsute n'écoutait que d'une oreille inattentive, déjà à chercher un moyen d'accéder aux tours sans se faire repérer.

- Ah, votre collègue est arrivée semble t-il.

- Collègue ?

Sorti de ses pensées, il observa le petit comité d'accueil auquel il avait eu droit, cette fois réuni autour d'une jeune fille accompagnée de ce qui ressemblait à s'y méprendre à un gosse. L'absence de cigarette semblait rendre leur rencontre plus joviale qu'elle ne le fut avec Lejinoss.

- Oui, l'équipe d'exploration sous-marine a fait une découverte dernièrement, eux aussi avaient besoin d'un expert pour identifier leur trouvaille. Une histoire de langage il me semble, je n'ai pas très bien suivi. Il faut dire que ce n'est pas mon domaine de prédilection.
Non, moi je travaille dans le...


L'interrompant sans quitter la nouvelle venue d'un regard qui se voulait acéré, Leji en venait au plus pressé.

- Hunter ?

Vexé d'être coupé de la sorte, Eli laissa passer cette énième faute de civisme et prit sur lui pour lui répondre.

- Oui, récemment nominée. Elle a semble t-il amené quelqu'un avec elle. Peut-être un assistant.

De loin, examinant un peu ledit assistant drapé dans ce qui ressemblait à un pyjama du plus mauvais goût, l'hirsute ne put s'empêcher de grincer des dents. En cet instant, il lui semblait qu'un alignement des planète passablement défavorable était advenu de sorte à lui pourrir ses espoirs de larcin facile.

- Non... Pas un assistant... Un autre Hunter.

Il le connaissait bien. Jack A. Iseka. Sans qu'ils ne se soient côtoyés plus que cela, le Hacker Hunter savait exactement à quoi s'en tenir le concernant pour avoir passé son examen en même temps que lui. Extravaguant, survolté et surtout redoutable, c'était un inconvénient de plus qui accablait Lejinoss. Surpris de la déclaration qu'on venait de lui faire, Eli alla immédiatement s'enquérir du statut de l'intrus collé à la rouquine. Leji lui, resta en retrait, à les observer de loin. Vêtu d'orange comme il l'était à l'accoutumée, il avait sans surprise attiré le regard de Jack qui déjà, lui faisant de grands signes de la main pour le saluer. Saluts auxquels l'hirsute n'adressa aucune réponse, conservant ses mains dans les poches, lui adressant un regard particulièrement peu avenant.

- C'est pas permis d'avoir autant la poisse...


***


Trois jours s'étaient écoulés depuis son arrivée à Aquack. Ou plutôt "leur" arrivée, car il n'était plus le seul invité. Le personnel de la base sous-marine avait - pour le plus grand malheur de Leji - décidé de garder Jack parmi eux. C'était un Hunter qui ne leur coûtait rien ; pourquoi s'en seraient-ils privés ? De manière voilée, cherchant à cacher ses intentions profondes, l'hirsute avait laissé entendre plus d'une fois auprès d'Eli et de ses subalternes le danger potentiel qu'incarnait ce gymnaste en pyjama. Mais ce dernier, sachant se faire apprécier lorsque les circonstances l'exigeaient, n'avait pas eu beaucoup de mal à se faire une place dans le décors et être ainsi accepté du plus grand nombre.

Lejinoss avait essuyé un nouvel échec en tentant d'écarter Jack de la base. Il n'avait guère plus que ça à faire de ses journées, le travail pour lequel il avait été convié s'était achevé dès les premières vingt-quatre heures : combler quelques failles informatiques faciles à exploiter et placer des traceurs afin qu'Aquack puisse identifier l'origine géographique de toute tentative de d'attaque. Son devoir accompli, il ne lui restait qu'à faire semblant de travailler et de crever de l'intérieur comme un névrosé à chercher un moyen de se retrouver en tête à tête avec le serveur pendant dix minutes.

- Ce qu'il me faudrait c'est une situation de crise....

Assis sur un fauteuil confortable dans une cabine trop étroite, il jouait avec son stylo, sortant la mine puis la rentrant à nouveau. Ces mots, il les avait prononcés comme si l'on avait parlé à sa place. Retors, il l'avait toujours été, nuisible, cela relevait de l'innovation de caractère. Il n'avait pas tant changé que ça en réalité. Un instant, l'idée que sa licence Hunter et sa récente acquisition du Nen l'ait rendu plus funeste, moins en clin à respecter ce qu'il pouvait annihiler, lui avait effleuré l'esprit. Seulement, ces pensées lugubres surgissaient d'un autre foyer de colère.
Trois jours passés avec des néo-hippies, des naïfs dont la candeur le révulsait au plus haut point avait suffit à achever sa patience. Mais au-delà de cette considération, il souffrait du mal des profondeurs. Contempler l'océan par les hublots ou bien par l'immense dôme du hall minait son homme. À la surface, les flots étaient azurs, le son des vagues s'écrasant inlassablement dans l'immensité de l'eau apaisait l'esprit. Sous l'eau, tout était sombre, tout était froid, c'était une nuit de cauchemar qui ne terminait jamais.

- *KkrRk* Réunion immédiate dans le hall d'entrée. *KkrRiish*

Ses yeux cernés - l'absence de soleil entamant ses repères chronologiques, l'empêchant de dormir convenablement - Leji avait mollement tourné sa tête blafarde en direction du haut-parleur situé au-dessus de la porte de sa cabine. Il détestait autant l'idée qu'on se permette de lui donner un ordre que celle d'avoir recours à un média pour ne pas lui parler face à face. D'ordinaire, il aurait envoyé chier l'émetteur du message, toutefois, il se devait de ne pas attirer l'attention pour que son projet soit rondement mené.

Mains dans les poches, insistant de par une démarche lente sur son enthousiaste sincère à l'idée de rejoindre tout le personnel d'Aquack, à se masser dans une foule qui empestait un mélange de marée et de sueur rance, l'hirsute était arrivé après le discours. Discours émouvant s'il en fut puisqu'il observa des larmes écrasées le long des joues de plusieurs membres du personnel. L'ambiance était sinistre, une parfaite retranscription des fonds marins appliqués au psyché humain : le monde du silence. Perdus dans leur mutisme, les scientifiques se torturaient tous psychiquement, heurtés de plein fouet dans leur petite monde pur et simple.

Puisque la rouquine lui passa sous la main, l'hirsute la salua d'un vulgaire coup de menton adressé en sa direction.

- Qui est-ce qu'on enterre ?

Perspicace, Leji savait pertinemment que seul le glas de la mort pouvait instaurer un silence aussi glaçant.

- Un type appelé Pâquerette, je connaissais pas. Ils...

Elle marqua une pause, visiblement ébranlée par la nouvelle.

- Ils n'ont retrouvé que la partie inférieure de son corps.

De marbre un instant, le Hacker Hunter écarquilla doucement les yeux, ses mains ne quittant pas ses poches. Il se raidissait doucement, crispé par cette révélation. Des chuchots l'environnant, on parlait de traces de mâchoire sur la victime. Une panique latente planait dans l'atmosphère. L'heure était grave, les circonstances dramatiques et à la suite de cette terrible nouvelle, Leji demeura pensif.

- Ma situation de crise...

HRP : Jack, évite le surplace où on répète le post précédent à sa sauce sans faire avancer l'intrigue. On est quatre, ça ralentit beaucoup. Faut que chacun contribue.
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Re: Le salaire de la terreur

Message  Hama Kruyech le Lun 10 Juil - 22:40

Hama était une gentille fille, et avait déjà suffisamment bluffé pour faire accepter Jack à bord de cette expédition. Elle ne contrevint donc pas aux règles qu'on lui soumit, se contentant de faire son travail. Les résidents ne semblaient guère enclins à parler à l'étrange duo que Jack et elle formaient, mais beaucoup les regardaient — de travers, la plupart du temps. Cela ne dérangeait en aucun cas la linguiste, qui pouvait ainsi se concentrer sur son travail. Après tout, elle n'était pas venue ici pour socialiser. Elle avait une brillante carrière devant elle, sans réel besoin d'étendre son réseau. Et faire des ronds de jambe pour être dans les bonnes grâces de ces messieurs-dames, très peu pour elle.

Ainsi, elle alternait entre ses appartements, à côté de ceux de son "assistant", la cantine et le laboratoire.
L'espace qu'on lui avait alloué lui convenait parfaitement. Ni trop grand ni trop petit, avec des commodités et une salle de bain privées, un lit confortable et aucun bruit venant des chambres mitoyennes, elle n'avait pas besoin de plus.
Quant à son lieu de travail, où elle passait le plus clair de son temps — pour peu qu'on puisse utiliser ce terme aux tréfonds de l'océan —, il s'agissait d'une salle de taille moyenne, blanche, dotée de quelques tables et chaises, ainsi que de deux tableaux blancs et d'un ordinateur banal. Naturellement, pas de fenêtre à l'horizon ; il faudrait supporter cette lumière blafarde sans virer foldingue.

Les premières heures, quelqu'un faisait semblant de s'occuper dans cette même pièce, gardant un œil sur les travailleurs. La suspicion semblait être de mise, et ils avaient bien raison. Non pas que Jack eût une mauvaise intention, selon Hama tout du moins, mais le saltimbanque n'aidait en rien. Constant qu'ils ne travailleraient pas seuls, Hama lui donna une feuille avec un charabia écrit dessus, typique d'un exercice de langue à déchiffrer. Elle avait glissé au milieu le message suivant : "Fais semblant de réfléchir à ça, viens me voir de temps en temps, on utilisera des mots compliqués et ça devrait passer".
Ainsi, pendant que Hama travaillait réellement sur le message, faisant appel à toute l'étendue de ses connaissances ainsi qu'au superbe logiciel de visualisation 3D mis à sa disposition, Jack exerçait le premier talent de tout magicien : faire croire ce qui n'est pas.


"Ah, vous pensez que ce sont des phtyoles ?" L'homme qui se trouvait dans la même pièce s'adressait à nos héros, qui tenaient une fausse réunion. Hama avait utilisé ce mot pour faire joli, et qui n'était pas trop éloigné d'une possible vérité, mais elle ne s'attendait en aucun cas à ce que cette personne réagît.
"Euh... peut-être, c'est une piste. Il faut faire feu de tout bois ! Enfin, autant qu'on peut. Étant sous l'eau... Désolée, je suis fatiguée. Vous vous y connaissez, en linguistique ?
— Pas vraiment, mais j'avais suivi quelques cours, dans le temps. Et mon fils me parle souvent de ses cours à l'université, donc j'entends certains mots que je reconnais dans ce que vous dites. Je ne sais pas dans le détail ce dont il s'agit, mais si je ne me trompe pas, les phtyoles sont les lettres des alphabets huriadiques, n'est-ce pas ?
— Huriodiques, vous voulez dire, sourit Hama. Non, vous confondez avec les phryges. Les phtyoles sont plutôt du côté des langues molennes.
— Ah, bon. Jamais entendu parler de celles-là. Bon, je ne vous dérange plus. Vous êtes bien plus spécialistes que moi, et ce n'est pas comme si le temps n'était pas de l'argent !
— Comme vous dites ! répondit la jeune femme.

Elle aurait bien taillé le bout de gras avec lui, ou l'inviter à manger ensemble à la cantine, mais il se serait rendu compte que Jack était un imposteur. Elle conclut donc sa prétendue réunion avec ce dernier, et se replongea dans ses réflexions. Le chercheur n'intervint plus, n'apparaissant même plus dès l'après-midi, laissant les deux jeunes gens tranquilles. La porte opaque empêchant les passants de voir ce qui se tramait de l'autre côté, Jack put se détendre et vaquer à ses occupations, tout en restant alerte à tout
toc toc, qui signifierait qu'il devrait se remettre au boulot.

Les heures défilaient, les jours se succédaient, mais Hama ne parvenait à rien de probant. Cela ne ressemblait à rien qu'elle connût, et l'hypothèse d'une simple coïncidence paraissait à chaque instant de plus en plus plausible. Elle se demandait comment elle allait annoncer la nouvelle, quand un message grésilla au haut-parleur dont Hama découvrit l'existence, au-dessus de la porte.
"*KkrRk* Réunion immédiate dans le hall d'entrée. *KkrRiish*"

Tiens ? Qu'avait-il bien pu se passer, pour qu'on l'appelât même elle ? Peut-être cela n'avait-il rien à voir avec elle, mais elle se rendit néanmoins dans le hall, à tout hasard. Un peu de distraction ne lui ferait pas de mal, après tout.

Dans les couloirs montait une certaine tension. On lui expliqua que ce type d'annonce n'augurait jamais rien de bon, et qu'il valait mieux se dépêcher, sous peine de manquer l'explication. Les pas des chercheurs se pressaient, n'allant pas jusqu'à courir, mais on sentait certains prêts à détaler au moindre bruit suspect.

Le hall n'était à moitié rempli quand une voix s'éleva. Hama n'avait jamais vu la personne à qui appartenait cette voix, et elle ne la découvrirait pas aujourd'hui, nulle estrade ayant été installée et de nombreuses têtes cachant le premier plan. Ceux qui, comme elle, ne se trouvaient pas à l'avant durent se contenter d'écouter le discours concis mais efficace de ce qui semblait être une haut gradée de la base sous-marine. Elle leur annonça gravement la mort du dénommé Pâquerette et de la hausse de trois crans du niveau d'alerte, l'avant-dernier que comportait l'échelle utilisée. Des murmures se firent entendre, que la présidente de l'assemblée interrompit d'une voix ferme.
"Ne cédez pas à la crainte. Soyez sur vos gardes, continuez votre travail, nos agents de sécurité s'occuperont de résoudre cette affaire. Je le répète : veuillez signaler tout comportement suspect et pleinement coopérer avec le service d'ordre. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée malgré tout."

Elle était marrante, elle. Un type s'était fait couper en deux, et on leur demandait de retourner travailler ? Avec toutes ces précautions sur la sécurité en surface, comment cela avait-il pu se produire ? Avec un des couteaux en plastique du réfectoire ? Ou alors un monstre sous-marin qui se serait frayé un chemin à l'intérieur Georges savait comment, aurait survécu malgré l'absence de milieu aquatique, et aurait dévoré la moitié du premier venu ? Incroyable, cette histoire. Ce devait être cette lumière blanche, elle avait dû vriller le cerveau d'un gars resté ici trop longtemps.

À l'instar de tous ceux qui avaient entendu le discours, Hama était sous le choc, tremblant légèrement. Un homme à l'air patibulaire la sortit de ses réflexions pour demander ce qui s'était passé. Autour d'eux, certains relayaient des rumeurs à voix basse. Apparemment, Hama n'était pas la seule à imaginer les explications les plus farfelues pour donner du sens à cette horreur.

Faisant fi de la bienséance, elle coupa court à toute éventuelle tentative de conversation du hirsute qui lui avait parlé, et, les idées pas tout à fait fraîches, se dirigea droit vers le bureau de la personne qui l'avait guidée à son arrivée. Celle-ci devait encore se trouver dans le hall, sa porte étant fermée. Mais la jeune femme ne pouvait pas attendre. Elle refusait de rester ici, loin du plancher des vaches, avec un meurtrier parmi les milliers d'employés que comptait le complexe, voire d'autres qui pourraient à leur tour péter un plomb.

Elle fit donc le pied de grue jusqu'au retour de la petite femme à qui elle rendait des comptes.
"Je vous comprends parfaitement. Je remonterais bien, moi aussi, mais je suis liée contractuellement à cette base, et ne puis en sortir qu'exceptionnellement.
— Et là, ce n'est pas exceptionnel ? demanda Hama d'une voix légèrement trop forte et empressée.
— C'est rare, mais ça arrive. N'accordez pas foi aux racontards sur les circonstances du décès de ce Pâquerette. Chaque fois, c'est la même chose : on s'imagine le pire alors que la réalité s'avère bien plus simple et décevante.
— N'empêche... Enfin bon, on a fini notre travail ici, de toute façon. On a exploré toutes les pistes possibles et imaginables : ce message paraît tout bonnement être le fruit du hasard. C'est frustrant de ne pas parvenir à éclaircir un mystère, mais, croyez-moi, mes efforts conjugués à ceux de mon assistant auraient percé les carapaces de ce code si c'en était un.
— Je vois. C'est ce que je craignais. Nous aurions pu faire de grands profits, si les choses avaient été autrement..." Elle avait l'air vraiment déçue. N'était-elle pas censée penser cela dans sa tête et non tout haut ? Au moins, elle était franche. "J'imagine que la situation actuelle ne vous pousse pas à poursuivre vos recherches.
— Tout à fait. Mais je suis catégorique : il ne s'agit que d'une coïncidence physico-biologico-océanique, et ne relève en rien de mon domaine de compétence. Je suis désolée.
— Très bien. Je vais organiser votre remontée. Avec les événements, vous n'êtes probablement pas les seuls à vouloir quitter cet endroit. Il faudra vraisemblablement patienter. Préparez vos affaires et patientez dans votre chambre, je vous ferai appeler."

C'est ainsi que, deux heures plus tard, deux places furent libérées dans un des ascenseurs par lesquels Jack et Hama étaient descendus dans cet étrange lieu. Il y avait de la place pour sept personnes, mais avec les affaires de chacun, on manquait un peu de place. Et si parmi les cinq autres se trouvait le tueur ? Hama tâcha de garder cette éventualité au loin, ne réussissant qu'à stresser davantage et à tenter de prédire combien de secondes il restait dans la traversée de l'océan. 60... 59... 58... [...] 2... 1... Loupé. 60... 59... Boudiou, encore combien de temps ?...
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Re: Le salaire de la terreur

Message  Jack A. Iseka le Lun 17 Juil - 1:08

Ces vacances, car cela y ressemblait beaucoup, était sans doute les pires que Jack avait put avoir de toute sa petite vie. Il était sans cesse surveiller, il devait, la majeur partie du temps, faire semblant de s'y connaître alors qu'il s'en moquait royalement. Son seul passe temps sur les temps de recherche était le pauvre paquet de carte qu'il avait réussi à négocier à la sécurité.
Heureusement de temps en temps on laisser le duo de chercheurs souffler un peu. Dans ses moments là Jack en profitait pour se dégourdir les jambes et se promener dans le complexe, toujours surveillé par un ou deux types qui avait vraisemblablement décidé de ne pas le laisser respirer une minute. Ils essayaient sûrement d'être discret et de ne pas trop donner l'impression de l'espionner mais il fallait se lever de bonheur pour prendre le clown pour une tanche. Il fit donc au mieux pour ne pas s'en soucier, il n'avait de toute façon rien à se reprocher et pour le coup même ses intentions n'était pas politiquement incorrecte.

La seule chose qu'on pouvait lui reprocher était qu'il allait déranger des travailleurs pour taper la causettes. Il les harceler presque pour leur faire des petits tours de magie.
Pendant l'un de ses petits tours du complexe ont leur demanda expressément de tous ce réunir. Un drame celons-eux, une aubaine pour le clown. Un des employés à moitié retrouver.
Alors que tous se mordait les doigts et commençaient à faire leur besoin sur eux même Jack souleva un points qui lui tenait à cœur.

-♫Heureusement que la sécurité est renforcé alors ! ♪

Il laissa échapper un petit rire satisfait. Il pensait enfin que son séjour aller être plus intéressant que de faire semblant de lire une feuille. Une chasse à l'homme ! Mais en fin de compte, plus de nouvelle, pas de nouveau morts. Même pas une silhouette.

Ils passèrent le reste du séjour comme il avait débuter. Hama se concentrer sur ses recherches, Jack faisait semblant de ne pas jouer au cartes. Finalement, la linguiste finalisa en clamant qu'elle ne pouvait pas les aider plus que ça. N'ayant plus rien à faire dans ce complexe, le duo demanda à se qu'on les ramènes dehors.

Ils prirent l'ascenseur qui leur fit regagner la surface, et un bateau les attendais pour les ramener à Ochima.

Jack s'était assis sur le bord, se penchant pour admirer la mer.

-Dis moi ? Est ce qu'on va s'amuser un peu plus là où on va ?

Tout en écoutant la réponse, le clown ressortit son costume qui lui avait était rendu un peu plus tôt dans un sac en bandoulière en même temps que son sac Baloon. Il enleva son pyjama de mauvais goût et il le laissa tomber dans l'eau. Il enfila son costume rouge et noir, de façon élégante il s'équipa de ses gants et enfin, tout en finesse il déposa son chapeau sur sa tête. Un sourire se dessina sur son visage. Enfin il redevenait lui même. Il vérifia son équipement. Visiblement il n'avait pas était trop malmener.

Jack explora les alentours du regard. Le bateau avait était préparer spécialement pour eux, du coup, il n'y avait aucun publique excepté Hama.

-♫En attendant de rejoindre le port, je t'autorise à assister à l'une de mes répétitions.♪

Il sortit ses Circus Circle de son sac, se préparant à les lancer dans les airs pour les faire danser.
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Re: Le salaire de la terreur

Message  Lejinoss Taibug le Lun 17 Juil - 10:41

- Si j'avais su...

Une main dans la poche, mine patibulaire, il dématérialisa son Key Data au nez et à la barbe de tous, personne ne prêtant attention à lui ni à qui que ce soit d'autre autour d'eux. Sans la moindre surveillance - tout le monde étant affairé à calmer la panique latente - on avait laissé Lejinoss sévir. "Si j'avais su" avait-il dit en sortant de la salle où était stockées les bases de données de la station, aurait-il été jusqu'à sectionner un homme en deux afin d'obtenir la diversion qu'il souhaitait ?

Retrouvant le hall, il observa la masse diffuse qui s'éparpillait ici et là, marchant sans trop où ils devaient aller, sachant qu'ils ne pourraient pas retourner travailler sereinement, faisant face à une impasse. L'hirsute bailla, s'étira, et à se saisit d'une feuille et d'un crayon laissé sur un bureau déserté par son propriétaire. Maintenant qu'il avait obtenu ce qu'il désirait, le Hacker Hunter n'allait pas tenter de dissimuler la moindre suspicion d'espionnage industriel, personne ne se souciant de lui à l'instant présent.

"Devant des conditions de travail devenues impropres à l'exercice de mes fonctions, vous me voyez peiné et contraint de vous remettre ma démission.
Lejinoss Taibug, sain de corps et d'esprit"

Inutile de s'étaler sur des paragraphes entiers, ses informations mal acquise, il pouvait s'en aller comme un voleur. Littéralement. Une punaise saisie dans les fourniture du bureau offert à sa prédation, il s'en alla épingler la note sur la porte d'un responsable quelconque, se lavant les mains de ce qu'il adviendrait par la suite.
Baillant et s'étirant de manière ostentatoire tout se se dirigeant vers l'ascenseur où se pressaient le personnel paniqué, Leji fouilla dans sa poche arrière - paniquant un instant alors qu'il ne trouvait pas ce qu'il cherchait - avant de sortir rassuré sa licence. À l'avenir il en prendrait un peu plus soin. On piaillait en masse devant un malheureux agent de la sécurité dépassé par les événements. N'y faisant pas attention, l'hirsute brandit sa licence par dessus les têtes de ceux qui le séparaient de sa porte de sortie, et sans gêne ni remord déclara :

- Priorité aux Hunters. Vous ne voulez pas vous mettre l'association à dos croyez-moi, je suis pressé.

En un sens il ne mentait pas, il était effectivement pressé. Se cachant bien à l'abri derrière la réputation de l'association Hunter pour s'arroger un passe-droit indu, il n'eut aucun mal à obtenir une place prioritaire dans l'ascenseur qui lui permit de regagner la surface. En vain.
Le dernier hélicoptère venait de quitter la base pour y déposer les malheureux désœuvrés ayant eu le bon sens de fuir les premiers.

- Putain... Si le Key Data prenait pas dix minutes aussi...

Las, fatigué aussi, il s'assit en tailleur à même l'héliport, portant une cigarette à ses lèvres. Deux heures - le temps que les hélicoptères reviennent - ce n'était rien à l'échelle d'une vie, et pourtant, que le temps passait lentement lorsqu'on était pressé de vendre des secrets que des amoureux des sciences désintéressés avaient passé des années à obtenir.
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