"Si tout devait se terminer"

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"Si tout devait se terminer"

Message  Lejinoss Taibug le Sam 18 Juin - 22:29

On aurait pu penser que l'association Hunter, réputée à travers le monde comme étant détentrice d'un patrimoine financier dépassant l'entendement, apprête un avion privé pour les candidats restants de l'examen. Mais il n'en fut rien. Un avion de ligne pour le Jappon, jamais Lejinoss n'aurait eu le mauvais sens d'entreprendre une telle aventure si on lui avait laissé le choix. Habitué à voler en classe affaire, c'était une nouvelle expérience pour lui.

À bord, il retrouvait tous les rebuts de la deuxième épreuve ainsi que les camarades ayant poursuivi jusqu'à la fin de l'examen. L'épuisement de la plupart d'entre eux faisait qu'ils se tenaient tranquille à bord. Seulement, une horde de touristes originaires du Nippon était entassée dans l'avion. Semblant faire fi de toutes les règles propre au civisme le plus élémentaire, tous gueulaient, toussaient, écoutaient de la musique même, sans chercher à ménager leurs voisins. C'est alors que coincé entre une nonagénaire malade et un obèse embaumant la sueur la plus rance, Leji comprit que cette traversée en avion constituait en soi une épreuve de plus à l'examen qu'il venait de terminer.

Cela avait été une journée pour le moins remplie qui se terminait lamentablement. Il n'était d'ailleurs plus question de journée, la nuit étant tombée. L'hirsute avait du mal à s'en rendre compte, un homme d'affaire criait au téléphone comme s'il était chez lui en pleine journée. Tiraillé par la fatigue, Lejinoss se demandait comment ses camarades parvenaient à trouver le sommeil en dépit du bruit. N'y aurait-il pas eu le gueulard que les ronflements de ses deux voisins s'affalant sur lui par moments ne lui auraient pas permis de fermer l'oeil.

De temps à autre, tel un gardien d'enclos entrant furtivement dans le local des fauves, une hôtesse de l'air venait apporter un coussin manquant. Désespéré, les nerfs à vif, l'hirsute aux yeux cernés interpella la jeune hôtesse de l'air qui passait par là. Cela faisait quatre heures qu'il était à bord, et il souhaitait savoir quand son supplice prendrait fin.

- Nous avons presque fait la moitié du chemin monsieur.

Leji blanchit.

- Presque ?...

Débonnaire, son interlocutrice acquiesça souriante.

- Oui, plus que cinq heures de vol et nous arriverons à destination.

Sur ces mots "réconfortants", elle partit en classe affaire où on ne la sollicitait pourtant pas. Qui aurait pu lui en vouloir ? Au milieu de la plèbe, une odeur malsaine planait, un mélange de souffle rauque qui sentait l'ail et d'urine collée au fond de sous-vêtements. C'est presque la larme à l'oeil que Lejinoss se mit à penser à la classe affaire, sa quiétude, l'espace pour soi.
En attendant, il devait reporter son attention sur quelque chose d'ici les cinq prochaines heures. Ne pas le faire eut été dommageable pour ses nerfs.
Sur un écran à la vue de chaque passager, on repassait en boucle le même film, sans le son depuis que la nuit était tombée. Il s'agissait d'un classique daubesque : "Si tout devait se terminer"

- Putain... Vibyen Herzif a dû jouer dans deux-cent films d'arts martiaux, et faut qu'ils nous diffusent cette purge !

C'était à se demander si tout n'avait pas été orchestré à bord pour constituer son enfer personnel. C'est en tout cas ce que pensait sérieusement Lejinoss dont la fatigue aiguisait sa névrose et sa paranoïa.
Toutefois, il avait raison sur un point, le film qu'il regardait, lauréat à un quelconque festival du film était vendu par la presse comme un chef d'oeuvre. Rien n'aurait pu être plus faux. Vibyen Herzif, maîtrisant divers arts mariaux, s'était fait une carrière au cinéma dans de nombreux films de combat sans prétention. Seulement, en quête de notoriété, ne voulant être réduit à un rôle de brute, il décida d'accepter de jouer dans un film romantique qu'un réalisateur en vogue lui avait proposé.

Ce changement de registre avait marqué un tournant dans la carrière du champion d'arts martiaux. Abandonné par ses fans de la première heure, il avait fini par se complaire dans le milieu élitiste du cinéma. En amateur de films de baston, regarder ce film en boucle, sans le son heureusement, était perçu comme une provocation du destin par Leji.
S'ennuyant tellement, et en l'absence de son, il se mit à inventer les voix des personnages.

"Oh Vibyen ! Quel gros con suffisant tu es devenu dès que tu t'es décidé à porter un smoking"

"Tu penses que je n'ai plus rien dans le ventre ?!"

Alors à l'écran, le personnage incarné par Vybien approchait son visage d'une charmante actrice.

"Je dis juste que si tu continues sur cette carrière remplie de films gnangnans, dans deux ans, tu tiendras le rôle principal d'un porno gay."

"Ah ouais ?! Eh bien je vais te choper la langue avec les dents et te l'arracher. Je serai quitte d'entendre tes conneries comme ça !"

Et le personnage de Vybien porta alors un baiser à sa comparse.
Suite à cette scène remodelée à sa façon, Leji allait poursuivre lorsqu'un ricanement l'interrompit. Le grassouillet à sa droite était réveillé.

- Toi aussi t'étais fan de Herzif ?

Un connaisseur du genre. Finalement, le voyage risquait de ne pas être aussi désagréable qu'il ne le pensait. Son voisin et lui firent connaissance. Il s'appelait Hanawa, tous deux, après avoir doublé eux même le film en intégralité, se payant quelques tranches de rire au passage, discutèrent informatique et jeux-vidéos. Le vol passa bien plus vite que Leji n'aurait pu le croire. Comme quoi, en avion comme dans la vie, il valait mieux être accompagné pour passer un bon moment. Sans doute était-ce parce qu'il était resté résolument seul que l'hirsute avait raté l'examen.

Greed Island était tombé sur le tapis. Hanawa ne connaissant pas ce jeu tant convoité par Lejinoss lui donna une adresse de boutique de jeux vidéos de sa connaissance. Après tout, le Jappon était connu dans le monde entier pour son avancée en matière d'électronique et de jeux. S'il devait chercher des indices concernant Greed Island, c'est ici qu'il les trouverait.

Saluant son comparse qui se faisait raccompagner par des amis à la sortie de l'aéroport, Leji se mit en quête d'un taxi. Regardant par dessus son épaule, Liwa et Lowifa, deux nouveaux détenteurs de la licence semblaient prêts à prendre un avion dans les plus brefs délais. Mais ce n'était pas eux qu'il cherchait du regard.

- J'espère que cette foutue bête est rentrée chez lui... Il me fout une trouille de tous les diables...

Embarquant dans le premier taxi disponible, il ouvrit la fenêtre de la portière car crevant de chaud, puis donna l'indication au conducteur.

- Alors euh, si je me souviens bien, le nom de la boutique c'est Game Tec Arcadium, vous connaissez ?

Sobre, le chauffeur acquiesça et démarra. L'enquête pour Greed Island commençait. Lejinoss s'en serait volontiers réjoui, mais une aura malsaine planait à proximité et le mettait mal à l'aise. L'examen terminé, même sans licence en poche, ses péripéties promettaient d'être palpitantes.
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Lejinoss Taibug le Dim 19 Juin - 22:37

Poursuivant sa course, le taxi déboulait sur le périphérique. Sur la banquette arrière, accoudé au bord de la vitre ouverte, Lejinoss contemplait le paysage urbain défilant devant lui. C'était gris, c'était saturé de voitures et de pollution, c'était laid, c'était contemporain. Plutôt que se ruiner le moral à regarder cette immondice manufacturée, Leji se hasarda à observer l'intérieur du taxi.

Au moins, il ne pouvait pas reprocher au chauffeur de mal l'entretenir, pas une miette, pas une poussière, tout était propre. Jetant un oeil au rétroviseur, il observait son conducteur, yeux rivés sur la route, comme hypnotisé par le chemin devant lui qui s'étendait à perte de vue. On aurait pu croire que c'était un automate qui conduisait le taxi.
Mais qui aurait pu concevoir un automate aussi laid ? Cerné, des poches sous ses yeux globuleux, un début de calvitie qu'il s'efforçait de dissimuler, celui-ci avait le visage d'un travailleur qui se ruinait la santé à la tâche.

Un instant l'hirsute espéra que le conducteur ne s'endorme pas au volant, se rappelant au passage qu'il était lui même épuisé. Ne pouvant se résoudre à s'endormir sur la banquette arrière, de peur que le chauffeur ne fasse des détours pour faire tourner le compteur, Lejinoss tenta de débuter la conversation afin d se maintenir éveillé.

- C'est pas trop dur la vie de taxi ?

On abordait la discussion comme on pouvait. L'intéressé ne sembla pas disposé à répondre.

- Un travail qui n'est pas difficile, ce n'est plus un travail.

Voilà qu'il était tombé sur un philosophe qui faisait le taxi à ses heures perdues. Roulant des yeux, Leji jeta un coup d'oeil dans le rétroviseur : le chauffeur regardait toujours devant lui, presque sans cligner des yeux.

- Ouais ouais, bien dit... bien dit... Mais je veux dire... Vous gagnez bien votre vie ? C'est une bonne situation ?

Toujours ce délai avant de répondre qui insupportait l'hirsute. Pourtant, le chauffeur ne semblait pas réfléchir à ce qu'il allait répondre, plutôt à se demander pourquoi son client l'ennuyait pendant qu'il conduisait.

- J'ai de quoi avoir une retraite confortable. Tout ce qui compte.

"Loquace la bête" se dit Leji. Comprenant que son interlocuteur ne souhaitait pas tant causer que cela,  de ce fait, il se décida à lui fiche la paix. La suite du périple autoroutier, il le passa à croiser les bras en jetant encore un oeil dehors, ils approchaient enfin d'une grande ville. L'odeur de pollution était insupportable, si bien que Leji remonta sa vitre en toussotant.
Alors qu'il pensait que le trajet se déroulerait sans discussion, c'est à sa grande surprise qu'il entendit grommeler son chauffeur.

- Bordel qu'est-ce que c'est que ça encore ?

Intrigué, Lejinoss avait remarqué que le vieux s'était exclamé ça après avoir jeté un coup d'oeil dans son rétroviseur gauche. Dès lors, l'hirsute tourna la tête et....

- Accélérez putain ! Accélérez !

Quand le conducteur eut une meilleure visibilité de ce qu'il avait aperçu derrière eux, il appuya sur l'accélérateur sans même avoir eu à prendre en compte l'ordre de Leji. Ce qu'il y avait derrière eux, il n'aurait su le décrire, mais il tenait à en rester éloigné le plus possible.

- Mais c'est quoi ce truc ?!

Ce truc, c'était un Kimera Ant, les profanes y auraient vu un chat, mais l'hirsute savait très bien qu'il s'agissait d'un lynx. En faisant part naïvement à son chauffeur, ce dernier stoppa son taxi à l'entrée de la ville. Péniblement, les tremblements de peur l'handicapant légèrement, il fouilla dans sa boîte à gant et en sortit un vieux revolver qui devait avoir au moins cinquante ans d'âge.

- C'est toi qu'il suit, descend de là ! Moi j'ai une femme et des gosses !

Lejinoss chercha à négocier le prix de la course, le chauffeur arma son revolver. Ne tenant pas à savoir si une arme aussi ancienne fonctionnait encore, Leji sauta de Charybde en Scylla et, ouvrant vivement la portière pour sortir du taxi, en bondit constatant que son chauffeur mis les gaz sans même attendre que la porte arrière ne soit fermée. Au moins, Lejinoss n'aurait pas eu à payer le trajet de la course.
La bête venait de bondir face à lui. Toujours ces yeux larges, son sourire idiot s'étendant le long de ses joues, le tout accompagné de quelques gloussements contenus dans sa gorge.

- Fous-moi la paix ! J'ai pas de licence de Hunter, t'as aucune raison de me suivre.

Se défendant comme il pouvait, c'est à dire en se cachant lamentablement derrière ses bras à peine musclés comme un gosse battu, l'hirsute croyait, ou plutôt, pensait savoir sa dernière heure arrivée. Tué par un Kimera Ant au Jappon. Au moins, son décès promettait d'avoir un aspect exotique.


Dernière édition par Lejinoss Taibug le Sam 20 Mai - 16:52, édité 1 fois
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Samuel Newton le Lun 20 Juin - 14:10

    - Ha ! Tu cours vite. Mais pas assez pour moi hehehehe. Bien. Alors voilà une question pour toi, est-ce que tu penses être un homme bien?


Le froid mordant de l'hiver investissait le ton de cette phrase. Deux ôpales noires fixait la proie. Le jugement était arrivé. De la réponse qui découlerait de cette interrogation allait dépendre la vie d'un bien triste personnage.

Mais, revenons quelques temps en arrière pour expliquer l'origine de cette rencontre.

L'examen était terminé. Soulagement pour certains, tristesse pour d'autres. Sam se plaçait dans la seconde catégorie. Ses loisirs dans la vie restaient assez restreints, hormis la lecture, le fromage et les pommes, participer à l'examen hunter était la seule activité palpitante qu'il avait pratiqué ces dernières années.

Heureusement pour lui, le Lynx avait trouvé autre choses de motivant. Un homme. Une espèce si singulière et intéressante aux yeux des kimera ant. Enfin une espèce qu'on pouvait persuader de se tirer dans le pied. Sam le connaissait sous le nom de "oh le type en orange" et cepour une bonne raison: la qualité de son style vestimentaire s'avérait être la chose qui avait attiré l'oeil du Lynx au tout début. Mais en réalité, il connaissait déjà son identité complète. Lejinoss Taibug. Ce dernier n'avait pas manqué de l'énoncer haut et fort à multiples moments lors de l'examen, souvent d'ailleurs pour faire confirmer sa réussite de l'épreuve après l'une de ses multiples roublardises. La fine ouïe de Sam n'avait pas manqué ces grands moments.

En plus de tout ça, il se trouvait que notre cher ami Lejinoss avait oublié son passeport sur le siège de son avion, probablement trop captivé par l'excellent film pour sourd muet qui s'était déroulé dans l'avion. Quand la qualité est au rendez-vous, ce serait dommage de s'en priver. Lejinoss. Lejinoss... C'est en voyant pour la première fois le prénom écrit que Sam se dit que certains parents étaient définitivement cruels. Dans tous les cas, cet événement incongru avait donné à Sam la motivation et les circonstances nécessaires pour aller de nouveau à la rencontre de ce cher Lejinoss. Et c'était une bonne chose.

C'est naturellement après avoir montré l'intérieur de ses chaussons à la douane qu'il se lança dans une course endiablée pour retrouver le bonhomme. Parce que contrairement à Sam, Lejinoss savait parfaitement quoi faire et où aller. Il ne perdait pas une miette de son temps dans des futilités diverses. Sam non plus d'ailleurs. Juste a l'extérieur de l'aéroport se trouvait un petit marché où était entre autre vendu du bleu japponais. Un sujet particulièrement sérieux donc, dont Sam a vérifié la qualité tout en achetant un petit stock pour ses prochaines aventures avec l'espoir de ne jamais revivre un moment aussi déchirant que l'épreuve du Glootoon.

Suite à cette courte épopée, il avait poursuivi le taxi que son nouvel ami Lejinoss avait emprunté jusqu'à ce moment fatidique, où tel un chien abandonné sur une aire d'autoroute, il fut lâchement forcé d'affronter son destin.

    - Fous-moi la paix ! J'ai pas de licence de Hunter, t'as aucune raison de me suivre, avait-il hurlé au visage du Lynx.
    - Ha ! Tu cours vite. Mais pas assez pour moi hehehehe. Bien. Alors voilà une question pour toi, est-ce que tu penses être un homme bien?


Et nous revoilà au silence pesant de cette question.

    - Je plaisante hehehe. T'as oublié ton passeport et je suis prêt à te le rendre, MAIS en échange je t'accompagne là où tu vas. De toute façon t'as pas vraiment le choix.
    Sur ces paroles, Sam se dirigea passeport en main droit devant lui.


------------------------------

Kimera Ant Fighter 9. Le jeu en vogue du moment, on y retrouvait plusieurs personnages dont le réputé cap'tain bull qui en exécutant un seul enchaînement particulier permettait de vider entièrement la barre de vie de l'adversaire. Sam n'avait pas lâché la borne d'arcades depuis leur entrée, tentant de multiplier son score finale à chaque essai.

Game Tec Arcadium n'était pas réputé que pour la qualité de ses conseils ou la taille de leur stock mais aussi pour la tranquillité royale offerte à ceux qui désiraient s'amuser aux bornes. Son esthétique était aussi particulièrement originale. En franchissant le seuil de la porte on est immédiatement interpellé par la décoration rustique. Des crânes d'animaux ornent certains murs. Un carrelage brunâtre recouvre le sol alors que le reste des parois semble constitué d'acajou. Les rayons étaient remplis par des jeux-vidéo en tout genre mais aussi par du matériel électronique ainsi que des figurines représentant les personnages far de ces univers. Dans le fond, une petite station jeu était installée, regroupant entre autre plusieurs bornes d'arcades. En outre, l'élément le plus chaleureux de ce magasin se révélait être une mignonne jeune femme aux cheveux bruns qui accueillait vivement les visiteurs de sa voix chaleureuse.

    - Bieeeeeeenveeenue ! Hurlait-elle à chacun des arrivants.


Elle était justement en train de s'occuper d'un jeune monsieur à la recherche d'un jeu particulièrement rare lorsqu'une voix masculine retentit du fond de l'échoppe.

    - LUCIE ! T'as encore rangé la spécialité 46 ailleurs ! Ramène-toi ici j'en ai besoin R-A-P-I-D-E-M-E-N-T.
    - Je vous prie de m'excuser, fit-elle avec un visage piquant au rouge avant de se dépêcher de partir en direction de la voix.

Par le même chemin qu'emprunta la jeune fille apparut un tout petit homme se déplaçant vivement malgré la canne qu'il utilisait dans sa main droite. Une moustache digne d'un acteur pornographique mexicain cachait totalement ses lèvres alors que son front luisant indiquait une calvitie bien avancée. Celle-ci mettait bien en valeur les touffes de cheveux blanches sur les côtés de son crâne. Pour faire face au client qui était accoudé au comptoir, il utilisa un genre de marchepied pour se mettre à hauteur.

    - Qu'est-ce que tu veux, GAMIN ?


Se sentant insulté, son le jeune homme frappa le comptoir d'un coup sec avant de quitter la boutique en vociférant lui aussi des injures dans un langage approximatif. Le vieillard d'une humeur massacrante chercha alors du regard son prochain client.
Spoiler:
Je fais une petite éllipse, ça te laisse la possibilité de répondre comme tu le souhaites à ce qu'a fait Sam + dire si tu le souhaites comment on arrive au magasin parce que j'en savais rien et ensuite enquiller sur le reste.

Ou pas, comme tu veux o/
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Lejinoss Taibug le Lun 20 Juin - 18:17

- Et c'est à ce moment là que je... que j'ai...

Par pudeur, où quelque chose qui s'y apparentait, le Kimera carnassier tourna la tête pour dissimuler un regard larmoyant. Jamais Lejinoss n'aurait cru que la bête était capable d'émotions. Ce sourire perpétuel sur sa frimousse semblait être indélébile, et pourtant, Samuel était capable de changer d'émotions.

- J'ai jeté mon reste de fromage. Vraiment, je ne souhaite ça à personne.

Puis, comme si de rien n'était, dents à nouveaux déployées derrière ce sourire angoissant et ces yeux d'animal névrosé, le Kimera Ant venait de terminer sa comédie. Vraisemblablement, il avait simulé la tristesse. Pendant trois secondes. Voilà qui suffisait à conforter Leji dans l'idée qu'il avait affaire à un sociopathe notoire dans l'enveloppe monstre de puissance.

- Aaaaah... Je vois.

Même si sa vie en dépendait, l'hirsute n'était pas capable d'adopter un jeu d'acteur suffisamment convainquant pour simuler l'intérêt. De ce que lui avait dit "Sam", parce qu'il avait insisté pour que Leji l'appelle ainsi, sa vie n'était plus en danger. Mais qui de censé aurait pu croire les paroles de ce qui s'apparentait à une bête sans scrupule ?

Tous deux se retrouvaient à partager un taxi, Lejinoss ne pouvait après tout pas se résoudre à galoper comme le faisait le Lynx. Tandis qu'ils étaient tous les deux serrés à l'arrière, Sam parlait encore et encore sans faire attention à son auditoire, semblant se foutre de savoir si on l'écoutait ou non.
De temps à autre, Leji jetait un coup d'oeil dans le rétro, leur chauffeur, plus jeune que le précédent, captait son regard un air angoissé que le sien affiché sur son visage. Manifestement, un Kimera Ant faisait souvent l'unanimité auprès de ses contemporains quand il s'agissait de se faire craindre des humains, malgré lui.

Serrés l'un contre l'autre sur la petite banquette arrière de l'auto, Leji n'avait qu'une hâte, c'était de se débarrasser de cet encombrant accompagnateur. Certes, il lui avait ramené son passeport, mais au fond de lui, l'hirsute se demandait si Sam ne lui avait pas simplement volé pour mieux lui rendre et trouver un prétexte pour le traquer. Lejinoss n'avait pas une haute estime des Kimera Ants.
Alors qu'il se demandait combien de temps Sam allai le suivre, il se désagrégea petit à petit en se demandant si son acolyte du jour n'allait pas juste le suivre toute la journée avant de le tuer la nuit. Les lynx étant des prédateurs diurnes, voilà tout ce que sa cervelle avait réussi à concevoir comme hypothèse. Clairement, la peur obscurcissait son jugement.

Ils étaient arrivés à destination. L'animal ne l'avait pas mise en sourdine de tout le trajet, la tête de son camarade orangé commençait à être assaillie par une violente migraine. Payant le chauffeur qui s'empressa de détaler loin d'eux, l'hirsute ne trouvait plus Sam.

- Il est parti ? Il est parti ! Enfin ! J'ai vraiment cru qu'il allait continuer à me s...

Tournant la tête vers la porte vitrée de Game Tec Arcadium, il ne put s'empêcher de remarquer le Kimera Ant en train de passer d'une borne d'arcade à une autre.

- ...Salopard

De l'autre côté de la vitre, le Kimera hurla toujours avec un grand sourire.

- Ça se prononce Samuel ! SA-MU-EL !

Ne sachant si il s'agissait de répartie ou de naïveté, Lejinoss afficha un sourire crispé, en ayant oublié jusqu'à l'ouïe sur-développée de son camarade de voyage. Entrant à son tour dans la boutique, il dut attendre quelque temps avant qu'un des employés de la boutique ne soit disponible. Le plus tyrannique d'entre eux, donnant des ordres à la jeune vendeuse enthousiaste, pointa du doigt Sam.

- Vous êtes descendus tous les deux du taxi. Un ami à vous ?

Son sourire se crispa davantage alors que la sueur commençait à perler sur son front. Ne pouvant dire ouvertement "non" de peur de vexer Sam, Leji se contenta d'opiner du chef.

- Va falloir lui dire d'arrêter de secouer autant les machines, sinon, Kimera ou pas, je le dégage à coup de pied au cul fissa.

La perle de sueur, par procédé de division cellulaire peut-être, semblait s'être transformée en un ras de marais inondant le visage de l'hirsute. Il était inutile de connaître Sam de longue date pour savoir de quoi il était capable. Ayant de ses propres yeux vus les atrocités perpétuées par l'animal, Leji tenta de tempérer le manager. Tout en conservant ce sourire forcé qui lui allait si mal et marmonnant entre ses dents.

- Je suggère une motion de censure relative au coup de pied au cul.

Aussi impulsif que limité intellectuellement, l'impulsif pencha la tête sur le côté en signe d'incompréhension.

- Disons que monsieur le lynx sait se défendre.

Alors, observant le regard terrorisé et les yeux tremblants de Lejinoss, le gérant commença à comprendre que le spécimen en train de s'acharner sur la borne d'arcade ne faisait pas partie des Kimera Ants bien intégrés comme on pouvait trouver au Jappon, mais plutôt des asociaux arborant quelques tendances génocidaires à leurs heures perdues.
N'ayant pas le temps de répliquer, il fut remplacé au pied levé par un minuscule personnage à la pilosité faciale pour le moins exacerbée sous les narines.

- Quand vous aurez fini de discuter de la pluie et du beau temps, vous pourrez nous dire ce que vous êtes venu chercher ici ?

Cette phrase sèche et incisive ramena Leji sur terre. Au delà de ses préoccupations relatives à la bête qui le traquait sans raison apparente, par malice, par vice, ou tout simplement par ennui, l'hirsute se souvint qu'il était venu ici pour se renseigner sur son Graal, cette quête dont l'obsession l'avait amené à braver l'examen Hunter.

- Greed Island !

Un instant, la pulsion dépassa la raison, et Lejinoss aboya le nom de son jeu malgré lui, s'étonnant de cette impulsivité. Ce jeu lui tenait à coeur.

- Pardonnez-moi je suis à la recherche de Greed I...

- J'ai entendu !

Le nabot à moustache ne semblait pas disposé à la bienséance.

- Ce jeu est une chimère mon garçon.

Sur cette tirade, Sam déplaça sa tête à droite de la borne d'arcade pour regarder en direction du comptoir.

- Une autre forme de chimère bonhomme.

Haussant les épaules, un quartier de pomme en bouche, le Kimera Ant pianota à nouveau comme un sauvage les boutons de la borne d'arcade. Quelques curieux s'étaient réunis autour de lui pour observer ses prouesses aux jeux.

- Ahem... Donc oui, une chimère. Ce jeu est une rumeur de plus d'un siècle, ce n'est pas dans une boutique comme la notre qu'il faut t'adresser, plutôt auprès d'une équipe d'archéologie. Pour moi, cette histoire de jeu où l'on peut être totalement immergé, et même mourir physiquement, ce n'est rien d'autre qu'un mythe.

On pouvait ressentir une pointe de déception dans le timbre de sa voix. Leji comprit que son interlocuteur avait été lui même à la chasse de cette "chimère". En se montrant aussi expéditif, sans doute voulait-il réduire les aspirations de Lejinoss à néant, lui épargnant ainsi des années passées à poursuivre une quête stérile.

- Un archéologue hein ?...

Alors le vieux haussa les sourcils. Même son sarcasme avait eu l'effet contraire escompté. Ne cherchant même pas à raisonner avec le pauvre jeune homme semblant avoir perdu pied, le vendeur secoua la tête, un air franchement désolé au visage.

- C'était une manière de parler fiston. Et puis, un archéologue assez timbré pour se plancher sur Greed Island, ça ne vous tombe pas dans les bras un beau jour.

Derrière, la borne d'arcade où Samuel jouait de manière frénétique, un deuxième joueur l'avait rejoint pour essayer de le vaincre en mode versus. Une fois connecté à la borne lui aussi, un son violent, surpassant de loin toute la cacophonie ambiante de l'établissement se fit entendre.

"Here comes a new challenger !"
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Erika LeBlanc le Mar 21 Juin - 14:23

La grande-ville, enfin ! Après avoir passé de nombreux jours perdue dans la forêt, au fin fond de la cambrousse japponaise, Erika était plutôt contente de revoir les grands buildings d'une cité. Certes, l'air ambiant et l'odeur y étaient nettement moins agréable qu'au site de fouilles qu'elle venait de quitter. De même, le paysage laissait clairement à désirer, mais la présence de monde, voir les voitures, entendre le bruit des motos qui passaient à vive allure sur le bitume...Tout ça lui remontait plusieurs souvenirs, le temps où elle aussi vivait en ville. La demoiselle revenait de longues journées de recherches au temple de Tsukukami, demeure d'un kami lunaire mais aussi d'un petit rouge-gorge qu'elle avait décidé d'adopter et qui faisait désormais route avec elle. L'oisillon, désormais baptisé Plue, ne quittait plus la belle aux cheveux d'or et se posait tantôt sur son épaule ou sur le haut de son crâne, gazouillant et virevoltant autour d'elle.

Au temple dans la forêt, elle avait entrepris de retrouver le fameux trésor qui, d'après les rumeurs, était caché quelque part dans le sanctuaire. Il s'était avéré que, après exploration, ce trésor n'était en réalité que l'arbre sacré caché par des bosquets et la végétation qui avait repris ses droits depuis bien longtemps. Suite à cette découverte, elle avait décidé de déserter le site pour s'en retourner vers la ville, en quête d'autres trésors à dénicher. Miss LeBlanc ne désirait qu'une seule chose : devenir Treasure Hunter. Une fois qu'elle avait déniché ce qu'elle voulait, son travail était terminé ! Une fois le site quitté, elle avait effectué un long trajet assez éprouvant en autobus sur un siège étroit. Au moins il n'y avait qu'elle qui faisait la route dans ce transport, elle pouvait se permettre de changer allègrement de place. Le chauffeur s'en fichait de toute façon, il l'avait largué en plein centre-ville la laissant se débrouiller pour le reste. Et c'est ainsi qu'Erika, avec sceptre et bagage, s'était retrouvé là.

Déambulant dans la rue, la jeune fille étant en quête non pas d'un trésor mais d'un hôtel dans lequel séjourner. Cette rue regorgeait de magasin, boutiques en tout genres et semblait plutôt estivale. Fréquentée essentiellement par des jeunes, ils grouillaient en se dépêchant de filer vers des cafés, restaurants, bars à glace et autres magasins de jouets. Tout ceci mettait l'eau à la bouche d'Erika, son sac de bonbons était presque vide et le remplir à ras bord de guimauves, de gélatines et autres berlingots la séduisait pas mal également. Trottinant tranquillement, Plue sur l'épaule, la belle descendait la rue, son long sceptre de lumière dans une main, son sac en bandoulière passé sur son autre épaule. Le choineau était fasciné par ce tout nouveau paysage, lui qui avait vécu toute sa vie dans la forêt, caché dans un temple, ce nouvel environnement le rendait à la fois curieux et excité. Il restait cependant près de sa maîtresse, les oiseaux citadin étant étonnamment plus gros, imposants et sales que lui.


*Ooooh...C'est quoi ? *

Des lumières et de la musique en provenance d'une boutique attira l'attention de la jeune fille. S'empressant d'aller inspecter l'intérieur en se collant à la vitre, elle pu voir à l'intérieur plusieurs bornes d'arcades alignées les unes aux autres devant lesquels jouaient activement plusieurs personnes. Les bip et les flashs des jeux de combat se faisaient entendre jusque devant la boutique. On pouvait acheter divers jeux d'occasion disposés dans des bacs, ou certains neufs dans de beaux présentoirs. Sous le comptoir vitrifié, plusieurs consoles de salon dernier cri. Le nec plus ultra du jeu vidéo !

- Oow Plue ! Une salle d'arcade !

Petit plaisir caché d'Erika, elle adorait les jeux vidéos d'aventure dans lesquels elle assumait le rôle d'un sauveur de royaume, ces jeux dans lesquels on parcourait moult contrées féeriques ou sauvages, arborant armure pimpante, épée et bouclier, maniant magie, miracles et sortilèges. Ces jeux dans lesquels on combattait dragons, armées de morts-vivants ou chevaliers noirs, dans lesquels on sauve le monde rongé par le mal et les ténèbres, où l'on délivre la princesse à la fin.

- Aller, j'ai envie de jouer un p'tit peu. On y va !

Twii twiii !!

L'oiseau était tout aussi excité qu'elle à l'idée d'entrer dans cette endroit rempli de néons et de jeux. Erika pressa le pas jusqu'aux portes automatiques.

« HERE COMES A NEW CHALLENGER !! »

Cette annonce ! Elle l'adorait ! C'était la voix d'un annonceur sur une borne de jeu de combat ! Bon nombre de matchs de boxe qu'elle avait disputé avec d'autres joueurs, parties dans lesquelles elle enchaînait kicks, coups de pieds et autres crochets. Elle ne le montrait pas, mais c'était une joueuse endiablée qui adorait les challenge, et qui avait plutôt du mal à s'arrêter lorsqu'elle commençait à jouer...

*Aller, on y va ! *

S’élançant à l'intérieur de la boutique, elle était déterminée. Elle allait prendre place sur l'une de ses bornes, vaincrait tout ses adversaires et tout le monde l'admirerait dans cette salle. Elle serait la reine, la plus forte, LE boss final à véritablement battre. Erika marchait comme un militaire sur le tarmac, prêt à embarquer dans son avion. Malheureusement pour elle...

- Aaaah !!

BAM !

En pleine lancée, elle s'était pris les pieds dans le tapis du palier et s'était étalée de tout son long sur le sol. Le contenu de son sac se déversait à la vue de tous, son sachet de bonbons, son nécessaire de toilette, ainsi que ses livres d'archéologie. La pauvre avait raté son entrée...

- Aïe...

Plue, qui s'était envolé lorsqu'elle avait chuté, atterri sur le crâne de la jeune demoiselle tout en regardant de ses doux yeux le gérant de la boutique en pleine discussion avec un autre de ses clients. Tout les deux s'étaient arrêtés pour regarder Erika, lamentablement tombée. Le reste de l'assistance s'était tu pour profiter de ce spectale.

Et la voix de l'annonceur retentit une nouvelle fois.


« GAME OVER !! »
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Lejinoss Taibug le Mer 22 Juin - 19:39

On avait murmuré dans l'immense salle d'arcade. Tous ces chuchotements en série sonnaient parfois à l'unisson, Leji, n'ayant pas l'ouïe particulièrement fine était même parvenir à entendre, ici et là : "Une fille dans une salle d'arcade, peuh". C'était aussi plus ou moins son avis sur la question : "peuh".
Suite à cet élan de machisme spontané perpétré par des individus ne s'apparentant pas à l'archétype du surhomme, très loin de là, ces messieurs durent se prosterner face aux quelques mignonnes du sexe faible qui rôdaient dans les lieux pour se défouler sur des bornes visant un public féminin. Malheureusement pour la nouvelle entrante, elle n'avait pas la chance d'être suffisamment dotée au niveau de ses atouts biologiques pour être suffisamment estimée des joueurs présents.
Car qu'on se le dise, la première qualité d'une joueuse de jeux vidéo pour ses contemporains masculins, c'est sa plastique. Au fond, tous considèrent les femmes comme une espèce impropre à l'aventure jeux vidéo ludique. Les faits leur donnant souvent raison.

Quelque peu gênée, la jeune crétine au sceptre se releva. Pas un seul de ces messieurs ne se serait montré suffisamment galant pour l'aider à se redresser, surtout pour Lejinoss qui avait d'autres chats à fouetter, c'était le cas de le dire.
Puisqu'il lui fallait trouver un archéologue, il n'avait plus rien à faire chez Game Tec Arcadium. Discrètement, ou tout du moins, pensant l'être, il chercha à quitter l'établissement sans que Sam ne s'en rende compte, concentré qu'il était sur son jeu de combat.

- Bouge pas, j'ai pas fini de jouer.

Dépité, baissant la tête et soupirant, voilà qu'après avoir été poursuivi malgré lui par le Kimera Ant, celui-ci le gardait en otage. Excédé, l'hirsute se dirigea à l'arrière de la borne. Ces derniers jours, il avait risqué sa peau pour un examen qu'il avait raté, passé presque dix heures en avion à vivre l'enfer, et voilà qu'il était devenu le jouet d'une race qu'il méprisait. Les contrariétés s'accumulant, la colère de Lejinoss s'apprêtait enfin à se manifester.
Pas d'élan héroïque, il en était tout bonnement incapable. De toute manière, Sam l'aurait recadré d'un seul coup de paluche. Non, à la place, Leji s'apprêtait à débrancher la console. Se saisissant des fils, il entendit de l'autre côté de la borne son camarade lui dire sur un ton toujours jovial :

- C'est douloureux ça comme manière de se suicider.

En effet, contrarier un Kimera Ant valait aussi bien qu'une attaque frontale puisque le résultat aurait été le même.

"Game Over"


Enfin, Lejinoss crut que la partie était terminée. Hélas pour lui, son calvaire ne faisait que commencer. Dans la boutique, les joueurs faisaient la queue et se relayaient en payant des parties à Sam pour le combattre au jeu. Ce dernier était vraisemblablement imbattable, Leji alla rejoindre la petite foule qui observait l'écran de la borne. Effectivement, le lynx savait se défendre.

- Bordel je suis pas couché...

Game Tec Arcadium étant ouvert de jour comme de nuit, cette situation fâcheuse pouvait encore durer un temps. Et les adversaires s'enchaînaient. Pas un seul d'entre eux ne fut capable de vaincre Sam. Arriva alors la jeune fille entrée avec perte et fracas. Elle avait eu le temps d'essayer quelques arcades avant de relever le défi du Kimera Ant.

- Comme si elle avait une chance.

Assis à même le sol, toujours à regarder la borne d'arcade, Lejinoss commençait à s'être fait à l'idée de passer une nuit blanche à supporter les lubies de son "ravisseur". Personne ne semblait à la hauteur pour le détrôner, et il ne voyait pas la demoiselle changer quoi que ce soit à la donne.
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Samuel Newton le Jeu 23 Juin - 4:21

Les match s'enchaînaient les uns après les autres. Parmi les concurrents, il y a ceux qui perdaient le sourire au lèvre, heureux d'avoir pu tester leurs compétences face à ce qui semblait être une pointure du jeux vidéo et puis il y avait ceux qui hurlaient à chaque fois que leur barre de vie descendait, suant à pleine goutte comme si leur vie dépendait de ce simple combat. Souvent ces derniers concluaient leur défaite par un bon coup de pied contre la machine mais depuis un regard qu'avait lancé la kimera à l'un d'eux, tous évitaient ce genre de mésaventure.

Alors que les prétendants commençaient à s'épuiser, c'est une prétendante qui s'avança vers la borne d'arcade. Chic, élégante, on ne pouvait que noter la merveilleuse robe qui habillait son corps. Elle apportait une note singulière dans l'échoppe où les clients habituels tournaient autour du classique t-shirt et jean. Sans doute eut-elle un regard inquisiteur envers le kimera ant. Non seulement cette espèce restait particulièrement rare, mais en voir une affublée d'un sweat entrouvert couplé à un bermuda et des chaussons... On pouvait le dire, Sam sortait clairement du lot.

Quelle que fut sa pensée à ce sujet, cela ne l'empêcha pas de tenter sa chance. Chacun choisit son personnage sous le regard perçant d'une vingtaine d'yeux. La jeune fille s'empara de Shaka Laka, le chevalier du royaume de Kukanya. Il s'agissait d'un personnage bonus intégré par les créateurs.

Le combat débuta sous une musique entraînante, rythmée par des notes succinctes et harmonieuses jouée par un orgue. « REAAAAAAADYYYYY … GOOO ! ». Cap'tain Bull,le personnage de Sam, perdit la moitié de sa barre de vie en un enchaînement plus ou moins hasardeux de la part de son adversaire. Celle-ci avait en effet développé une technique particulièrement dynamique à base d'un martelage intensif de la totalité des boutons. Une pratique assez réputée par les novices du milieu, bien connue pour avoir fait ses preuves. Le combat n'en était pas moins serré, une parade suivit d'une attaque spéciale incluant un uppercut ainsi qu'un coup de pied sauté ramena le score à égalité.

Les précédents perdants s'emballaient. Ils soutenaient la jeune joueuse par un tonnerre d'encouragement. Au moindre pixel de vie qui s'échappait de Cap'tain Bull, les voix haussaient le ton dans unisson presque parfait. Par petite touche, les deux joueurs se rapprochaient tout doucement de la fin du combat. C'est alors que soudain, Shaka Laka tira son épée et, d'un mouvement souple du bras par en-dessus, manqua totalement la fourmis taureau. Les supporters mimèrent un dépit affligeant. Il savaient qu'après une telle erreur, les réflexes du joueur kimera parviendraient à découper le reste de la santé de Shaka Laka. Une prédiction qui ne tarda pas à se réaliser. Sauf qu'au beau milieu de son combo, un coup manqua le chevalier.

Les questions fusèrent, au moins autant que les sursauts de joie. Seuls quelques pressés soupirèrent.Sam lui, avait toujours les yeux rivés sur l'écran, et plus particulièrement sur le personnage de son adversaire. Celui-ci venait justement d'anéantir Cap'tain Bull à l'aide de son pouvoir, une puissante attaque verticale amplifiée par la foudre : tranche-sorcière.

    - Bien joué, hehehe.


L'attention se porta instantanément sur la jeune gagnante. Les joueurs affluèrent autour d'elle comme des moustiques autour d'un lampadaire. Autographes, félicitations, numéro de téléphone pour les plus courageux, elle était assénée de questions et de demandes. La popularité n'était pas souvent facile à vivre, encore moins au beau milieu d'un magasin rempli de mâle en pleine crise de libido dont les rares visages féminins qu'ils observaient étaient à travers un écran.

Sam laissa la nouvelle championne profiter de ses nouveaux fans et se rapprocha de Lejinoss d'un pas vigoureux. Arrivé à sa hauteur s'exprima de façon très concise.

    - J'ai une nouvelle proposition à te faire. Si tu m'achètes une véritable épée de chevalier, je te laisse tranquille.


Simple et honnête, le pauvre bougre qui commençait à trouver la journée très longue allait sans doute répondre par l'affirmative à cette soudaine lubie. Mais Sam ne s'arrêta pas là.

    - Et si tu me promets de ne pas abandonner au prochain examen hunter... je te donnerai un indice concernant Greed Island.
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Erika LeBlanc le Jeu 23 Juin - 21:03

Victoire...Victoire ! Elle avait gagné !! Les lettres clignotantes sur l'écran de sa borne annonçait sa réussite et tout le monde autour pouvait voir qu'elle venait de vaincre la tenace chimère félidé. Erika n'était pas une grande championne en jeux de combat, mais savait parfois sortir son épingle du jeu. Sans doute son adversaire avait dû se lasser de ces parties et était pressé de changer de jeu... Toujours perché sur sa tête, Plue chantonnait en regardant tout le monde affluer de tout les côtés. Ces jeunes joueurs qui, quelques minutes auparavant ne se seraient même pas déplacer pour venir aider la belle à se relever. Non, elle avait sûrement l'air trop stupide pour ces gentlemen. Mais là...maintenant qu'elle venait de décrocher le trophée, tous bourdonnaient autour d'elle comme si c'était une fleur à butiner.

Certains voulaient des signatures, c'était ce qui la surprenait le plus. Elle n'avait rien d'une star, elle venait juste de gagner à un jeu...Des gens s'affrontaient tout les jours sur cette borne, des gagnants ils devaient y en avoir des tas et des tas. Est-ce qu'ils étaient eux aussi traités comme des célébrités ? Enfin, au moins ils ne la traitaient plus comme une écervelée. Au contraire, elle était passée d'inconnue à véritable princesse. C'était au contraire plutôt déroutant d'être adulé de la sorte, elle qui était plus à l'aise au milieu de petits comités...

Entre deux têtes, elle réussi à apercevoir le jeune homme contre lequel elle avait gagné. Plutôt bel homme, il était blond tout comme elle. La jeune demoiselle pouvait voir ses oreilles duveteuses et pointues à travers ses quelques mèches. Il discutait avec autre homme, celui qui était au comptoir avec le gérant lorsqu'elle était rentrée en grandes pompes. Sans doute étaient-ils amis, ils avaient l'air concentrés dans leur conversation.


*Je devrais sans doute le saluer... *

C'est vrai, elle n'avait même pas échangé le moindre mot. C'était son opposant quand même, Erika estimait qu'il était normal d'aller au moins le saluer, le remercier d'avoir joué contre elle. Il avait été beau perdant, et avait également bien joué contre elle. Ce genre de jeux était rempli de coups et d'enchaînements extrêmement compliqués à placer, et le lynx avait réussi à lui en mettre plusieurs en pleine poire ! Il était doué, clairement doué. Et une revanche ne déplairait pas à la jeune LeBlanc.

Deux personne venaient de les remplacer sur les bornes du jeu de combat pour tenter de les imiter. Sans doute devraient-ils se trouver un autre jeu. De la course ? Il y avaient deux simulateurs de voitures au fond de la salle, avec siège et volant intégrés. Ou peut être s'affronter au tape-taupe ? Une partie endiablée dans laquelle on devait frapper la tête des animaux sortant de trous à l'aide d'un marteau. Moins technique que le combat, mais plutôt amusant. Bah, peu importe, elle verrait avec cette homme-chimère ce qu'il voudrait !


Elle s'approcha vers les deux hommes, Plue toujours sur son épaule :

- Hé ! Désolée, j'voulais saluer mon adversaire ! C'était génial, on devrait refaire une partie avant que je parte, je dois me rendre au musée. Ça vous dit ?

Twii twii !

Le choineau gazouilla et Erika leur fit son plus grand sourire. Peut être allaient-ils refuser, ils n'avaient pas l'air commodes ces deux là...mais au moins elle aurait tenté.
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Lejinoss Taibug le Ven 24 Juin - 15:06

Alors qu'il se voyait déjà profiter de la victoire de la jeune femme, sur laquelle il n'aurait pas misé un jeni, le triomphe de Lejinoss fut de courte durée. De très courte durée. Sam, sans un mot, s'éloigna enfin de la borne d'arcade.
Après le temps qu'il avait passé dessus, on aurait pu croire qu'il avait fini par fusionner avec.

- Au moins il ne l'a pas tuée...

Quelque part, en prononçant ces mots, Leji regrettait qu'il n'y ait eu aucun massacre. Car, en bon opportuniste qu'il était, il savait que si un Kimera Ant venait à se lâcher et massacrer des civils par contrariété, les forces de l'ordre seraient forcées d'agir. Le cas échéant, profitant du chaos hypothétique, l'hirsute aurait pu s'enfuir libre. Malheureusement pour lui, il n'en fut rien. Pire encore, Sam se rapprochait de lui d'un pas élancé.
Surpris de cette réaction du perdant, une goutte d'urine perla au fond du caleçon de Lejinoss. Lui qui avait un instant imaginé un Sam mauvais joueur massacrant tout le monde de rage, il avait omis la possibilité que le lynx se passe les nerfs sur son tout nouveau camarade orangé.

Rester droit et essayer d'avoir l'air digne. C'était tout ce qu'il pouvait faire à présent. S'enfuir ? Il connaissait la vitesse de l'animal, et surtout, les portes automatisées de l'établissement mettaient trop de temps à s'ouvrir. Aucun échappatoire en vue.
Et une fois encore, sa mauvaise interprétation de la gestuelle de Sam le surpris quand ce dernier lui adressa la parole.

- Une épée ?! Tu ne crois pas que tu es assez dangereux comme ç....

L'hirsute fut en effet si surpris que sa peur se mua en agressivité . La nervosité l'amenait souvent à s'emporter malgré lui. Sans s'en soucier, considérant, à juste titre, son compagnon de route comme inférieur à lui, le Kimera Ant poursuivi. Mentionner Greed Island suffit à réduire Leji au silence. Durant un temps seulement.

- Qu'est-ce que t'y connais à Greed Island au juste ? Et qu'est-ce que ça peut te faire que j'abandonne l'examen ? J'ai même pas l'attention de participer au prochain, c'est une perte de temps.

Malgré son scepticisme clairement affiché, Lejinoss avait mordu à l'hameçon. Des pistes pour Greed Island, il n'en n'avait pas l'ombre d'une. Aussi, la moindre vraisemblabilité d'indice le menant à son Graal électronique était bon à prendre. À bien y réfléchir, le talent que Sam avait déployé sur la borne d'arcade était en soi une preuve de ses connaissances en jeux-vidéos.

Les deux bougres furent interrompus par celle qui avait eu raison du Kimera lynx. Sur borne d'arcade seulement. Leji retroussa légèrement le nez. Il avait assez d'une singularité biologique se prenant pour sa bonne fée sur le dos, une pisseuse en plus ne le prédisposait pas à la bonne humeur. Celle-ci n'était pas venue pour se vanter de sa victoire comme l'hirsute l'avait cru un moment, mais pour se montrer avenante en leur proposant en plus un voyage au musée.

- L'écoute pas Sam. C'est un piège à touriste. Ils t'invitent dans un musée, et là il y a ses complices qui sortent de l'ombre pour te voler

Cette explication, il l'avait inventée de toute pièce. Plus que tout, Lejinoss souhaitait cuisiner Sam pour lui faire dire ce qu'il savait sur Greed Island. Dès lors, la perspective de quitter les longues heures d'ennui à Game Tec Arcadium pour les prolonger dans un musée ne l'enthousiasmait pas des masses.

- Et tu penses qu'ils seraient assez forts pour me voler mes pommes ?

Se demandant pourquoi le lynx lui parlait de pommes, Lejinoss réalisa soudain la stupidité de son plan pour éloigner la bête du musée. La question qu'avait posait Sam était sincère. Son sourire s'était élargi un instant à l'idée de tomber sur des adversaires pouvant faire le poids face à lui. Tenter de le dissuader d'y aller n'avait fait que l'inciter à s'y rendre.

- Donc... On va au musée ?...

- Donc on va au musée !

Et Sam mena la marche, bien qu'il ne savait pas du tout où se trouvait ledit musée. Erika lui emboîta le pas, inclinant légèrement la tête devant Lejinoss qui était resté un instant figé au sol, dépité.

- Je m'appelle Erika au fait.

Sa seule réponse fut un petit regard accusateur ponctué d'un grognement de la part de l'hirsute en orange.

***

- Paie le taxi.

- Mais enfin merde ! Je m'appelle pas taxi paiement service ! Tu as une idée du prix de la course ?

- Paie le taxi.

- Et puis je voulais même pas y aller moi au musée !

- Paie le taxi.

Tout en pestant et, maladroitement, faute de la colère, Lejinoss sortit quelques liasses de son porte-feuille et les jeta sur la banquette arrière du véhicule. La course fut longue, et pour cause, en bon arnaqueur, le chauffeur avait fait un nombre de détours incalculable alors que le musée se trouvait à moins de trois kilomètres de là où ils étaient précédemment.

- Y'a pas assez.

Aboya calmement le chauffeur patibulaire. Nerveux, et surtout énervé, la paupière droite de Leji essuya un spasme. Un grondement insonore avant une tempête. Alors qu'il s'approchait de la vitre ouverte du chauffeur pour lui faire manger son porte-feuille, Erika le coupa dans son élan et, en s'inclinant, se souciant des moeurs du Jappon, rajouta les billets manquants.
Sans un merci et sans un au revoir, le grognard derrière son volant embraya et quitta leur vue à la recherche d'autres touristes à arnaquer.

- Ne soyez pas de mauvaise humeur enfin, vous verrez, ce sera sympa !

Lejinoss grinça des dents.

- On croirait entendre un chef d'état major la veille d'une guerre mondiale.

Cela, la jeune fille n'en entendit pas un mot. Elle avait en effet compris que le moins antipathique des deux était celui à qui elle avait damé le pion à la salle d'arcade. S'étant empressée de rejoindre Sam qui montait déjà les escaliers du muséum d'histoire naturelle, Leji les suivait cinq mètres derrière, mains dans les poches, traînant des pieds.

À l'intérieur, tout était d'un blanc immaculé. Les Japponais savaient rendre les espaces architecturaux harmonieux. Les trois compères furent surpris en entrants devant la beauté des lieux. Restait les oeuvres exposées en question. On retrouvait de tout. Scultures, esquisses, armes de l'ancien temps...
Erika dut tirer sur l'oreille de Sam à plusieurs reprises pour que ce dernier arrête de toucher aux oeuvres exposées. Sauvage qu'il était, ne connaissant les rudiments du civisme de base, Lejinoss était surpris que le lynx n'ait pas encore mis le feu au musée en cherchant à fumer un kiseru, ces pipes japponaises qu'on pouvait retrouver exposées. Certaines mêmes étaient de tailles impressionnantes, dépassant le mètre cinquante.

- Quel genre de lunatique pourrait bien essayer de fumer avec ça ?

Si Erika n'avait pas agrippé la capuche du sweat de Sam, ce dernier aurait volontiers répondu à la question de Leji par la pratique. L'hirsute qui s'ennuyait moins qu'il ne le croyait s'était un peu éloigné des deux autres. Tandis qu'Erika faisait part de son savoir encyclopédique, Sam avec son grand sourire niais et ses yeux vifs la devançait partout, explorant le bâtiment comme un gosse agité poursuivi par sa mère.

- Nom de....

Enfin quelque chose qui sortait de l'histoire féodale du Jappon. Une Joystation se profilait devant lui. La console avait plus de cent ans d'âge. Si on ne pouvait appeler ça une oeuvre, il s'agissait d'une part importante du patrimoine du pays, légitimant ainsi son exposition.
Surgissant de nulle part, comme à son habitude, Sam apparut.

- Tu savais qu'Erika est archéologue ?

Fronçant les sourcils, Lejinoss répondit :

- C'est qui Erika ? Et qu'est-ce que tu fous avec une épée antique à la main ?!
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Samuel Newton le Sam 25 Juin - 1:18

    - L'important vois-tu, c'est le rythme. Des fois il faut y aller avec finesse, alors que d'autres fois tu dois l'enfoncer bien violemment, tu comprends ?
    - Je sais pas, à chaque fois j'ai vraiment l'impression de mal m'y prendre, de pas savoir où viser.
    - Y'a pas de secret là-dessus, faut la mettre dedans, c'est tout.
    - Ouai, c'est vrai. Je suis pas à l'aise, voilà tout. J'ai peur de mal faire et qu'après ça ruine tout.
    - T'en fais pas va, c'est qu'un trou, t'auras d'autres occasions.
    - Tu voudrais pas me prêter la tienne ? Juste pour essayer... P'tet que ça passerait mieux avec une autre.
    -Euh...
    - Juste un coup, si ça marche je te la rends, que je sache si c'est vraiment moi le problème.
    - Franchement, j'suis pas chaud là … Bon d'accord, passe à la maison samedi et on s'arrangera.
    - Super ! Merci. Avec elle je vais tout déglinguer.
    - Tu feras gaffe quand même, c'est de la perceuse de qualité, elle m'a coûté bonbon.
    - Tiens, t'entends pas un truc ?
    - Oh bordel, c'est l'alarme.
    - C'est peut-être juste une fausse alerte.
    - Une fausse alerte dans un musée ? Ce serait complètement teubé. Allez bouge-toi, c'est notre job.
    - Hey, c'est un musée public. On est des vigiles certes, mais fonctionnaires avant tout, c'est pas à nous de régler ce genre d'histoire.
    - Une dernière clope puis on va prévenir quelqu'un ?


------------------------------

Savoir saisir une opportunité qui se présente, c'était là une caractéristique essentielle à tout bon hunter. Couplée à la patience, elle constituait pour n'importe qui les possédant un redoutable atout. Sam avait la chance d'avoir obtenu les deux à la naissance. Seul problème, il avait également fait un tour au supermarché de la connerie universelle pour remplir à ras bord trois caddies, histoire d'avoir des réserves jusqu'à la fin de sa vie.

C'est ainsi qu'il avait jugé bon de s'emparer de cette magnifique épée datant d'environ trois cent ans. Juste avant de malencontreusement briser la glace qui séparait sa main de la garde de l'arme, il avait manifesté son intérêt pour elle auprès d'Erika. « Oh, tu as bon goût ! Il s'agit d'Archenemy, « La Gardienne ». Son surnom provient du fait qu'elle était transmise de père en fils par le capitaine de la garde royale d'un petit royaume aujourd'hui éteint. Pendant aussi longtemps qu'elle fut portée, jamais aucun des rois ne fut inquiété. Elle a été forgé avec du vrai-argent, un minerai qui dit-on est encore plus solide que l'acier et a la particularité de ne pas conduire l'électricité. Dis... tu écoutes ? » avait-elle dit au kimera dont les yeux s'étaient fermés. L'explication ne manquait pourtant pas d'intérêt, Sam avait juste du mal à se maintenir éveillé pendant les moments où il restait passif.

Peu importe, le nom avait suffi à le convaincre. Il n'eût qu'à attendre qu'Erika s'en aille observer d'autres œuvres historiques pour commettre son larcin. L'air chantonnant et le pas guilleret, il s'en retourna auprès de Lejinoss. Ce dernier fut assez surpris. Pas tant par la profession d'Erika que par l'épée que Sam transportait. Le plus surprenant étant sans doute cette douce sérénade jouée par les hauts parleurs du musée.

    - Bon c'est pas tout mais j'ai du boulot hehehe, à plus tard !


Il s'apprêtait à sauter quand une idée lui revint en tête.

    - Oh, j'allais oublié. Si tu veux un indice sur Greed Island, t'auras qu'à te présenter au prochain examen hunter. Aller, chalut.


Sur ces paroles, il brisa la vitre du plafond et quitta le musée par quelques bonds agiles.

    - Sale petit enf...


La tentation était grande de finir sa phrase, mais Lejinoss n'oubliait pas que ce cher Sam avait l'ouïe fine, aussi il préféra taire le fond de sa pensée. N'empêche qu'il se trouvait à présent dans une situation plutôt curieuse. Lors de certaines situations comme le bris d'une vitrine, la totalité des sorties du musée se retrouvaient fermées automatiquement. Seule était encore ouverte l'entrée principale avec les détecteurs de métaux. Chaque personne présente dans le musée allait maintenant devoir passer par ces portiques pour ensuite être fouillé à la recherche de tout objet appartenant audit musée.
Spoiler:
Un post qui casse pas trois pattes à un connard, mais au moins y'a du jeu à faire avec l'alarme et la possible hystérie de la foule. C'est pas nécessairement mon dernier post, selon ce qui se passe ensuite j'ai ptet une idée.
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Erika LeBlanc le Dim 26 Juin - 13:41

Peut être que la sortie au musée n'était pas une si bonne idée que ça...Erika avait beau avoir vu moult reliques des anciennes ères japponaises, de nombreux objets les renseignant sur les modes de vie, il avait fallu qu'un drame arrive ! Et pas n'importe quoi, le félin contre qui elle avait joué et à qui elle avait proposé de venir en avait profité pour voler une ancienne épée en vrai-argent. S'il y avait bien quelqu'un chose que détestait la demoiselle, c'était qu'on se permette de vandaliser un musée. Cette chimère ne perdait rien pour attendre, lorsqu'elle le reverrait elle n'hésiterait pas à lui enseigner deux ou trois choses. Quel idiot !

Et maintenant ? Qu'est ce qu'ils étaient sensés faire ? Les vigiles devant lesquels Lejinoss et elle passaient ne semblaient pas leur porter attention. C'était très étrange d'ailleurs étant donné qu'ils étaient rentrés avec Sam le voleur. Sans doute n'avaient-ils pas les yeux rivés sur leur console de surveillance, excès de zèle...

Quoi qu'il en soit, ils étaient à présent tout les deux dans la file de visiteurs alarmés et paniqués, tous désireux de sortir du muséum. Tous se faisaient fouiller, et ils n'allaient pas y couper également. L'ensemble des membres de la sécurité réunissaient les visiteurs pour les rassembler dans l'entrée pour les fouiller. Ainsi, Leji et Erika ne furent pas séparés. La petite n'osait toutefois pas vraiment discuter avec lui...Il était plutôt revêche et avait l'air bougon, à la fois à cause du détour mais aussi à cause de son ami qui s'était éclipsé sans lui dire ce qu'il voulait. En plus de ça, il avait eu l'air d'avoir complètement négligé la jeune fille depuis leur départ de la boutique, ce qui n'arrangeait pas les choses...

Un autre élément intriguait l'archéologue. Sam, juste avant de sauter hors du musée par une fenêtre au plafond, il avait dit qu'il lui révélerait un secret au sujet de Greed Island lors du prochain examen Hunter. Greed Island....Elle avait déjà entendu ce nom quelque part. Non...Serait-il possible que... ? Ce type recherche une console de Greed Island ? Le fameux jeu ?!


*Aaaaw, d'abord la victoire, maintenant ça ! C'est mon jour de chance ! *

Greed Island, ce jeu était très célèbre pour tout les joueurs de jeux vidéo, et désormais centenaire, c'était une véritable relique ! Un trésor inestimable que beaucoup de curieux désirent obtenir. Mettre la main sur un objet pareil et le mettre à disposition de tous, ça serait un sacré coup d'éclat pour la demoiselle. Leji était sans doute assez calé sur le sujet, il ne chercherait pas ce jeu autrement. Avec les compétences archéologiques d'Erika, ça serait un jeu d'enfant ! Et si en plus Sam leur apprenait quelque chose ça rendrait la tâche plus simple. À l'examen Hunter...Erika ferait d'une pierre deux coups, elle deviendrait Treasure Hunter, et retrouverait Greed Island juste après ! Quelle belle manière de commencer une carrière d'Hunter !

Erika et Leji se firent fouiller en même temps par deux vigiles rabougris avec des casquettes leur tombant sur le front qui les laissèrent passer en voyant qu'ils n'avaient rien de suspect. L'homme au haut orange s'apprêtait à partir, laissant Erika sur les marches, mais cette dernière s'activa de le rattraper en lui attrapant la manche.


- Hé ! Ne pars pas si vite ! Écoute, j'ai entendu ce qu'a dit ton ami chimère avant de s'éclipser. Tu recherches Greed Island. Vous devez vous retrouver à l'examen Hunter en plus de ça. Je suis archéologue, tu as pu t'en rendre compte...je suppose. Quoi qu'il en soit, je te propose mes services. Je souhaite devenir Hunter également, spécialisée dans les trésors et artefacts. Hm...On fait équipe ?

Twii twii ?
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Lejinoss Taibug le Dim 26 Juin - 16:23

- Pourriez-vous nous donner votre version des faits ?

Assis sur une chaise, couvert d'hématomes au visage, l'hémorragie nasale venait seulement de stopper. Lejinoss n'était ni disposé à donner sa version des faits, ni à faire quoi que ce soit d'autre d'ailleurs. Lumière de lampe de bureau orientée droit dans ses yeux constamment fermés, fumée de cigarette embaumant dans le bureau ; depuis l'époque des polars, les interrogatoires musclés n'avaient pas tant évolué que ça.

- Quand vos collègues m'ont passé à tabac devant le musée ?

Des inspecteurs se trouvaient face à lui. Lorsque l'hirsute se hasardait à ouvrir légèrement les paupières malgré la lumière aveuglante s'adressant exclusivement à ses rétines, il ne pouvait distinguer que deux silhouettes d'hommes. Ceux-ci se montraient calmes et posés dans leurs questionnements, mais un fond d'hostilité se dégageait de leur voix.

- Nous sommes déjà revenus sur ce point monsieur Taibug, vous avez trébuché dans les escaliers tête la première sur le genou d'un agent de police.

On lui donnait du "monsieur Taibug", et pour cause, ils lui avaient fait cracher son patronyme à peine entrés dans le commissariat. L'enquête promettait d'être houleuse, les faits reprochés n'étant pas à prendre à la rigolade. Les Japponais n'étaient pas du genre à badiner avec leur patrimoine culturel.

- C'est ça... Dix fois de suite, à intervalle régulière et rapprochée...

Un coup violent se fit entendre. L'un des inspecteurs venait d'abattre lourdement son poing sur le bureau, il s'agissait vraisemblablement de celui qui venait immédiatement de prendre la parole après le murmure insolent de leur captif.

- Donne-nous la localisation de ton complice la fourmi ! Maintenant !

Celui-ci était moins diplomate, toutefois, il avait au moins le mérite de faire comprendre ses intentions avec des mots simples. Ce "complice" avec lequel ils le bassinaient depuis bientôt trois heures avait pour nom Samuel Newton. Cette journée qui se terminait avait été parsemée d'emmerdements pour Lejinoss, le Kimera lynx, malgré lui, en avait été la cause unique.
Suite à son départ précipité du musée, ayant emporté comme butin un sabre ancien d'une valeur inestimable, Sam avait abandonné Erika et Leji à leur triste sort. Ceux-ci étaient sortis en pensant ne pas s'être fait repérer. Grossière erreur. Les caméras de surveillance les avaient filmé entrant en compagnie du Kimera Ant chapardeur. Leur départ précipité du musée fut interprété par les autorités comme une tentative de fuite, faisant d'eux des complices potentiels du larcin de Sam.

D'après les lois en vigueur au Jappon, la complicité dans un vol d'oeuvre d'art allait chercher dans les dix à vingt ans de prison ferme. Depuis le début de la journée, Sam avait fait perdre du temps à Lejinoss à la salle d'arcade, puis en le traînant au musée, voilà qu'il s'apprêtait à lui faire perdre cette fois plusieurs années de sa vie.

- La garde à vue chez vous elle dure combien de temps ? Voyez-vous, j'ai eu une dure journée et....

Et il se prit une baffe. Sans pouvoir en tracer la provenance exacte, Leji misa sur l'impulsif de service. Ce dernier était si en colère qu'on pouvait l'entendre respirer, des grognements s'échappant parfois de sa gorge irritée par les hurlements qu'il avait poussé ces dernières heures. Quand un patriote voyait un élément aussi cher de son patrimoine se faire voler par des étrangers, dont un Kimera Ant, il perdait facilement ses moyens.
Menottes aux poignets, l'hirsute porta ses mains à sa joue pour la frotter.

- Et là, vous allez me dire que j'ai glissé encore ?

L'inspecteur plus calme reprit la suite des opérations.

- Difficile à dire, il y a tellement de lumière que j'ai du mal à voir ce qui se passe. Pas vous ?

Un bout en train doublé d'un taquin. Lejinoss était coincé entre une sacré paire d'emmerdeurs, et ceux-là ne semblaient pas s'embarrasser des masses des droits élémentaires incombant aux suspects dans une enquête. Une heure auparavant, ils avaient répondu à un coup de fil du préfet. D'après les bribes de conversation étant parvenues aux oreilles du "complice", les inspecteurs avaient été dispensés de certaines contraintes législatives pour l'interrogatoire. La disparition d'une épée de légende avait heurté l'opinion public, et il fallait des résultats.

- D'après les divers témoignages que nous avons recueilli, vous êtes arrivé ce matin par avion en compagnie du félidé bipède. Les caméras de l'aéroport vous ont filmé à sept heure zéro quatre. Ensuite, on a retrouvé votre trace sur les bandes filmiques des caméras de surveillance de la compagnie Game Tec Arcadium à dix heure onze. Vous y êtes resté un moment...

Alors, l'officier chargé de l'enquête fut interrompu dans son rappel des faits. Complice et malpoli, Lejinoss savait cumuler les vice.

- Beaucoup trop longtemps à mon goût, mais monsieur aime emmerder son monde et j'étais plus ou moins contraint d'attendre ce con.

Cette précision apportée, le second inspecteur le remercia d'une nouvelle baffe, du revers de la main cette fois. Cela était une manière de suggérer subtilement qu'il valait mieux se taire pendant qu'un officier de police parlait.

- ... Je disais donc... Vous êtes resté à Game Tec Arcadium jusqu'à quinze heure cinquante-cinq. Là, vous être entrés en contact avec Erika LeBlanc, puis vous vous êtes enfin dirigés en direction du muséum d'histoire naturel de la ville.

À cet instant, Leji aurait bien aimé intervenir à nouveau pour souligner à quel point les taxis sont des escrocs par chez eux, mais sa joue lui faisant encore mal, il s'abstint. L'hirsute était un spécimen rapide à domestiquer.

- Là, tandis que vous faisiez semblant de regarder un autre objet exposé, votre camarade s'est emparé du sabre de maître avant de bondir par la fenêtre. Suite à cela, avec votre complice restante, vous avez tenté de sortir discrètement. Seulement, vous vous êtes arrêtés devant les escaliers pour discuter, et c'est là que les agents de sécurité vous ont appréhendé et appelé la police. Quelque chose à ajouter ?

Yeux toujours fermés, tête légèrement penchée en arrière, Leji se gratta la moustache avec un léger sourire en coin.

- Oui, juste une question en fait. Vous pouvez me donner la définition d'un complice ?

Spontané et surtout en colère, ce fut le violent qui se fit un plaisir de lui répondre. Bien que brutal, il savait se montrer très érudit en matière de protocole policier. On avait probablement mis sur le dos de Leji les deux inspecteurs les plus doués de la préfecture.

- Au sens pénal, le complice est l'individu ayant pris part à un délit ou un crime avec au moins un autre individu et encourant la même peine que celui en charge de l'infraction.

Satisfait de la réponse, Leji acquiesça, toujours un petit sourire satisfait au coin des lèvres. Quand on avait les menottes aux poignets, faire le malin, c'était le seul petit plaisir que l'on pouvait se permettre dans un commissariat.

- Et vous pouvez me dire comment "techniquement" j'ai pris part à ce délit ? En quoi je suis coupable ? Quelle preuve avez-vous que l'abruti avec lequel je suis venu avait prémédité le vol ? Pourquoi Erika et moi, serions restés juste devant le musée à discuter si on se savait coupable de quoi que ce soit ?

Il n'y eut ni réponse ni même la moindre torgnole pour lui faire reprendre ses esprits. Un instant, les deux inspecteurs avaient fini par se demander s'ils n'avaient pas effectivement affaire à un innocent. Seulement, ils étaient trop malins pour se laisser berner par un complice rusé et continuèrent leur interrogatoire sans jamais prendre en compte la version que leur offrait l'hirsute en orange.

Après plus de dix heures stériles de baffes et questions sournoises, on envoya Lejinoss rejoindre la cellule miteuse prévue pour les suspects détenus en garde à vue. Le commissariat était un petit établissement de quartier à cinq cent mètres du musée. Le Jappon, privilégiant la police de proximité, bénéficiait d'un petit local rempli de policiers à chaque coin de rue.
Aussi, les aménagements s'avéraient minimalistes et rudimentaires, les cellules étant minuscules.

Assis à même le sol, jambes recroquevillées contre lui même, Leji était tellement fatigué qu'il aurait pu dormir dans n'importe quelle position. S'apprêtant à tomber dans les bras de Morphée, on vint l'interrompre dans ses projets.

- Leji c'est toi ?

En temps normal, il se serait contenté de ne pas répondre pour ne pas avoir à subir la conversation, mais la fatigue l'avait rendu négligent.

- Vous êtes bien sur le répondeur de Lejinoss Taibug, veuillez me foutre la paix et me laisser dormir bordel de merde.

Espérant que cela incite la jeune fille qui cherchait à attirer son attention de l'autre côté du mur, l'hirsute ferma à nouveau les yeux, commençant déjà à sommeiller. Mais visiblement peu intimidée, la demoiselle récidiva.

- Leji ! C'est moi ! C'est Erika !

Ça, il l'avait bien deviné la seconde où il avait entendu sa petite voix aigu. Lui qui n'aimait pas la compagnie des autres appréciait encore moins celle de ces dames qui avaient le don de lui taper sur le système. Erika ne dérogeait pas à la règle.

- Ils t'ont gardé longtemps dit ! Tout s'est bien passé ?

Si elle avait posé cette question, c'est parce qu'elle ne pouvait pas voir le visage de Lejinoss ayant servi de Punching Ball ces dernières heures. Il n'était pas non plus défiguré, mais entre un oeil au beurre noir et une entaille au niveau de la lèvre inférieure, quelques bleus illuminaient son visage rendu austère par les circonstances.

- À merveille, je leur ai dit que t'étais le cerveau de l'opération, ils me relâchent dans une heure.

En guise de réponse, il n'entendit qu'un "iiiiii" ponctué d'un silence. Souriant volontiers de la réaction, il espérait qu'elle était calmée pour un moment. Seulement, confrontée elle aussi pour la première fois à la police, Erika ne put s'empêcher de se montrer nerveuse, la nervosité la rendant bavarde.

- T'as pas fait ça ?!

Lejinoss la rassura et lui demanda un peu de silence le temps de reprendre des forces. L'archéologue obtempéra. Cinq minutes. Bavarde et sociable, la captivité dans une cellule minuscule ne lui réussissait pas.

- Il va revenir Sam, hein ? Il va pas nous laisser là ?

Sam. Lejinoss, trop épuisé pour penser à quoi que ce soit reprit force et vigueur en se remémorant le nom de celui responsable de ce malheur qui ne faisait que commencer. Grinçant des dents, il se redressa en colère. S'il avait su rester calme jusque là, sa haine à l'encontre du Kimera Ant prit le dessus sur la fatigue.
Réfléchissant à un moyen de se sortir de ce pétrin, il s'en remis à son ultime recours. Il n'avait pas foi en le sens des responsabilités de Sam, mais il faisait confiance à son ouïe sur-développée pour entendre les quelques reproches qu'il avait à lui adresser.

- Eh bien mon pauvre Sam ! Il semblerait que notre rendez-vous au prochain examen n'aura pas lieu. À moins de me sortir d'un commissariat rempli de types armés, pour moi, c'est grillé.

On provoquait le diable comme on pouvait.
La nuit était tombée depuis longtemps et le commissariat de quartier comptant une quinzaine d'âmes pour assurer le service de nuit était étonnamment paisible.

La quêtes obsessionnelle de Lejinoss pour obtenir Greed Island risquait de le mener à la prison. Sa lubie semblait toucher à sa fin, le monde réel l'avait rattrapé, et il n'avait pas été tendre avec lui. L'hirsute réalisa seulement la gravité de sa situation.

- Et si tout devait se terminer ?


Dernière édition par Lejinoss Taibug le Sam 20 Mai - 17:01, édité 1 fois
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Samuel Newton le Lun 27 Juin - 20:31

    - T'as tout compris, tout retenu ?


Assis sur une chaise en bois à la terrasse d'un bar, Sam sirotait un verre de lait.

    - Euh... Tu pourrais refaire le tour encore une fois ?


En face de lui son compagnon de beuverie, qui entamait son troisième diabolo fraise – parce que c'est un vrai dur – grignotait ses ongles. Une manie qui le rongeait – haha – lorsque le stresse s'emparait de lui. D'un naturel timide, il n'avait accepté de suivre le kimera ant uniquement parce qu'il était un habitué de Game Tec Arcadium. Autant dire que le carnage qu'il avait fait quelques heures plus tôt sur la borne arcade avait impressionné les esprits. Le jeune homme, Akemi de son prénom, avait consenti à un accord : en échange d'une séance d'entraînement à Kimera Fighter 9, celui-ci rendrait à Sam un petit service.

    - Excusez-moi, vous pourriez déplacer le chalumeau s'il vous plaît ? Fit un serveur qui tentait de passe entre deux chaises.


Akemi retira son chalumeau avant de s'excuser à son tour. Pour éviter d'autres gênes, il la déposa  en même temps qu'une épée contre le mur qui leur était mitoyen.


    - T'as bien pensé au chat-lumeau. Hehehe. Parfait. Donc, qu'elle est l'idée de départ ?
    - On va piéger ton copain Juichirō, qui bosse au commissariat parce que c'est son anniversaire !


Sam acquiesça de la tête, toujours avec son sourire affiché. Si une belle demoiselle était passée derrière eux, il aurait sans doute eu l'air d'un pervers. En l’occurrence, la rue était vide, il ressemblait donc juste à un vicieux.

----------------------

Rue mercier. Encore tôt dans la matinée, ou très tard selon le point de vue. Devant le commissariat dont les éclairages fonctionnaient 24h/24, une silhouette encapuchonnée avançait d'un pas franc vers la porte automatisée. Juste avant d'entrer, il sortit une boîte d’allumette dont il se servit pour mettre en route un chalumeau. L'appareil en main, il franchit le seuil du commissariat. A l'accueil, le policier de garde somnolait. De toute manière, tous ses collègues siégeaient à quelques mètres, seulement séparés par de petits enclos en plastique comme dans une entreprise d'informatique. Il fut le premier surpris par ce qu'il entendit.

    - JE SUIS LE VOLEUR D'ARCHENEMY, hurla une voix éclaircie. TOUT LE MONDE SORT ET VIENT DEVANT, PERSONNE PREND SON TELEPHONE, SINON JE DEGLINGUE L'EPEE AVEC MON CHALUMEAU.


----------------------


    - Pourquoi est-ce qu'ils doivent pas utiliser leur téléphone déjà ?
    - C'est une farce, répondit Sam après un léger temps de réflexion. Il faudrait pas trop perturber les activités de la loi. Là c'est juste un commissariat, au beau milieu de la nuit.


Le son d'une compréhension lente mais sûre s'échappa de la bouche d'Akemi qui prenait des notes sur un petit calepin pour ne rien oublier.


    - Ils risquent pas de sortir leurs armes ? Demanda Akemi inquiet.
    - Pas d'utilisation sur des civils, hehehe. De toute façon tant que tu tiens l'épée dans tes mains, tu ne risques rien.


----------------------

La panique causée au sein du commissariat mobilisa la totalité des troupes. Tous étaient sur les nerfs et pour cause, on les tenait responsable du vol qualifié qu'avait subi le musée. Pire, le maire avait appelé en personne  le supérieur hiérarchique du commissaire pour manifester son mécontentement. De fil en aiguille, tout était retombé sur chacun des agents ce qui expliquait leur nombre assez important pour un simple service de nuit.

Une main sur la crosse de leur arme de poing, l'autre devant eux, paume ouverte pour calmer la personne devant eux qui risquait de ruiner une œuvre de plusieurs siècles. S'ils la ruinait, c'en était fini de leur carrière, le maire ne tolérerait pas un second désastre.


    - Pose ce chalumeau ! Ordonnèrent-ils en cœur avant que l'un d'eux prenne les devants. Crois mois tu veux pas faire cette bêtise. Si tu te rends maintenant, on pourra toujours négocier un sursis mais si tu poses un doigt sur l'épée, t'es fini mon gars.


----------------------


    - Là ils vont commencer à t’embobiner. A te faire croire que tu ferais mieux d'arrêter. Il ne faut surtout pas le faire, sinon Juichirō trouvera ça trop simple. C'est un vétéran le monsieur, faut y aller fort.
    - Mais et toi, tu veux pas voir sa réaction ? C'est quand même toi qui veut organiser tout ça.
    - Je serai pas loin, t'en fais pas, hehehe.


----------------------

Dehors, à l'arrière du bâtiment, le calme était pesant. Parmi les talents innés aux félins, la discrétion était sans doute la plus prononcée. Agile et léger, ils parvenaient même à courir sans le moindre bruit. Et c'est dans ce silence parfait que le Lynx était arrivé sur le toit, après avoir grimpé une échelle commodément posé, incitant presque à la gravir. Il se faufila ensuite dans un conduit d'aération en détachant une grille de son socle. Les réseaux de ce genre étaient connus pour être particulièrement chaotique, mais grâce à de petits grillages, Sam apercevait les pièces en-dessous de lui et pouvait donc se diriger jusqu'à tomber sur celle qui l'intéressait. Son ouïe particulièrement fine, l'aidait également à localiser l'origine de cette voix plaintive qui ne cédait à sa mauvaise humeur que pour faire place à un ton sarcastique. Il n'en fallut pas plus pour deviner à Sam celui dont il s'agissait.

----------------------


    - Là il faudra déclencher l'alarme incendie.
    - L'alarme incendie ? Reprit Akemi.- Avec ses collègues on a prévu un gros cadeau, le problème c'est qu'habituellement il n'y a qu'une seule entrée d'ouverte. Du coup pour faire la surprise, on a besoin que la sortie d'urgence puisse s'ouvrir pour qu'on fasse passer le paquet. Et a partir de là, tu fais comme tu le sens, hésite pas à stopper la plaisanterie au moment opportun, les meilleurs blagues sont les plus courtes !


----------------------

Ayant réussi de justesse à prévenir un collègue en congé avant d'être « pris en otage », un seul des policiers sentait sa confiance remonter. Ledit collègue, après avoir reçu « urgence au c » par SMS avait naturellement enfilé son uniforme pour rejoindre son lieu de travail, mais pas trop vite quand même, il était en congé. Il accéléra cependant le rythme aux abords du commissariat quand il perçut l'alarme incendie.

Quand il découvrit la totalité de l'équipe de nuit regroupé face à un suspect étrangement vêtu avec un chalumeau à la main, il n'hésita pas une seule seconde. Un sprint, une clé de bras, un plaquage au sol. De l'autre côté, les gardiens de la paix se jetèrent sur l'épée comme des rapaces sur un cadavre fraîchement décédé. Un soulagement de courte durée ravit les esprits. Lorsque le premiers gus attrapa délicatement l’œuvre, il sentit instantanément la différence de poids. L'arme était effectivement en bois, recouvert de peinture métallisée. Une réplique. Une très belle réplique, certes, à la finition capable de tromper l’œil de non spécialistes sous pressions, mais une réplique néanmoins. Akemi dont la moitié du visage embrassait le sol entama alors d'un ton ravi :


    - Joyeuuuuuuux anniversaire Juichirō !


Les regards accusateurs se tournèrent tous vers un seul homme dont la tête piqua au rouge pivoine.

---------------------------

Quelques heures auparavant

Une voiture de police, escortée par deux autres automobiles aux couleurs identiques, traversait la ville à pleine vitesse. Le gyrophare allumé, le conducteur se permettait toute sorte de manœuvre particulièrement dangereuses. Il transportait les deux complices d'un vol qualifié, pas le temps de traîner. Plus haut, une fourmi les suivait à toute allure, bondissant d'immeuble en gratte-ciel pour ne pas perdre leur trace. Une course qui ne dura pas plus d'une poignée de minutes tant le musée était proche du commissariat.

    - Putain de criminels, toujours à foutre la merde juste avant mes jours off. J'espère qu'ils vont prendre cher ces enculés.
    - Calme toi Juichirō, c'est pas sain de s'énerver le jour de son anniversaire.
    - Ouai, bah tu vas voir quand on va tout prendre sur la gueule, t'es un bleu toi, t'as pas encore vécu un gros flop. Mais là tu vas comprendre.


Quelques mots et un lieu, voilà tout ce dont le cerveau du kimera avait besoin pour concocter un plan diaboliquement rusé.

----------------------

    - TOI ! Petit salop... iot. Tu nous as mis dans une belle merde jusqu'au cou, ça t'arrive de faire autre chose que de bousiller ma vie ?


« Shhhh », rétorqua Sam tout en jouant avec les clés qu'il venait de dérober au seul gardien qui avait été désigné pour garder un œil sur les prisonniers.

    - Tiens, dit-il en jetant le trousseau à dans la cellule d'Erika. Elle au moins, elle est gentille.


Au fond de lui, Lejinoss se répétait un nombre incroyable d'insultes, allant même jusqu'à en inventer tout particulièrement pour le kimera en face de lui. Celui-ci s'avançait d'ailleurs vers la sortie.

    - Tu t'en vas comme ça ? Pas une excuse, pas une explication, rien, nada, merde ?- Le devoir m'appelle, moi, chevalier Sam ! Annonça-t-il triomphalement, brandissant son épée vers le plafond comme s'il venait de détrôner Excalibur de son socle.


Entre incompréhension et dépit, Leji abandonna l'idée de comprendre un foutre mot de ce qui se passait à l'intérieur de cette fourmi. Il prit soin en revanche d'observer le chemin entreprit par Sam pour quitter le bâtiment. Avec l'alarme qui tournait toujours, il ne se sentait vraiment pas encore libre.
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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Erika LeBlanc le Mar 28 Juin - 18:18

- Arrête de rouspéter, on va finir par nous entendre !

- Hmpf...J'vais retrouver ce saleté de lynx et...

- Et tu le retrouveras jamais si on se fait repérer par tes jurons, alors calme toi cinq minutes. Tu pourras l'insulter à loisir lorsqu'on sera dehors.

Erika, trousseau en main, était sortie de sa cellule grâce à Sam qui était venu voler à leur secours. En face de la geôle dans laquelle Leji était enfermé. Son compagnon d'infortune ne faisait que jurer et maudire le Kimera Ant qui avait osé les abandonner à leur sort. Ce dernier avait d'ailleurs osé prendre la poudre d'escampette en les laissant là après leur avoir balancé les clés des cellules. L'archéologue s'empressa d'ouvrir à Leji pour qu'il puisse sortir.

- Qu'est ce qu'on fait maintenant ? On est des criminels pour eux maintenant...

- On trouve nos affaires, et on s'en va. Dépêche, ça doit pas être loin.

Posé sur l'épaule d'Erika, Plue n'avait pas émis le moindre gazouillement depuis leur entrée dans le commissariat. La jeune fille lui incita plusieurs fois à garder le bec clos, maintenant plus que jamais étant donné leur position.

- Il est petit ce commissariat, nos affaires doivent être dans une salle adjacente aux cellules.

- J'espère que tu sais ce que tu fais, je tiens pas spécialement à retourner derrière les barreaux...

- Suis moi, princesse, et arrête de parler !

Le couloir principal était entièrement vide. Sur leur droite, plusieurs portes menant à diverses salles d'interrogatoires. Ils étaient passés par là et avaient passé pas mal de temps, harcelés par des policiers bouchés qui refusaient d'entendre quoi que ce soit. À quoi est-ce que ça servait de répondre à leur questions s'ils n'acceptaient pas les réponses qu'on leur soumettait ?! Leji comme Erika avaient été sincères et racontaient les faits exactement comme ils s'étaient passés...C'était pas de leur faute si Sam avait choisi de voler subitement une épée antique sans les prévenir...

- Regarde ! Nos affaires sont là !

Ils n'avaient même pas pris soin de les ranger ! Les inspecteurs s'étaient tout simplement contenté de laisser leur barda dans deux cartons posés sur une grande table, avec d'autres caisses. C'était ici qu'étaient entreposés les objets des « criminels » qu'ils envoyaient derrière les barreaux, toutes leurs possessions et parfois même des vêtements sur des étagères. C'était ce qu'ils appelaient la « salle des recels ». Erika et Leji s'empressèrent de reprendre leurs affaires.

- Merde...

- Quoi ?

- T'entends pas ?

*Hmmm... *

Tendant l'oreille, la belle aux cheveux d'or remarqua un léger brouhaha en provenance du couloir. Leji, à tâtons, partit vers la porte de la salle pour la verrouiller en tournant le loquet.

- Génial...On est piégés ici.

- Qu'est ce que...fit une voix derrière la porte. C'est fermé à clé ! Ouvrez !

- Fait chier...Chope des vêtements, vite !

- Pourquoi faire ?

- On peut sortir en ouvrant les fenêtres et en retombant dans la rue, tu veux qu'on se fasse repérer en deux minutes ? T'es pas franchement discrète avec ton sceptre et tes vêtements roses.

- Tu veux qu'on parle de ton haut qui...

BRAM ! BRAM !

- Ils sont là, ouvrez !

Le policier avait clairement compris qu'ils étaient derrière cette porte et commençait à vouloir l'enfoncer en frappant brutalement dessus. Il n'avait pas l'air d'être accompagné, il était seul contre eux deux. Le seul hic...Ils n'avaient pas vraiment de quoi se défendre, et tuer ce type était certainement la dernière chose que voulait Erika. L'officier continuait de frapper contre la cloison qui finirait par s'ouvrir en quelques secondes.

*Zut...zut...On fait quoi ?! *

- Erika, reste pas là !

BRAM !

Le policier réussit enfin à rentrer dans la salle des recels, tombant nez à nez avec les deux malchanceux. C'était un policier brun, le visage bouffi, avec un ventre bedonnant. Il portait son uniforme aussi mal que sa moustache grossièrement taillée. Le genre d'officier qui devait grignoter en service et fumer sans ouvrir les fenêtres.

- Ne bougez pas. Sinon...

- Non !

Il s'apprêtait à saisir son arme à feu et la pointer vers Leji mais Erika fut bien plus rapide. Pointant son sceptre droit vers le policier. La pierre au sommet du sceptre se mit subitement à luire après que la jeune fille ait actionné un bouton dissimulé sur le manche. Soudain, un immense flash aveuglant vint frapper de plein fouet les yeux du policier qui se masqua immédiatement le visage. Sa cécité avait l'air assez sévère, il restait courbé à se cacher les yeux en tentant de se repérer. Leji réagit promptement et s'avança vers le policier pour l'assommer avec sa propre matraque. Erika, quant à elle, s'empressa de refermer la porte.

- Vite avant que d'autres ne reviennent !

- Mais comment tu peux faire ça toi ?

- Euh...je...ça me faisait penser à un jeu de fantaisie. J'aime bien...

Twii twii ?

L'air que lui jetait Leji avant de se retourner vers les étagères de vêtements...Il avait l'air de la considérer plus comme une folle qu'autre chose. C'est vrai qu'avec cet attirail, elle avait plus l'air d'une héroïne d'une bande dessinée pour fille...

- Aller, enfile ça et on se casse. Dit-il en lui lançant un manteau à fines plumes rouges, un grand foulard, une broche dorée et une paire de lunettes noires.

Son compère enfilait un manteau long gris un chapeau melon et, également, des lunettes.

*On va nous prendre pour deux personnages d'un roman noir avec ça... *

Erika ne se fit pas prier. Elle l'enfila le tout tout en prenant soin de cacher Plue sous le foulard, sur son épaule. Les deux ouvrirent la fenêtre, donnant sur la rue, juste en dessous d'eux, le toit d'une camionnette suffisamment haute pour leur permettre d'atterrir sans se faire mal sur le bitume. En un clin d’œil, ils étaient en bas, laissant le gros policier assommé dans la salle des recels.

- Bon...C'était plus facile que prévu...

- On reste naturels, ça passera crème.

Twii twi...
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Erika LeBlanc

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Re: "Si tout devait se terminer"

Message  Lejinoss Taibug le Mar 28 Juin - 21:28

Elle avait préféré se mettre à l'écart de son camarade d'évasion. La police d'une nation entière les recherchait, et, au milieu de cette grande ville qu'était celle où ils se trouvaient, chaque passant était un informateur potentiel. Malgré cette pluralité de menaces qui les guettaient, la plus grande crainte de la jeune archéologue se matérialisait en la personne de Lejinoss. Ce dernier, drapé d'un imperméable et couvert d'un chapeau avait l'air encore plus sinistre que d'habitude.
Du mieux qu'il avait pu, il s'était assuré de ne pas attirer l'attention sur eux. Aussi, à aucun moment il n'avait essayé de saisir l'oiseau pour l'étrangler, se contentant jusque là de marmonner entre ses dents :

- Fais-le taire ou je m'en charge...!

Erika était tout aussi embêtée que l'hirsute, l'animal ne cessait de piailler depuis qu'ils avaient quitté le commissariat. Sans doute perturbé par les récents événements, le piaf ne pouvait s'empêcher de lâcher des "twiii" stridents et sonores à intervalles rapprochées. Du mieux qu'elle pouvait, elle cherchait à le rassurer, mais rien n'y faisait.

- Oh et puis, autant jouer le tout pour le tout.

Sans même chercher à cacher l'oiseau, elle l'exhiba fièrement dans l'écharpe à plume rougeoyantes qu'elle avait noué autour de son cou. Leji s'efforça de ne pas hurler à la mort en voyant cela. S'approchant d'elle d'un pas rapide, chapeau melon penché en avant pour couvrir son visage, il serrait les dents pour se retenir de la baffer en plein centre ville.

- On peut savoir ce que tu fous ? Colle-toi un gyrophare au cul tant que tu y es, ce serait dommage qu'on nous repère pas facilement !

Ayant été jusqu'à la saisir par le bras pour se montrer virulent à son encontre, Lejinoss avait encore une bonne raison pour être nerveux. En dépit de l'agressivité de son compagnon d'infortune, Erika ne se laissa pas impressionner et put aisément se défaire de l'étreinte de la main qui la tenait. L'oiseau avait même donné du sien en allant jusqu'à picorer les ongles de l'hirsute.

- Habillée comme je suis de toute façon, un oiseau de plus ou de moins, je ne passerai pas inaperçue.

Raisonnement implacable. Angoissé, Leji regarda par dessus ses épaules, personne ne les regardait. L'avantage avec les grandes villes, c'est que les passants s'ignoraient les uns les autres, cela rendait plus aisé la dissimulation de deux fugitifs au sein de l'immense foule en mouvement perpétuel.
Suite à ce nouvel excès de peur, il sortit son téléphone de sa poche, le brisa en deux avant de le jeter dans le poubelle la plus proche. C'était quinze mille jenis qui venaient littéralement d'être jetés aux ordures.

- Mais pourquoi tu as fait ça ?!

Penchant sa tête en arrière pour prendre une profonde inspiration, puis soufflant bien fort afin de faire comprendre son exaspération, il se repositionna normalement. S'il devait retourner dans les geôles du commissariat dans lequel ils avaenit croupit, Lejinoss savait que cela serait dû à la négligence de la demoiselle. Le temps de souffler, il lui avait tourné le dos. Faisant volte face afin de lui expliquer le pourquoi de son geste, cette fois, le fugitif en imper manqua de s'étrangler.
Sur le trottoir où ils étaient depuis tout à l'heure, une passante s'était approchée d'Erika pour se prendre en photo avec elle, l'ayant prise pour une cosplayeuse. Il fallait dire que l'accoutrement volé au commissariat était ridicule, et que le sceptre dans la main ne facilitait pas la discrétion.

Une fois la lycéenne partie avec son cliché, Leji s'approcha une fois encore afin de s'emparer à nouveau du bras droit de l'archéologue. Il serrait sa poigne sans retenue, s'imaginant que le biceps entre ses doigts était le cou d'Erika.

- À partir de maintenant, tu ne bats plus une paupière sans que je t'en ai donné l'ordre.

Déglutissant, Erika acquiesça. Depuis leur évasion, l'hostilité de Lejinoss allait crescendo, escaladant aussi vite que sa nervosité.

- Si j'ai jeté mon portable c'est parce qu'ils peuvent tracer tout téléphone mobile, et ce qu'il soit allumé ou éteint. Donc tu me donnes le tien qu'on ne se fasse pas gauler comme des amateurs.

- Non.

Relevant délicatement le chapeau melon qui couvrait ses yeux exorbités et gorgés de veines s'étendant le long de ses globes oculaires, l'hirsute s'exprima d'une petite voix étouffée et calme contrastant avec le faciès de fou furieux collé à son visage.

- Plaît-il ?

Insouciante, ne se rendant probablement pas compte de la situation dans laquelle elle se trouvait, Erika récidiva.

- Je ne casse pas mon portable. Il y a des photos qui me sont chères et qui ont une valeur sentimentale dans la carte mémoire. Donc c'est non.

Donc, c'était non. Leji approcha son visage du sien, après dix heures d'interrogatoire et quelques heures passés en cage, l'absence de dentifrice se faisait sentir. Littéralement.

- Dans ce cas, quitte à me faire jeter en prison, autant ajouter un homicide à mes chefs d'inculpation, on n'est plus à ça près non ?....

Alors, Erika fouilla rapidement ses poches, en sortit un de ces téléphones hors de prix que tout le monde avait, et, discrètement, le laissa glisser dans le sac à main d'une lycéenne vulgaire aux cheveux décolorés.

- Voilà, voilà, pas la peine de s'énerver. Comme ça, ça les mènera sur une fausse piste.

L'hypothèse de la fausse piste, Lejinoss l'avait aussi envisagée. Sortant son porte-feuille, il en sortit l'une des innombrables cartes de crédit rangées précieusement. Celle qu'il sortit était liée au compte où il avait le moins d'argent, puis la jeta sur le trottoir, s'en éloignant, faisant signe à Erika de le suivre.

- Tu te débarrasses de toutes tes possessions matérielles ? Vraiment, ça te va mal la fugitivité. Si on continue dans une heure tu vas te mettre à prêcher.

Cette fois, elle l'avait dit sur le ton de l'humour et non par incompréhension. En effet, l'archéologue avait facilement saisi que la carte serait utilisée par un passant chapardeur pour commander quelque chose en fraude. Ainsi, la police se jetterait à ses trousses pensant avoir affaire au vrai Leji grâce à son signalement de carte de crédit.

- Mais dis... Si tu savais que les portables pouvaient être tracés par la police, pourquoi on ne les a pas jeté plus tôt ?

Continuant à marcher, suivi de près par sa "complice", Leji, tête penchée en avant, visage recouvert à moitié par son chapeau, ne pouvait s'empêcher de regarder à droite à gauche sans cesse. Voyant en chacun de ses contemporains un Judas en puissance prêt à le mener droit au mont Golgotha, il avait les nerfs à vif, et cela pouvait s'entendre dans son intonation, même s'il s'efforçait de continuer de parler à voix basse.

- J'ai téléphoné à un contact, un ancien client à moi qui bosse au port. Il nous a assuré deux places sur un navire cargo pour Kakin, ce sera notre ticket de sortie.

Mains dans les poches, il ne pouvait s'empêcher de se sentir anxieux. Après tout, son client n'était pas un ami de longue date, rien ne l'empêchait de le trahir. Cependant, dans l'incapacité de prendre l'avion du fait de l'avis de recherche sur sa tête, Leji n'avait guère d'autre choix que de lui faire confiance.

- Ça m'a coûté dix millions de jenis. Tu m'es redevable de la moitié.

Soudain endettée de cinq millions de jenis, Erika aurait bien voulu faire un scandale. Mais après une courte réflexion, une dette valait mieux que des barreaux et des camarades de cellule patibulaires.
En chemin, Lejinoss lui expliqua que, comme elle, il se rendrait à l'examen Hunter qui aurait lieu dans plus d'une semaine. Son plan consistait à récupérer sa voiture garée à Kakin, de la faire transiter par bateau cargo pour Yorubian, tout en restant dedans. Les dockers ne vérifiaient jamais l'intérieur des voitures avant de les charger à bord des bateaux, cela leur prendrait un temps fou autrement.
Et tout ce périple jusqu'à Yorubian, il le ferait en compagnie d'Erika. Dès lors où elle était devenue sa complice de cavale en plus que sa débitrice, il ne comptait pas la laisser partir. Insouciante comme elle était, elle aurait été capable de se faire capturer à nouveau. D'autant plus que d'ici quelques heures, un mandat d'arrêt international leur tomberait sur le coin de la gueule pour la gravité du larcin qu'on leur avait mis sur le dos.

- Je vois... Avec la licence en poche, on pourra échapper aux accusations grâce au statut dérogatoire qui incombe aux Hunters. On fera d'une pierre deux coups ! Enfin... Si on réussit l'examen.

Aux yeux de Leji, la licence était secondaire. Ce qu'il voulait avant tout, c'était retrouver Sam. Il lui devait son tout nouveau statut de fugitif de renommée internationale, et d'une manière ou d'une autre, il comptait bien le lui faire payer.

- On y est....

Mains dans les poches, l'hirsute couvert de son chapeau entra dans le bureau des dockers. Il ne fallut pas longtemps à son client pour savoir qui était l'individu louche venant d'entrer dans son établissement.

- Cargo 116. J'ai dit aux hommes de prendre une pause, il n'y a personne à bord. Tu entres dans la cale, et tu ouvres le container 58, il n'est pas verrouillé. Il y aura de quoi manger pour la durée de la traversée. Une fois à Kakin, tu te démerdes.

Cela étant dit, "l'altruiste" venu en aide à Leji moyennant une somme coquette, remit le nez dans son journal ne se souciant pas de ce qui arriverait par la suite. Sans un mot, et surtout sans un merci, l'hirsute sortit du bureau, fit un signe de la tête à Erika, restée au loin, pour qu'elle le suive.
Comme promis, il n'y avait personne à bord, et le container était effectivement déverrouillé. Leur fuite une fois arrivés à Kakin serait moins difficile. Les autorités locales étant une puissance économique rivale du Jappon, il était probable que la police kakinoise ne réponde pas au mandat d'arrêt.

- Beurk, y'a juste des boîtes de thon, j'aime pas le thon.

Une fois ayant refermé le container derrière eux, ils furent tous les deux dans le noir le plus total. Prenant une voix inquiétante, Leji lui répondit alors :

- Dans ce cas, il ne nous reste que le cannibalisme pour nous sustenter.

Énième plaisanterie de mauvais goût de la part de Lejinoss, Erika commençait seulement à s'y habituer. Assez peu rassurée par l'obscurité ambiante, elle se servit de son sceptre pour émettre une douce lumière. Leji s'était assis sur l'une des caisses à bord. L'endroit était peu confortable, mais il n'était pas prévu pour les voyageurs.
Adossé à une pile de caisses derrière, même un mur d'épines n'aurait su le déranger tant il était fatigué.

- Enfin le silence... soupira t-il alors qu'il commençait à s'endormir.

Twiiii Twiiiii !

- Oublie les boîtes de thon... On va bouffer du canari !
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